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jeudi 9 mai 2013

Ainsi soit-il / Taïro

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Aujourd'hui, je m'enfuis.
Je disparais pour quelques heures.
Alors ne cherchez pas à me joindre, ne me courez pas après, laissez-moi partir, n'ayez pas peur, je reviens.



Je me suis levé avant le soleil, j'ai mis mes plus beaux habits et j'ai même pris des lunettes de soleil car j'ai décidé que c'était l'été, je fonce dans un métro qui me mettra dans un train et je regarde au loin.

Pas un regard derrière, pas une hésitation, je ne veux plus voir de barrières.

Aujourd'hui je serai loin parce que j'en avais besoin.

Il est bon de parfois péter les plombs, balancer deux secondes le quotidien, oublier les galères et la misère, revivre le mystère et, sur un coup de tête, aller vers de nouveaux endroits en prenant un chemin de fer.

Et, enfin, vivre des moments un peu simples, un peu sympas, un peu bizarres parfois et qui vous font passer le goût de l'éphémère.

Pardonnez-moi pour cette fuite, mais il y avait longtemps que je n'avais plus vécu des moments comme ça...



mardi 16 août 2011

Fast Asleep / Voxtrot



Rassurez-vous amis, fidèles lecteurs et gens de passage, je n'avais point disparu, je m'étais simplement discrètement éclipsé vers mon Toul-c'est-cool natal.

Mais je suis de retour pour continuer de vous narrer mes exploits et vous fournir votre dose quotidienne de musique et de joie. (Je sais, je suis humble.)

Or donc, je suis revenu dans la capitale grâce au cheval de fer qui va très vite à travers la grande plaine.

L'occasion pour moi de vous avouer que je suis atteint d'un mal étrange: Je m'endors systématiquement dans les trains.

Dès que je suis sur des rails, ça ne loupe pas je ronfle (façon de parler car je ne ronfle JAMAIS) comme un loir et je pars vers des contrées d'où il est rudement difficile de m'extirper.

Et pourtant, à chaque fois je m'organise comme un soldat pour être sûr de ne pas rejoindre Morphée.

Je me prépare des lectures très prenantes et très belles comme des livres de Steinbeck ou des polars pour avoir enfin de savoir qui est le tueur à la fin, des choses hyper intellectuelles qui demande énormément de concentration comme des articles en anglais de journaux très sérieux ou l'Equipe.

J'écoute des musiques qui bougent.

Je compte des choses le long de la voie (bon, quand on arrive à 300km/h, je suis obligé de compter très très vite, ce n'est pas facile mais je m'accroche)

Et pourtant, ça ne loupe pas, au bout de 37 minutes (à peu près) paf, je dors.

Alors j'ai prévu une parade, je garde toujours mon billet en main, au cas où.

Aujourd'hui, je me suis endormi, mais à mon réveil, mon billet était toujours dans ma main et composté.

Soit le contrôleur, amusé et gentil a eu la bonté d'âme de na pas me réveiller, soit il s'est fatigué à tenter vainement de me tirer du royaume des songes.

Mais quand je suis arrivé sur le quai de la Gare de l'Est, j'espérais sérieusement que j'allais me réveiller à 300 kilomètres de là...

mercredi 2 juin 2010

Night Train / James Brown



D'après une histoire vraie.

Ou presque.

Ce matin, je prenais la route vers mon chez moi.
Enfin, le train.

Et le matin, il y a du monde dans le train.

Il y a des gens qui se font des adieux déchirants, des gens qui travaillent sur des ordinateurs portables très sophistiqués avec des kits mains libres dans les oreilles parce qu'ils sont certainement très occupés, il y a des familles très bruyantes, des retraités qui vont découvrir la province, et plein d'autres personnes forcément très intéressantes.

Il y a aussi des policiers, tiens donc.

Et dans un TGV qui file à 300 km/h, le paysage défile à toute vitesse, c'est vrai, mais on a quand même le temps de regarder et de se dire que c'est joli.

Alors je regarde souvent par la fenêtre avec mon IPod dans les oreilles, parce que quand je rentre chez moi, je me dis que décidément je kiffe bien ma région, c'est un peu le Far-East français, il y a du bétail dans des enclos gigantesques et des vaches-boys, il y a des vallons, des champs et des forêts, parfois des usines et des villages paumés.

Je regarde donc par la fenêtre sans prêter la moindre attention à ce qu'il se passe autour de moi, et c'est normal, j'ai Mike Osborn dans les oreilles.

Tout au plus un contrôleur sympathique viendra poinçonner mon billet, mais quand même, la Meuse, que c'est joli, avec les cactus et les arbres de Josué.

Je me met donc à compter les poteaux électriques qui longent la voie ferrée.

C'est chouette comme jeu et puis ça aide la mémoire.

Et de temps en temps, je vois des citernes à eau.

Mais je ne me déconcentre pas, et je reste les yeux rivés sur ces grands espaces poteaux électriques et je continue de compter, même si je vois bien les saloons qui se cachent derrière, et à 742 je me suis retrouvé à Kingman...

vendredi 2 avril 2010

All Down the Line / The Rolling Stones




Quitte à écouter une chanson qui parlent de trains et de voyage, autant en prendre une qui bouge un tout petit poil plus que le funky-cool "les Voyages en train" , véritable bombe démoralisante à fragmentation de Grand Corps Malade qui, non seulement vous ôte toute envie de prendre le train une nouvelle fois dans votre vie, mais vous ôte carrément toute envie de faire quoi que ce soit de votre vie, si minable finalement, et vous incite à glisser le canon de votre arme dans la bouche, pour être sûr de ne pas vous rater.

ce soir, je prends le train pour rentrer à Toul-c'est-cool.

Enfin, je prends le tégéyveai comme on dit à Toul-c'est-cool.

Quand je suis dans le tégéyveai, je met tout de suite de la musique dans les oreilles pour être sûr de pas entendre le gosse d'à côté qui va être horriblement relou, je le sens, et pour faire comme si je voyais pas le couple de retraités-relous-itous qui poussent tout le monde pour arriver à leurs places en faisant des pardonpardonpardonpardonpardon insistants et des mmhhh oh, mais enfin, mais oh mais mmmhhh enfin d'agacement parce que le petit relou d'à côté est effectivement relou et casse les couilles à tout le monde avec sa musique de débile le live de Christophe Maé.

Et quand je suis dans mon tégéyveai, je sais à quel moment j'arrive en Lorraine.
C'est quand il se met à pleuvoir.

Et souvent, dans mon tégéyveai, je veux bouquiner un truc, mais je m'endors.

Où alors j'ai pas le temps parce que le train file à une vitesse supersonique, au point qu'à peine assis, parfois, je suis arrivé.

Le tégéyveai, c'est Toul-c'est-cool à 1h30 de Paname-la-grande pour le prix d'un aller-retour Paris-Tokyo.

J'aime les trains parce qu'on y voit plein de trucs parfois marrant, on croise des gens parfois bizarre, parce que ça me fait penser à l'oncle Marcel (et donc à la Marraine.) et parce que (normalement) ça reste sur sa route.

Ce soir, je prends donc le tégéyveai, pour rentrer à vitesse grand V à la Maison, où le temps passe lentement...