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dimanche 24 avril 2016

SPECIALE PRINCE ROGERS NELSON (1958 - 2016)

Alors oui, évidemment, je suis triste.


Pensez donc, Prince est mort, Gilles Verdez est toujours vivant, les médias préfèrent continuer de parler de trucs idiots plutôt que des migrants qui se noient pas centaines et en plus, il pleut.

Prince est mort.

Bon, je vais pas dire que je le pensais immortel (encore que) mais quand même, c'est étrange à écrire comme phrase. Un personnage aussi fantasque, charismatique et surtout talentueux ne pouvait disparaître aussi vite. (Encore que je me demande si mourir à 97 ans dans des draps en soie violette -même entouré de sublimes créatures souples et douces- ça n'aurait pas un peu écorné la légende finalement. Genre un rockeur qui meurt dans son sommeil. Elle est bien bonne, celle-là.)

Prince est mort et comme après la disparition de Michael Jackson ou David Bowie, le monde groove moins. La planète a un peu perdu de son rythme je trouve.

Donc oui, je suis triste.

Mais plutôt que de faire un éloge funèbre sordide, je vais vous raconter un de mes meilleurs souvenirs de concert de toute ma vie.

Le 01 Juillet 2010, à Bercy.

Stevie Wonder, un des derniers de ces dinosaures mythiques, faisait donc bouger plein de monde au son des ses tubes qui tapent.
Vous me connaissez, je suis pas du genre à en rajouter mais bordel, c'était mortel.

Et il commence à jouer les premières note de Supersition.

Les gens sont contents, noterez-vous, car ce titre est un petit peu sympa et dansant.

Et il s'arrête.

Il veut faire venir un ami sur scène.

Le public est en délire et le reste appartient à la légende...




Je ne m'en suis toujours pas remis.


Tout comme je ne me suis pas remis de son concert au Grand Palais où j'ai fait partie des chanceux qui ont pu y assister.

Tout comme je ne me suis pas remis de la première fois où j'ai entendu Kiss, Purple Rain, Sexy MF, When doves Cry, Get Off, Cream, Housequake, et un nombre incalculable d'autres tubes.

Tout comme je ne me suis pas remis de mon deuxième meilleur souvenir de concert.

Le 11 Octobre 2009.

Sous la grande et belle verrière du Grand Palais.



Prince n'était pas qu'un musicien génial, performer exceptionnel, auteur, compositeur, producteur incroyable et guitariste virtuose.

Il était la musique. Elle irradiait et il nous enveloppait dedans à chacune de ses apparitions.


Au revoir, Prince Rogers Nelson.

Et Merci pour votre -trop court- passage sur Terre. Vous avez participé à la rendre plus hospitalière et promis, on continuera de danser, sur vos chansons et sur les autres, pour la laisser pas trop sale à ceux qui viendront après.

vendredi 18 septembre 2015

Hit and Run / Loleatta Holloway



La Coupe du Monde de rugby commence aujourd'hui.

6 semaines de joie, bonheur, pintes de bières et tampons dans le menton.

Alors pour fêter ça, voici mes 5 moments préférés de la Coupe du Monde de Rugby
(notez que j'ai volontairement omis les coupe du monde de 1987 et 1991, qui contiennent pourtant leur lot de moment cultes, parce que je ne les ais pas vécues en direct comme les autres, l'émotion à posteriori étant quand même moins forte que la mandale du moment même...)


18 Juin 1995: Demi-Finale Angleterre - Nouvelle-Zélande

Le Jour où Mike Catt est devenu un tapis humain.

La veille, l'équipe de France a vécu une demi-finale dantesque face aux Springboks, futurs vainqueurs de l'épreuve. Dans des conditions apocalyptiques, sur  un terrain transformé en piscine olympique par des trombes d'eau, les bleus encaissent le défi physique ahurissant imposé par les Sud-Africains mais se voient refuser 3 essais tandis que celui accordé à Ruben Kruger n'était pas valable. L'équipe de Christian Lacroix, auteur de 15 points avec 5 pénalités marquées s'incline 19-15.

Le 18 juin, donc, la deuxième demi-finale oppose le XV de la rose aux All Blacks. Et depuis le début de la compétition, on assiste à la naissance d'un phénomène hors-norme.
Jonah Lomu, Néo-Zélandais d'origine Tongienne.
Un monstre d' Un mètre quatre-vingt-seize pour cent vingt kilos qui abat le 100 mètres en moins de 11 secondes et qui a à peine 20 ans à ce moment-là.
Peut-être la seule vraie star planétaire de ce sport où l'individualité disparait au profit de l'équipe.

Les blacks sont sur un (long) nuage (blanc) quand ils entrent sur la pelouse face aux Anglais.
Ils ont écrabouillé tous leurs adversaires avec une facilité effrayante et leur ailier vedette (parce que oui, cet autobus humain n'est ni deuxième ligne, ni troisième ligne, mais bien ailier. Des mensurations hors-normes pour un joueur de ce poste.) est en train de se satelliser à la vitesse de la lumière autour de la planète ovale.
Mais les exploits qu'il a accompli jusqu'à présent ne sont rien en comparaison de ce qu'il s'apprête à faire.

Les Anglais croient pourtant en leur chance, surtout qu'ils sortent de 3 grands chelems glanés dans les 5 éditions précédentes du tournoi des 5 nations et règnent sur l'Europe.

Ils comptent donc bien montrer à leur adversaires qu'il faudra compter avec eux et aller chercher la victoire ne sera pas chose aisée, bloody hell!

Cet état d'esprit guerrier god dammit tiendra deux minutes.

Graeme Bashop, le demi de mêlée du XV de la Fougère, sentant le coup à jouer au large catapulte alors Lomu qui peut mettre en marche son incroyable énergie cinétique.
Un premier Anglais tente de le bloquer, il sera balayé d'un raffut dévastateur.
Arrive alors le capitaine Carling, qui, à 30 ans, ne peut rivaliser avec la vitesse de course de l'Homme-Montagne. Mais sa tentative ne sera pas vaine et une cuillère désespérée déséquilibre le géant.
Lomu a vu sa vitesse réduite de moitié, perd ses appuis et déjà Mike Catt, dernier rempart de la forteresse anglaise, se dresse sur sa route.
Lomu l'enfonce alors comme une vulgaire porte en balsa et lui marche littéralement dessus avant d'aller aplatir tranquillement dans l'en-but.
Pas au sens figuré. Non, le pauvre Catt doit encore avoir une empreinte de pied, pointure 52 fillette sur le torse.

Les Anglais de s'en remettront jamais et Lomu marquera encore 4 essais, scellant la victoire des All Blacks 45 à 29.

Et alors que tout le monde les voit alors favoris pour remporter le titre, il faudra l'esprit d'un peuple, le souffle de l'histoire et le leadership de deux hommes, un noir et un blanc, Mandela et son capitaine François Pienaar, pour les arrêter dans leur course folle.



31 Octobre 1999: Demi-Finale France - Nouvelle-Zélande
Le Jour où le XV de France a terrifié les All-Blacks.

En ce jour d'Halloween, le XV de France se retrouve face à à la plus belle collection de monstres de l'histoire.
L'équipe de Lomu, Umaga, Mehrtens, Anton Oliver, Taine Randell, ou Christian Cullen. Un peu comme une dream team, mais en meilleure.

Pour bien comprendre le contexte de ce match, il faut savoir que la France avait fini dernière du précédent tournoi des 5 nations et qu'à l'été, lors de sa tournée dans le pacifique, elle s'était fait désosser sans anesthésie 54-7 par cette même équipe Néo-Zélandaise.

Autant dire que bon, les voir comme favoris face à leurs bourreaux, c'est un poil abusé.

Suite à cette débâcle dans l'hémisphère sud, Fabien Galthié reste en Nouvelle-Calédonie, persuadé, à raison, qu'il ne sera pas sélectionné pour la Coupe du Monde.

Mais suite à diverses blessures, il est rappelé et prendra les clés du camion pour diriger cette équipe à qui on promet un enfer noir.

Un enfer noir qui se concrétise à la 26ème minute lorsque Lomu, toujours lui, s'empare de la balle aux 22 mètres français et pulvérise 5 bleus (dont Ntamack et Abdelatif Benazzi, qui n'ont pourtant pas des gabarits de danseuses étoiles. Benazzi rebondira même comme un vulgaire culbuto en caoutchouc en allant percuter le n°11 néo-zède.) sans même être ralenti dans sa course.

Transformation du génie Mehrtens. 14-10 pour la Fougère.

Et pourtant.

Et pourtant, à la mi-temps, c'est dans les yeux des hommes des antipodes que l'on lit le doute et la peur.

Parce que l'enfer va changer de couleur à la deuxième mi-temps.

Les Français reviennent survoltés, en transe, persuadés qu'ils ont un coup à jouer. Ils hurlent dans les vestiaires: regardez-les, ils doutent! Ils ont peur!

Et le miracle, la magie arrivent.

Tout ce que les français tentent sont des coups au but. Tout ce que les blacks tentent sont des échecs. Les Français sont à présent des guerriers. Des soldats. Une armée. Galthié n'hésite pas à partir au plaquage sur Lomu. Il se retrouve à l'horizontale, flottant comme un drapeau derrière le joueur prodige, mais le fait tomber. Au contact avec Umaga, Richard Dourthe revient avec une poignée de dreadlocks du colosse dans les mains.
Les valeurs de l'Ovalie, en somme. (respect de l'adversaire, fair-play, rester digne dans le défaite, fier dans la branlée et impliqué quand on colle une fourchette dans les yeux de son opposant.)

Le match est une folie. Une guerre.
Et les blacks ne voient plus le ballon. La furia française les bouscule, les écrase comme une avalanche. Ils cherchent des solutions qu'il ne trouveront jamais pour endiguer les attaques bleues.
Submergés par ces 15 fous furieux qui vont au sacrifice sur chaque ballon, sur chaque contact, ils capitulent petit à petit.
Il semble que les français sont finalement devenus les All Bleus.

43-31.

La plus grande équipe du monde, peut-être de tous les temps est détruite. En lambeaux.

En finale, les français s'inclineront presque logiquement contre l'Australie et la magnifique paire Larkham - Gregan.

Mais ça n'a finalement pas d'importance. Ils avaient joué le plus grand match de l'histoire de leur sport.

Et ils l'avaient gagné.



22 Novembre 2003: Finale Australie - Angleterre
Le jour ou Jonny Wilkinson est devenu Sir.


Nous sommes en prolongation. 17-17. L'Australie, tenante du titre, rêve d'être la première équipe à conserver son titre, qui plus est sur ses terres.


Et à la 99ème minute, un jeune génie de l'ovale, un gentleman, une classe vivante claque un drop stratosphérique et envoie le XV de la Rose sur le toit des Dieux.

Le monde se souviendra de lui pour cette élégance des grands, ce fair-play exemplaire, son professionnalisme, son intelligence, dans le jeu et dans la vie au point de s'intéresser à l'Astrophysique alors qu'il est en pleine dépression pour y trouver le salut.

Le monde se souviendra de Monsieur Jonny Wilkinson et un genou à terre, le monde remerciera le sujet de Sa Majesté d'avoir ainsi ébloui et embelli le jeu.




07 Septembre 2007: Matche de Poule, Ouverture de la Coupe du Monde: France - Argentine
Le Jour où le Puma a mangé le Coq


J'aurais pu vous parler du monstrueux quart de finale entre La Nouvelle-Zélande et la France, à Cardiff, qui verra les bleus (encore) croquer la fougère pour filer vers la demi-finale, surtout que ce souvenir est bien meilleur que ce match d'ouverture, mais il faut parfois rendre à César ce qui appartient aux Argentins, ce petit Pays de la planète Rugby, mais au coeur énorme.


Pour moi, le match se gagne dès les hymnes. Les Hommes d'Augustin Pichot, surnommé le Petit Napoléon et capitaine de cette équipe des pumas sont en larmes. 
Transcendés par l'émotion il réalisent ce jour-là le premier exploit de leur coupe du monde. Terrasser l'Equipe de France, jugé pourtant favorite sur ses terres.

Les bleus croiseront à nouveau les fauves lors du match pour la troisième place et subiront à nouveaux les coups de griffe des argentins.

Cette équipe, composée à l'époque d'une partie d'amateurs était peut-être la plus belle de cette coupe du monde 2007. Car elle avait le plus gros coeur.


17 Septembre 2011: Matche de Poule Australie - Irlande
Le Jour où le trèfle a provoqué sa chance

Le 17 Septembre 2011, je suis en Ecosse, à Edimbourg, prêt à découvrir les merveilles et les mystères du Pays des lochs et du Whisky.
Mais coupe du monde en Nouvelle-Zélande oblige, je profite de mes petits-déjeuners pour regarder les matchs.
Assis dans un pub Irlandais, au milieu des maillots verts et des pintes de Guiness dès 10 heures du matin, je déguste mes oeufs et mon bacon et buvant des bières du thé (et quand même quelques bières) devant un petit moment d'histoire.

L'Irlande des soldats est debout. Le Ireland's Call résonne dans le pub. Et Captain O'Driscoll sonne la charge face au monstre de l'hémisphère sud, un des favoris de la compétition avec Quade Cooper, son demi d'ouverture phénoménal.

Avec le courage et la foi en leur pays, les Irlandais vont endiguer les attaques des antipodes, perdre un peu de cuir chevelu et gagner le match.

15-6

Et autour de moi, dans un petit pub à Edimbourg, résonne à nouveau le Ireland's Call, la Guiness et les larmes coulent par tonneaux et les yeux humides au-dessus de mon bacon froid, je me dis que mes vacances commencent très bien...






Voici donc quelques moments d'héroïsme, de bravoure et d'émotion, pour vous donner envie à vous aussi d'admirer les combats et les courses qui brûlent les poumons avec un autobus humain lancé aux trousses, le courage de ces hommes, qui, pour un maillot, une nation, un peu de gloire et d'émotions, iront sacrifier leurs bras et leur cuir chevelu pour se sentir fiers d'être vivants...


jeudi 18 octobre 2012

Melody Cool / Mavis Staple (Feat. Prince)




Je ne sais pas vous, mais moi, quand le temps devient nucléaire et que la misère du monde devient de la pluie et trempe mes soulier, j'ai rapidement envie de:

A: Prendre une tangente supersonique, traverser un hémisphère et profiter d'une retraite anticipée dans des îles lointaines de sable blancs, vers les Marquises ou un quelconque récif de corail perdu dans le Grand Pacifique, bercé de musique Mélanésienne, du murmure des vagues, du parfum des colliers de fleurs que des créatures splendides, souples et douces comme du velours viendront me glisser autour du cou pendant que mes doigts se perdront dans leurs cheveux. (si en plus, il pouvait y avoir des Tigres du Bengale perdus au fond d'une jungle mauve, ce serait le Loto.)

B: Rester au fond de ma couette. Feindre la maladie grave et hautement contagieuse, couper mon téléphone, regarder des films qui font rigoler (Woody Allen, The Party, quelques Jude Apatow et Papy fait de la Resistance en boucle. Avec des chips.) Refuser tout net d'affronter ce monde qui fait rien qu'à pleuvoir comme une ordure et chercher à me piquer ma casquette et rester dans le mien, où les annonces des marabouts du XVIIIème arrondissement sont des oeuvres d'art exposées au public, où les disques s'entassent et les livres gambadent joyeusement.

C: Avoir un parapluie pour en échanger un petit coin contre un coin de Paradis

D: Avoir un Ipod qui vous connaît...
En partant travailler ce matin, ronchon comme une teigne, à rouspéter après tout, tout le monde et me faites pas chier tas de con, mon Ipod, bouclier ati-émeute et gilet pare-balle de la vie, qui me connaît rudement bien a eu l'ingénieuse idée de me passer cette chanson dans les oreilles.
Je l'ai écoutée 16 fois d'affilée, j'ai laissé mes pieds glisser sur les marche-pieds, j'ai presque souri, j'ai discuté avec le taxi qui m'emmenait dans les rues de Paris sous la pluie (et lorsque ce même taxi est tombé en panne au beau milieu d'une rue à sens unique -modeste mésaventure qui bien évidemment ne pouvait tomber que sur moi vu que c'est mon karma- je n'ai même pas flippé. Même quand le chauffeur a tapé sur son tableau de bord pour redémarrer.)

Je n'étais pas sur une île perdue où l'on ne sent que les embruns et les fleurs de tiaré, où les feulements des tigres venus de la forêt épaisse vous rappellent qu'ici, il n'y aura jamais de voitures.
Je n'avais pas de parapluie paradisiaque, ni de bouillotte sous ma couette.

Mais ce matin, j'ai bronzé des oreilles et je me suis dis que cette journée allait groover.

(bon, après je suis effectivement arrivé au boulot et mon enthousiasme débordant s'est écrasé comme un vieux flan.)




jeudi 22 mars 2012

Funny How Time Slips Away / Al Green (Willie Nelson Cover)


Prendre le métro est étonnant, il force à prendre son temps.

L'autre soir, je rentrais chez moi en métro. (et non, je n'étais ni bourré, ni agressé, ni perdu.)

En passant le portique, je sens que je ne suis pas seul à passer le portique (oui, c'est l'une des nombreuses techniques de fraude du métropolitain parisien que de passer avec quelqu'un, avec l'enjambage de portique, le 110 mètres portiques et ramper.) et me retournant, prêt à tomber sur un loubard de la pire espèce, je tombe sur une jolie fille de la plus jolie des espèces.

Elle me sourit, je lui souri, elle me dit merci, je lui dis de rien, elle me souris, (je lui aurait bien hurlé merci aussi, pour m'avoir souri.) elle fait un bisou sur la joue, je lui souri, je lui dis merci, elle me dit de rien, elle est partie (sur le quai d'en face, évidemment, sinon ce ne serait pas Moyen.)

Evidemment, je n'ai réalisé ce moment fantastique qu'une fois arrivé chez moi, et une fois arrivé chez moi, je me suis rendu compte que ce moment fantastique avait glissé entre mes doigts.

Prendre le métro est décevant. Il n'arrête pas le temps.


dimanche 11 décembre 2011

I Feel A Song / Gladys Knight and the Pips




Le clasico, ce n'était pas hier, ce sera la semaine prochaine.

Oubliez les clubs d'Espagne et leurs Méga-Stars aux salaires équivalents au PNB du Mozambique, les galactiques seront derrières des platines.

Samedi Prochain, le 17 Décembre, je vous propose de fêter Noël avant l'heure en nous rejoignant, mon Acolyte Soulman Guillaume et moi-même à notre soirée musicalo-classe au Baron Samedi, le Bar le plus cool de Paris.

(Qui, je le rappelle, se trouve 12, rue des Goncourt, dans le 11ème, et vous promet paillettes et musique chouette.)

Nous nous y affronterons évidemment comme des chiffonniers à coups de sons nucléaires à faire groover le duo des Intouchables (Le film qui nous fera garder notre AAA, niquera la crise et rendra au Pays la foi, l'espoir et les excédents monétaires.) avec un filigrane une thématique Stax (Soulman Guillaume) Vs Motown (Moyenmoimême) qui va péter les murs.

Et voici la preuve que la Motown est quand même bien plus meilleure que la Stax.

Des voix sublimes, un groove enjoué et des mélodies qui font s'envoler.

Soulman, cherche pas, tu as déjà perdu, tu as misé sur le mauvais cheval...

(et oui, Messi, il est naze...)

samedi 22 octobre 2011

Knock On Wood / Eddie Floyd



Je ne sais pas si je suis superstitieux, mais j'avoue avoir quelques tocs (plus ou moins) conscients qui rythment mon quotidien (et empoisonnent parfois celui des autres.)

Par exemple, je compte toujours les marches des escaliers que j'emprunte.
Ce toc-là remonte à longtemps avant Moyen-Christ.
Gamin, j'allais parfois en vacances à Nice avec La Marraine (dans la famille, on l'appelait La Marraine parce qu'elle était le Parrain. Notez par là qu'elle ne ressemblait pas à Marlon Brando, même si il avait eu les cheveux violets, mais elle était l'histoire de la famille. Et un peu son chef et comme elle était institutrice à la retraite, on filaient droit, fallait pas déconner.)

A Nice donc, elle m'a demandé un jour combien de marches il y avait jusqu'à l'appartement.
On les a comptées ensembles et depuis, inlassablement et sans m'en rendre compte, je les compte toutes.
(Oui, je peux parfois faire peur.)

C'est aussi un peu grâce à elle que -toujours à Nice pendant mon enfance insouciante, à porter des bonnets et des blousons quand tout le monde était en maillot de bain vu ma propension à cette époque à attraper un rhume en ouvrant le frigo- j'ai participé à l'élévation du niveau de la Méditerranée avec les tonnes de cailloux que nous avons jeté de concert dans l'eau bleue juste pour me faire plaisir. Et me distraire sous mes écharpes.

J'aime quand tous les interrupteurs d'une pièce sont dans le même sens, ce qui me vaut parfois de sacrés casses-têtes pour éteindre une lumière quand elle est reliée à plusieurs interrupteurs.

Je vérifie toujours 3 fois que ma porte soit bien fermée, même quand je suis dehors et que mes clés sont à l'intérieur.

(depuis que je suis resté enfermé dehors avec mes clés à l'intérieur, je vérifie toujours 3 fois que mes clés soient bien dans ma poche.)

Je m'acharne chaque matin à avoir les boucles de mes lacets de la même taille.

Elles restent de la même taille pendant environ 27 secondes, mais ça me rend heureux.

Je rythme ma vie au son des chansons et aux rites quotidien que mon esprit (torturé) a l'audace de m'imposer.

Et jusqu'à présent, je n'ai pas eu la preuve d'effets néfastes.

Je touche du bois.



lundi 5 septembre 2011

Papa's Got a Brand New Bag / James Brown




Traverser les Highlands se fait avec un minimum d'équipement.

Une carte, une application IPhone indiquant tous les pubs du coin, des chaussures, le programme TV des matchs de rugby (pour savoir à quel moment de la matinée il devient urgent de trouver un pub), un K-Way une parka classe et qui ne se transforme pas en couille supplémentaire (et généralement fluo) que l'on accroche autour de sa taille, un parapluie Blade Runner (si vous cherchez un cadeau à me faire....) et un sac à dos de compète pour y ranger des bouteilles de whisky, un appareil photo, un guide Lonely Planet, un stylo et un calepin, un saucisson pour la route et accessoirement deux ou trois vêtements pour ne pas avoir top l'air d'un clochard en kilt à mon retour.

Je vous présente donc mon fidèle compagnon de voyage:



Avec cette merveille sur le dos, à moi l'inconnu et les chemins de traverse, à moi le monde des aventuriers et des routards qui se reconnaissent entre eux grâce à des sacs colorés à coller une épilepsie à un daltonien (et une troisième couille fluo pour les plus audacieux et les plus expérimentés. Ou les moins soucieux de leur apparence.)

Avec un sac comme ça, qui me donne un air d'Indiana Jones lorrain, à moi les filles ivres de témérité et de traversées, à moi les accueils que l'on ne réserve qu'aux courageux qui affrontent les landes désolées et à moi l'allure de cosmonaute égaré.

Un sac de baroudeur, pour libérer mes mains et ne pas avoir à les utiliser pour sottement tirer une valise.

Deux mains libres pour une bière au bord de l'eau, un appareil photo, et quelques mouchoirs au milieu de nulle part....

jeudi 7 juillet 2011

Daylight / Bobby Womack



Il est bon d'être réveillé par les rayons du soleil le matin.

Vous êtes encore enfouis sous la couette, engourdis dans un rêve qui vous laisse un sourire béat et un filet de bave au coin de la bouche et l'air du matin vous chatouille les pieds.

Ce matin, je parcourais des étendues sauvages habillé en Sherlock Holmes (oui, bon, je fais des rêves parfois bizarre, et alors?) et j'avais une conversation avec Chewbacca qui rompait tous les bâtons (promis, la prochaine fois que je vais chez mon psy, je lui parle de ce rêve qui pourrait vous effrayer un poil mais qui me semblait bien agréable quand même)

Et en plein milieu d'une explication d'une précision d'horloge atomique sur un sujet que j'ai totalement oublié, alors que je m'apprêtais à lancer ma célèbre phrase de détective du Baker Street ("Bon sang mais c'est bien sûr!", je crois ou "zut alors!", je ne me souviens plus bien...) la douce chaleur de notre étoile jaune est venue pour me réveiller.

Et je me suis dit que c'était le plus chouette réveil du monde.

J'étais heureux en me brossant les dents car la lumière me faisait le même effet qu'une douche sous les alizés des îles perdues dans des paradis bleus.

Et 30 minutes après mon réveil de nouveau-né, alors que je me préparais à partir pour une nouvelle journée sous le soleil, mon réveil à sonné.

Et là, je me suis souvenu combien j'aimais le jour.

Sauf quand je voudrais qu'il fasse encore nuit.

C'est décidé, l'été, ça pue.

Il fait jour bien trop tôt.

vendredi 10 juin 2011

Ain't Got No Home / Clarence "Frog Man" Henry



Ce qu'il y a de prodigieux lorsque l'on habite à Paris (ou toute autre ville légèrement large, plus ou moins capitale d'un pays et légèrement attractive d'un point de vue économique et touristique) c'est le bonheur transcendantal que l'on éprouve (que dis-je, la joie, mais la joie spirituelle, la joie qui élève et fait de nous des hommes bons et meilleurs) lorsque l'on a à chercher un logement.

En gros, le Viêt-Nam, à côté, c'est barbecue sur la plage avec une légère odeur de brûlé au petit matin.

Mais faut dire, l'aspirant parisien est quand même un peu exigeant à vouloir vivre dans un logement luxueux de 30 20 15 m2 pour un loyer qui n'atteint même pas un smic.

Ou à peine.

Et en plus, ce péteux qui se croit de la haute (l'aspirant parisien) n'hésite pas à pousser le bouchon en demandant un toilette qui ne soit pas sur un palier, un immeuble en bon état, un logement refait (ouais, c'est ça, il croit que les proprios sont tous dans le BTP ou quoi? nan mais faut pas déconner, aspirant parisien, déjà que t'as un toit pas percé...)

Et certains, aux goûts de luxe, pensent même qu'ils pourraient habiter DANS Paris.

Nantis, va.

Heureusement, il reste des bonnes âmes, qui ont le resto sur le coeur et ma main dans la gueule qui sont toutes prêtes à aider celui (ou celle) qui est dans la peine et le besoin.

C'est beau de se dire que le temps de Pharaon et des champs de coton est terminé...

(je précise que le texte ci-dessous n'est pas le scénario de Misery ni tiré d'un sketch du groland, ce qui rend cette annonce encore plus drôle.)

mercredi 23 février 2011

That Lucky Old Sun / Aretha Franklin



Aujourd'hui, j'ai entendu une chouette légende.

Elle racontait l'existence d'une espèce de grosse boule de feu qui était dans le ciel et apportait lumière et chaleur (et bonheur) au monde.

D'ailleurs, vous n'avez jamais entendu les anciens parler du "Soleil", cet objet qui (parait-il) brillait dans le ciel et que l'on voyait parfois dans certaines régions comme des îles parfumées aux jungles mauves, des empires perdus où des pyramides sont accrochées aux sommets de montagnes qui dépassent les nuages ou des déserts infinis perdus sous le ciel bleu.

Mais cette époque bénie où l'on pouvait voir la vie en couleur est visiblement révolue puisque l'on ne connait plus maintenant que le gris.

Un gris nucléaire.
Un gris de goulag.
Un gris qui punit.

Un gris comme l'ennui.

Et ce gris qui m'écrase chaque matin commence petit à petit à entamer mon moral.

un travail de sape qu'il me fait, l'animal.

Un gris qui obscurcit même l'esprit.

Du coup, je deviens faible et je fatigue et un rien me rend triste.

Le métro, les infos, le boulot.

Et en rentrant sous la gris et la pluie, j'ai ouvert ma boîte aux lettres, et j'ai pleuré (presque) tout ce que je pouvais.

Parce que dedans, il y avait un petit bout de carton.

Et sur ce bout de carton, il y avait un opéra.

lundi 14 février 2011

After The Laughter (Comes Tears) / Wendy Rene



Aujourd'hui, j'ai eu droit à tout un tas de blagues de plus ou moins mauvais goût qui m'ont fait rire.
Mais jaune.

Ca a commencé quand mon RER est arrivé à l'heure.

Je n'y ai pas cru.

Ensuite il est reparti plutôt en retard pour "défaut de conducteur" et je n'ai pu réprimer un pouffement satisfait de celui qui se fait bien avoir par une petite farce bien trouvée digne de (feu) Marcel Beliveau.

Après cette blague deux-en-un qui a certainement nécessité une infrastructure et une organisation dignes d'une tournée mondiale d'un groupe comme U2, j'ai cherché les caméras cachées quand, à plusieurs reprises, on m'a demandé l'orthographe de certains mots.

Non pas que l'illettrisme déclenche chez moi une hilarité hystérique et une moquerie dédaigneuse, au contraire, mais les analphabètes prétentieux qui se prennent pour Einstein sans savoir écrire (ou parler) une phrase en français courant auront du mal à éviter mes foudres vengeresses quand, après m'avoir pris la tête sans scrupule, on me demande si "normal prend un "e" si le mot avant est féminin?"

(je vous ferai grâce des autres apartés de cet acabit qui ont égayé ma journée parce:
-1: Vous ne me croiriez pas.
-2: Vous (et moi) n'avez pas que ça à faire.

Je me suis fait insulté sauvagement et moquer comme dans une cour de collège mais en fait non, c'est une blague!

Ah ouais?
Ben elle est pas drôle!! (connard!)

Ma journée a ressemblé à rires et chansons mais sans les chansons (ni mes rires à moi ceci dit) et je crois que la plus belle blague de la journée, c'est de voir que c'est la St Valentin.

mardi 25 janvier 2011

Killing Time / Natural Essence




Une chanson que j'adore écouter le soir, en lisant un bouquin avant de m'endormir.

Parce que cette trompette jazzy et cette voix envoûtante font vraiment du bien après une journée de glande boulot.

Alors cette fois-ci, je vais la faire courte et je ne pousserai pas le volume jusque 11.

je vais retourner à mon bouquin, finir mon verre de lait (non) coca (non plus...) vin (ah ben oui, pourquoi pas, et puis non) whisky (voila, là ça fait classe et homme!) et en regardant par la fenêtre, je verrai l'Empire State Building, le Grand Canyon, l'Océan et des néons éclatants...

dimanche 16 janvier 2011

What Made you Change / Eddie McGee




Alors je suis attentivement vos votes et pour le moment, il y a quelques propositions qui ont ma préférence:

Mr Owl, parce que ça sonne bien.
Dr Mood, parce que c'est sympa.
Dr Paulette, parce que c'est cette originalité (et ce clin d'oeil aux racines) qui fera ma gloire...
Spiff le Spationaute (vs the records) parce que franchement, c'est trop classe...

Je continue donc de réfléchir et je ferai mon choix très rapidement.

Il y a des choses qui vont changer cette année.

Et ceci n'est que le début d'une longue liste.

Alors autant la commencer dans le groove, non?

jeudi 13 janvier 2011

At the Top of the Stairs / The Formations



Tout d'abord, les amis, je vous rappelle votre challenge de la semaine:

Me Baptiser pour la gloire!

J'ai compilé toutes les propositions qu'on m'a faite et je vous invite à voter (ou proposer votre propre idée) sur ce meeeeeeerveilleux site qu'on m'a récemment fait découvrir à la faveur d'un mail de folie folle en préambule d'une soirée de déglingués qui s'annonce (Big Up Tonio et DivinOdile!)

On vote là, donc


Ensuite, place à la musique.

Ce soir, en rentrant chez moi, j'ai repensé à ma journée de travail passée tout seul dans mon atelier et je me suis senti vraiment seul.

Pas seul abandonné au milieu de nulle part ou seul livré à mon sort, car ce n'est pas ce qui m'inquiète le plus.

Aujourd'hui, j'étais tout seul face à moi-même et je dois avouer que je ne faisais pas mon malin.

Déjà parce que mon moi-même est assez relou quand il le veut bien, même si il me fait bien marrer quand je le veux bien.

Ensuite parce que forcément, je me pose des questions idiotes super dures qui me font cogiter toute la journée sans que je trouve forcément de réponses.

Vous avez trouvé, vous, ce pour quoi vous êtes doués?
(non pas que je me considère comme une parfaite tanche de l'administratif ou un analphabète des mains mais je suis sûr que je peux être encore plus fort dans un autre domaine que je ne soupçonne même pas, alors je cherche.)

Vous savez, vous, réparer les radiateurs électriques et couper les sirènes d'alarmes?

Vous connaissez votre pointure?

Vous savez, à tout hasard, ce que vous allez manger le soir même?

Vous savez ce dont vous avez envie?

Vous pensez que votre vie correspond finalement à ce dont vous rêviez quand vous étiez gosses?

Vous êtes préparés au 9 février?
(Pour diverses raisons de votre choix.)

C'est hanté de toutes ces questions futiles et terrifiantes que je suis arrivé chez moi.

C'est essoufflé que je suis arrivé au 6ème étage, car mon ascenseur était en panne.

Et monter 6 étages à pied, c'est long.
(enfin surtout pour des garçons comme moi pour qui le sport se résume à en parler avec son ami Loic et à le regarder avec les copains de la divette ou parfois dans un stade, par moins 16, pour assister à des branlées historiques...)

C'est long, mais quand même, je n'ai pas eu le temps de répondre à mes questions, c'est vrai.

mais j'ai eu le temps d'en avoir moins peur.

dimanche 7 novembre 2010

I Can't Stand the Rain / Ann Peebles



Oui, c'est évident, il fait mauvais temps.

J'en profite donc pour coller un cafard à déprimer un frère Farelly avec ce standard repris, volé, samplé dans tous les sens.

Un groove soul qui vous enferme chez vous avec un thé pendant que la pluie tombe et qui ne donne absolument pas envie de sortir.

Mais qu'est-ce que c'est bon.

Oui, c'est bon de parfois rester derrière se fenêtre avec une tasse de thé. (ou un verre de whisky, tout dépend de l'humeur...)

Déjà parce qu'il fait moins froid que dehors (et on y est moins mouillé, sauf cas de maladresse extrême lorsque l'on se verse l'eau du thé sur la tronche, ce qui se double alors d'une brûlure au troisième degré et ça confine au pas de bol.)

Ensuite parce que chez soi, on imagine plein de choses, on construit des projets, on bâtit des espoirs.

Chez soi on refait le monde.

On n'a pas à l'affronter...

mercredi 3 novembre 2010

I'll Rise / Ben Harper




Je suis en train de (re)lire une de mes bibles, les fabuleusement génial "Le Combat du Siècle" du doublement Pulitzerisé Norman Mailer.

(oui, rien que ça, certains rament comme des galériens Yougoslaves pour être publiés dans "les dernières nouvelles de volgograd", lui, il se chope deux prix Pulitzer. Tranquille...)


Ce livre-là:



Magnifiquement adapté en un documentaire splendide et oscarisé sous le nom poétique et tribal de "When We Were Kings", de Léon Gast.



Pour ceux qui ne connaissent pas l'histoire, il faut savoir qu'à ce moment, Ali a 32 ans, il n'est pas au mieux et est annoncé perdant.
Certains pensent même qu'il va se faire tuer sous la puissance brute de son adversaire.

Foreman est une machine de guerre avec des enclumes à la place des poings et sort d'une série de 40 victoires dont 38 par KO.

Lors des entraînements, Ali se forçait à ne pas regarder ceux de Foreman, car il aurait certainement déclaré forfait sur-le-champ.
George Foreman choisissait les sacs les plus lourds et les plus denses qui existaient et il les déformait à la seule force de ses poings.
Ses coups creusaient des trous dans des sacs durs comme des murs.
Et Ali ne regardait pas, car il ne voulait pas douter de sa victoire.

Alors je fait comme Ali.

Je sais que je ne suis pas forcément donné gagnant tout le temps, mais j'essaye de ne pas regarder mes adversaires, car je ne veux pas imaginer qu'ils puissent être plus forts que moi.

J'évite le regard des magiciens de la vie, même si je ne crains pas leur vaudou.
Je ne tombe pas dans l'illusion des séducteurs.
Je ne perds pas de temps à admirer la réussite financière de gens certainement plus jeunes et mieux habillés que moi.
Je ne compte pas les victoires des autres.
Je ne m'effraye pas sous les poings des vauriens.
Je n'écoute pas les oracles obscurs qui me voient à terre alors que je ne me suis pas encore levé.
Je ne cours plus après des choses que je ne veux pas atteindre. Je ne me fatiguerai plus pour faciliter le travail des autres.
Je ne regarde pas des murs de doutes et de discrétion s'effriter sous les coups d'assurance de personnes qui ne doutent de rien et surtout pas d'eux-mêmes.
Ils finiront par tomber bien plus lourdement que moi.
Je ne m'attarde pas à contempler ce que je ne suis pas.

Je ne veux plus croiser de miroirs.

Je fais comme Muhammed Ali.

Je bâtis patiemment mon propre moment de gloire.


(Il faut savoir que Ali fait partie de ces rares hommes à me faire pleurer de par leur simple existence. Comme Martin Luther King, Nelson Mandela ou Zinedine Zidane et Michael Jordan, il a un jour décidé qu'il pouvait devenir ce qu'il voulait être, et le partager avec les autres.
Il l'a fait avec ses poings, mais pour moi, c'est aussi beau qu'un mec qui fait des rêves pour son peuple, un autre qui le libère ou d'autres qui dansent ou volent avec un ballon pour la simple beauté du geste.)

lundi 18 octobre 2010

Walk On By / Isaac Hayes





Aujourd'hui, en sortant du travail, j'ai eu la désagréable surprise de voir que les RER avaient décidé de s'arrêter un peu, comme ça, pour voir et pour casser les testicouilles.

Surtout que j'avais la désagréable chanson "Et j'entends siffler le train" dans le tête ce qui, évidemment, est plutôt handicapant quand on cherche à passer une bonne soirée.

Comme je pensais qu'il valait mieux nous quitter sans un adieu la Courneuve et moi, (parce que j'avais vraiment pas le coeur de la revoir...) j'ai eu l'idée lumineuse de prendre un raccourci:

Un bus (le 150) que j'attrape à la gare RER de la Courneuve qui devra m'amener jusqu'à une lointaine station de métro à Aubervilliers (notez que l'on change de ville!) où je pourrai attraper la ligne 7 qui, après une bonne dizaine de stations me déposera à la gare de l'est où je pourrai attraper la ligne 4 (chère ligne 4) puis m'enquiller une autre brochette de 6 stations pour arriver porte de Clignancourt.

Fastoche, simple, rapide.

Je suis dans le bus depuis 40 minutes et je me rends compte qu'on a avancé de bien 800 mètres (à vue de graffitis....)

Que c'est triste un bus qui ralentit dans le noir (surtout dans l'obscurité d'Aubervilliers.) et là, vous pouviez m'imaginer tout seul abandonné.

Je demande au chauffeur de bus si le métro est encore loin, il m'annonce environ 15 minutes de marche.

Que c'est loin où je m'en va, que c'est loin où je m'en va...

Bon, ben je vais y aller à pied, alors, c'est pas très loin.

Et je suis descendu et j'ai marché.

Bien sûr, je paye un bras et demi par mois dans les transports en commun, mais marcher c'est si sympathique, surtout à Aubervilliers...

J'entendrai siffler ce train toute ma vie me dis-je alors.























Et évidemment, j'avais fait 75 mètres quand mon bus m'a dépassé à toute vapeur.

mercredi 28 juillet 2010

Super Bad / James Brown



Fini le Moyenman, aujourd'hui, j'étais le roi des Bad Boys.

Je marchais avec mes lunettes de soleil alors que il n'y a même pas de soleil.
J'ai pas laissé ma place à des personnes âgées dans le métro.

J'étais féroce et méchant, je dis pas bonjour et j'écrase le gobelet en plastique de mon café.
D'ailleurs j'ai cogné la machine à café pour lui montré que c'était moi le (bad) mec quand elle d'abord fait couler mon café sans gobelet (mon café est donc revenu à 80 centimes, deux gobelets -dont un broyé de mon poing rageur- et un mal de main, mais elle a compris qui était le chef, non mais...)

J'ai laissé le téléphone sonner longtemps avant de répondre.

Et j'ai fait encore plein de trucs d'ordure horrible comme laisser les lumières allumées ou tutoyer des gens, comme ça, pour montrer que je suis cool mais bad.

Aujourd'hui fallait pas me croiser, j'étais un tracto-pelle, Jurassic Park et Wolverine réunis.

ça tombe bien, aujourd'hui j'étais tout seul au boulot.





Grr!

mercredi 30 juin 2010

Working in the Coalmine / Lee Dorsey



En ce moment, quand je regarde mes mains au boulot, elles sont franchement crades.

Couvertes d'huile de coupe, de poussière d'aluminium, d'éclats de métal, de graisse, de résidus de poudre noire, de poussières diverses ( à se demander si certaines ne sont pas toxiques) ou de peinture et je le vis plutôt bien en fait.

Non, je n'éprouve pas une quelconque joie à me couvrir de crasse radioactive, mais disons que le fait de travailler avec mes mains me comble d'aise.

Ou plutôt, cela me donne l'illusion de faire partie de ces gens formidables pour qui tout semble facile, genre refaire marcher une voiture même sans embrayage; hop, un fil de fer ici, un bout de bois là, démarre, pour voir, teuf teuf, tout va bien, salut mec à la prochaine, ou encore faire une salle de bain de haut en bas tuyauterie incluse, attends, deux points de soudure, essaye les 35 jets de ta douche, fllsssshhh, tout va bien, salut mec à la prochaine.

Je n'en suis pas encore à refaire marcher des automobiles ou installer la plomberie d'un complexe spa-piscine à vagues-sauna-douche multijet d'un grand hôtel de Dubaï, mais je crois que je ne me débrouille pas trop mal.

Mes connaissances, en gros, se limitent à brancher une prise pour réparer une lampe cassée (quand je suis en confiance et vraiment en forme, et si ce n'est pas trop en hauteur en raison de mon vertige et de mon équilibre de Dahut, je change l'ampoule.)

Mais petit-à-petit, grâce au champ d'expérimentations que me fournissent ma soeur atomique Caro-magnonne et son appartement, j'apprends plein de trucs.

Rebrancher un téléphone (en ayant la tonalité, une sonnerie et tout et tout, il ne reste plus qu'à dire "allo".)

Réparer (presque) des chaussures.

Installer des lampes hyper-techniques certifiées par la NASA composées uniquement de câbles en plastique à tendre en parallèle dans tous les sens avec des lampes high-tech à visser dessus. et quand c'est bien fait (et seulement si c'est extrêmement bien fait.) ça marche. Là, chez la caro-magnonne, c'est Versailles, elle se balade en lunettes de soleil tellement ça allume.

Et j'oublie deux-trois trucs.

Au boulot, c'est l'apothéose, j'utilise des outils hyper spectaculaires comme des meuleuses électriques, des guillotines à métal, des perceuses avec des lames à transpercer un char d'assaut, des limes electriques hyper véloces et j'en passe.

Et mon rêve, franchement, c'est maintenant d'apprendre à souder.

Si, sérieusement.

Vous vous dites, tant d'années d'études pour voir un aboutissement professionnel dans le fait de savoir souder.

Et bien oui, et avec fierté, même.

Parce que si je cherche à ne pas regretter certains choix, j'essaye surtout d'être fier de ce que je sais faire.

je suis fier de ce que j'ai appris, même si je ne l'utilise pas toujours à bon escient, c'est vrai. (pensez donc, une maitrise de ciné...)

Mais si je sais souder, j'aurai la fierté de me sentir complètement appartenir à ces magiciens de la vie.
Un prestidigitateur-pyromane.

Papa, je serai un homme ton fils!

(Promis, c'est pour bientôt!)










(Vu que je vais apprendre à souder...)

mardi 22 juin 2010

Let's Take A Walk / Raphael Saadiq


Raphael Saadiq - Let's Take A Walk


Comme le soleil reviens, qu'il n'y a rien à la télé entre deux matchs de (bon) football, je me suis dit que j'allais marcher un peu, histoire de reprendre possession de mon quartier avant de devenir le roi de la capitale et le maître du monde.

Et marcher au soleil dans la rue, c'est sympa.

Et pour se balader en ayant l'air coooool, il n'y a rien de mieux que de se balader en fredonnant une chanson. (moi, je conseille fortement celle-ci, elle donne l'air cool, classe et sexy, alors je fais des cures sous ma douche.)

Une star éteinte, et dont je tairai le nom vu qu'elle était atteinte à l'époque d'un strabisme convergeant plus qu'handicapant, chantait d'ailleurs elle-même qu'elle se baladait sur l'avenue, le coeur ouvert à l'inconnue, c'est dire si se promener au soleil, ça inspire Joe Dassin!

L'idée, donc était bien de repartir en conquête et de montrer, que ici, je suis chez moi, il faut le savoir.

J'ai croisé des enfants qui jouaient au ballon avec certainement plus de talent et de conviction que leurs idoles, j'ai dit bonjour à ma boulangère qui ne m'a pas reconnu, peut-être parce que je ne suis pas allé chez elle depuis des mois, (mais elle reste MA boulangère, un jour j'avais pris une religieuse au chocolat, elle était super!)

Bon, au début c'est vrai, j'ai surtout croisé des gens prêts à me casser la figure pour me détrousser de mes livres que je trimballe par dizaines, comme pour zapper de l'un à l'autre, comme des chansons quand j'ai des pauses métros.

(Parce que oui, lire dans la rue, c'est pas très pratique en fait. Les traversées sur les passages cloutés deviennent encore plus hasardeuses que d'habitude, et on a plus de chance de se fracasser le crâne dans un poteau ou un parcmètre que de rentrer souplement dans une jolie fille surprise qui se révélera en fait être la femme de notre vie avec son sourie à faire tomber les statues de l'île de Pâques. Je déconseille dons totalement la lecture en pleine rue, ça ne donne pas du tout l'air plus intelligent, ça donne surtout l'air d'un footballeur qui veut faire croire qu'il n'est pas que mauvais en foot.)

Des détrousseurs de tout poil, donc, comme cette femme en train de faire son footing, qui ne fait qui me jette des regards hagards, sans doute à se demander quels livres je cache dans mon sac pour me les faucher et ressembler encore plus à un footballeur! ou ce type avec son sac plastique, sans doute remplis de tessons de bouteille pour couper la carotide des gens qu'il croise dans la rue...

Mais très rapidement au bout de deux heures donc, j'ai chassé ma méfiance pourtant fondée et je me suis pris l'humanité de plein fouet.

Des Yoggers, donc, c'est dingue, il y en a plein le dimanche, ils sont dingues, ils ne savent pas qu'il y a Brésil-Côte d'Ivoire?

Un vieil Arabe sous un parapluie qui chantait du Aznavour, des scooters dans tous les sens, des jeunes filles à boutons et appareils dentaires qui rougissaient et riaient ensemble en regardant le chanteur à boutons et appareil dentaire d'un groupe de jeunes prépubères qui tentaient une vaine reprise de Noir Désir (déjà, Noir Désir, c'est moche, mais alors repris par une voix qui mue, c'est drôle!)

Il y avait des policiers (je suis sûr que c'étaient ces abrutis de mon dépôt de plainte qui m'avaient donné envie de leur acheter un dictionnaire.)

Des familles, des couples, des grands-parents lumineux, des trombones et des guitares entre lesquels zig-zaguaient les vélibs.

J'ai marché pendant longtemps, donc, pour reprendre possession de mon quartier.

Et en fait, je me suis rendu compte que c'était moi qui lui appartenait.
























(Ce magnifique clip est aussi l'occasion pour moi de vous présenter mes nouvelles lunettes, comme celles que l'on voit sur le nez de cette classe trop classe de Raphaël. Donc oui, je suis classe.)