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mercredi 16 juillet 2025

Home Cookin' / Jr Walker & The All Stars


Je n’ai jamais été un fin cordon bleu. 
Longtemps, cuisiner se résumait surtout pour moi à faire des courses et ça prend du temps, faire des courses, il faut réfléchir à ce qu’on veut se faire à manger, il faut faire des listes. 
Et il ne faut rien oublier sur la liste, sinon vous vous retrouvez vite à redescendre vos 6 étages sans ascenseur pour les remonter toujours sans ascenseur mais avec un pack d’eau. 
Ensuite vient la préparation du festin. Couper, rôtir, peler, s’émincer les doigts, brûler au moins un truc pour finir par se féliciter de ce magma étrange, mi-pétrole, mi ensilage à bétail qui palpite au fond de son assiette. 

Je n’étais pas un fin cordon bleu, certes, mais j’aime la table. Avec des nappes à carreaux de préférence. 
Engloutir des langoustines avec une simple mayonnaise, dévorer des saucissons briochés et des andouillettes, des poivrons farcis ou des gratins de courgettes. Des œufs mayo. Avec des rires, des cris d’enfants et en ouvrant des quilles rouges (après le blanc frais de l’apéro) avec des amis. Des Hautes côtes de Nuit, des St Emilion, St Julien, St Estephe (mes saints préférés, vous l’aurez deviné, Trinité de velours rouges et sereins …) 
Mais je ne suis pas snob. En ce moment, mon repas préféré, c’est ouvrir des boites de sardines ou de maquereaux en regardant ma vue (je vous parlerai un jour de ma vue) 

J’aime la table simple. Que je pourrais faire chez moi sans savoir le faire chez moi. 
La starification des chefs ne me touche pas (non pas que je pense qu’ils ne la méritent pas, certains sont même des artistes, mais j’ai toujours l’émotion du repas des gens avec qui je le partage. Pas de l’assiette elle-même.) Je ne regarde pas les émissions de cuisine. Je ne suis pas assez amateur. 

Je n’étais pas un fin cordon bleu mais j’ai appris à choisir des légumes et ne pas brûler des trucs. 

Je n’étais pas un fin cordon bleu, mais depuis quelques temps, mon bac à légumes mérite vraiment son nom (bon, j’arrive quand même encore à y caler quelques bières. Faut rester sérieux.)

Je n’étais pas un fin cordon bleu, mais j ai une fine bibliothèque et mon prochain livre s’annonce palpitant. 










Je ne suis toujours pas un fin cordon bleu, mais enfin, quand même, je sais que le meilleur repas peut aussi être les épluchures de la cuisine de la créature souple et douce avec laquelle vous souhaiteriez vivre. 

samedi 22 mars 2025

634-5789 / Wilson Pickett




 9 avril 2021.

La réceptionniste du cabinet de scanner et radiologie me tend une enveloppe. 

« Tenez, voilà les résultats de votre scanner et dites-moi si vous voulez parler à un médecin. »

Ah merci, alors voyons voir, ah, des radios que je ne sais pas lire, blablacharabia… zone… blablachinoismedical…. Masse….Blablasombreblablaganglionsdégueulasses blablymphomeblabl..

Lymphome?

Lymphome?

Mais attendez, il me semble que c’est pas top ça un lymphome, dites madame ou mademoiselle, oui, je veux bien parler à un médecin. 

« Ah ben très bien, vous voyez le téléphone près de la machine à café? Quand il va sonner ce sera pour vous. »

Ah. 

D’accord. 

Je me déplace donc vers le téléphone et vous voyez à ce moment là, j’étais encore naïf. J’avais pas trop été confronté à la rigueur de cette bloody hell chienne de vie, j’avais pas de dettes de jeu ni de mauvaises relations avec une Mafia quelconque, je trouvais régulièrement de la place en terrasse, même à Paris, j’étais pas poursuivi par la maréchaussée et j avais un toit et des verres et des amis pour les vider avec moi. Donc vous voyez, je me dis que le téléphone va sonner et à l’autre bout du fil, une voix sucrée me dira d’aller au deuxième étage troisième porte à droite. 

Vraiment, j’étais naïf. 

Dring. 

Allo?

"Oui bonjour c'est à quel sujet?"

(Déjà, indice: la voix est pas sucrée. Ça part pas nickel, cette histoire.)

"Ben c'est au sujet monsieur que vous me marquez le mot Lymphome sur mon dossier (et moi c'est Moyenman)"

"Ah oui oui, Mr Moyen,  vous avez un Lymphome."

"On est d'accord qu'un Lymphome, c'est un cancer?"

"Oui oui, tout à fait."

"..."

"..."

"... Mais... Mais alors je fais quoi? Je vais voir mon généraliste qui va m'orienter vers un spécialiste, c'est ça?"

"Absolument. Et ne vous inquiétez pas, ça se soigne. Bonne journée monsieur!"

"Ah ben bonne jou-clic-raccroché.

(Notez que cette conversation est authentique. Au téléphone d'un cabinet de radiologie - scanners, à côté d'un distributeur de café. Vous pouvez donc admirer mes talents de diplomate puisque 1: le téléphone est resté intact. 2: je n’ai pas traité mon radiologue d’une quelconque maladie vénérienne, ni même d’un banal « enculé » et 3: je ne divulgue même pas l’identité de ces hémorroïdes humaines. Confiez-moi donc l’Ukraine et Gaza.)

Quand j’étais ado, il n’y  avait pas de téléphones portables ni de mails, ni de messageries instantanées (oui, je parle comme un homme préhistorique ou Michel Sardou.) et du coup, on se donnait des rencards par téléphone fixe. On appelait, un peu tremblant, on décrochait, un peu hésitant, et on essayait de se retrouver au cinéma, ou à La cigogne, place des clercs à Toul, pour siroter des Monaco et passer un bras sur une épaule. 

Bref, le téléphone fixe, pour moi, était associé à de l’insouciance (et bon, des désillusions, mais c’est les règles du jeu)

Je raccroche donc le combiné et dans ma tête, instantanément :

Ok, j'ai un cancer.

- Je ne peux plus aller travailler (C'est pas forcément la pire nouvelle de la journée.)

-Je vais être dépendant

- Je vais avoir un traitement que je ne connais pas (rayons, chimio, opération)

- Je vais perdre mes cheveux (C'est marrant. Je ne tiens pas particulièrement à mes tifs, mais c'est vrai que j'y ai pensé rapidement. Comme si je voulais m'y préparer.)

- Je vais peut-être mourir. (Elle est peut-être là, la pire nouvelle de la journée.)


Cette liste s'est imprimée dans ma tête et j'acceptais chaque étape au fur et à mesure que je les énumérais. C’était la règle de ce jeu. 

Puis je sortais le mien, de téléphone et j'appelais mon merveilleux docteur, mes parents et ma soeur.

Moi qui ne m'étais jamais battu de ma vie, sauf peut-être contre des housses de couettes, des écouteurs filaires emmêlés et des emballages "ouverture facile",  j'allais finalement  devoir m'y mettre...

lundi 6 juin 2016

Say it loud, I'm Black and i'm Proud / James Brown (Muhammad Ali, 17 Janvier 1942 - 03 Juin 2016)



Muhammad Ali est mort.

Un des plus grands philosophe du XXème siècle.

Oui, oubliez Deleuze, Heidegger, Jaspers ou Sylviane Agacinski, le verbe ne s'est jamais aussi bien exprimé qu'à travers la bouche d'un homme qui faisait parler ses poings.


Un homme qui un jour s'est levé et à coups de directs du droit et de paroles, a renversé à peu près toutes les barrières qui pouvaient exister. Non seulement pour lui, mais pour tous les noirs et pour la planète entière.

Comme je ne veux pas que ce blog finisse par ressembler à une interminable chronique nécrologique, en souvenir de The Greatest, nous allons nous lever et danser (avec l'aide du groove affolant de James, bien évidemment.)

Faisons simple, des mecs de ce calibre, il en existe un par siècle, à peu près.

Muhammad Ali ne boxait pas, il dansait.
Il dansait avec légèreté. Il volait sur le ring, esquivait, glissait et assommait.

Surtout, Ali se tenait debout et chacune de ses paroles, chacun de ses gestes, tout son corps, toute son âme le criait: I'm Black and I'm proud.

Et son verbe assommait plus que ses poings.

Un roi qui parle. Un verbe incarné, une parole de feu qui se gravait pour toujours dans le marbre de l'histoire et dans l'esprit des gens.

Car Ali ne parlait pas finalement. Il éclairait.

Noir et fier, il n'a jamais renié ses convictions.
Il a refusé de partir au Viet-Nam. ça lui a coûté son titre de champion du monde, son droit de boxer et sa liberté.
Il refuse les pronostiques qui annoncent qu'il va se faire réduire en bouillie par George Foreman à Kinshasa.
Foreman, un bulldozer humain, impitoyable puncheur invaincu à l'époque en 40 combats. Dont 37 KO.
Ce 30 Octobre 1974, dans la nuit Zaïroise, il refuse le destin qu'on lui promet et forge le sien à la 8ème reprise en terrassant son opposant.

Noir et Fier, il annonçait être le plus grand, le plus rapide, le plus malin et le plus beau.

Et il avait raison.

Il dansait sur le ring, il dansait avec les mots mais féroce, la vie lui a volé cette grâce.

Et Philosophe, encore une fois, il acceptera que son créateur le mette à l'épreuve physiquement et encore une fois, refusera que son esprit soit moins vif.

Il est le seul dont l'étoile sur Hollywood Boulevard est accroché sur un mur et non dans le trottoir. Parce qu'il ne voulait pas que son nom soit piétiné.

Parce qu'il était noir et fier.







































Une dernière fois, en hommage au Greatest, dansons.


dimanche 24 avril 2016

SPECIALE PRINCE ROGERS NELSON (1958 - 2016)

Alors oui, évidemment, je suis triste.


Pensez donc, Prince est mort, Gilles Verdez est toujours vivant, les médias préfèrent continuer de parler de trucs idiots plutôt que des migrants qui se noient pas centaines et en plus, il pleut.

Prince est mort.

Bon, je vais pas dire que je le pensais immortel (encore que) mais quand même, c'est étrange à écrire comme phrase. Un personnage aussi fantasque, charismatique et surtout talentueux ne pouvait disparaître aussi vite. (Encore que je me demande si mourir à 97 ans dans des draps en soie violette -même entouré de sublimes créatures souples et douces- ça n'aurait pas un peu écorné la légende finalement. Genre un rockeur qui meurt dans son sommeil. Elle est bien bonne, celle-là.)

Prince est mort et comme après la disparition de Michael Jackson ou David Bowie, le monde groove moins. La planète a un peu perdu de son rythme je trouve.

Donc oui, je suis triste.

Mais plutôt que de faire un éloge funèbre sordide, je vais vous raconter un de mes meilleurs souvenirs de concert de toute ma vie.

Le 01 Juillet 2010, à Bercy.

Stevie Wonder, un des derniers de ces dinosaures mythiques, faisait donc bouger plein de monde au son des ses tubes qui tapent.
Vous me connaissez, je suis pas du genre à en rajouter mais bordel, c'était mortel.

Et il commence à jouer les premières note de Supersition.

Les gens sont contents, noterez-vous, car ce titre est un petit peu sympa et dansant.

Et il s'arrête.

Il veut faire venir un ami sur scène.

Le public est en délire et le reste appartient à la légende...




Je ne m'en suis toujours pas remis.


Tout comme je ne me suis pas remis de son concert au Grand Palais où j'ai fait partie des chanceux qui ont pu y assister.

Tout comme je ne me suis pas remis de la première fois où j'ai entendu Kiss, Purple Rain, Sexy MF, When doves Cry, Get Off, Cream, Housequake, et un nombre incalculable d'autres tubes.

Tout comme je ne me suis pas remis de mon deuxième meilleur souvenir de concert.

Le 11 Octobre 2009.

Sous la grande et belle verrière du Grand Palais.



Prince n'était pas qu'un musicien génial, performer exceptionnel, auteur, compositeur, producteur incroyable et guitariste virtuose.

Il était la musique. Elle irradiait et il nous enveloppait dedans à chacune de ses apparitions.


Au revoir, Prince Rogers Nelson.

Et Merci pour votre -trop court- passage sur Terre. Vous avez participé à la rendre plus hospitalière et promis, on continuera de danser, sur vos chansons et sur les autres, pour la laisser pas trop sale à ceux qui viendront après.

mardi 8 mars 2016

Do my thing / Estelle (Feat. Janelle Monae)




Aujourd'hui, c'était la journée des droits de la femme et non, je n'aime pas la journée des droits de la femme.

Non pas que je n'aime pas que les femmes aient une journée, mais je trouve ça complètement con que les femmes aient une journée.

Pourquoi.

Pourquoi devrait-on instaurer une journée particulière pour se rappeler qu'après-tout, les gonzesses sont des êtres humains aussi et mériteraient (peut-être ) les mêmes droits que les hommes?

Je vous avais déjà dit ici que je pensais qu'il était temps d'interdire des trucs aux hommes (tout en proclamant mon amour pour le foot, les filles, Beyoncé et les stades.) afin qu'ils puissent dignement éviter au monde l'expression préhistorique de leur relouterie manifeste.

Là, j'ai envie de vous dire que ça fait bien longtemps que les femmes, elles ont pris le monde en main.

Je pourrais vous parler de celles qui jouent au foot et qui sont meilleures que les mecs, de celles qui disent des choses plus intelligentes que les mecs dans les médias (ce qui arrive très très souvent quand même) de celles qui surfent des vagues qui me collent le mal de mer quand je les regarde, des filles qui envoient aussi gros en ski extrême que les bonhommes, de Beyoncé, de Simone Veil, de Jane Campion, des rappeuses, des patronnes de grosses entreprises ou de femmes du bout du monde qui se battent contre le viol, l'excision, la burqa, les diktats, les préjugés et l'injustice, mais en fait, je vais vous parler de celles que je connais et que je vois tous les jours.

Ma frangine, Caro-Magnonne, que vous connaissez finalement déjà un peu, qui pète -littéralement- la classe et qui est capable de citer Nietzsche en rotant une bière sur du Beyoncé (tout en analysant finement notre monde déglingué.)

Miss-E, mon Hobbes, plus tigre que les mâles qui se croient Alpha, plus intelligente et plus jolie aussi.

Kiddie, auteure, scénariste, qui vit avec un (chouette) chat, marche sur les mecs avec ses talons, râle contre le rose, enfile les bières (elle aussi) brise le monde avec son rire et s'assume tellement bien avec ce chouilla de classe qu'il faut.

Blondie, drôle et chouette, proprio, qui travaille à la télévision et montre souvent aux garçons comment on bosse. Surtout les chauffards du Luxembourg.

Pretty, loin là-bas, par-delà le grand Atlantique, dans la grande pomme et qui l'assume et qui fait preuve de plus de courage que tous les Jedis d'ici jusqu'à la bordure extérieure. (n'oublie pas, Pretty, un océan n'est rien. C'est la taille du coeur qui compte.)

P'tite ème et son poste à responsabilité qui ferait rougir Ban Ki-Moon si la complexité du monde du prêt-à-porter ne lui faisait pas peur après avoir pris en mains le conflit Israélo-Palestinien.

Babé, sa jumelle, qui gère des rôteurs de bières préhistoriques qui martyrisent des guitares et grognent dans des micros tous les soirs, danse sur ces mêmes rôteurs de bières préhistoriques et sur Dave parfois.

Frau, qui gère une autre forme de pitbulls qui vivent en meute. Les collégiens. Dans un bahut perdu au fond de La Courneuve. Le 9-3. Et qui fait preuve de plus de courage que moi.

Ciseaux, qui évoluent dans un milieu hostile soumis à une grande pression et sombre, un milieu de requins et de requins machos, un milieu que je connais bien. Le Cinéma.

Et toutes les autres, de cette danseuse de flamenco en train de changer le monde petit à petit à cette petite avocate droite dans ses bottes et ses convictions, qui siffle des whiskys et écoute parfois du Dr Dre sans oublier d'être forte et décidée et drôle face à la bêtise, Coach (et ses cheveux roux) qui revient d'une vie aux Etats-Unis pour en commencer courageusement une autre à Nancy. et toutes celles que j'ai oubliées et je m'en excuse.

Voilà les filles, l'occasion pour moi de vous féliciter encore une fois (ce ne sera pas la dernière), de vous chanter mon admiration et de vous dire que face à vous, c'est inégal.

C'est moi qui suis en infériorité.



mercredi 24 février 2016

The Handwriting is on the Wall / Ann Peebles



Dans l'épisode précédent de la chanson, je vous parlais de mon amour pour les graffs et les tags sur les murs de Paris.

Des tags de tout, partout.

Bon, attention, il y a graff et graff. C'est évident qu'une gigantesque fresque qui éparpille ses couleurs sur les murs d'une usine en ruine ou d'un hangar vide, ça sera beaucoup plus chouette qu'un vieux "prout à celui qui lit ça" griffonné dans une cage d'escalier.

Encore que certains ont clairement le sens de la punchline et de la répartie et peuvent vous faire rigoler pendant deux jours juste avec une phrase. Ou un mot...



Des tags, donc.
Partout.
Sur les trottoirs, sur les murs et dans le métro.




Je les aime parce qu'ils sont de l'art


Parce qu'avant, ils étaient des publicités.


Parce que parfois, on les voit flous.


Parce que parfois, ils sont cachés




Mais surtout, parce qu'ils sont éphémères.

Leur but, finalement, est non seulement d'être vus mais surtout d'être recouverts. 
De disparaître derrière d'autres oeuvres, de recouvrir du béton et du métal et donner des couleurs au ciment.

Parce que les tags et les graffs sont un art de rue. Ils n'ont pas leur place en galeries d'art où leur fonction même disparaît.
Comme un tigre en cage, finalement.

C'est pour ça que je les ai traqués à New-York...



Dans l'Arizona...


Et que ma mère m'en a fait un chouette dans ma chambre, quand j'étais gamin...



dimanche 3 janvier 2016

The Storm / Tedeschi Trucks Band



Commençons l'année bien, tranquille et dans la bonne humeur avec une gonzesse qui chante le blues (avec la voix d'un alligator de sa Floride natale, mais si il avait mangé tous les cailloux de son marais, Janis Joplin et Etta James et le jeu de guitare d'Eric Clapton quand il imite Robert Johnson) et Derek Trucks (un nom de poète Français romantique du XIXème siècle) qui martyrise sa gratte à en avoir les doigts qui saignent.

C'est toujours bien de commencer l'année avec une gonzesse qui envoie du bois comme ça, ça aide à oublier qu'elle va être ratée.

Non parce que je t'attends, 2016, maudite et tourmenteuse.
Je t'attends, année de désolation punitive.

Car oui, autant vous l'avouer chers amis, 2016 sera pire que 2015, faut pas se leurrer.
Une tempête approche.
Violente.

Déjà, les 1er et 8 Mai tombent des dimanche. Ainsi que mon anniversaire.
C'est pas un signe, ça? A peine commencée, 2016 nous emmerde déjà en jouant la farceuse de mauvais goût.

Il y aura des JO, mais à Rio. Donc avec un décalage horaire.
Complot.

L'alcool donnera toujours la gueule de bois.

Justin Bieber et Adèle continueront de faire des disques.

Taratata sera toujours à l'antenne.

Et pour en rajouter à notre malheur, en 2016, il y a les Visiteurs 3 qui sort au cinéma...



























(Oui, je vous souhaite mes meilleurs voeux pour cette nouvelle année.)




mercredi 23 avril 2014

I Want to Go Back There Again / Chris Clark



Imaginez.
Vous avez une machine à remonter dans le temps.

Que feriez-vous?

Quel évènement de l'Histoire voudriez-vous modifier afin que le monde tourne mieux? Ou différemment?

Ben moi, sans hésitation, je retournerai en Allemagne dans les années 40 et j'empêcherai l'infamie, l'ombre et l'horreur d'arriver en flinguant les parents d'Harald Schumacher.

Et du coup, la France serait championne du monde de fouteballe en 1982, Battiston aurait toujours toutes ses dents et Michel Platini serait président de la république.

Ou alors, je retournerais en 2007 et je dirais à Steven Spielberg que réaliser un 4ème Indiana Jones n'est peut-être pas une si bonne idée, je m'arrangerais pour débouler à un concert des Beatles et dire "j'y étais", en juin 1938 j'achèterais deux exemplaires d'Action Comics #1 avec la première apparition de Superman pour en revendre un aujourd'hui pour 2 millions de dollars, je jouerais au Loto il y a deux semaines, j'irais voir un match des Bulls en 1996, je me persuaderais de ne pas aller voir certains films et d'aller en voir d'autres à la place, je m'assommerais pour me remplacer à certains moments, je me laisserais des notes pour me donner des conseils, je me donnerais les résultats du bac, je ne raterais plus aucun métro, je rencontrerais Scarlett, je revivrais certaines journées indéfiniment en chantant "I Got you babe" de Sonny and Cher, je ferais de hier une bonne journée.


Evidemment, j'agirais dans l'insouciance la plus totale, sans penser aux effets que mes actes pourraient avoir sur le continuum espace-temps, je fouterais certainement un gros bordel, mais si je résume bien, je serais riche, avec Scarlett, la France serait double championne du monde de foot, Indiana Jones 4 n'aurait jamais été réalisé et Michel Platini serait président.

Le monde serait peut-être mieux finalement.

dimanche 9 février 2014

Home is where the Hatred is / Esther Phillips




Si dans la lutte contre le quotidien, tous les Moyens sont bons, dans la lutte pour trouver un appartement aussi.

Oui, amies, amis, fidèles lecteurs et trices, Scarlett, j'ai décidé de déménager.

Il faut dire, à force d'entasser des conneries d'accumuler de l'expérience, la vie dans mon appartement commençait sérieusement à ressembler à ça:
 (Franquin, génie absolu.)

"Moyen était parti chercher un disque. C'était il y a 3 jours."


La recherche d'un appartement à Paris peut parfois s'apparenter à la chasse au fauve.

Vous êtes dans un territoire hostile, laissé à vous-mémé, sans arrêt aux aguets, prêt à fondre sur votre proie et surtout, vous avez plus de chance de croiser des hyènes que de majestueux Tigres du Bengale.


Vautours moisi persuadés qu'ils sont assis sur des mines d'or et proposent des taudis à des tarifs prohibitifs.

Dis comme ça, ça ne donnerait pas envie de s'installer à Paris ni de déménager une fois que vous avez trouvé votre clapier.

Oui, sauf que là, il fallait.

Il fallait pour mon intégrité physique (mourir enseveli sous un tas de disques, livres, comics et films bizarres peut s'avérer un poil romantique mais c'est surtout affreusement idiot. Autant mourir vieux et en bonne santé dans un lit.) et pour mon équilibre mental (vivre dans un tas de disques, livres, comics et films bizarres peut s'avérer un poil romantique, mais ça empêche de voir où on marche et surtout, ça empêche de se rendre compte de ce qu'on a vraiment. Autant voir où on marche en admirant ses collections.)

Il fallait pour renouveler cet air vicié et me désengluer.

Parce qu'à force, je finissais par étouffer, étriqué dans trop peu de mètres carrés.
(vous me direz, il y a un aspect pratique, puisque je pouvais cuisiner en même temps que je me lavais les pieds.)

Les tigres ne sont beaux qu'en liberté.

Je suis donc lancé comme un acharné à la recherche de mon gibier et, sentant le vent violent de mon karma bancal tourner, je me dis que je vais avoir un beau trophée.

Pour vivre comme dans une comédie musicale.







samedi 25 janvier 2014

INTERLUDE SPECIAL GRAMMY AWARDS

Demain, ce sont les Grammys Awards au Staple Center de Los Angeles.

C'est comme les Victoires de la Musique sauf que là, on célèbre vraiment la musique.

Alors pour vous mettre dans le bain, voici mes 12 moments préférés des Grammys, sans ordre ni préférence.

Abbey Road Medley / Paul Mc Cartney (Featuring Bruce Springsteen & Dave Grohl) (2012)



Déjà, McCa, c'est légende alors on se tait quand il chante.
Mais en plus quand il invite les potes (God Springsteen et ce fou furieux de Dave Grohl) on se dit que le moment va être historique.
Ce qui sera le cas.
Et émouvant, même, quand l'ancien Beatles, Bruce et Dave Grohl (ainsi que les deux autres guitaristes, dont Joe Walsh, des Eagles) feront chacun leur solo, comme Mc Cartney, Lennon et Harrison en leur temps...

One / Metallica (1989)



Cette année-là, les Grammy accueillent une nouvelle catégorie: Meilleure Performance Hard-Rock / Metal.

Metallica est nommé pour la première fois et pour fêter ça, ils déboulent sur scène et explosent le public médusé avec One, le titre-phare de leur album ...And Justice for All
Tout le monde s'attend à les voir repartir avec le prix, mais ce sont les Anglais de Jethro Tull qui l'emportent.
Peu importe, la bête est réveillée et Metallica ne sera plus jamais le même groupe...

Stan / Eminem (Feat. Elton John) (2001)



Souvent accusé d'Homophobie, c'est un Eminem décidé à fermer le clapet de tout le monde qui se présente sur scène ce soir-là.
Il reprend Stan, une de ses chansons les plus personnelles (et peut-être la plus lucide également) et à la place d'avoir la Jolie Dido au refrain, c'est Elton John déguisé en Casimir qui apparaît.
Un Elton John qui a pu choquer à une époque, puisqu'il s'est toujours présenté comme un vrai fan d'Eminem.
Double choc pour le public, qui découvre que l'ambassadeur de la cause gay qui chante avec le white trash a chouré le costume de Willy Wonka.

Man in the Mirror / Michael Jackson (1988)


Et là, on se rappelle pourquoi Michael Jackson était une aussi grosse star.
Pas pour ses shows démesurés dans des stades, la pyrotechnie, les clips aux budgets hollywoodiens.
Ni même la danse.
Non, il ne faut pas oublier qu'avant tout, il avait le groove.
Et une voix.

London Calling / The Clash (Featuring Bruce Springsteen, Dave Grohl & Elvis Costello) (2003)


Les soirées de remise de prix, c'est aussi l'occasion de rendre hommage à des artistes disparus.
Et quand Les Clash décident de faire un petit coucou à Joe Strummer, ils invitent Springsteen, Dave Grohl (oui, on les invite souvent, c'est normal, ils sont sympas, ils ne foutent pas le boxon à table et mettent la main devant la bouche quand ils baillent et taquinent pas trop mal de la guitare.) et Elvis Costello.
Un line-up ahurissant pour pousser le volume à 11.

Proud Mary / Tina Turner & Beyoncé (2008)



2 reines.
Le genre de moment qui vous fait comprendre que la Beyoncé, elle a vachement raison quand elle chante "Who run the World? Girls!"

Tears in Heaven / Eric Clapton (1993)



Parce que son fils est mort accidentellement à peine deux ans avant, que cette chanson est d'une dignité assez stupéfiante quand même et surtout, qu'il n'y a pas une larme qui coule de ses yeux.
Parce qu'il est quand même anglais. Et donc classe. Et digne.

Seven Nation Army-Death Letter / The White Stripes (2004)



Jack White est un technicien monstrueux qui vous balance des riffs apocalyptiques et des solos sauvages avec un son de bombe incendiaire au milieu de ses chansons, mais il est aussi un amoureux de musique.
Alors quand il se décide à donner une leçon d'histoire, il envoie son Seven Nation Army, pour de déclarer la guerre à tout le monde et enchaîne avec maestria sur Death Letter, un titre de Son House, un des pionniers du Delta Blues.
Un type né dans l'état du Mississippi en 1902, mort en 1988, qui a apprit la guitare à une époque où la religion interdisait le Blues car elle symbolisait le pêché et qui a fait partie de ce club de légende composé de Robert Johnson, Charley Patton ou encore Willie Brown.

Swagga Like us / MIA (Feat. T.I, Kanye West, Jay-Z, Lil' Wayne) (2009)



Avec un line-up pareil, on pourrait une nouvelle fois crier au caractère misogyne du peu-ra.
C'est oublier un peu vite qu'au milieu de ces Goodfellas du Hip-Hop se trouve une gonzesse enceinte de 9 mois qui n'a rien a leur envier et surtout qui mène le jeu.
Parce que tous les autres essaient de lui plaire.

Maybelline - Roll Over Beethoven / Chuck Berry (Feat. Stevie Ray Vaughan & George Thorogood) (1984)



Encore un hommage rendu à un artiste, mais cette fois-ci, de son vivant.
Accompagné de deux autres légendes de la guitare, Chuck Berry montre à tout le monde que ben on a pas fini de danser sur ses chansons...

Lady Marmelade / Pink, Christina Aguilera, Lil'Kim, Mya (2002)



Parce que les Grammy, c'est aussi un show.
Et là, le niveau est quand même plutôt élevé.
Les décors sont démentiels, la production musicale ahurissante et les 4 panthères dans l'arène dévorent les spectateurs pour mieux danser sur leurs dépouilles...

Purple Rain - Crazy in Love - Let's Go Crazy / Prince & Beyoncé (2004)





Toujours dans les bons coups, la Queen B s'acoquine avec Prince et ensemble, ils expliquent ce que les termes "show" "groove" "danse" et "musique" veulent dire.
Avoir Prince sur scène, c'est un peu comme faire Paris - Toul en Ferrari. On profite du paysage et on s'exclame devant les performances techniques.
Associé à Beyoncé, c'est ne pas faire la route tout seul...






Et pour vous donner un petite idée, comme ça, à titre d'information, de comment ça se passe en France, je vous rappelle que les Victoires de la musique seront présentées par Virginie Guilhaume (et avant, on eu droit à Nagui, Laurent Ruquier ou Michel Drucker) ce qui prouve bien l'importance et le sérieux avec lesquels la musique est traitée par le service public et que parmi les moments de gloire de la cérémonie, nous avons eu droit à ce magnifique hommage à Michael Jackson.



(Le casting est impeccable et il faut avouer que parier sur le groove de Charlotte Gainsbourg était audacieux....)

dimanche 12 janvier 2014

Chain Gang / Sam Cooke



Il y a des semaines où parfois on se dit que l'on devrait rester couchés et il y a des semaines où certains vivent une nouvelle fois Noël.

Prenez Serge Dassault par exemple.
Serge Dassault, 88 ans, est le président d'honneur du groupe Dassault Aviation qui fabrique des jets privés et le Rafale, cet avion de chasse vendu comme ultra-sophistiqué que personne n'achète.
Il est également Sénateur sous étiquette UMP.
Le 8 janvier dernier, le sénat à refusé de lever son immunité parlementaire alors que ce brave homme est mouillé jusqu'aux oreilles dans diverses affaires de corruption et qu'il est accusé d'avoir acheté une bonne partie de ses voix aux élections sénatoriales.
Normal.

Et comme Noël, c'est les cadeaux et les gâteaux, le gouvernement a annoncé le lendemain  qu'il allait lâcher 1 milliard d'euros (c'est neuf zéros, les enfants.) pour faire moderniser le Rafale (pourtant déjà ultra-sophistiqué disent-ils). Et que personne n'achète donc.

Je suis d'un naturel optimiste et reste profondément confiant en la justice de notre pays, mais des exemples de ce genre, ça donne quand même envie de marcher une nouvelle fois sur Washington.
Parce que pendant que 68.569 détenus, pour 57.320 places*, regardent des avions passer de derrière des barreaux, Mr Serge Dassault regarde ceux qu'il a construits rester au sol depuis sa maison.

Loin de moi l'idée de jouer l'indignation politique facile, mais France, pays que j'aime quand même, je sais que tes prisons sont surpeuplées mais, et excuse ici ma familiarité, ce n'est pas une raison pour laisser dehors les enculés.

*Attention, je ne crie pas à l'erreur judiciaire. Je dis juste qu'on peut essayer d'éviter de s'inspirer de la Corée du Nord pour notre politique carcérale.

vendredi 4 octobre 2013

Summertime / Janis Joplin




Aujourd'hui est le 43ème anniversaire de la mort de Janis Joplin.

Elle aurait donc 70 ans cette année, sans doute toujours la même voix puisqu'à 25 piges, elle avait la voix d'une Aretha Franklin de 70 et ferait des concerts bourrée à 150 euros la place.

Janis Joplin, c'est une partie de ma jeunesse.
Une idole pour papa Gaston et un vinyle usé jusqu'au dernier sillon.

Mais surtout, c'est une voix.
Une voix de cailloux sans âge.
Une voix incroyable qui vous découpe, vous emporte et ne rend pas votre dépouille.

Il y a 4 ans, au début de la chansondujour, je lui rendais déjà hommage et jouais les visionnaires en comparant Amy Winehouse à la Texane en serrant le dutre très fort pour qu'elle ne rentre pas dans le 27 club comme sa glorieuse aînée. J'aurai mieux fait de jouer au loto ce jour-là.

Janis Joplin, sous la came, la dépression, l'alcool, les excès et les lamentations de son corps, c'était un soleil.

Une percée dans les nuées, capable de payer l'inscription sur la tombe anonyme de la chanteuse de Blues Bessie Smith, de se balader avec des boas multicolores dans les cheveux au volant d'une porsche psychédélique et de prévoir une fête immense pour ses funérailles sur le faire-part de laquelle on pouvait lire "Les boissons sont offertes par Pearl."

Un jour, j'ai retrouvé des cassettes audio enregistrées à la radio par Papa Gaston du temps de sa jeunesse folle.
L'une d'elle datait du 4 octobre 1970 et contenait une émission spéciale à l'occasion de la mort de Miss Joplin.
Je garde cette petite bande magnétique chez mes parents, telle un trésor de pirate retrouvé au fond de la mer et je me dis que sa voix valait toutes les perles de Tahiti.

lundi 12 août 2013

Another Day / Jamie Lidell





Il est souvent difficile, pour ne pas dire compliqué, de faire véritablement la différence entre un dimanche et un lundi.

Tout n'est question que d'expérience, de sensation, d'atmosphère tant la ressemblance peut paraître évidente et déstabiliser les personnes non exercées.

Les plus aguerris d'entre nous pourrons bien entendu, à force de patience et d'entrainement, distinguer au premier coup d'oeil un jour de l'autre mais il faut bien reconnaître que pour la majorité silencieuse et guère chanceuse, la confusion brouillera leur esprit, l'espace-temps se confondra et, craignant un Alzheimer précoce, chercheront des points de repères afin de ne pas irrémédiablement se perdre dans le calendrier.


Comme je suis plutôt d'humeur sympathique aujourd'hui, j'ai décidé de vous offrir un petit jeu destiné à exercer vos méninges et à vous rendre alerte.

Le jeu des 3724 erreurs.

Le but est simple:

des deux photographies ci-dessous, il faudra tenter de deviner laquelle a été prise un dimanche et laquelle a été prise un lundi.

Cet exercice peut effectivement sembler difficile, mais à force de porter attention à quelques détails, vous verrez que vous finirez par faire la différence.

Bon courage, et bon Lundimanche !















































(Casse-dédie à Julie "Scissors" in Lille...)

lundi 29 juillet 2013

I Don't need no Doctor / Ray Charles



Si vous êtes un garçon, vous savez que pour devenir un homme, son fils, le chemin est long pénible et semé d'embûches.
Cette terrible ascension pour arriver au sommet de cette pyramide de maturité et de sueur bâtie sur les corps de vos ennemis est jalonnée d'expériences plus ou moins traumatisantes qui vous façonnent, vous burinent, vous élèvent, vous font douter et finalement vous font voir la vie avec sagesse, philosophie et poils sous les bras.

Par exemple, il y a:

-La première fois que vous tapez dans un ballon et que vous ressentez ce plaisir exquis de transmettre toute votre énergie dans une sphère de caoutchouc pour vous défouler et vous sentir vivant, triomphant sur la gazon, heureux du combat que vous vivez, prêt à goûter la saveur particulière de la victoire et des cris de fans hystériques.
(comme généralement cela arrive vers l'âge de 2 ans, vous ne saisissez malheureusement pas encore l'aspect métaphysique du football et vivez en revanche une grande frustration quand vous vous rendez compte que le ballon ne s'enflamme pas sous l'effet de votre force prodigieuse, ne se déforme pas sous l'impact du choc contre votre pied et ne creuse pas de sillon dans un terrain de 4 kilomètres de long en raison de la vitesse supersonique prise lorsque vous avez shooté dedans.)


-La première fois où vous allez à l'école tout seul.
Sans être accompagné par vos parents.

-La première fois où vous allez au cinéma tout seul. En choisissant vous-même le film que vous allez voir.
Pour ma part, c'était Impitoyable, de l'immense Clint Eastwood, en 1992 et je me souviens encore de cette séance comme si c'était hier.

-La première cigarette, avec son goût de noisette salée, qui fait tousser.

-La fois où vous obtenez votre permis de conduire et que vous sentez le souffle de la liberté souffler sur votre visage.
Vous pensez faire instantanément faire partie de cette classe, de ce groupe d'élus qui parle de soupapes, de chevaux, d'arbres à came et d'ailerons démesurés.
Vous sentez à présent combien l'essence sent bon, vous appréciez le contact de l'huile sur vos mains, vous vous bercez du doux cliquetis des clés à cliquet, vous humez l'odeur de la gomme brûlée et surtout, vous voyez ce magnifique ruban d'asphalte comme un animal sauvage, une créature à dompter au volant d'une Mustang fougueuse, ivre de son V8 surpuissant qui n'attend qu'un geste de votre part pour vous propulser dans la stratosphère et vous emmener aux côtés de Schumacher, Prost, Senna et ces centaines de pilotes accros à l'adrénaline, qui ne connaissent pas la peur et qui risquent leur vie chaque dimanche pour un shoot à 300 km/h.
(et là, généralement, vous vous retrouvez à aller à l'Université au volant d'une Renault 19 diesel pas turbo sans direction assisté, à la souplesse d'un bloc de béton, véloce comme un tank rouillé à la manoeuvrabilité d'un supertanker et c'est la deuxième grande frustration de votre vie...)

-La première bière, qui pique le nez.

-La première fois où vous invitez une fille à boire une bière que ne vous pique plus le nez depuis longtemps.

-La première fois où, après la bière, vous l'invitez au restaurant.

-La première fois où, après le restaurant, vous vous réveillez à côté d'elle.

Et toutes ces épreuves, une fois passées, vous amènent un peu plus près du sommet de la grande Ziggourat, cette pyramide élevée à votre gloire sous le poids de la peine et des pains dans la figure.

-Et il y a cette fois, où, à 34 ans, pleinement conscient de votre corps et de votre esprit, vous devez aller à la visite médicale de la Médecine du Travail.
Une épreuve au milieu d'un immeuble perdu au fond d'Aubervilliers, au milieu des affiches de préventions contre les MST et le harcèlement au travail.
Un instant d'angoisse où, face à une employée de la fonction publique qui pense déjà à ses prochaines vacances, vous devez vous absenter quelques secondes pour rapporter avec fierté et nonchalance conjuguées le fruit d'un labeur terrible: Un flacon d'urine.
De longues minutes à se concentrer, oublier les erreurs du passé, ne pas penser à la liste de courses du soir pour se concentrer sur un objectif primordial:

Offrir un verre de pisse.

Les moins chanceux ne pourront jamais.
Dépassés par l'enjeu, écrasés par la pression sur leurs épaules, ou alors incapables car ils n'auront tout simplement pas pu, quelques heures avant, s'empêcher d'aller satisfaire le premier besoin naturel de la journée, ils ne sauront que bredouiller un faible "jesuidésolémaiscenépapossible" avant de se rasseoir, penauds, conscients que le sommet de la Ziggourat avec ses poils sous les bras, ses verres de whisky et ses cigares ne sera pas pour tout de suite.

Les plus malins d'entre nous boiront donc 8 litres d'eau la veille avant de filer à la consultation sans passer par la case sanitaires pour être certains de réussir, malgré une pression à coller un ulcère à Ban Ki-Moon avec cette assistante qui, patiemment, attend, à produire quelques quelques gouttes.
Mais cette stratégie, si elle peut s'avérer payante et vous offrir le jackpot peut aussi se révéler être la pire des tortures et vous offrir, dans le pire des cas, humiliation en vous rendant humide du caleçon.

Ce matin, j'avais donc mon rendez-vous à la Médecine du Travail.
Alors comme je suis pragmatique et que je prépare généralement bien mes entretiens, je me suis levé, je me suis étiré et je suis allé aux W.C...

mardi 23 juillet 2013

Why Can't People be colours too? / The Whatnauts




Passer son samedi les pieds dans l'eau, non seulement ça rafraîchit et ça évite oignons, ongles incarnés, foulures, ulcères et vergetures, mais en plus, ça rend un peu moins idiot et ça donne une plus-valu explosive à votre week-end.
(en gros, si après ça, vous perdez vos clés ou que vous apprenez que certaines personnes n'aiment pas les chats ni la mer, ben c'est pas grave, votre week-end est quand même réussi, vous avez trempé vos pieds dans l'eau en comptant passer les canards.)

Ce sont donc les pieds encore humides que je suis rentré dans mon dimanche.

Et la roue voilée de mon destin bancal, s'est dit que pour que mon week-end soit franchement parfait, elle allait y rajouter (encore) de la couleur.

La couleur de cases de Bandes-Dessinées en visitant un magasin de comics.
La couleur des glaces 2 boules, dégustées à l'ombre d'un platane du jardin du Luxembourg.
La couleur des cuivres de cet orchestre à l'américaine qui reprenait des standards un peu groovy et un peu classes dans le kiosque de ce même jardin.
La couleur des fanions de ces groupes de danseurs qui jonglaient comme les majorettes ou les revues que l'on voit de l'autre côté de l'Atlantique, au son des orchestres à cuivre qui viennent parfois jouer dans le kiosque du jardin du Luxembourg.

Et la couleur qui explose.

Alors j'ai vu la magie de Marc Chagall au musée du Luxembourg.

Comme j'ai peur de sortir des sottises plus grosses que moi ou de déblatérer des banalités désolantes, je ne vais pas trop en parler et juste vous dire que j'ai vu la lumière.

Des couleurs, partout, de la dignité, de la classe aussi, de la spiritualité, la vie, la guerre et beaucoup d'amour.
Des peintures empruntes de l'imagerie Juive Ashkénaze, pleines de symboles, de sentiments et surtout de magie.
Des peintures dures, de peintures émouvantes et des peintures comme des soleils.

Et après, il y a eu les couleurs de la caravane du tour de France, de la cour du Louvre, de l'Opéra, des ruelles de Montmartre et des feuilles vertes de cet arbre, ombre providentielle pour déguster une tartelette à la Framboise, rouge mais au goût (et à l'exquise texture) de chewing-gum fondu.

Avant de marcher une dernière fois et d'aller nourrir un petit chat roux pour une amie aux cheveux roux itou partie à Nancy dire bonjour à d'autres amis.

Et comme tout était chouette, je remercie l'amie prof d'allemand qui m'a accompagné.





Mes pieds étaient à peine secs, et devant Chagall, ce sont mes yeux qui se sont humidifiés...



jeudi 2 mai 2013

The Letter (The Box Tops cover) / Joe Cocker




Où est passée la magie du courrier?

Nan mais je demande parce que chaque fois que j'ouvre ma boîte aux lettres, c'est pour y trouver des factures et des pubs.

Mais où sont les lettres qui racontent des histoires, les courriers anonymes, les lettres d'amour, les correspondances enflammées, les timbres exotiques qui annoncent des nouvelles venues d'îles lointaines ou de jungles mauves?

Alors vous me direz que pffff, maintenant avec internet, on peut se parler à l'autre bout du monde et s'envoyer autant de nouvelles qu'on veut.

Et ben justement, je me dis parfois qu'il serait plus malin de prendre un peu de temps pour écrire une jolie lettre, se déplacer pour la poster, attendre qu'elle arrive, attendre qu'elle soit lue, attendre la réponse.

Parce que les publicités et les factures, on ne les attend pas. On les subit sottement  comme des vulgaires spam qui, non content de participer activement à des génocides d'arbres, mettent de mauvaise humeur et prennent de la place dans les poubelles et dans les archives.

C'est donc blasé, vide de toute excitation et en manque d'enveloppes parfumées et barrées d'une jolie écriture manuscrite, que j'ouvre chaque jour ma boîte aux lettres et que je jette les publicités et trie mes factures.

Et entre des menus de restaurants chinois, un relevé bancaire et des promos incroyables sur les tapis, j'ai eu la chance de découvrir une carte qui venait de l'autre côté du grand Atlantique.
Avec un timbre rond...





mercredi 16 janvier 2013

Baby it's cold outside (Feat. Willie Nelson) / Norah Jones



Oui, il fait froid dehors.
Il fait froid à geler les crachats par terre, à faire de la fumée quand on respire, à glisser sur les trottoirs et à pas coller un Moyen dehors.

Et si je ne suis pas spécialement ami avec ces froids de canards qui vous font sortir les écharpes, les bonnets,les bouillottes et les crampons sous les bottes, je dois avouer qu'il y a quand même une satisfaction à sortir, c'est de savoir qu'on va rentrer.

Et puis quand des températures sibériennes s'invitent au Métro Stalingrad, je me dis que c'est un clin d'oeil que Paris me fait pour me faire réviser mes cours d'histoire, écouter Ivan Rebroff et garder forte la position de celui qui pense fermement que la guerre, c'est mal, surtout si c'est pour se cailler les balles.

Alors au son de cette jolie chanson, je remonte la rue du Pôle Nord, dans le dix-huitième, à deux pas de chez moi, je passe par la place de Finlande (dans le 7ème), la Place des Vosges et la Cité Noël (dans le 3ème), je vois qu'il n'y a pas de neige dans la rue des Blancs-Manteaux (dans le 4ème arrondissement) , le froid a arrêté le temps et l'Horloge du musée d'Orsay, et je continue de glisser marcher en slalomant entre les crachats gelés dans cette ville qui fait de la fumée quand elle respire.

Je frotte mes mains pour les réchauffer, remonte mon écharpe, tape un peu mes pieds et je rentre dans mon 18ème.

Du coup, je sens un peu de chaleur en passant par la rue de Tombouctou.




jeudi 3 janvier 2013

Tell me now, so i know / Holly Golightly



Vous le savez maintenant, je suis friand de mystères et d'énigmes.

Par exemple: 


Souvenons-nous donc, j'aimerais être aventurier, un découvreur de trésor, un craqueur de codes, Sherlock Holmes et Indiana Jones, un astronaute, un tigre, un mage, avoir une boîte-mystère pleine de trucs magiques que je n'ouvrirai jamais, résoudre des enquêtes, trouver une carte au trésor et un bateau de pirates, être un espion et boire des vodkas martini (au shaker, pas à la cuillère...) (mais si, rappelez-vous en cliquant...)

Bref, j'ai surtout envie de m'amuser parce que c'est à ça que sert la vie après tout.

Et la vie, en bonne farceuse, m'a offert sur un plateau une occasion en or de m'amuser.

1,4 Milliards de SMS échangés pour le nouvel an en France.

Et l'un d'eux s'est égaré, seul, affolé au milieu des 0 et des 1 et s'est réfugié chez moi.
J'ai reçu un message de bonne année d'une personne que je ne connaissais pas.

Scarlett?

Vous me connaissez, farceur et aventurier comme je suis, j'ai aussitôt senti l'appel du mystère et de la passion folle et prenant mon courage et mon téléphone à deux mains, j'ai répondu pour connaître l'identité de mon mystérieux souhaiteur de bonne année.

Un mystère de plus à résoudre, un secret à dévoiler, une identité à percer.
Une infinité de possibilités devant moi.

Mais je ne suis pas homme à me laisser impressionner par la difficulté et c'est donc par écrit que j'ai décidé de résoudre cette énigme qui ne pouvait rester sans réponse:

Qui?

Vous trouverez ci-dessous la sobre missive -envoyée en une seule fois s'il vous plait- que j'ai modestement écrite pour entamer l'année de la plus belle des manières.

Avec une enquête...

(j'ai volontairement biffé le numéro du correspondant mystère afin que vous, petits fripons, n'alliez pas harceler celle -ou celui, si mon karma veut faire des blagues dès la première minute de l'année- que la vie a mise sur mon chemin...) 










































Je n 'ai toujours pas eu de réponse...

mercredi 2 janvier 2013

This Year's Kisses / Billie Holiday



Famille, Amis, Scarlett,

Laissez-moi vous souhaiter une très belle année 2013, pleine d'aventures et de mystères.

Parce que les nouvelles années arrivent, riches de promesses et de territoires inexplorés qui n'attendent qu'à être découverts.

Une année à écouter des disques parfaits, lire des romans dont on veut connaître la fin mais que l'on ne veut pas voir finir, découvrir des endroits magiques, parfois au coin de la rue et rencontrer des gens formidables qui vous rappelleront que sortir vaut parfois le coup.

Je vous souhaite tout ce que vous désirez et tout ce que vous méritez.

Et je vais profiter de ces quelques voeux sincères pour me souhaiter une année pas trop moche, qui a intérêt à tenir ses promesses, avec tout ce que j'ai déjà dis, et me rajouter deux trois-trucs, comme des de comptoirs accueillants et des verres pleins.
Et quelques baisers.

mardi 25 septembre 2012

Heartbeat / Taana Gardner



Amis, Famille, Habitués, me voici de retour, réjouissez-vous.

Et oui, cette fois-ci j'étais bien en vacances (vacances que j'estime plus que méritées puisque pendant que vous vous faisiez dorer au soleil cet été, je travaillais et prenais le RER. Tous les jours. Et ouais.)

Passer ses vacances chez ses parents, c'est non seulement s'autoriser un vrai repos et des vrais repas, mais c'est aussi retourner un peu dans le temps en déambulant nonchalamment dans cette ville qui a vu vivre vos 400 coups de collégien.

Revoir des rues arpentées maintes fois à bicyclette, reconnaître des terrains de foot improvisés, entendre de nouveau la même sonnerie qui nous libérait à la récréation, voir que les mêmes arbres sont toujours là, dans les mêmes parcs.



Mes vacances de joie m'ont donc permis de faire un saut chez mon cardiologue (à 9 heures du matin quand même, ce qui m'a fait découvrir que pendant les vacances, le matin commence aussi tôt que pendant le travail.)

Allongé et branché de partout sur des électrodes, je me croyais dans un film de science-fiction ou pendant un entraînement de la NASA.

Et le verdict?

                          

Un Beat régulier et palpitant de mon ventricule qui n'a rien à envier à celui, puissant et funky, de Dr Dre, 
Jay-Z, Prince, George Clinton ou Stevie Wonder.
Un rythme de MPC, l'engin légendaire. (ou d'une quelconque machine de Roger Linn.)
Une usine à tubes.

Un coeur de rappeur.

Un beat qui chaque jour, me dit qui je suis.




















Et un dernier mot pour vous dire que les votes pour les Golden Blog Awards 2012 sont de retour!
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