Chaque jour une chanson que je partage avec vous amis lecteurs. Une chanson en fonction de mon humeur ou de l'actualité du jour. Une chanson pour danser, pleurer ou tout péter. Une chanson pour aider à affronter la journée.
mercredi 16 juillet 2025
Home Cookin' / Jr Walker & The All Stars
samedi 22 mars 2025
634-5789 / Wilson Pickett
9 avril 2021.
La réceptionniste du cabinet de scanner et radiologie me tend une enveloppe.
« Tenez, voilà les résultats de votre scanner et dites-moi si vous voulez parler à un médecin. »
Ah merci, alors voyons voir, ah, des radios que je ne sais pas lire, blablacharabia… zone… blablachinoismedical…. Masse….Blablasombreblablaganglionsdégueulasses blablymphomeblabl..
Lymphome?
Lymphome?
Mais attendez, il me semble que c’est pas top ça un lymphome, dites madame ou mademoiselle, oui, je veux bien parler à un médecin.
« Ah ben très bien, vous voyez le téléphone près de la machine à café? Quand il va sonner ce sera pour vous. »
Ah.
D’accord.
Je me déplace donc vers le téléphone et vous voyez à ce moment là, j’étais encore naïf. J’avais pas trop été confronté à la rigueur de cette bloody hell chienne de vie, j’avais pas de dettes de jeu ni de mauvaises relations avec une Mafia quelconque, je trouvais régulièrement de la place en terrasse, même à Paris, j’étais pas poursuivi par la maréchaussée et j avais un toit et des verres et des amis pour les vider avec moi. Donc vous voyez, je me dis que le téléphone va sonner et à l’autre bout du fil, une voix sucrée me dira d’aller au deuxième étage troisième porte à droite.
Vraiment, j’étais naïf.
Dring.
Allo?
"Oui bonjour c'est à quel sujet?"
(Déjà, indice: la voix est pas sucrée. Ça part pas nickel, cette histoire.)
"Ben c'est au sujet monsieur que vous me marquez le mot Lymphome sur mon dossier (et moi c'est Moyenman)"
"Ah oui oui, Mr Moyen, vous avez un Lymphome."
"On est d'accord qu'un Lymphome, c'est un cancer?"
"Oui oui, tout à fait."
"..."
"..."
"... Mais... Mais alors je fais quoi? Je vais voir mon généraliste qui va m'orienter vers un spécialiste, c'est ça?"
"Absolument. Et ne vous inquiétez pas, ça se soigne. Bonne journée monsieur!"
"Ah ben bonne jou-clic-raccroché.
(Notez que cette conversation est authentique. Au téléphone d'un cabinet de radiologie - scanners, à côté d'un distributeur de café. Vous pouvez donc admirer mes talents de diplomate puisque 1: le téléphone est resté intact. 2: je n’ai pas traité mon radiologue d’une quelconque maladie vénérienne, ni même d’un banal « enculé » et 3: je ne divulgue même pas l’identité de ces hémorroïdes humaines. Confiez-moi donc l’Ukraine et Gaza.)
Quand j’étais ado, il n’y avait pas de téléphones portables ni de mails, ni de messageries instantanées (oui, je parle comme un homme préhistorique ou Michel Sardou.) et du coup, on se donnait des rencards par téléphone fixe. On appelait, un peu tremblant, on décrochait, un peu hésitant, et on essayait de se retrouver au cinéma, ou à La cigogne, place des clercs à Toul, pour siroter des Monaco et passer un bras sur une épaule.
Bref, le téléphone fixe, pour moi, était associé à de l’insouciance (et bon, des désillusions, mais c’est les règles du jeu)
Je raccroche donc le combiné et dans ma tête, instantanément :
Ok, j'ai un cancer.
- Je ne peux plus aller travailler (C'est pas forcément la pire nouvelle de la journée.)
-Je vais être dépendant
- Je vais avoir un traitement que je ne connais pas (rayons, chimio, opération)
- Je vais perdre mes cheveux (C'est marrant. Je ne tiens pas particulièrement à mes tifs, mais c'est vrai que j'y ai pensé rapidement. Comme si je voulais m'y préparer.)
- Je vais peut-être mourir. (Elle est peut-être là, la pire nouvelle de la journée.)
Cette liste s'est imprimée dans ma tête et j'acceptais chaque étape au fur et à mesure que je les énumérais. C’était la règle de ce jeu.
Puis je sortais le mien, de téléphone et j'appelais mon merveilleux docteur, mes parents et ma soeur.
Moi qui ne m'étais jamais battu de ma vie, sauf peut-être contre des housses de couettes, des écouteurs filaires emmêlés et des emballages "ouverture facile", j'allais finalement devoir m'y mettre...
lundi 6 juin 2016
Say it loud, I'm Black and i'm Proud / James Brown (Muhammad Ali, 17 Janvier 1942 - 03 Juin 2016)
Muhammad Ali est mort.
Un des plus grands philosophe du XXème siècle.
Oui, oubliez Deleuze, Heidegger, Jaspers ou Sylviane Agacinski, le verbe ne s'est jamais aussi bien exprimé qu'à travers la bouche d'un homme qui faisait parler ses poings.
Un homme qui un jour s'est levé et à coups de directs du droit et de paroles, a renversé à peu près toutes les barrières qui pouvaient exister. Non seulement pour lui, mais pour tous les noirs et pour la planète entière.
Comme je ne veux pas que ce blog finisse par ressembler à une interminable chronique nécrologique, en souvenir de The Greatest, nous allons nous lever et danser (avec l'aide du groove affolant de James, bien évidemment.)
Faisons simple, des mecs de ce calibre, il en existe un par siècle, à peu près.
Muhammad Ali ne boxait pas, il dansait.
Il dansait avec légèreté. Il volait sur le ring, esquivait, glissait et assommait.
Surtout, Ali se tenait debout et chacune de ses paroles, chacun de ses gestes, tout son corps, toute son âme le criait: I'm Black and I'm proud.
Et son verbe assommait plus que ses poings.
Un roi qui parle. Un verbe incarné, une parole de feu qui se gravait pour toujours dans le marbre de l'histoire et dans l'esprit des gens.
Car Ali ne parlait pas finalement. Il éclairait.
Noir et fier, il n'a jamais renié ses convictions.
Il a refusé de partir au Viet-Nam. ça lui a coûté son titre de champion du monde, son droit de boxer et sa liberté.
Il refuse les pronostiques qui annoncent qu'il va se faire réduire en bouillie par George Foreman à Kinshasa.
Foreman, un bulldozer humain, impitoyable puncheur invaincu à l'époque en 40 combats. Dont 37 KO.
Ce 30 Octobre 1974, dans la nuit Zaïroise, il refuse le destin qu'on lui promet et forge le sien à la 8ème reprise en terrassant son opposant.
Noir et Fier, il annonçait être le plus grand, le plus rapide, le plus malin et le plus beau.
Et il avait raison.
Il dansait sur le ring, il dansait avec les mots mais féroce, la vie lui a volé cette grâce.
Et Philosophe, encore une fois, il acceptera que son créateur le mette à l'épreuve physiquement et encore une fois, refusera que son esprit soit moins vif.
Il est le seul dont l'étoile sur Hollywood Boulevard est accroché sur un mur et non dans le trottoir. Parce qu'il ne voulait pas que son nom soit piétiné.
Parce qu'il était noir et fier.
Une dernière fois, en hommage au Greatest, dansons.
dimanche 24 avril 2016
SPECIALE PRINCE ROGERS NELSON (1958 - 2016)
Pensez donc, Prince est mort, Gilles Verdez est toujours vivant, les médias préfèrent continuer de parler de trucs idiots plutôt que des migrants qui se noient pas centaines et en plus, il pleut.
Prince est mort.
Bon, je vais pas dire que je le pensais immortel (encore que) mais quand même, c'est étrange à écrire comme phrase. Un personnage aussi fantasque, charismatique et surtout talentueux ne pouvait disparaître aussi vite. (Encore que je me demande si mourir à 97 ans dans des draps en soie violette -même entouré de sublimes créatures souples et douces- ça n'aurait pas un peu écorné la légende finalement. Genre un rockeur qui meurt dans son sommeil. Elle est bien bonne, celle-là.)
Prince est mort et comme après la disparition de Michael Jackson ou David Bowie, le monde groove moins. La planète a un peu perdu de son rythme je trouve.
Donc oui, je suis triste.
Mais plutôt que de faire un éloge funèbre sordide, je vais vous raconter un de mes meilleurs souvenirs de concert de toute ma vie.
Le 01 Juillet 2010, à Bercy.
Stevie Wonder, un des derniers de ces dinosaures mythiques, faisait donc bouger plein de monde au son des ses tubes qui tapent.
Vous me connaissez, je suis pas du genre à en rajouter mais bordel, c'était mortel.
Et il commence à jouer les premières note de Supersition.
Les gens sont contents, noterez-vous, car ce titre est un petit peu sympa et dansant.
Et il s'arrête.
Il veut faire venir un ami sur scène.
Le public est en délire et le reste appartient à la légende...
Je ne m'en suis toujours pas remis.
Tout comme je ne me suis pas remis de son concert au Grand Palais où j'ai fait partie des chanceux qui ont pu y assister.
Tout comme je ne me suis pas remis de la première fois où j'ai entendu Kiss, Purple Rain, Sexy MF, When doves Cry, Get Off, Cream, Housequake, et un nombre incalculable d'autres tubes.
Tout comme je ne me suis pas remis de mon deuxième meilleur souvenir de concert.
Le 11 Octobre 2009.
Sous la grande et belle verrière du Grand Palais.
Prince n'était pas qu'un musicien génial, performer exceptionnel, auteur, compositeur, producteur incroyable et guitariste virtuose.
Il était la musique. Elle irradiait et il nous enveloppait dedans à chacune de ses apparitions.
Au revoir, Prince Rogers Nelson.
Et Merci pour votre -trop court- passage sur Terre. Vous avez participé à la rendre plus hospitalière et promis, on continuera de danser, sur vos chansons et sur les autres, pour la laisser pas trop sale à ceux qui viendront après.
mardi 8 mars 2016
Do my thing / Estelle (Feat. Janelle Monae)
Aujourd'hui, c'était la journée des droits de la femme et non, je n'aime pas la journée des droits de la femme.
Non pas que je n'aime pas que les femmes aient une journée, mais je trouve ça complètement con que les femmes aient une journée.
Pourquoi.
Pourquoi devrait-on instaurer une journée particulière pour se rappeler qu'après-tout, les gonzesses sont des êtres humains aussi et mériteraient (peut-être ) les mêmes droits que les hommes?
Je vous avais déjà dit ici que je pensais qu'il était temps d'interdire des trucs aux hommes (tout en proclamant mon amour pour le foot, les filles, Beyoncé et les stades.) afin qu'ils puissent dignement éviter au monde l'expression préhistorique de leur relouterie manifeste.
Là, j'ai envie de vous dire que ça fait bien longtemps que les femmes, elles ont pris le monde en main.
Je pourrais vous parler de celles qui jouent au foot et qui sont meilleures que les mecs, de celles qui disent des choses plus intelligentes que les mecs dans les médias (ce qui arrive très très souvent quand même) de celles qui surfent des vagues qui me collent le mal de mer quand je les regarde, des filles qui envoient aussi gros en ski extrême que les bonhommes, de Beyoncé, de Simone Veil, de Jane Campion, des rappeuses, des patronnes de grosses entreprises ou de femmes du bout du monde qui se battent contre le viol, l'excision, la burqa, les diktats, les préjugés et l'injustice, mais en fait, je vais vous parler de celles que je connais et que je vois tous les jours.
Ma frangine, Caro-Magnonne, que vous connaissez finalement déjà un peu, qui pète -littéralement- la classe et qui est capable de citer Nietzsche en rotant une bière sur du Beyoncé (tout en analysant finement notre monde déglingué.)
Miss-E, mon Hobbes, plus tigre que les mâles qui se croient Alpha, plus intelligente et plus jolie aussi.
Kiddie, auteure, scénariste, qui vit avec un (chouette) chat, marche sur les mecs avec ses talons, râle contre le rose, enfile les bières (elle aussi) brise le monde avec son rire et s'assume tellement bien avec ce chouilla de classe qu'il faut.
Blondie, drôle et chouette, proprio, qui travaille à la télévision et montre souvent aux garçons comment on bosse. Surtout les chauffards du Luxembourg.
Pretty, loin là-bas, par-delà le grand Atlantique, dans la grande pomme et qui l'assume et qui fait preuve de plus de courage que tous les Jedis d'ici jusqu'à la bordure extérieure. (n'oublie pas, Pretty, un océan n'est rien. C'est la taille du coeur qui compte.)
P'tite ème et son poste à responsabilité qui ferait rougir Ban Ki-Moon si la complexité du monde du prêt-à-porter ne lui faisait pas peur après avoir pris en mains le conflit Israélo-Palestinien.
Babé, sa jumelle, qui gère des rôteurs de bières préhistoriques qui martyrisent des guitares et grognent dans des micros tous les soirs, danse sur ces mêmes rôteurs de bières préhistoriques et sur Dave parfois.
Frau, qui gère une autre forme de pitbulls qui vivent en meute. Les collégiens. Dans un bahut perdu au fond de La Courneuve. Le 9-3. Et qui fait preuve de plus de courage que moi.
Ciseaux, qui évoluent dans un milieu hostile soumis à une grande pression et sombre, un milieu de requins et de requins machos, un milieu que je connais bien. Le Cinéma.
Et toutes les autres, de cette danseuse de flamenco en train de changer le monde petit à petit à cette petite avocate droite dans ses bottes et ses convictions, qui siffle des whiskys et écoute parfois du Dr Dre sans oublier d'être forte et décidée et drôle face à la bêtise, Coach (et ses cheveux roux) qui revient d'une vie aux Etats-Unis pour en commencer courageusement une autre à Nancy. et toutes celles que j'ai oubliées et je m'en excuse.
Voilà les filles, l'occasion pour moi de vous féliciter encore une fois (ce ne sera pas la dernière), de vous chanter mon admiration et de vous dire que face à vous, c'est inégal.
C'est moi qui suis en infériorité.
mercredi 24 février 2016
The Handwriting is on the Wall / Ann Peebles
dimanche 3 janvier 2016
The Storm / Tedeschi Trucks Band
C'est toujours bien de commencer l'année avec une gonzesse qui envoie du bois comme ça, ça aide à oublier qu'elle va être ratée.
mercredi 23 avril 2014
I Want to Go Back There Again / Chris Clark
Ou alors, je retournerais en 2007 et je dirais à Steven Spielberg que réaliser un 4ème Indiana Jones n'est peut-être pas une si bonne idée, je m'arrangerais pour débouler à un concert des Beatles et dire "j'y étais", en juin 1938 j'achèterais deux exemplaires d'Action Comics #1 avec la première apparition de Superman pour en revendre un aujourd'hui pour 2 millions de dollars, je jouerais au Loto il y a deux semaines, j'irais voir un match des Bulls en 1996, je me persuaderais de ne pas aller voir certains films et d'aller en voir d'autres à la place, je m'assommerais pour me remplacer à certains moments, je me laisserais des notes pour me donner des conseils, je me donnerais les résultats du bac, je ne raterais plus aucun métro, je rencontrerais Scarlett, je revivrais certaines journées indéfiniment en chantant "I Got you babe" de Sonny and Cher, je ferais de hier une bonne journée.
Evidemment, j'agirais dans l'insouciance la plus totale, sans penser aux effets que mes actes pourraient avoir sur le continuum espace-temps, je fouterais certainement un gros bordel, mais si je résume bien, je serais riche, avec Scarlett, la France serait double championne du monde de foot, Indiana Jones 4 n'aurait jamais été réalisé et Michel Platini serait président.
Le monde serait peut-être mieux finalement.
dimanche 9 février 2014
Home is where the Hatred is / Esther Phillips
![]() |
| "Moyen était parti chercher un disque. C'était il y a 3 jours." |
samedi 25 janvier 2014
INTERLUDE SPECIAL GRAMMY AWARDS
Et là, on se rappelle pourquoi Michael Jackson était une aussi grosse star.
Swagga Like us / MIA (Feat. T.I, Kanye West, Jay-Z, Lil' Wayne) (2009)
Lady Marmelade / Pink, Christina Aguilera, Lil'Kim, Mya (2002)
dimanche 12 janvier 2014
Chain Gang / Sam Cooke
Il y a des semaines où parfois on se dit que l'on devrait rester couchés et il y a des semaines où certains vivent une nouvelle fois Noël.
Prenez Serge Dassault par exemple.
Serge Dassault, 88 ans, est le président d'honneur du groupe Dassault Aviation qui fabrique des jets privés et le Rafale, cet avion de chasse vendu comme ultra-sophistiqué que personne n'achète.
Il est également Sénateur sous étiquette UMP.
Le 8 janvier dernier, le sénat à refusé de lever son immunité parlementaire alors que ce brave homme est mouillé jusqu'aux oreilles dans diverses affaires de corruption et qu'il est accusé d'avoir acheté une bonne partie de ses voix aux élections sénatoriales.
Normal.
Et comme Noël, c'est les cadeaux et les gâteaux, le gouvernement a annoncé le lendemain qu'il allait lâcher 1 milliard d'euros (c'est neuf zéros, les enfants.) pour faire moderniser le Rafale (pourtant déjà ultra-sophistiqué disent-ils). Et que personne n'achète donc.
Je suis d'un naturel optimiste et reste profondément confiant en la justice de notre pays, mais des exemples de ce genre, ça donne quand même envie de marcher une nouvelle fois sur Washington.
Parce que pendant que 68.569 détenus, pour 57.320 places*, regardent des avions passer de derrière des barreaux, Mr Serge Dassault regarde ceux qu'il a construits rester au sol depuis sa maison.
Loin de moi l'idée de jouer l'indignation politique facile, mais France, pays que j'aime quand même, je sais que tes prisons sont surpeuplées mais, et excuse ici ma familiarité, ce n'est pas une raison pour laisser dehors les enculés.
*Attention, je ne crie pas à l'erreur judiciaire. Je dis juste qu'on peut essayer d'éviter de s'inspirer de la Corée du Nord pour notre politique carcérale.
vendredi 4 octobre 2013
Summertime / Janis Joplin
Aujourd'hui est le 43ème anniversaire de la mort de Janis Joplin.
Elle aurait donc 70 ans cette année, sans doute toujours la même voix puisqu'à 25 piges, elle avait la voix d'une Aretha Franklin de 70 et ferait des concerts bourrée à 150 euros la place.
Janis Joplin, c'est une partie de ma jeunesse.
Une idole pour papa Gaston et un vinyle usé jusqu'au dernier sillon.
Mais surtout, c'est une voix.
Une voix de cailloux sans âge.
Une voix incroyable qui vous découpe, vous emporte et ne rend pas votre dépouille.
Il y a 4 ans, au début de la chansondujour, je lui rendais déjà hommage et jouais les visionnaires en comparant Amy Winehouse à la Texane en serrant le dutre très fort pour qu'elle ne rentre pas dans le 27 club comme sa glorieuse aînée. J'aurai mieux fait de jouer au loto ce jour-là.
Janis Joplin, sous la came, la dépression, l'alcool, les excès et les lamentations de son corps, c'était un soleil.
Une percée dans les nuées, capable de payer l'inscription sur la tombe anonyme de la chanteuse de Blues Bessie Smith, de se balader avec des boas multicolores dans les cheveux au volant d'une porsche psychédélique et de prévoir une fête immense pour ses funérailles sur le faire-part de laquelle on pouvait lire "Les boissons sont offertes par Pearl."
Un jour, j'ai retrouvé des cassettes audio enregistrées à la radio par Papa Gaston du temps de sa jeunesse folle.
L'une d'elle datait du 4 octobre 1970 et contenait une émission spéciale à l'occasion de la mort de Miss Joplin.
Je garde cette petite bande magnétique chez mes parents, telle un trésor de pirate retrouvé au fond de la mer et je me dis que sa voix valait toutes les perles de Tahiti.
lundi 12 août 2013
Another Day / Jamie Lidell
Les plus aguerris d'entre nous pourrons bien entendu, à force de patience et d'entrainement, distinguer au premier coup d'oeil un jour de l'autre mais il faut bien reconnaître que pour la majorité silencieuse et guère chanceuse, la confusion brouillera leur esprit, l'espace-temps se confondra et, craignant un Alzheimer précoce, chercheront des points de repères afin de ne pas irrémédiablement se perdre dans le calendrier.
lundi 29 juillet 2013
I Don't need no Doctor / Ray Charles
Si vous êtes un garçon, vous savez que pour devenir un homme, son fils, le chemin est long pénible et semé d'embûches.
Cette terrible ascension pour arriver au sommet de cette pyramide de maturité et de sueur bâtie sur les corps de vos ennemis est jalonnée d'expériences plus ou moins traumatisantes qui vous façonnent, vous burinent, vous élèvent, vous font douter et finalement vous font voir la vie avec sagesse, philosophie et poils sous les bras.
Par exemple, il y a:
-La première fois que vous tapez dans un ballon et que vous ressentez ce plaisir exquis de transmettre toute votre énergie dans une sphère de caoutchouc pour vous défouler et vous sentir vivant, triomphant sur la gazon, heureux du combat que vous vivez, prêt à goûter la saveur particulière de la victoire et des cris de fans hystériques.
(comme généralement cela arrive vers l'âge de 2 ans, vous ne saisissez malheureusement pas encore l'aspect métaphysique du football et vivez en revanche une grande frustration quand vous vous rendez compte que le ballon ne s'enflamme pas sous l'effet de votre force prodigieuse, ne se déforme pas sous l'impact du choc contre votre pied et ne creuse pas de sillon dans un terrain de 4 kilomètres de long en raison de la vitesse supersonique prise lorsque vous avez shooté dedans.)
-La première fois où vous allez à l'école tout seul.
Sans être accompagné par vos parents.
-La première fois où vous allez au cinéma tout seul. En choisissant vous-même le film que vous allez voir.
Pour ma part, c'était Impitoyable, de l'immense Clint Eastwood, en 1992 et je me souviens encore de cette séance comme si c'était hier.
-La première cigarette, avec son goût de noisette salée, qui fait tousser.
-La fois où vous obtenez votre permis de conduire et que vous sentez le souffle de la liberté souffler sur votre visage.
Vous pensez faire instantanément faire partie de cette classe, de ce groupe d'élus qui parle de soupapes, de chevaux, d'arbres à came et d'ailerons démesurés.
Vous sentez à présent combien l'essence sent bon, vous appréciez le contact de l'huile sur vos mains, vous vous bercez du doux cliquetis des clés à cliquet, vous humez l'odeur de la gomme brûlée et surtout, vous voyez ce magnifique ruban d'asphalte comme un animal sauvage, une créature à dompter au volant d'une Mustang fougueuse, ivre de son V8 surpuissant qui n'attend qu'un geste de votre part pour vous propulser dans la stratosphère et vous emmener aux côtés de Schumacher, Prost, Senna et ces centaines de pilotes accros à l'adrénaline, qui ne connaissent pas la peur et qui risquent leur vie chaque dimanche pour un shoot à 300 km/h.
(et là, généralement, vous vous retrouvez à aller à l'Université au volant d'une Renault 19 diesel pas turbo sans direction assisté, à la souplesse d'un bloc de béton, véloce comme un tank rouillé à la manoeuvrabilité d'un supertanker et c'est la deuxième grande frustration de votre vie...)
-La première bière, qui pique le nez.
-La première fois où vous invitez une fille à boire une bière que ne vous pique plus le nez depuis longtemps.
-La première fois où, après la bière, vous l'invitez au restaurant.
-La première fois où, après le restaurant, vous vous réveillez à côté d'elle.
Et toutes ces épreuves, une fois passées, vous amènent un peu plus près du sommet de la grande Ziggourat, cette pyramide élevée à votre gloire sous le poids de la peine et des pains dans la figure.
-Et il y a cette fois, où, à 34 ans, pleinement conscient de votre corps et de votre esprit, vous devez aller à la visite médicale de la Médecine du Travail.
Une épreuve au milieu d'un immeuble perdu au fond d'Aubervilliers, au milieu des affiches de préventions contre les MST et le harcèlement au travail.
Un instant d'angoisse où, face à une employée de la fonction publique qui pense déjà à ses prochaines vacances, vous devez vous absenter quelques secondes pour rapporter avec fierté et nonchalance conjuguées le fruit d'un labeur terrible: Un flacon d'urine.
De longues minutes à se concentrer, oublier les erreurs du passé, ne pas penser à la liste de courses du soir pour se concentrer sur un objectif primordial:
Offrir un verre de pisse.
Les moins chanceux ne pourront jamais.
Dépassés par l'enjeu, écrasés par la pression sur leurs épaules, ou alors incapables car ils n'auront tout simplement pas pu, quelques heures avant, s'empêcher d'aller satisfaire le premier besoin naturel de la journée, ils ne sauront que bredouiller un faible "jesuidésolémaiscenépapossible" avant de se rasseoir, penauds, conscients que le sommet de la Ziggourat avec ses poils sous les bras, ses verres de whisky et ses cigares ne sera pas pour tout de suite.
Les plus malins d'entre nous boiront donc 8 litres d'eau la veille avant de filer à la consultation sans passer par la case sanitaires pour être certains de réussir, malgré une pression à coller un ulcère à Ban Ki-Moon avec cette assistante qui, patiemment, attend, à produire quelques quelques gouttes.
Mais cette stratégie, si elle peut s'avérer payante et vous offrir le jackpot peut aussi se révéler être la pire des tortures et vous offrir, dans le pire des cas, humiliation en vous rendant humide du caleçon.
Ce matin, j'avais donc mon rendez-vous à la Médecine du Travail.
Alors comme je suis pragmatique et que je prépare généralement bien mes entretiens, je me suis levé, je me suis étiré et je suis allé aux W.C...
mardi 23 juillet 2013
Why Can't People be colours too? / The Whatnauts
Passer son samedi les pieds dans l'eau, non seulement ça rafraîchit et ça évite oignons, ongles incarnés, foulures, ulcères et vergetures, mais en plus, ça rend un peu moins idiot et ça donne une plus-valu explosive à votre week-end.
(en gros, si après ça, vous perdez vos clés ou que vous apprenez que certaines personnes n'aiment pas les chats ni la mer, ben c'est pas grave, votre week-end est quand même réussi, vous avez trempé vos pieds dans l'eau en comptant passer les canards.)
Ce sont donc les pieds encore humides que je suis rentré dans mon dimanche.
Et la roue voilée de mon destin bancal, s'est dit que pour que mon week-end soit franchement parfait, elle allait y rajouter (encore) de la couleur.
La couleur de cases de Bandes-Dessinées en visitant un magasin de comics.
La couleur des glaces 2 boules, dégustées à l'ombre d'un platane du jardin du Luxembourg.
La couleur des cuivres de cet orchestre à l'américaine qui reprenait des standards un peu groovy et un peu classes dans le kiosque de ce même jardin.
La couleur des fanions de ces groupes de danseurs qui jonglaient comme les majorettes ou les revues que l'on voit de l'autre côté de l'Atlantique, au son des orchestres à cuivre qui viennent parfois jouer dans le kiosque du jardin du Luxembourg.
Et la couleur qui explose.
Alors j'ai vu la magie de Marc Chagall au musée du Luxembourg.
Comme j'ai peur de sortir des sottises plus grosses que moi ou de déblatérer des banalités désolantes, je ne vais pas trop en parler et juste vous dire que j'ai vu la lumière.
Des couleurs, partout, de la dignité, de la classe aussi, de la spiritualité, la vie, la guerre et beaucoup d'amour.
Des peintures empruntes de l'imagerie Juive Ashkénaze, pleines de symboles, de sentiments et surtout de magie.
Des peintures dures, de peintures émouvantes et des peintures comme des soleils.
Et après, il y a eu les couleurs de la caravane du tour de France, de la cour du Louvre, de l'Opéra, des ruelles de Montmartre et des feuilles vertes de cet arbre, ombre providentielle pour déguster une tartelette à la Framboise, rouge mais au goût (et à l'exquise texture) de chewing-gum fondu.
Avant de marcher une dernière fois et d'aller nourrir un petit chat roux pour une amie aux cheveux roux itou partie à Nancy dire bonjour à d'autres amis.
Et comme tout était chouette, je remercie l'amie prof d'allemand qui m'a accompagné.
Mes pieds étaient à peine secs, et devant Chagall, ce sont mes yeux qui se sont humidifiés...
jeudi 2 mai 2013
The Letter (The Box Tops cover) / Joe Cocker
Où est passée la magie du courrier?
Nan mais je demande parce que chaque fois que j'ouvre ma boîte aux lettres, c'est pour y trouver des factures et des pubs.
Mais où sont les lettres qui racontent des histoires, les courriers anonymes, les lettres d'amour, les correspondances enflammées, les timbres exotiques qui annoncent des nouvelles venues d'îles lointaines ou de jungles mauves?
Alors vous me direz que pffff, maintenant avec internet, on peut se parler à l'autre bout du monde et s'envoyer autant de nouvelles qu'on veut.
Et ben justement, je me dis parfois qu'il serait plus malin de prendre un peu de temps pour écrire une jolie lettre, se déplacer pour la poster, attendre qu'elle arrive, attendre qu'elle soit lue, attendre la réponse.
Parce que les publicités et les factures, on ne les attend pas. On les subit sottement comme des vulgaires spam qui, non content de participer activement à des génocides d'arbres, mettent de mauvaise humeur et prennent de la place dans les poubelles et dans les archives.
C'est donc blasé, vide de toute excitation et en manque d'enveloppes parfumées et barrées d'une jolie écriture manuscrite, que j'ouvre chaque jour ma boîte aux lettres et que je jette les publicités et trie mes factures.
Et entre des menus de restaurants chinois, un relevé bancaire et des promos incroyables sur les tapis, j'ai eu la chance de découvrir une carte qui venait de l'autre côté du grand Atlantique.
Avec un timbre rond...
mercredi 16 janvier 2013
Baby it's cold outside (Feat. Willie Nelson) / Norah Jones
Oui, il fait froid dehors.
Il fait froid à geler les crachats par terre, à faire de la fumée quand on respire, à glisser sur les trottoirs et à pas coller un Moyen dehors.
Et si je ne suis pas spécialement ami avec ces froids de canards qui vous font sortir les écharpes, les bonnets,les bouillottes et les crampons sous les bottes, je dois avouer qu'il y a quand même une satisfaction à sortir, c'est de savoir qu'on va rentrer.
Et puis quand des températures sibériennes s'invitent au Métro Stalingrad, je me dis que c'est un clin d'oeil que Paris me fait pour me faire réviser mes cours d'histoire, écouter Ivan Rebroff et garder forte la position de celui qui pense fermement que la guerre, c'est mal, surtout si c'est pour se cailler les balles.
Alors au son de cette jolie chanson, je remonte la rue du Pôle Nord, dans le dix-huitième, à deux pas de chez moi, je passe par la place de Finlande (dans le 7ème), la Place des Vosges et la Cité Noël (dans le 3ème), je vois qu'il n'y a pas de neige dans la rue des Blancs-Manteaux (dans le 4ème arrondissement) , le froid a arrêté le temps et l'Horloge du musée d'Orsay, et je continue de
Je frotte mes mains pour les réchauffer, remonte mon écharpe, tape un peu mes pieds et je rentre dans mon 18ème.
Du coup, je sens un peu de chaleur en passant par la rue de Tombouctou.
jeudi 3 janvier 2013
Tell me now, so i know / Holly Golightly
Bref, j'ai surtout envie de m'amuser parce que c'est à ça que sert la vie après tout.
Une infinité de possibilités devant moi.
Avec une enquête...
mercredi 2 janvier 2013
This Year's Kisses / Billie Holiday
Famille, Amis, Scarlett,
Laissez-moi vous souhaiter une très belle année 2013, pleine d'aventures et de mystères.
Parce que les nouvelles années arrivent, riches de promesses et de territoires inexplorés qui n'attendent qu'à être découverts.
Une année à écouter des disques parfaits, lire des romans dont on veut connaître la fin mais que l'on ne veut pas voir finir, découvrir des endroits magiques, parfois au coin de la rue et rencontrer des gens formidables qui vous rappelleront que sortir vaut parfois le coup.
Je vous souhaite tout ce que vous désirez et tout ce que vous méritez.
Et je vais profiter de ces quelques voeux sincères pour me souhaiter une année pas trop moche, qui a intérêt à tenir ses promesses, avec tout ce que j'ai déjà dis, et me rajouter deux trois-trucs, comme des de comptoirs accueillants et des verres pleins.
Et quelques baisers.
mardi 25 septembre 2012
Heartbeat / Taana Gardner
Revoir des rues arpentées maintes fois à bicyclette, reconnaître des terrains de foot improvisés, entendre de nouveau la même sonnerie qui nous libérait à la récréation, voir que les mêmes arbres sont toujours là, dans les mêmes parcs.












