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samedi 31 mai 2025

Let’s Work Together / Canned Heat





Aujourd’hui j’ai le cœur léger et heureux. 

En fait, depuis trois semaines, je ne pense qu’à une chose. 

Ce soir, le Paris Saint-Germain va jouer une finale de ligue des champions contre l’Inter de Milan. Des italiens. 

Mon club, ma ville, ma capitale. 

Lectrice, lecteur, Scarlett. Si tu n’es pas familier(e) avec la ligue des champions, sache que ce sont les meilleurs clubs de foutchebol d’Europe qui s’affrontent dans une compétition féroce qui récompense l’équipe la plus riche , plus tricheuse, la meilleure.

C’est très difficile. 

Un peu comme monter les marches du Sacré-Cœur en courant sans s’arrêter ou écouter les politiques actuels sans avoir envie de se crever les oreilles. 

Et cette année, le PSG, cette finale, le club l’a méritée. 

Une équipe soudée, solidaire et besogneuse, sans star, sans caprices ni dramas. Une équipe qui court et, incroyable, fait des replis défensifs. Une équipe presque devenue une famille grâce au coach Enrique. 

Paris a mérité sa finale. 

Mais moi aussi. 

Parce que depuis que j’ai découvert l’élégance de Raí (le frère cadet de Socrates, ce héros dont je t’avais déjà parlé, mais si, souviens-toi, c’était là) dans un maillot bleu et rouge en 1993 et que je me suis attaché à ce club, j’en ai vécu des émotions. D’autant plus depuis 20 ans que je vis à Paris. 

Des Raí, donc, des Djorkaeff, des victoires en coupes des vainqueurs de coupes (qui n’existe plus), des fax qui se perdent, des triplés, des Le Guen et des Guérin, des frappes d’Okocha, des naufrages face à la Juve, Ronaldinho, Pauleta, frôler la relégation, le Qatar, le dernier match de Beckham, le premier de Zlatan, le premier but de Messi avec Paris, en direct au Parc, sous La Tribune Auteuil en feu pour ses trente ans, les clowneries de Neymar. 

Et franchement, j’ai vécu plus de déceptions que d’euphories. Parce que pour un triplé de Raì face à Bucarest, j’ai vécu des défaites contre Gueugnon ou Lorient. Des éliminations improbables et des blessures lunaires. Et entre autre,  un truc tellement dingue que le mot est rentré dans le dictionnaire. 

Je me suis fait charrier, chaque année. Parce que j’y peux rien. Chaque année j’y crois. Chaque année je me dis que ça va aller. Comme avec le XV de France. 

J’ai vécu des déceptions amoureuses moins difficiles que certains matchs. Moins douloureuses que des coups de sifflets. J’ai vécu des belles journées moins belles que certaines frappes. 

Bien sûr, j’ai toujours la Lorraine et le FC Metz et l’ASNL dans mon cœur. Metz parce que c’est le club de mon père, surtout. Une belle relation avec les grenats et mon papa. 

Mais le PSG c’est le mien de club. C’est Ronaldinho, en 2003 et en pleine gueule de bois, qui détruit l’OM chez eux au point que le Vélodrome se lèvera pour l’acclamer.

Et quand on me dit « mais Moyen, pourquoi tu n’encourages pas une équipe qui gagne plus souvent, tu aurais moins mal? » Ben je vous dis que je ne peux pas. C’est comme ça. C’est ma malédiction. Et encore, j’aurais pu tomber plus mal, comme une équipe Espagnole ou l’OM. 

Nathalie Ianetta, directrice des sports de Radio France et Juventina dans le cœur fait un très beau texte sur les supporters cette semaine .

Les supporters peuvent être les pires personnes possibles. Grossières, bêtes et racistes. Et ça donne des Heysel. Mais les supporters peuvent être les personnes les plus touchantes. Par la joie et la peine partagées. Par les chants. Par la fidélité. 

Et les filles qui portent des maillots sont les plus jolies. (Parce que ça leur va mieux qu'à des moustachus ou des chauves qui soufflent au bout de 12 marches en essayant de faire les escaliers de Montmartre en courant)

Maintenant qu’il ne reste qu’une marche, justement, je la veux cette coupe aux grandes oreilles. Et si ils gagnent, l’hymne de la champion’s league deviendra l’hymne de la chanson du jour pendant au moins une semaine. 

Et si ils perdent ? Il y aura du chagrin, évidement. 

Mais surtout, pour une fois depuis longtemps, il y aura de la fierté. Pour Donnaruma, Marquinhos, Kvaratskhelia, Dembele, Doué, Hakimi, Kimpembe, Pacho, Ruiz, Vitinha. 

Paris et moi avons mérité cette finale. Pour tous ces moments de chagrin partagés. 

Mais surtout, aujourd’hui, Paris mérite ses supporters. 

mercredi 24 février 2016

The Handwriting is on the Wall / Ann Peebles



Dans l'épisode précédent de la chanson, je vous parlais de mon amour pour les graffs et les tags sur les murs de Paris.

Des tags de tout, partout.

Bon, attention, il y a graff et graff. C'est évident qu'une gigantesque fresque qui éparpille ses couleurs sur les murs d'une usine en ruine ou d'un hangar vide, ça sera beaucoup plus chouette qu'un vieux "prout à celui qui lit ça" griffonné dans une cage d'escalier.

Encore que certains ont clairement le sens de la punchline et de la répartie et peuvent vous faire rigoler pendant deux jours juste avec une phrase. Ou un mot...



Des tags, donc.
Partout.
Sur les trottoirs, sur les murs et dans le métro.




Je les aime parce qu'ils sont de l'art


Parce qu'avant, ils étaient des publicités.


Parce que parfois, on les voit flous.


Parce que parfois, ils sont cachés




Mais surtout, parce qu'ils sont éphémères.

Leur but, finalement, est non seulement d'être vus mais surtout d'être recouverts. 
De disparaître derrière d'autres oeuvres, de recouvrir du béton et du métal et donner des couleurs au ciment.

Parce que les tags et les graffs sont un art de rue. Ils n'ont pas leur place en galeries d'art où leur fonction même disparaît.
Comme un tigre en cage, finalement.

C'est pour ça que je les ai traqués à New-York...



Dans l'Arizona...


Et que ma mère m'en a fait un chouette dans ma chambre, quand j'étais gamin...



mercredi 20 janvier 2016

Hors-Série Spécial Paris

Alors je voudrais pas faire le relou qui dit "Je vous l'avais bien dit" mais quand même je vous l'avais bien dit.

David Bowie, Alan Rickman, Glenn Frey, Otis Clay, Michel Delpech, Michel Galabru, Ettore Scola...

Merci 2016, t'es déjà toute naze.

L'occasion de se rappeler que 2015 était pas super non plus.

En gros, elle pouvait se résumer à "peur" "cris" "larmes" "poussière" "sang" "horreur" "ça craint" "front national" "Kev Adams" et "Paris"

Paris.

Paris fait tâche dans ce champ lexical de l'angoisse et du mauvais goût.
Paris, finalement, est trop jolie et libre pour qu'on puisse l'associer comme ça à des trucs aussi moches.
Paris, t'es trop stylée.

Vous connaissez déjà mon amour pour ses bars, je pourrais rajouter ses salles de cinéma, ses disquaires, sa Seine et ses bassins des Tuileries, son Grand Palais, Montmartre et le Moulin Rouge, ses musées, ses salles de concert, ses bars, parce que vraiment, je les aime, ses pavés, ses escaliers, ses quais, ses toits, ses impasses et ses boulevard, ses places, ses îles, ses canaux, ses néons et ses marchés. (enfin, surtout ses verres de champagne au marché de Noël)

Et un million de choses cachées.


Alors pour la célébrer, je vous propose mon top 10 des chansons qui parlent de ma cité.




Rive Gauche / Alain Souchon




Parce que je ne la connais pas bien. La rive gauche. Je préfère la rive droite, plus populaire, bizarre et biscornue. Mais quand La Souche la chante, on croise l'esprit de Gainsbourg et Miles Davis (ce qui est pas mal, faut bien le dire, comme compagnons de balade. On aurait pu tomber sur Kev Adams et Christophe Maé. Ou Mélanie Laurent.)
Il la rend mélancolique et bien plus vivante que ce Musée à ciel ouvert qu'elle risque de devenir. Il la rend romantique. Pas autant que Montmartre et Pigalle (oui, Pigalle peut parfois être romantique) mais romantique quand même. On sent l'automne, les feuilles qui tombent, les trompettes des années 50, le bruit des pages que l'on tourne des livres qu'on potasse en terrasse.
Elle nous rappelle surtout que Paris est poétique.




April in Paris / Ella Fitzgerald & Louis Armstrong




Parfois, il faut un regard extérieur pour se rappeler qu'on est chanceux. Et quand des Dieux comme eux deux chantent que le printemps reviens, j'avoue que c'est compliqué de se mettre à rouspéter.
Oui, je vis les plus beaux printemps de l'histoire de l'humanité et des printemps dans la plus belle ville de l'univers.
Parce que même si parfois, en Avril à Paris, il faut ressortir la petite laine, il suffit de la regarder pour sentir son coeur se réchauffer.

Evening in Paris / Quincy Jones




Un morceau qui donne envie de se promener la nuit dans la Capitale. Même à Stalingrad. Bon, faut avouer que c'est une soirée tranquille qu'il se prépare, le Quincy. On voit qu'il va pas aller aux Bain-Douches. Il va se boire un whisky tranquille, sur une terrasse, à admirer les scintillements de la ville lumière.

Il est 5 heures, Paris s'éveille /Jacques Dutronc




Oui, cette chanson, forcément.
J'ai plusieurs fois eu la chance de traverser le 18ème arrondissement au lever du soleil, à des heures où le temps n'a pas encore tout à fait redémarré.
En rentrant chez moi.
(oui, je sais, c'est tard. Je préfère me dire que c'est pile-poil la bonne heure pour apprécier la vie et oublier qu'on est un peu ivre.)
Et ben, c'est un peu comme le dit la chanson, et même un peu plus encore. J'ai vu la garde républicaine répéter pour la parade du 14 juillet dans des rues sans voitures, j'ai vu des gens pleurer et d'autres s'embrasser, j'ai vu des bars fermer et des cafés ouvrir. J'ai vu des accidents de vélo. Des éclats de rire, J'ai vu des africains boire du thé sur des chaises pliantes, en parlant des dialectes lointains. J'ai accepté leur thé. C'était au mois de Juillet et on a parlé football.
J'ai vu des choses que je ne verrai pas à une autre heure. J'ai vu une autre ville.

Paris sous les Bombes / Supreme NTM




Ici, on parle de bombes de peinture, pas de bombes qui tuent. On parle de tags et de graffitis.
Parce que Paname n'est pas polie. Paname râle, grogne et cogne.
Paname dit des gros mots, rouspète, crache par terre, mais c'est pour ça qu'elle est Paris. Un peu libre, un peu jolie, un peu gentille, un peu malpolie.


Bercy Madeleine / Pierre Perret



Le métro, c'est une aventure en soi. On côtoie des gens parfois bizarre, parfois méchants, souvent indifférents, on traverse des continents, on sent mauvais, on sue, on se perd, on attend, longtemps, on retourne au point de départ et on s'endort.
Mais le métro est justement une aventure. Justement, on traverse des continents, des boubous de Château-Rouge aux asiatiques d'Olympiades. C'est pour ça que j'adore m'y perdre, attendre, longtemps et retourner au point de départ.)
Un de mes meilleurs souvenirs parisiens restera cette fois ou Hobbes est moi on est allé volontairement se perdre à Télégraphe en prenant des lignes de métro au hasard. Parce qu'on était des explorateurs.

Le Poinçonneur des Lilas / Serge Gainsbourg



Restons dans le métro, justement, puisqu'il n'est pas qu'un terrain de jeu pour explorateurs amateurs.
Il réchauffe les clodos, donne une voie aux paumés, un toit aux non logés et des voyages aux sans congés. Le métro, c'est une autre ville, un autre Paris, où ceux qui se sont levés (ou ne se sont pas couchés) à 5 heures continuent de déambuler.

Ma Rue / Doc Gynéco




Comment parler de Paris, sans parler de mon quartier?
Parce que dans mon quartier, je suis une minorité. C'est moi l'étranger. Et pourtant, on y parle français, on cherche à s'entraider et on y chante du zouk l'été. J'essaye d'apprendre l'arabe avec mon boulanger et mon voisin boucher (d'ailleurs Monsieur Akoui, il faudra m'apprendre comment on dit "voulez-vous danser?") et samedi dernier, j'ai été aider les sans-papiers à remplir ceux qu'on leur avait donné.
Le doc chante tout ça, parce qu'il vient de là-bas.

Où est-il donc? / Fréhel (Bande Originale du Film Pépé le Moko)






Parce que Paris est cinématographique, mais surtout, Paris est une nostalgie.
Avec Caro-Magnonne, devant l'excellent documentaire d'Arte "Les Aventuriers de l'Art Moderne", on se disait que finalement, on était arrivés à la mauvaise période. Parce qu'elle est moi, on est des aventuriers et des desperados, mais surtout, elle est poète et littéraire et je suis curieux et bistroteux (si! ça se dit!)
Et, soupirants que connaître Pigalle à cette époque nous aurait bien plu, on se disait que quand même, on était arrivés pile au bon moment dans nos quartiers. Et que plus tard, on en sera nostalgiques.

Ni**as in Paris / Jay-Z &. Kanye West




Voilà.
L'Alpha et l'Omega.
Cette chanson qui est devenue encore plus un hymne pour moi.
Parce que quand vous avez deux champions poids lourds de ce calibre qui déboulent et pulvérisent le monde en clamant leur amour pour Paris, ben ça fait plaisir, Bitch.
Oublie Los Angeles, Hong-Kong, Londres ou Berlin, Bitch, Paris is the new New-York !
Alors sur cette chanson, poussez le volume à 11 et dites-vous qu'on nous envie.
Pour notre créativité, notre culture, notre histoire, notre richesse, notre architecture, notre image.


Mais surtout pour notre liberté.



Paris, je t'aime.
Parce que jusqu'ici, chaque jour, tu me l'as montré.



mardi 8 décembre 2015

Gimme Shelter / The Rolling Stones



Ce ne sont pas quelques gugusses avec la tête vide (ou pleine de vase, au choix) qui vont me faire peur.

Ce ne sont pas des fanatiques adeptes de la dynamite qui vont m'empêcher de boire des coups en terrasse, d'aller à des concerts, de déambuler, de râler, de chanter, de traiter, de quimper et de photographier des gens en train de graffer.


Ayatollahs et faux prophètes, vous êtes mal barrés, je peux être obstiné, mal luné, relou et surtout borné.

Vous pensez peut-être qu'avec vos grosses mitraillettes qui compensent vos petites quéquettes vous m'empêcherez de dire que si le niveau zéro de la vie sur terre se situe entre la boue lourde et graisseuse située sous le fumier et le fond d'un évier de boîte de nuit un soir de fête étudiante, vous avez encore un sacré taf pour y arriver?

Raté.






Depuis le treize novembre, je me sens donc remplis de fierté républicaine, d'alcool et de blagues pour résister à ces zélotes décérébrés qui n'ont que la haine et la stupidité comme moteur et je me dis que pas de bol, ils se sont attaqués à la France. Le pire ennemi qu'ils pouvaient se choisir.
Parce que nous sommes leur exact opposé, (beaux, cultivés, rouspéteurs, libres et surtout nous, on a pas à se faire exploser pour se faire plaisir dans des draps froissés avec des jeunes filles et des jeunes hommes tout aussi beaux, cultivés, libres et rouspéteurs.) mais que nous, on va gagner.

Ce ne sont pas des enturbannés dégénérés qui me feront me terrer.

Non.

En trois semaines, on est passé des odeurs de cendres aux odeurs de gaz.

Une blonde avec la même tête moche que son père moche, aux idées noires comme l'ombre d'une croix gammée m'a rappelé que notre pire ennemi n'était pas la méchanceté mais l'ignorance (ou la lâcheté, parce que reconnaissons-le, il faut quand même faire preuve d'un manque de courage évident pour s'en remettre à un parti qui joue les gros bras et promet un veau d'or si on le laisse mettre en place ses idées farfelues d'un autre âge, bêtes comme un débardeur qui boudine pendant un mois de juillet.)

L'ignorance crasse de ces peureux émasculés qui pensent encore que leurs problèmes sont dû à des gens un peu plus bronzés.
Qui pensent sottement que se replier sur soi va nous sauver.
Qui imaginent encore, au 21ème siècle, que la nationalité est affaire de pedigree.
Qui croient que notre économie redeviendra souveraine le jour où nous rétablirons les frontières (et réimprimerons des francs, sortirons de l'euro et prendrons toutes les décisions que les économistes les plus émérites rangent dans le chapitre "à ne pas faire" de leur rédaction aux épreuves écrites du Prix Nobel.)


Marine Le Pen, vous et tous vos amis ainsi que vos électeurs, vous ne me faites pas peur.
Je vous range aux côtés des excités du Djihad, vos idées sont finalement les mêmes.


Nous faire croire que la préhistoire est notre seul avenir possible.




dimanche 16 mars 2014

Clint Eastwood / Gorillaz



Rassurez-vous.

Non, je ne suis pas mort et enterré, ni porté disparu.

Non, je n'ai pas laissé tomber ce modeste blog par paresse ou ras-le-bolisme, non je ne suis pas au fond d'une bouteille de mauvais whisky à boire ma dépression, non, je me suis pas perdu pendant une balade au milieu du smog parisien.

Ce silence si long, lectrices, lecteurs, Scarlett, c'est parce que j'ai déménagé.

Oui.

J'ai enfin déménagé.

Je n'ai pas quitté mon dix-huitième que j'aime, mais j'ai quitté mon moins-de-douze-mètres-carrés pour un 25m2 lumineux, avec une vraie cuisine (une cuisouche pour être précis, mais je laisserai le mystère planer sur ce terme) un dressing (et oui mesdemoiselles) et de la place pour mes vinyles, mes comics, ma lunette astronomique qui me fera passer pour un pervers auprès de mes voisins d'en face et mes bouteilles (de vin, de whisky, de bières et de toute ivresse non frelatée.)

Après des centaines de milliers de cartons, de marches montées et descendues et de litres de sueur, me voici donc installé dans mon nouveau chez-moi, prêt à attendre sereinement le futur.

Et comme tout personne qui a déménagé à Paris, j'ai donc connu les visites d'appartement à 35 personnes pour un 20m2 à 1 million de dollars par mois, j'ai réunis des centaines de pages pour mon dossier, j'ai dormi dans mes cartons, j'ai essayé de comprendre comment se branchait internet sans prise de téléphone, j'ai bu, un peu, pour me donner du courage, j'ai jeté des tonnes de choses, j'ai gardé des choses inutiles, j'ai sorti des choses indispensables de ma poubelle et rejeté des tonnes d'autres choses.

J'attends le futur.

Non, je ne suis pas mort et enterré.
































































cadeau bonus: Une version live épique de cette chanson magnifique.
Avec le Snoop.



dimanche 9 février 2014

Home is where the Hatred is / Esther Phillips




Si dans la lutte contre le quotidien, tous les Moyens sont bons, dans la lutte pour trouver un appartement aussi.

Oui, amies, amis, fidèles lecteurs et trices, Scarlett, j'ai décidé de déménager.

Il faut dire, à force d'entasser des conneries d'accumuler de l'expérience, la vie dans mon appartement commençait sérieusement à ressembler à ça:
 (Franquin, génie absolu.)

"Moyen était parti chercher un disque. C'était il y a 3 jours."


La recherche d'un appartement à Paris peut parfois s'apparenter à la chasse au fauve.

Vous êtes dans un territoire hostile, laissé à vous-mémé, sans arrêt aux aguets, prêt à fondre sur votre proie et surtout, vous avez plus de chance de croiser des hyènes que de majestueux Tigres du Bengale.


Vautours moisi persuadés qu'ils sont assis sur des mines d'or et proposent des taudis à des tarifs prohibitifs.

Dis comme ça, ça ne donnerait pas envie de s'installer à Paris ni de déménager une fois que vous avez trouvé votre clapier.

Oui, sauf que là, il fallait.

Il fallait pour mon intégrité physique (mourir enseveli sous un tas de disques, livres, comics et films bizarres peut s'avérer un poil romantique mais c'est surtout affreusement idiot. Autant mourir vieux et en bonne santé dans un lit.) et pour mon équilibre mental (vivre dans un tas de disques, livres, comics et films bizarres peut s'avérer un poil romantique, mais ça empêche de voir où on marche et surtout, ça empêche de se rendre compte de ce qu'on a vraiment. Autant voir où on marche en admirant ses collections.)

Il fallait pour renouveler cet air vicié et me désengluer.

Parce qu'à force, je finissais par étouffer, étriqué dans trop peu de mètres carrés.
(vous me direz, il y a un aspect pratique, puisque je pouvais cuisiner en même temps que je me lavais les pieds.)

Les tigres ne sont beaux qu'en liberté.

Je suis donc lancé comme un acharné à la recherche de mon gibier et, sentant le vent violent de mon karma bancal tourner, je me dis que je vais avoir un beau trophée.

Pour vivre comme dans une comédie musicale.







mercredi 11 décembre 2013

Le Bistrot / Georges Brassens





Si Paris est connue pour le romantisme et la poésie qui se dégagent de ses ruelles, de ses quais, ses pavés, ses places cachées, ses monuments, ses accordéonistes slovaques qui encombrent le métro et ses petits jardins, moi je l'aime pour ses bars.

Oui, je sais, dis comme ça, ça pourrait faire alcoolo à la Renaud mais en fait je vous rassure, non, pas du tout.
J'aime les bars, les bar-tabacs, les bar-restaurants bref, tout endroit avec un comptoir, des toilettes à l'hygiène douteuse, du bruit, des cheveux, des lèvres et des dents, des tabourets, de la peau souple, des tireuses à bière, des tatouages, des décolletés, des cacahuètes et une odeur de café.

Des endroits pittoresques, souvent improbables, parfois prétentieux et lounges, remplis de bobos qui préfèrent parler de lutte des classes, de cinéma Kazakh et du dernier album de ce musicien brésilien qui fait de la flûte nasale et qui est génial plutôt que de football ou de rugby, de films qui font rire, de collections idiotes et de bandes dessinées.

Des lieux vivants, plein de gens du quartier, qui viennent de pays lointains ou qui ont toujours vécu ici, qui passent pour un café en sortant du bureau ou pour refaire le monde à l'apéro.

J'aime les bars parce qu'on y voit la vie.

Même en Banlieue.

Alors au boulot, quand arrive l'heure que l'on appelle celle "du manger" et que la cloche sonne, avec les collègues on allait parfois dans un bar-restaurant planqué au bout de la rue manger un plat du jour à l'hygiène aussi douteuse que les toilettes.

Un endroit improbable, sobrement appelé "Le Transilvania" où les serveuses étaient des créatures des Carpates avec plein de cheveux, la peau souple, plein de dents derrière leurs lèvres et un accent roumain à ensorceler Dracula.
Les clients, des ouvriers des chantiers voisins.
Des Pakistanais, des Portugais, des Maliens, des Chinois, des Colombiens (ou Argentins, Salvadoriens, Brésiliens, Chiliens, Jesépabien.)
Et des Roumains.

Un endroit un peu étrange quand même, avec des gros 4x4 (ou des grosses berlines) noirs garés devant la porte, des individus avec des liasses de billets de la taille d'une brique, un billard pas droit et ces serveuses qui avaient la fâcheuse tendance à changer souvent.

Bref, un endroit un peu vivant et un peu inquiétant.

Voilà que la semaine dernière, le rideau était fermé.

Pas de cantine, pas d' Oeuf - Mayo en tube, de panaché ni d'entrecôte décongelée.

Je me préparais donc à hurler contre l'infamie, sortir les pancartes contre les fast-foods qui tuent les bars aux plats du jour à l'hygiène chancelante et pleurer ma peine lorsque je suis tombé sur cet article:



Evidemment, vous comprendrez que j'ai vite rangé ma rébellion dans mon slip (et flippé rétrospectivement.)

J'adore les bars.
On y voit la vie.

Et parfois, on y vit une version roumaine des Affranchis.

lundi 17 juin 2013

Mes Vacances Imaginaires Episode #1 Puisque vous partez en Voyage / Françoise Hardy & Jacques Dutronc




(hop, la classe à l'état brut.)



Pour vous prouver que mon Karma est vraiment farceur, laissez-moi vous raconter une histoire...

Je prévois depuis maintenant plusieurs mois de partir en vacances.

J'avais jeté mon dévolu sur une ville aux mille tourments qui me fascine depuis pas mal d'années déjà pour l'avoir croisée dans des films d'aventure et de capes et d'épées, des récits fantastiques à l'exotisme débordant, et des bandes dessinées colorées pleines de mystères et de secrets.
Une ville d'Histoire, avec un grand H, comme dans "Ho, c'est beau" et d'Architecture avec mille monuments, milles contes fantastiques et des personnages aux noms aussi voluptueux que Soliman le Magnifique.
Franchement, ça ne vous donne pas envie de vous appeler Soliman Le Magnifique?
Rien qu'avec ce nom, tu donnes déjà le ton: Avec toi, ça ne rigole pas et faut pas compter sur toi pour participer à une télé-réalité.
Ta réalité, ce sont les harems, les palais, les bateaux et l'océan, les cabinets de curiosité, les batailles terribles, les salons d'astronomes et les déserts.


Je voulais partir à Istanbul.

Ben oui.

Pas de bol, hein?

Et puis finalement, en y réfléchissant, je me suis dit qu'Istanbul me lançait un signe.
Avec Sainte Sophie et sa mosquée bleue et ses sultans, ses caravanserails, son Bosphore, sa mer de Marmara et son bazar et tous ses cafés où le thé coule à toute heure, elle m'a fait un clin d'oeil.

Car Istanbul est fougueuse comme sa jeunesse et sage comme ma mémé, alors Istanbul a décidé de se révolter.
Descendre dans la rue et ne pas attendre que les libertés soient totalement privées pour se battre pour elles.

J'ai à peine eu le temps de souhaiter une bonne répression sanguinaire pour pouvoir profiter de mes vacances que j'ai entendu tous ces sages, ces derviches tourneurs, tous les Muezzins des 5.000 mosquées, ces bibliothécaires et ces astronomes, ces somnambules, ces voyants, ces aventuriers et Soliman le Magnifique lui-même et tous ces érudits qui ont fait de cette ville une ville que je veux visiter, une ville qui eu trois noms, une ville qui a vu le monde changer, une ville terre de batailles atroces et d'érudition absolue, une ville des lettrés et des guerriers, une ville de la mer et des déserts, me dire que moi aussi, je devais me révolter.

Descendre dans la rue.

Enfin presque.

Disons, changer de rue.

Paris, il est temps pour moi de partir.

C'est une ville presque trois fois millénaire qui me l'a dit.


Istanbul, regarde, moi aussi je fais ma révolution.
Ne bouge pas.


J'arrive.




















Puisque je pars en (long) voyage de Paris, puisque ma décision est prise et que Paris devra vraiment sortir le grand jeu pour me faire rester (1 million de dollars et Scarlett, en gros.) je dédie cette chanson à ceux et celles que j'ai croisé dans cette quand même bien jolie ville et qui, inévitablement, vont me manquer.
Mesdames et Messieurs, vous vous reconnaîtrez, alors laissez-moi simplement vous dire que je vous aime, que sans vous, je n'aurais peut-être pas fait tout ce que j'ai fait, que vous me manquerez mais que vous me reverrez.
Chacun d'entre vous m'a apporté des choses incalculables et aussi précieuses que l'or ou le platine et j'espère que de mon côté, je vous ai montré l'attention que vous méritiez.

dimanche 14 octobre 2012

Un peu de Prévert / Kent

KENT - Un peu de Prévert from Kent Cokenstock on Vimeo.


"Notre Père qui êtes aux Cieux, restez-y. Et nous, nous resterons sur la Terre, qui est quelquefois si jolie" (Surtout Paris)
                                                                                                  Jacques Prévert (& Moyen)  

Paris m'a souvent réservé de drôles de surprises.
Paris m'a fauché mon Ipod, mon portefeuille, ma carte bleue, m'a agressé dans des rues familières et des halls d'immeubles éclairés.

Paris m'a caché dans un 17m2.

Mais depuis quelques temps, afin que notre relation ne tourne pas au vinaigre, Paris essaye de se racheter.

Et je dois avouer qu'elle n'y va pas de main morte. (ce qui me parait complètement justifié après tout ce qu'elle m'a fait endurer, la bitch.)

De jolies balades nocturnes dans des quartiers que je ne connais pas, des traversées de canal de l'Ourcq sur le bateau-taxi qui relie les deux rives à faire passer la croisière du Titanic pour une pateaugeade dans une flaque de gadoue et des vides-greniers riches de trésors de bric-à-brac.

A ce moment-là, se réveiller dans mon 17m2 avec ses rangements planqués partout, ma table et mes chaises pliantes, mes affiches, mes BD, mes étagères remplies de disques, mes murs recouverts de publicités pour les marabouts du XVIIIème commençait à ressembler à ça:



(Je n'ai pas le talent de ce génial Gene Kelly pour danser d'un bout à l'autre de ma pièce, ni pour chanter que je viens de me réveiller sous le soleil, mais sinon, je vis les mêmes petit-déjeuners mine de rien...)

Mais la capitale me réservait encore autre chose.

Hier, c'était la fête des vendanges de Montmartre et forcément, quand il y a les mots "Vendanges" et "Montmartre" dans la même phrase, je brave les gens sans éducation, les touristes bruyants et les poussettes et je me déplace.

La pluie, froide et laide a arrêté de tomber.

Et je me suis rappelé que j'habitais près d'un quartier où il reste des escaliers avec des rampes et des lampadaires en fer forgé, où il y a des vignes, des bars de quartier avec des vieilles publicités sur des plaques émaillées, des affiches du Fabuleux destin d'Amélie Poulain dans des sex-shops, des voisins qu'on connaît, des chats qui se cachent dans le cimetière, l'ombre de Prévert, qui me pousse à faire des listes et celle de Brassens, qui m'incite à faire pousser ma moustache, un buste de Dalida dont la poitrine est usée par les mains coquines des touristes de passage, les mots de Boris Vian et des marches, des centaines de marches qui ne nous amènent jamais au même endroit.

Hier, j'ai redécouvert mon quartier, que j'avais depuis trop longtemps oublié.

Alors Paris, Montmartre, mon Jardin, mes voisins, ma cave et mon grenier aux mystères a fêté nos retrouvailles et a fait sauter le Sacré-Coeur comme un bouchon de champagne.


mardi 29 mai 2012

Gotta Get Out Of Here / Lucy Hawkins



Fidèles, excusez-moi pour mon absence ces derniers temps mais avec l'apparition soudaine et impromptue de cette grosse boule de feu dans le ciel qui d'un coup s'est mise à réchauffer l'air et raccourcir les jupes des filles, je me suis mis en tête de sortir profiter de l'apparition de la lumière, comme au deuxième jour, plutôt que de faire des U.V. devant mon écran d'ordinateur.

Et donc, j'ai redécouvert que dehors, c'est bien.

Dehors on peut faire des pique-niques dans l'herbe en jouant aux dés et en caressant les chiens qui passent.

On peut chanter Total Eclipse of the Heart de Bonnie Tyler avec son tigre de compagnie et même du Aznavour et faire la chorale sur Bohemian Rapsody comme un staracadémicien au karaoké du quartier et danser sur de la disco dans un bar avec de la moquette au sol.

On peut croiser des robes ou alors des gens avec des couronnes de fleurs dans les cheveux qui se croient dans des péplums italiens des années 60.

Et tout ça, mes enfants, ce n'est pas en restant dans un appartement qu'on peut le vivre.

Pensez-donc, rester enfermé alors que l'on peut se balader au bord de l'eau, boire des verres au Mc Do en terrasse et croiser des jambes, des vélos, des lunettes de soleil, des petites sandales, des robes (oui, il y en a beaucoup en ce moment) ou des jupes, des ballons, des rires, des boissons aux couleurs d'oiseaux des îles, des rues qui ressemblent à des plages, des parcs comme des bords de mer et des chansons.

Alors je compte encore profiter de ce phénomène planétaire rare quelques jours encore et sortir pour réchauffer ma peau.

Et un petit peu ma tête.

mardi 17 janvier 2012

Still Waters / Jim White



A midi, je me suis assis sur un banc au parc des Buttes Chaumont (car la joie de retourner en formation, c'est de manger dans le parc qu'il y a derrière le bâtiment.) j'ai sorti ma salade emballée et j'ai observé l'eau gelée du bassin.

(oui, parce que figurez-vous qu'il faisait un froid de canard ce midi et qu'il faut être drôlement motivé pour manger dehors, assis sous les marronniers nus par un froid qui pique, plutôt que dans un bâtiment chauffé où l'on vous sert du café.)

Je riais devant les canards (justement) qui glissaient en essayant de marcher maladroitement sur la surface lisse de la banquise du plan d'eau des buttes chaumont et je me suis dis que finalement, la campagne à Paris, ce n'étais pas si compliqué.

Enfin, ce n'est pas si compliqué les jours de semaine, à l'heure du déjeuner, par un froid polaire à ne pas mettre un canard dehors et hors des vacances scolaires.

Parce que le parc des Buttes Chaumont, l'été, ça vous rappelle le périph', la côte d'azur et le métro aux heures de pointes en un seul endroit.

Il faut cohabiter avec des gens, subir les chiens, les ballons et les enfants et marcher pendant des heures pour trouver une place où s'asseoir, comme sur une plage de côte d'azur.

Mais aujourd'hui, face à l'eau gelée, j'étais tout seul avec la buée qui sortait de ma bouche et ma salade emballée.

J'espérais -un instant- qu'un ours blanc égaré pointe le bout de son museau, mais j'ai du me contenter des canards.

Aujourd'hui, sans m'y attendre, j'ai voyagé, parce que l'eau s'était arrêtée.








mardi 16 août 2011

Fast Asleep / Voxtrot



Rassurez-vous amis, fidèles lecteurs et gens de passage, je n'avais point disparu, je m'étais simplement discrètement éclipsé vers mon Toul-c'est-cool natal.

Mais je suis de retour pour continuer de vous narrer mes exploits et vous fournir votre dose quotidienne de musique et de joie. (Je sais, je suis humble.)

Or donc, je suis revenu dans la capitale grâce au cheval de fer qui va très vite à travers la grande plaine.

L'occasion pour moi de vous avouer que je suis atteint d'un mal étrange: Je m'endors systématiquement dans les trains.

Dès que je suis sur des rails, ça ne loupe pas je ronfle (façon de parler car je ne ronfle JAMAIS) comme un loir et je pars vers des contrées d'où il est rudement difficile de m'extirper.

Et pourtant, à chaque fois je m'organise comme un soldat pour être sûr de ne pas rejoindre Morphée.

Je me prépare des lectures très prenantes et très belles comme des livres de Steinbeck ou des polars pour avoir enfin de savoir qui est le tueur à la fin, des choses hyper intellectuelles qui demande énormément de concentration comme des articles en anglais de journaux très sérieux ou l'Equipe.

J'écoute des musiques qui bougent.

Je compte des choses le long de la voie (bon, quand on arrive à 300km/h, je suis obligé de compter très très vite, ce n'est pas facile mais je m'accroche)

Et pourtant, ça ne loupe pas, au bout de 37 minutes (à peu près) paf, je dors.

Alors j'ai prévu une parade, je garde toujours mon billet en main, au cas où.

Aujourd'hui, je me suis endormi, mais à mon réveil, mon billet était toujours dans ma main et composté.

Soit le contrôleur, amusé et gentil a eu la bonté d'âme de na pas me réveiller, soit il s'est fatigué à tenter vainement de me tirer du royaume des songes.

Mais quand je suis arrivé sur le quai de la Gare de l'Est, j'espérais sérieusement que j'allais me réveiller à 300 kilomètres de là...

samedi 23 juillet 2011

Call me Al / Paul Simon



J'ai entendu cette chanson aujourd'hui, accoudé au bar d'un pub parisien, une pinte de Killkenny dans la main et à parler d'Angleterre, d'Ecosse et de chansons avec la serveuse aux cheveux roux.

Il suffit parfois de peu pour se sentir heureux.

Il suffit d'une chanson et de donner son nom.

Call me Moyen.






























Là, je vous conseille sérieusement de pousser le volume à 11 (et les meubles pour faire de la place) et de vous déhancher à faire peur à la voisine d'en face.

mercredi 20 juillet 2011

Blue Eyes Crying in the Rain / Willie nelson



Ceci est une histoire vraie, et c'est pour ça que j'aime la raconter.

En sortant du métro aujourd'hui, je suis tombé sur un spectacle qui m'a ému.

Une jeune fille en pleurs.

Elle semblait vraiment bouleversée et je me suis alors demandé ce qui pouvait la faire pleurer à ce point.

Une mauvaise nouvelle terrible comme la perte d'un être cher, comme ça, brutalement en plein mois de juillet à quelques jours de son départ en vacances?

Une journée horrible au travail entre ce patron despotique qui lui hurle dessus et ce collègue libidineux, gras, poisseux et vulgaire qui n'arrête pas d'essayer de lui toucher le cul à chaque fois qu'il s'approche d'elle?

Une rupture affreuse, pleine de larmes, de café froid et de mégots de cigarettes écrasés au fond des tasses. Une rupture qui sent le tabac et l'endive amère. Une rupture d'une incroyable laideur, certainement, aussi laide que cette fille est jolie, parce que le garçon n'avait aucune classe et n'était finalement que goudron?

Pourquoi pleurait-elle?

Et en me rapprochant des marches sur lesquelles elle se trouvaient, j'ai remarqué qu'elle cherchait quelque chose.

Elle replaçait ses cheveux en arrière régulièrement, presque mécaniquement, pour se dégager la vue (et déjà que les yeux pleins de larmes, c'est pas facile pour voir, mais alors plein de cheveux, c'est pas mieux.)

Et presque arrivé à sa hauteur, elle s'est relevée d'un coup, tenant dans la main son précieux butin.

Un talon de chaussure.

Ses jolies chaussures étaient rouges et trempées et il manquait un talon à l'une.

Elle a respiré un grand coup, sans doute pour effacer cette journée qui devait se trouver à mi-chemin entre ce que j'avais imaginé et ce talon cassé et elle est repartie toute droite et pieds nus.

Et comme elle était rusée, elle a utilisé la pluie qui tombait pour cacher ses larmes qui coulaient.

dimanche 17 juillet 2011

Let's Go Everywhere / Medeski, Martin & Wood



L'avantage d'habiter dans un appartement de 17m2 qui prend des allures de Rubik's Cube géant chaque fois qu'il s'agit de dresser la table, c'est qu'il donne envie de voyager.

Et il suffit parfois d'un métro et d'une paire de jambes pour se retrouver en contrée exotique.

Comme à Pyrénées, qui vous conduit aux parcs des Buttes Chaumont et de Belleville.

A Arts et Métiers qui ressemble à l'intérieur du Nautilus.

A Strasbourg - Saint Denis qui ne vous amène pas au pays de la choucroute mais à celui du curry et des saris au passage Brady.

A Monceau, on va au parc du même nom pour y voire une pyramide qui n'a (presque) rien à envier à celle de Gizeh.

En attendant de repartir vers de nouvelles aventures dans des contrées éloignées et désolées (et elle devraient arriver vite) je me dépayse en arpentant la ville où j'habite.

Car quand on y est, on est partout.

mardi 5 juillet 2011

That Old Feeling / Chet Baker



Il faisait beau alors je me suis baladé le long des quais de Seine aujourd'hui.

Et entre deux beats west-coast et trois riffs de guitares acérés, je me suis rappelé combien il pouvait être sympa d'écouter une trompette joyeuse quand on se balade dans Paris.

Alors pendant que votre voisin chante du Renaud à tue-tête ou que la radio de votre camping vous légumise avec le dernier tube de l'été en date, je vous conseille de prendre vos jambes à votre coup et de filer le plus rapidement possible au restaurant "autour de midi" à Montmartre et qui fait aussi office de caveau jazz.

Les mardi, mercredi et jeudi, l'entrée est de 5 euros, consommation comprise et il y a des jams session et le week-end, c'est 16 euros, consommation comprise, avec un vrai Jazz Band qui joue.

C'est beau comme à St Germain


On dirait la cave de mes parents à Toul-c'est-Cool.


Il y a une ambiance feutrée et décontracte comme au temps de Boris Vian et Miles Davis, les patrons sont adorables et ceux qui veulent tenter le resto pour un évènement spécial, sachez qu'on y mange comme au Fouquet's avec une carte des vins qui ressemble à une carte au trésor.

L'ambiance feutrée, cool et classe c'est là : autour de midi

J'y suis allé une fois avec la Caro-magnonne et papa gaston et même si j'étais très très fatigué, j'ai adoré l'endroit.

Parce que c'est archi-codé.
Ici, on est pas à un match de foot ou à un concert de jeunes rockeurs mangeurs de serpents et/ou reptiles, on applaudit pas n'importe quand, on ne chante pas avec le chanteur, on ne hurle pas de ouaiiiiis, à poil ou enculés.

On applaudit à des moments très précis, on écoute religieusement chaque musicien y aller de son petit solo et on boit son verre de bière/whisky/vin avec la satisfaction de faire partie d'une élite. D'un réseau de l'ombre, presque clandestin qui se réunit secrètement sous la chaussée parisienne pour partager ensemble un moment qu'on ne veut pas voir révélé au monde.

Dans une cave de jazz, on se sent résistant, on se croit plus intelligent, lettré, cultivé et à part pour le prix d'un demi.

C'est presque paranormal car on y croise souvent des fantômes. Sauf qu'ici, les spectres sont des notes de musique qui flottent dans l'air sans chercher à vous effrayer.

Je compte rapidement me mêler de nouveau à ce réseau secret qui se cache des regards et des oreilles pour vivre un moment volé au temps.

lundi 4 juillet 2011

Paradise City / Guns N' Roses



Ce qu'il y a de bien quand vous ne partez pas en vacances quand tout le monde s'en va se brûler les épaules sur une plage surpeuplée comme un périphérique à 19 heures, c'est que du coup Paris devient une ville vachement plus agréable.

Il y a de la place dans les RER.
A tel point que parfois, aux alentours du 15 août, aux heures de pointe, on peut même trouver une place assise.

Les rues se vident aussi et il devient possible de traverser sans risquer sa vie.
Et on entend moins de klaxons.

On galère moins pour choper un taxi quand on rentre saoul fatigué à 3 heures du matin les week-ends.

Les terrasses des cafés ne ressemblent pas aux plages de la côte d'azur et on peut boire un coup sans craindre de coller son coude dans l'oeil du voisin.

Les gens qu'on croise en se baladant sont souriants. Normal, ils ne sont pas parisiens, ils sont touristes.

Bref, Paris est alors un vrai petit coin de paradis, beaucoup moins agressive et exigeante.

Mais surtout, l'avantage de ne pas partir en vacances quand tout le monde s'en va se brûler les épaules sur une plage surpeuplée, c'est que quand vous partez, tout le monde est revenu.

C'est alors le reste du monde qui vous appartient...
















Je vous avais déjà dit tout le bien que je pensais du formidable blog "Centrifugue" tenu par un formidable camarade à moi.

Un blog où on apprend plein de trucs passionnants sur les sujets les plus divers, allant de la culture sous toutes ses formes (BD, musique, cinéma) à la biologie en passant par des sujets de société.

Et mon ami génial qui nous inonde régulièrement de guides, dossiers et interviews en tout genre propose un vrai travail journalistique avec des analyses de fond et une recherche documentaire approfondie.
Un truc de pro, quoi, bien loin de ces blogs fades où des gugusses vous font des papiers sur rien en exposant de manière très égocentrique leurs goût musicaux de manière quotidienne...

Je ne peux donc que vous inciter à aller y faire un tour, ça vaut le déplacement, surtout qu'en ce moment, il y a un mec moyen super qui propose un guide qui prendra des proportions épiques puisque divisé en 5 parties sur Dr Dre, grand gourou du Hip-Hop west-coast, producteur légendaire et maître du beat qui cartonne les oreilles.


On clique ici pour s'accorder au son west-coast en ces temps estivaux qui raccourcissent les jupes des filles et enlèvent les toits des voitures

Et pour se cultiver et briller en société ou à la machine à café, hop on file direct dans l'univers complexe et passionnant de centrifugue: Là!

dimanche 12 juin 2011

Anotha (BBQ) / People Under the Stairs



Ce qu'il y a de parfois de magique dans la vie, c'est de faire un barbecue à Paris.

Je ne vous parle pas de jouer les pyromanes du week-end en enflammant la pelouse du Champ-de-Mars pour trois chipolatas brûlées ou d'enfumer tout un quartier (au point de passer Vigipirate en code rouge vif et de mobiliser 3 casernes de pompiers) avec un bidon remplis de charbon de bois planqué dans une allée.

Je vous parle de la joie d'être dans un appartement (ou une cour intérieure au rez-de-chaussé) et d'utiliser cette merveille de la technologie:



Le Barbecue Electrique.

La preuve de l'évolution humaine, l'exemple de technologie qui participe à l'élévation de la société, affranchit l'homme de sa condition d'animal, le libère des contraintes naturelles et fait de lui le maître face à la création.

Et celui que joue les ayatollahs de la grillade en s'insurgeant sur le fait qu'un barbecue électrique est un blasphème culinaire, je lui rappelle que ce n'est pas la braise qui fait l'homme, c'est la prise de courant.

De plus, il est une évidence naturelle qui saute aux yeux : le barbecue est le seul moment de l'année (entre mai et septembre en gros) où l'on peut ne manger que de la viande sans avoir la moindre once de remords.

Aucune culpabilité qui martèle la conscience, aucune initiative à la mangerbouger pour nous freiner. Le barbecue est un plat constitué uniquement de viande, n'est proscrit dans aucun régime (comme la moutarde) est bon pour la santé, la flore intestinale et la peau et rend heureux pour plusieurs jours.

Oubliez les plats fades qui ont la saveur d'un disque de Christophe Maé et la force d'une phrase de Mélanie Laurent.

Dansez sur le groove du Barbecue.

vendredi 10 juin 2011

Ain't Got No Home / Clarence "Frog Man" Henry



Ce qu'il y a de prodigieux lorsque l'on habite à Paris (ou toute autre ville légèrement large, plus ou moins capitale d'un pays et légèrement attractive d'un point de vue économique et touristique) c'est le bonheur transcendantal que l'on éprouve (que dis-je, la joie, mais la joie spirituelle, la joie qui élève et fait de nous des hommes bons et meilleurs) lorsque l'on a à chercher un logement.

En gros, le Viêt-Nam, à côté, c'est barbecue sur la plage avec une légère odeur de brûlé au petit matin.

Mais faut dire, l'aspirant parisien est quand même un peu exigeant à vouloir vivre dans un logement luxueux de 30 20 15 m2 pour un loyer qui n'atteint même pas un smic.

Ou à peine.

Et en plus, ce péteux qui se croit de la haute (l'aspirant parisien) n'hésite pas à pousser le bouchon en demandant un toilette qui ne soit pas sur un palier, un immeuble en bon état, un logement refait (ouais, c'est ça, il croit que les proprios sont tous dans le BTP ou quoi? nan mais faut pas déconner, aspirant parisien, déjà que t'as un toit pas percé...)

Et certains, aux goûts de luxe, pensent même qu'ils pourraient habiter DANS Paris.

Nantis, va.

Heureusement, il reste des bonnes âmes, qui ont le resto sur le coeur et ma main dans la gueule qui sont toutes prêtes à aider celui (ou celle) qui est dans la peine et le besoin.

C'est beau de se dire que le temps de Pharaon et des champs de coton est terminé...

(je précise que le texte ci-dessous n'est pas le scénario de Misery ni tiré d'un sketch du groland, ce qui rend cette annonce encore plus drôle.)

samedi 30 avril 2011

A Roller Skating Jam named "Saturdays" / De La Soul


De La Soul - A Roller Skating Jam par trapux

Hier soir, en fier courageux inconscient que je suis, j'ai décidé de faire la randonnée à rollers dans Paris.

La randonnée rollers dans paris, c'est un mélange entre le carnaval et rollerball.

Et on peut dire que je n'ai pas fait le déplacement pour rien.

L'ambiance générale est sympathico-fun avec un soupçon d'inconscience flagrante, voire de folie manifeste pour certains participants qui s'amusent à faire des figures dans tous les sens, remonter le cortège pour le descendre ensuite à la vitesse d'un TGV sous EPO, ghetto-blasters sur l'épaule et appareil-photo dans l'autre main (certains pourraient se bander les yeux, ils le feraient.)

Moi, je n'ai pas pris mon appareil-photo par peur de le voir écrasé lors d'une chute (hautement improbable vu mon sens de l'équilibre qui n'a rien à envier à Spider-Man mais totalement involontaire si d'aventure cela devait se produire.)

Une fois l'appréhension passée, c'est grisant de déambuler au milieu des monument parisiens de nuit, éclairés comme des cathédrales et des supertankers, en sentant le bitume -plus ou moins- lisse glisser sous ses roues.

il y a une espèce de formidable sentiment de liberté à filer comme le vent rouler tranquillement au milieu de la chaussée sans la crainte de devoir s'arrêter au prochain feu rouge lorsque l'on freine de façon très aléatoire se faire percuter pas une benne à ordure.

Paris est à nous, et nous, nous sommes libres et sauvages, cheveux au vent (pour ceux qui en ont d'assez longs) sourires au lèvres et les yeux rouges d'émotion à cause de la vitesse qui vous écrase des moustiques sur le visage.

Alors quand même, cette rando n'est pas de tout repos:

26,9 km (d'après le parcours du site) sur trois heures.
Les montées, c'est fatigant.
Le plat, c'est fatigant.
Les descentes, c'est terrifiant.

Et le niveau est quand même relativement élevé.
Dans les descentes, ça va à fond, dans les montées, ça va à fond et sur le plat, ça va à fond aussi.

(il existe une rando avec un niveau beaucoup plus accessible que je me ferai bien aussi et qui part le dimanche de Bastille.)

J'ai tenu un peu plus d'une heure et demie avec mon entrainement de tuberculeux et j'en suis quand même bien content puisqu'en plus, j'ai réussi à ne pas me tuer.

Je le referai très vite, après m'être entraîné (un peu) plus intensément.

Bon, je vous laisse, j'ai encore quelques litres de mercurochrome à boire au goulot en prévision...