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jeudi 26 mai 2011

Down on Earth (Wall-E Soundtrack) / Peter Gabriel




Hier, la NASA a décidé d'abandonner tout espoir de reprendre un jour la communication avec Spirit Rover sur Mars.

Spirit Rover est un petit robot envoyé par la NASA qui s'est posé le 4 janvier 2004 sur le planète rouge et qui ressemble un petit peu à Wall-E, le robot émotif des génies géniaux de pixar.


Spirit pèse 185 kilos et se déplace sur 6 roues grâce à l'énergie électrique fournie par ses magnifiques panneaux solaires bleus. Il emporte sur son dos tout un tas d'accessoires pour l'aider à survivre dans la contrée hostile du cratère de Gusev, lieu de son atterrissage:

-trois paires de caméras utilisées pour la navigation.
-une caméra panoramique située sur un mat à 1,5 mètre de hauteur.
-un outil pour abraser la surface des roches porté par un bras articulé sur lequel se trouvent également un spectromètre à rayons X (pour déterminer la structure des matériaux), un spectromètre Mössbauer (pour déterminer le degré d'oxydation des matériaux -et rechercher par exemple du fer-) et une caméra microscope.
-Un spectromètre infrarouge est utilisé pour l'analyse des roches et de l'atmosphère.

En touchant le sol martien, Spirit avait une mission planifiée sur 90 jours.
90 jours sur une planète étrangère, à des millions de kilomètres de la Terre, c'est beaucoup pour un petit robot.

Il devait visiter les déserts désolés et hostiles de la planète, prendre des photographies régulièrement pour donner des nouvelles à la famille, prendre des échantillons et les analyser tout en se déplaçant sur ses 6 petites roues afin de donner un maximum d'information.

Il était prévu qu'il se déplace sur environ 1km...

Le 1er mai 2009 (5 ans, 3 mois et 27 jours après le début de la mission. 21,6 fois le temps initialement prévu.) Spirit se retrouve coincé dans une zone où le terrain est plus meuble.
(il s'ensable sottement comme un abruti concurrent du Paris-Dakar)

La NASA décide de le reprogrammer afin qu'il analyse son environnement direct le temps qu'il trouve un moyen de se dégager.
Il continue vaillamment d'envoyer des informations, des photos, des vidéos, des analyses de sol et des nouvelles à la famille. Le moral est bon, il va bien.

Pendant 8 mois, les ingénieurs au sol vont élaborer des simulations à partir des données envoyées par Spirit pour essayer de trouver des stratégies afin de le dégager.

Le 26 Janvier 2010, (6 ans et 22 jours après le début de la mission, 24,6 fois le temps initialement prévu.) la NASA annonce que Spirit est définitivement coincé et décide de le qualifier de «station de recherche stationnaire»
Spirit accepte sans broncher, après tout on pense encore à lui et le moral est toujours bon même si il pense parfois à une bonne douche et un rasoir. (Mais dans son malheur, au moins il ne connait pas l'existence de Justin Bieber...)

Le 22 Mars 2010 (6 ans, 2 mois et 19 jours après le début de la mission) toute communication entre Spirit et la Terre est coupée.
Ils vont tenter de renouer le contact jusqu'au 25 Mars 2011.

Le 25 Mars 2011, la NASA annonce donc avoir définitivement perdu Spirit.

Les terribles hivers martiens auront certainement eu raison de son courage et de son coeur de silicium.

Il a tenu 6 ans, 2 mois et 19 jours au lieu des 90 jours prévus.

Il a parcouru plus de 7,7 km sur Mars au lieu du km prévu.

Alors ça m'a ému quand j'ai entendu qu'il allait rester tout seul là-haut pour toujours.

jeudi 10 mars 2011

Is There Love in Space? / Joe Satriani





Hier, pour la dernière fois, la navette Discovery s'est posée sur Terre.
Elle part à la retraite et va devenir une pièce de choix au musée du Smithsonian Institution de Washington

Hop, on admire l'atterrissage tout en souplesse...



Et ça peut paraître bizarre, mais ça m'a ému.

Parce que Discovery, c'est la navette de la reconquête de l'espace par la NASA après les catastrophes Challenger et Columbia.

Et puis je pense que la conquête spatiale, au-delà de ses fabuleuses applications scientifiques, est la matérialisation de notre capacité à rêver et à nous projeter.

Il est nécessaire de garder un programme spatial actif et à la pointe car il participe à ce qui fait de nous des Hommes: La soif d'exploration.
L'envie de découverte, l'émerveillement et la curiosité.

Nous sommes des explorateurs, nous l'avons inscrit dans nos gênes.

Parce que comme on veut toujours voir ce qu'il y a de l'autre côté d'un pont, j'ai envie que l'on continue à vouloir savoir ce qu'il y a derrière notre Système solaire.

De plus cette soif de conquête est un atout incroyable.

Car voir des navettes décoller pour envoyer des sondes robotisées étudier des cailloux perdus à des distances hors-normes, ça me donne envie, sur mon trottoir, de partir en découverte également.

Car c'est pour cultiver ma curiosité que j'ai souvent la tête en l'air...














En cadeau-bonus, une vidéo que je trouve magnifique et qui m'émeut aux larmes d'une femme qui a filmé le décollage de la navette où se trouve un de ses amis et qui, je trouve, illustre parfaitement cette idée de fascination et d'émerveillement...

dimanche 9 mai 2010

Wild World / Cat Stevens



Je suis revenu de mon voyage incroyable et je vais essayer de ne pas trop m'étendre, sinon vous risquez de finir de lire ce texte à l'automne prochain.

Alors j'ai vu des choses merveilleuses.
J'ai vu un Ours et un Coyote.
Mais pas dans un zoo ou un cirque à la con, je les ai vu chez eux.

J'ai vu la force de Mavericks, Pillar Point, Half Moon Bay, California et la stèle de Mark Foo pour nous rappeler que nous ne gagnons pas toujours à la fin.

J'ai vu des désolations salées infinies, écrasées dans la vallée de la mort, entourées de rochers hurlant en couleur.

J'ai vu des Sequoias, qui n'étaient pas vieux comme le monde ceux-là mais bien plus âgés que ce que je connais du monde.

J'ai vu l'océan Pacifique et le désert de Mojave, parsemé d'Arbres de Josué.

J'ai roulé sur le Golden Gate Bridge.

J'ai gagné 10 dollars 50 (en en jouant 3.) à Las Vegas, ce qui fait de moi un type presque milliardaire en rapport à mon salaire mensuel (mais je ne me suis pas marié avec une pute russe ce qui fait de moi un quasi-milliardaire un peu marginal.)

J'ai vu un coucher de soleil sur l'océan. Et sur une étendue salée du nom de Badwater, coincée entre des montagnes, 83 mètres sous le niveau de la mer. Et sur le grand Canyon qu'un ruisseau à taillé pendant des millions d'années et qui donne le vertige à trop le regarder dans les yeux. Et un autre sur le désert de Mojave, où je sentais encore les vapeurs d'essence des prototypes que des pilotes d'essais envoyaient au-delà du mur du son ou dans des manoeuvres improbables avant de partir dans des piqués fatals.

Et dans l'avion du retour, le levé d'un soleil orange à mis le feu à tout le Groënland qui s'étendait sous nos yeux et j'ai continué de pleurer.

J'ai beaucoup pleuré.
ému, ravi, parfois triste ou nostalgique, mais toujours conscient de vivre quelque chose d'exceptionnel et surtout de le vivre avec les personnes qu'il me fallait.

J'ai bu des Budweiser dans des vrais Saloons entourés de vrai gens bizarres, à regarder du vrai Base-Ball à la télévision.

J'ai vu les filles du Hooters.

Je n'ai pas vu de baleines mais j'ai vu des otaries sur un ponton de San Francisco.

J'ai vu des palmiers, des villas de stars, des voitures de la taille d'un porte-avion nucléaire français, et des piscines grandes comme la Méditerranée.

J'ai dormi dans des motels, comme dans les films mais je n'ai pas trouvé de lit massant.

J'ai joué au billard en regardant les trains passer devant la porte du bar.
Devant la porte, pas un peu plus loin.

J'ai vu des bikers fascinés par la démesure du Hearst Castle.

J'ai vu des Français. Des vrais casse-couilles. Des Français.

J'ai vu des guitar-héros déchainés jouer comme Hendrix à l'Iron Door Saloon de Groveland (oui, Groveland, un mélange du Grosland et de Délivrance.) devant des mecs à casquettes et des filles à T-Shirts.

J'ai bu un coup au saloon de San Francisco. Où Le videur était le père Fouras, mais avec une casquette, la tenancière était la mère de tous les poivrots de la ville, où Johnny Nitro jouait du blues avec son groupe génial (dont un joueur de piano-guitare, vous savez ce formidable engin qui a révélé Modern Talking au monde, qui m'a fait (presque) aimer l'instrument.) Et où un biker un peu péteux m'a menacé de me couper les testicouilles avec son canif rouillé parce qu'on était français. (je pense.)

J'ai vu Alcatraz et j'ai pris un Cable Car.


J'ai passé les deux plus belles semaines de toute ma vie.
Sans comparaison possible.

J'ai vu des choses que je ne peux même pas raconter tellement c'était étrange/beau/génial, entouré de mes meilleurs amis.
Des personnes que j'aime le plus au monde.

J'ai vu un Ours et un Coyote chez eux.

Et le RER B qui m'a ramené à la réalité ce matin m'a semblé être plus agressif.
































Et comme je trouvais ma vie déjà trop cool et pas assez hostile dans mon 15m2 tout seul à 30 ans, j'ai décidé de me la compliquer un peu, histoire de rester dans une ambiance "sauvage" quelques jours encore.

En rentrant de mon rêve éveillé, ce matin, je me suis rendu compte que pendant mon absence, mon chauffe-eau avait fuit comme un petit pisseux et avait provoqué un court-circuit qui avait tout fait disjoncter.

Dont mon frigo qui refoule méchamment du goulot avec ses mares de flotte moisie partout.

Heureusement que j'avais coupé l'arrivée d'eau générale en partant, ça a évité de créer un dégât des eaux équivalent à la grande crue de la Seine de 1900 et ça a permis au pompiers de ne pas avoir à péter ma fenêtre ou ma porte pour fermer un simple robinet et mettre un immeuble à sécher.

Oui, je sais maintenant que vivre à Paris est plus sauvage et plus hostile que le fond du trou perdu de la Californie (ou le Nevada ou l'Arizona.)