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mercredi 16 juillet 2025

Home Cookin' / Jr Walker & The All Stars


Je n’ai jamais été un fin cordon bleu. 
Longtemps, cuisiner se résumait surtout pour moi à faire des courses et ça prend du temps, faire des courses, il faut réfléchir à ce qu’on veut se faire à manger, il faut faire des listes. 
Et il ne faut rien oublier sur la liste, sinon vous vous retrouvez vite à redescendre vos 6 étages sans ascenseur pour les remonter toujours sans ascenseur mais avec un pack d’eau. 
Ensuite vient la préparation du festin. Couper, rôtir, peler, s’émincer les doigts, brûler au moins un truc pour finir par se féliciter de ce magma étrange, mi-pétrole, mi ensilage à bétail qui palpite au fond de son assiette. 

Je n’étais pas un fin cordon bleu, certes, mais j’aime la table. Avec des nappes à carreaux de préférence. 
Engloutir des langoustines avec une simple mayonnaise, dévorer des saucissons briochés et des andouillettes, des poivrons farcis ou des gratins de courgettes. Des œufs mayo. Avec des rires, des cris d’enfants et en ouvrant des quilles rouges (après le blanc frais de l’apéro) avec des amis. Des Hautes côtes de Nuit, des St Emilion, St Julien, St Estephe (mes saints préférés, vous l’aurez deviné, Trinité de velours rouges et sereins …) 
Mais je ne suis pas snob. En ce moment, mon repas préféré, c’est ouvrir des boites de sardines ou de maquereaux en regardant ma vue (je vous parlerai un jour de ma vue) 

J’aime la table simple. Que je pourrais faire chez moi sans savoir le faire chez moi. 
La starification des chefs ne me touche pas (non pas que je pense qu’ils ne la méritent pas, certains sont même des artistes, mais j’ai toujours l’émotion du repas des gens avec qui je le partage. Pas de l’assiette elle-même.) Je ne regarde pas les émissions de cuisine. Je ne suis pas assez amateur. 

Je n’étais pas un fin cordon bleu mais j’ai appris à choisir des légumes et ne pas brûler des trucs. 

Je n’étais pas un fin cordon bleu, mais depuis quelques temps, mon bac à légumes mérite vraiment son nom (bon, j’arrive quand même encore à y caler quelques bières. Faut rester sérieux.)

Je n’étais pas un fin cordon bleu, mais j ai une fine bibliothèque et mon prochain livre s’annonce palpitant. 










Je ne suis toujours pas un fin cordon bleu, mais enfin, quand même, je sais que le meilleur repas peut aussi être les épluchures de la cuisine de la créature souple et douce avec laquelle vous souhaiteriez vivre. 

lundi 6 juin 2016

Say it loud, I'm Black and i'm Proud / James Brown (Muhammad Ali, 17 Janvier 1942 - 03 Juin 2016)



Muhammad Ali est mort.

Un des plus grands philosophe du XXème siècle.

Oui, oubliez Deleuze, Heidegger, Jaspers ou Sylviane Agacinski, le verbe ne s'est jamais aussi bien exprimé qu'à travers la bouche d'un homme qui faisait parler ses poings.


Un homme qui un jour s'est levé et à coups de directs du droit et de paroles, a renversé à peu près toutes les barrières qui pouvaient exister. Non seulement pour lui, mais pour tous les noirs et pour la planète entière.

Comme je ne veux pas que ce blog finisse par ressembler à une interminable chronique nécrologique, en souvenir de The Greatest, nous allons nous lever et danser (avec l'aide du groove affolant de James, bien évidemment.)

Faisons simple, des mecs de ce calibre, il en existe un par siècle, à peu près.

Muhammad Ali ne boxait pas, il dansait.
Il dansait avec légèreté. Il volait sur le ring, esquivait, glissait et assommait.

Surtout, Ali se tenait debout et chacune de ses paroles, chacun de ses gestes, tout son corps, toute son âme le criait: I'm Black and I'm proud.

Et son verbe assommait plus que ses poings.

Un roi qui parle. Un verbe incarné, une parole de feu qui se gravait pour toujours dans le marbre de l'histoire et dans l'esprit des gens.

Car Ali ne parlait pas finalement. Il éclairait.

Noir et fier, il n'a jamais renié ses convictions.
Il a refusé de partir au Viet-Nam. ça lui a coûté son titre de champion du monde, son droit de boxer et sa liberté.
Il refuse les pronostiques qui annoncent qu'il va se faire réduire en bouillie par George Foreman à Kinshasa.
Foreman, un bulldozer humain, impitoyable puncheur invaincu à l'époque en 40 combats. Dont 37 KO.
Ce 30 Octobre 1974, dans la nuit Zaïroise, il refuse le destin qu'on lui promet et forge le sien à la 8ème reprise en terrassant son opposant.

Noir et Fier, il annonçait être le plus grand, le plus rapide, le plus malin et le plus beau.

Et il avait raison.

Il dansait sur le ring, il dansait avec les mots mais féroce, la vie lui a volé cette grâce.

Et Philosophe, encore une fois, il acceptera que son créateur le mette à l'épreuve physiquement et encore une fois, refusera que son esprit soit moins vif.

Il est le seul dont l'étoile sur Hollywood Boulevard est accroché sur un mur et non dans le trottoir. Parce qu'il ne voulait pas que son nom soit piétiné.

Parce qu'il était noir et fier.







































Une dernière fois, en hommage au Greatest, dansons.


dimanche 24 avril 2016

SPECIALE PRINCE ROGERS NELSON (1958 - 2016)

Alors oui, évidemment, je suis triste.


Pensez donc, Prince est mort, Gilles Verdez est toujours vivant, les médias préfèrent continuer de parler de trucs idiots plutôt que des migrants qui se noient pas centaines et en plus, il pleut.

Prince est mort.

Bon, je vais pas dire que je le pensais immortel (encore que) mais quand même, c'est étrange à écrire comme phrase. Un personnage aussi fantasque, charismatique et surtout talentueux ne pouvait disparaître aussi vite. (Encore que je me demande si mourir à 97 ans dans des draps en soie violette -même entouré de sublimes créatures souples et douces- ça n'aurait pas un peu écorné la légende finalement. Genre un rockeur qui meurt dans son sommeil. Elle est bien bonne, celle-là.)

Prince est mort et comme après la disparition de Michael Jackson ou David Bowie, le monde groove moins. La planète a un peu perdu de son rythme je trouve.

Donc oui, je suis triste.

Mais plutôt que de faire un éloge funèbre sordide, je vais vous raconter un de mes meilleurs souvenirs de concert de toute ma vie.

Le 01 Juillet 2010, à Bercy.

Stevie Wonder, un des derniers de ces dinosaures mythiques, faisait donc bouger plein de monde au son des ses tubes qui tapent.
Vous me connaissez, je suis pas du genre à en rajouter mais bordel, c'était mortel.

Et il commence à jouer les premières note de Supersition.

Les gens sont contents, noterez-vous, car ce titre est un petit peu sympa et dansant.

Et il s'arrête.

Il veut faire venir un ami sur scène.

Le public est en délire et le reste appartient à la légende...




Je ne m'en suis toujours pas remis.


Tout comme je ne me suis pas remis de son concert au Grand Palais où j'ai fait partie des chanceux qui ont pu y assister.

Tout comme je ne me suis pas remis de la première fois où j'ai entendu Kiss, Purple Rain, Sexy MF, When doves Cry, Get Off, Cream, Housequake, et un nombre incalculable d'autres tubes.

Tout comme je ne me suis pas remis de mon deuxième meilleur souvenir de concert.

Le 11 Octobre 2009.

Sous la grande et belle verrière du Grand Palais.



Prince n'était pas qu'un musicien génial, performer exceptionnel, auteur, compositeur, producteur incroyable et guitariste virtuose.

Il était la musique. Elle irradiait et il nous enveloppait dedans à chacune de ses apparitions.


Au revoir, Prince Rogers Nelson.

Et Merci pour votre -trop court- passage sur Terre. Vous avez participé à la rendre plus hospitalière et promis, on continuera de danser, sur vos chansons et sur les autres, pour la laisser pas trop sale à ceux qui viendront après.

vendredi 18 septembre 2015

Hit and Run / Loleatta Holloway



La Coupe du Monde de rugby commence aujourd'hui.

6 semaines de joie, bonheur, pintes de bières et tampons dans le menton.

Alors pour fêter ça, voici mes 5 moments préférés de la Coupe du Monde de Rugby
(notez que j'ai volontairement omis les coupe du monde de 1987 et 1991, qui contiennent pourtant leur lot de moment cultes, parce que je ne les ais pas vécues en direct comme les autres, l'émotion à posteriori étant quand même moins forte que la mandale du moment même...)


18 Juin 1995: Demi-Finale Angleterre - Nouvelle-Zélande

Le Jour où Mike Catt est devenu un tapis humain.

La veille, l'équipe de France a vécu une demi-finale dantesque face aux Springboks, futurs vainqueurs de l'épreuve. Dans des conditions apocalyptiques, sur  un terrain transformé en piscine olympique par des trombes d'eau, les bleus encaissent le défi physique ahurissant imposé par les Sud-Africains mais se voient refuser 3 essais tandis que celui accordé à Ruben Kruger n'était pas valable. L'équipe de Christian Lacroix, auteur de 15 points avec 5 pénalités marquées s'incline 19-15.

Le 18 juin, donc, la deuxième demi-finale oppose le XV de la rose aux All Blacks. Et depuis le début de la compétition, on assiste à la naissance d'un phénomène hors-norme.
Jonah Lomu, Néo-Zélandais d'origine Tongienne.
Un monstre d' Un mètre quatre-vingt-seize pour cent vingt kilos qui abat le 100 mètres en moins de 11 secondes et qui a à peine 20 ans à ce moment-là.
Peut-être la seule vraie star planétaire de ce sport où l'individualité disparait au profit de l'équipe.

Les blacks sont sur un (long) nuage (blanc) quand ils entrent sur la pelouse face aux Anglais.
Ils ont écrabouillé tous leurs adversaires avec une facilité effrayante et leur ailier vedette (parce que oui, cet autobus humain n'est ni deuxième ligne, ni troisième ligne, mais bien ailier. Des mensurations hors-normes pour un joueur de ce poste.) est en train de se satelliser à la vitesse de la lumière autour de la planète ovale.
Mais les exploits qu'il a accompli jusqu'à présent ne sont rien en comparaison de ce qu'il s'apprête à faire.

Les Anglais croient pourtant en leur chance, surtout qu'ils sortent de 3 grands chelems glanés dans les 5 éditions précédentes du tournoi des 5 nations et règnent sur l'Europe.

Ils comptent donc bien montrer à leur adversaires qu'il faudra compter avec eux et aller chercher la victoire ne sera pas chose aisée, bloody hell!

Cet état d'esprit guerrier god dammit tiendra deux minutes.

Graeme Bashop, le demi de mêlée du XV de la Fougère, sentant le coup à jouer au large catapulte alors Lomu qui peut mettre en marche son incroyable énergie cinétique.
Un premier Anglais tente de le bloquer, il sera balayé d'un raffut dévastateur.
Arrive alors le capitaine Carling, qui, à 30 ans, ne peut rivaliser avec la vitesse de course de l'Homme-Montagne. Mais sa tentative ne sera pas vaine et une cuillère désespérée déséquilibre le géant.
Lomu a vu sa vitesse réduite de moitié, perd ses appuis et déjà Mike Catt, dernier rempart de la forteresse anglaise, se dresse sur sa route.
Lomu l'enfonce alors comme une vulgaire porte en balsa et lui marche littéralement dessus avant d'aller aplatir tranquillement dans l'en-but.
Pas au sens figuré. Non, le pauvre Catt doit encore avoir une empreinte de pied, pointure 52 fillette sur le torse.

Les Anglais de s'en remettront jamais et Lomu marquera encore 4 essais, scellant la victoire des All Blacks 45 à 29.

Et alors que tout le monde les voit alors favoris pour remporter le titre, il faudra l'esprit d'un peuple, le souffle de l'histoire et le leadership de deux hommes, un noir et un blanc, Mandela et son capitaine François Pienaar, pour les arrêter dans leur course folle.



31 Octobre 1999: Demi-Finale France - Nouvelle-Zélande
Le Jour où le XV de France a terrifié les All-Blacks.

En ce jour d'Halloween, le XV de France se retrouve face à à la plus belle collection de monstres de l'histoire.
L'équipe de Lomu, Umaga, Mehrtens, Anton Oliver, Taine Randell, ou Christian Cullen. Un peu comme une dream team, mais en meilleure.

Pour bien comprendre le contexte de ce match, il faut savoir que la France avait fini dernière du précédent tournoi des 5 nations et qu'à l'été, lors de sa tournée dans le pacifique, elle s'était fait désosser sans anesthésie 54-7 par cette même équipe Néo-Zélandaise.

Autant dire que bon, les voir comme favoris face à leurs bourreaux, c'est un poil abusé.

Suite à cette débâcle dans l'hémisphère sud, Fabien Galthié reste en Nouvelle-Calédonie, persuadé, à raison, qu'il ne sera pas sélectionné pour la Coupe du Monde.

Mais suite à diverses blessures, il est rappelé et prendra les clés du camion pour diriger cette équipe à qui on promet un enfer noir.

Un enfer noir qui se concrétise à la 26ème minute lorsque Lomu, toujours lui, s'empare de la balle aux 22 mètres français et pulvérise 5 bleus (dont Ntamack et Abdelatif Benazzi, qui n'ont pourtant pas des gabarits de danseuses étoiles. Benazzi rebondira même comme un vulgaire culbuto en caoutchouc en allant percuter le n°11 néo-zède.) sans même être ralenti dans sa course.

Transformation du génie Mehrtens. 14-10 pour la Fougère.

Et pourtant.

Et pourtant, à la mi-temps, c'est dans les yeux des hommes des antipodes que l'on lit le doute et la peur.

Parce que l'enfer va changer de couleur à la deuxième mi-temps.

Les Français reviennent survoltés, en transe, persuadés qu'ils ont un coup à jouer. Ils hurlent dans les vestiaires: regardez-les, ils doutent! Ils ont peur!

Et le miracle, la magie arrivent.

Tout ce que les français tentent sont des coups au but. Tout ce que les blacks tentent sont des échecs. Les Français sont à présent des guerriers. Des soldats. Une armée. Galthié n'hésite pas à partir au plaquage sur Lomu. Il se retrouve à l'horizontale, flottant comme un drapeau derrière le joueur prodige, mais le fait tomber. Au contact avec Umaga, Richard Dourthe revient avec une poignée de dreadlocks du colosse dans les mains.
Les valeurs de l'Ovalie, en somme. (respect de l'adversaire, fair-play, rester digne dans le défaite, fier dans la branlée et impliqué quand on colle une fourchette dans les yeux de son opposant.)

Le match est une folie. Une guerre.
Et les blacks ne voient plus le ballon. La furia française les bouscule, les écrase comme une avalanche. Ils cherchent des solutions qu'il ne trouveront jamais pour endiguer les attaques bleues.
Submergés par ces 15 fous furieux qui vont au sacrifice sur chaque ballon, sur chaque contact, ils capitulent petit à petit.
Il semble que les français sont finalement devenus les All Bleus.

43-31.

La plus grande équipe du monde, peut-être de tous les temps est détruite. En lambeaux.

En finale, les français s'inclineront presque logiquement contre l'Australie et la magnifique paire Larkham - Gregan.

Mais ça n'a finalement pas d'importance. Ils avaient joué le plus grand match de l'histoire de leur sport.

Et ils l'avaient gagné.



22 Novembre 2003: Finale Australie - Angleterre
Le jour ou Jonny Wilkinson est devenu Sir.


Nous sommes en prolongation. 17-17. L'Australie, tenante du titre, rêve d'être la première équipe à conserver son titre, qui plus est sur ses terres.


Et à la 99ème minute, un jeune génie de l'ovale, un gentleman, une classe vivante claque un drop stratosphérique et envoie le XV de la Rose sur le toit des Dieux.

Le monde se souviendra de lui pour cette élégance des grands, ce fair-play exemplaire, son professionnalisme, son intelligence, dans le jeu et dans la vie au point de s'intéresser à l'Astrophysique alors qu'il est en pleine dépression pour y trouver le salut.

Le monde se souviendra de Monsieur Jonny Wilkinson et un genou à terre, le monde remerciera le sujet de Sa Majesté d'avoir ainsi ébloui et embelli le jeu.




07 Septembre 2007: Matche de Poule, Ouverture de la Coupe du Monde: France - Argentine
Le Jour où le Puma a mangé le Coq


J'aurais pu vous parler du monstrueux quart de finale entre La Nouvelle-Zélande et la France, à Cardiff, qui verra les bleus (encore) croquer la fougère pour filer vers la demi-finale, surtout que ce souvenir est bien meilleur que ce match d'ouverture, mais il faut parfois rendre à César ce qui appartient aux Argentins, ce petit Pays de la planète Rugby, mais au coeur énorme.


Pour moi, le match se gagne dès les hymnes. Les Hommes d'Augustin Pichot, surnommé le Petit Napoléon et capitaine de cette équipe des pumas sont en larmes. 
Transcendés par l'émotion il réalisent ce jour-là le premier exploit de leur coupe du monde. Terrasser l'Equipe de France, jugé pourtant favorite sur ses terres.

Les bleus croiseront à nouveau les fauves lors du match pour la troisième place et subiront à nouveaux les coups de griffe des argentins.

Cette équipe, composée à l'époque d'une partie d'amateurs était peut-être la plus belle de cette coupe du monde 2007. Car elle avait le plus gros coeur.


17 Septembre 2011: Matche de Poule Australie - Irlande
Le Jour où le trèfle a provoqué sa chance

Le 17 Septembre 2011, je suis en Ecosse, à Edimbourg, prêt à découvrir les merveilles et les mystères du Pays des lochs et du Whisky.
Mais coupe du monde en Nouvelle-Zélande oblige, je profite de mes petits-déjeuners pour regarder les matchs.
Assis dans un pub Irlandais, au milieu des maillots verts et des pintes de Guiness dès 10 heures du matin, je déguste mes oeufs et mon bacon et buvant des bières du thé (et quand même quelques bières) devant un petit moment d'histoire.

L'Irlande des soldats est debout. Le Ireland's Call résonne dans le pub. Et Captain O'Driscoll sonne la charge face au monstre de l'hémisphère sud, un des favoris de la compétition avec Quade Cooper, son demi d'ouverture phénoménal.

Avec le courage et la foi en leur pays, les Irlandais vont endiguer les attaques des antipodes, perdre un peu de cuir chevelu et gagner le match.

15-6

Et autour de moi, dans un petit pub à Edimbourg, résonne à nouveau le Ireland's Call, la Guiness et les larmes coulent par tonneaux et les yeux humides au-dessus de mon bacon froid, je me dis que mes vacances commencent très bien...






Voici donc quelques moments d'héroïsme, de bravoure et d'émotion, pour vous donner envie à vous aussi d'admirer les combats et les courses qui brûlent les poumons avec un autobus humain lancé aux trousses, le courage de ces hommes, qui, pour un maillot, une nation, un peu de gloire et d'émotions, iront sacrifier leurs bras et leur cuir chevelu pour se sentir fiers d'être vivants...


mardi 20 novembre 2012

Love Rollercoaster / Ohio Players



J'ai eu la chance ce dimanche de vivre la féerie de Noël dans le monde merveilleux et enchanteur de Disney.

Dimanche, j'étais voir Mickey et ses amis à Eurodisney, donc.

Et vous savez à quoi on reconnait une journée magique?

Au fait que dès le matin, dans le RER, vous avez un sosie roumain de Michael Jackson qui vient vous faire un spectacle.

Evidemment, ce brave homme était sosie de Michael Jackson comme moi je suis moine Shaolin, il avait un gant troué, un collant en lycra, des chaussettes grises qui furent blanches un jour par dessus, une chemise à paillettes qui perdait ses paillettes, un chapeau informe, un ragondin mort sur la tête en guise de perruque sur la tête et des dents en bois.

La preuve:



(bon, je l'admets, on voit pas très bien les dents, mais je vous jure qu'elles étaient en bois vue la couleur.)


 Ensuite, j'ai donc arpenté les allées du parc (à la recherche de Baloo pour claquer la photo du siècle avec lui mais je l'ai jamais trouvé.) ce qui m'en a mis plein les yeux

Et je vais vous avouer un secret:

Je suis grandhuitophobe.
J'ai peur dans les montagnes russes (les Roller Coasters comme disent nos amis américains)
Je deviens pâle comme la mort à la vue des rails, je frôle l'évanouissement dès la montée de départ et je crains à chaque virage de flinguer mon pantalon.

Et pourtant, poussé par la curiosité et encouragé par Tigrou, le Hobbes de Walt, j'ai sauté le pas et me suis lancé dans l'aventure périlleuse des grand huit qui déglinguent les cervicales.

J'ai donc connu les accélérations à 8.000 km/h, des virages brusques qui vous collent 4G dans les gencives, des loopings, des inversions, de la musique tonitruante, des chutes en piqué et tout un tas d'autres manoeuvres sadiques destinées à vous faire mourir de peur (à défaut de vous aplatir sottement comme un vieux flan flasque 15 mètres plus bas)

J'avoue alors sans honte que j'étais bien content que cette machinerie toute droite sortie des enfers faisait un tintamarre de tous les diables (ce qui est logique vu que ces horreurs étaient bien inventées par le Prince des Ténèbres en personne) et couvrait sans peine mes hurlements de petite fille.

Et pourtant, j'ai aimé ça.

Oui j'ai aimé être secoué, retourné, essoré, martyrisé dans tous les sens à des vitesses supersoniques.

J'ai loué l'ingénierie astucieuse et trompe-la-mort du Space Mountain et du Aerosmith Rollercoaster (un rollercoaster d'épouvante qui cumule la double peine de vous satelliser dans le noir et de vous assourdir avec du Aerosmith dans les oreilles.)

En gros, j'ai kiffé.

Je me prends donc soudainement de passion pour l'ingénierie de ces monstres mécaniques qui ne permettent aucune erreur de calcul ou de serrage de boulons et l'envie saugrenue me prend d'y retourner.

Pour ceux qui ont l'estomac bien accroché:


Et après toutes ces émotions, en tournant la tête, je me suis souvenu que j'étais bien au pays merveilleux de Mickey...




Et depuis, quand je prends le métro ou le RER, je me dis qu'ils manquent cruellement de loopings et de châteaux.

Et de Michael Jackson roumains.

jeudi 18 octobre 2012

Melody Cool / Mavis Staple (Feat. Prince)




Je ne sais pas vous, mais moi, quand le temps devient nucléaire et que la misère du monde devient de la pluie et trempe mes soulier, j'ai rapidement envie de:

A: Prendre une tangente supersonique, traverser un hémisphère et profiter d'une retraite anticipée dans des îles lointaines de sable blancs, vers les Marquises ou un quelconque récif de corail perdu dans le Grand Pacifique, bercé de musique Mélanésienne, du murmure des vagues, du parfum des colliers de fleurs que des créatures splendides, souples et douces comme du velours viendront me glisser autour du cou pendant que mes doigts se perdront dans leurs cheveux. (si en plus, il pouvait y avoir des Tigres du Bengale perdus au fond d'une jungle mauve, ce serait le Loto.)

B: Rester au fond de ma couette. Feindre la maladie grave et hautement contagieuse, couper mon téléphone, regarder des films qui font rigoler (Woody Allen, The Party, quelques Jude Apatow et Papy fait de la Resistance en boucle. Avec des chips.) Refuser tout net d'affronter ce monde qui fait rien qu'à pleuvoir comme une ordure et chercher à me piquer ma casquette et rester dans le mien, où les annonces des marabouts du XVIIIème arrondissement sont des oeuvres d'art exposées au public, où les disques s'entassent et les livres gambadent joyeusement.

C: Avoir un parapluie pour en échanger un petit coin contre un coin de Paradis

D: Avoir un Ipod qui vous connaît...
En partant travailler ce matin, ronchon comme une teigne, à rouspéter après tout, tout le monde et me faites pas chier tas de con, mon Ipod, bouclier ati-émeute et gilet pare-balle de la vie, qui me connaît rudement bien a eu l'ingénieuse idée de me passer cette chanson dans les oreilles.
Je l'ai écoutée 16 fois d'affilée, j'ai laissé mes pieds glisser sur les marche-pieds, j'ai presque souri, j'ai discuté avec le taxi qui m'emmenait dans les rues de Paris sous la pluie (et lorsque ce même taxi est tombé en panne au beau milieu d'une rue à sens unique -modeste mésaventure qui bien évidemment ne pouvait tomber que sur moi vu que c'est mon karma- je n'ai même pas flippé. Même quand le chauffeur a tapé sur son tableau de bord pour redémarrer.)

Je n'étais pas sur une île perdue où l'on ne sent que les embruns et les fleurs de tiaré, où les feulements des tigres venus de la forêt épaisse vous rappellent qu'ici, il n'y aura jamais de voitures.
Je n'avais pas de parapluie paradisiaque, ni de bouillotte sous ma couette.

Mais ce matin, j'ai bronzé des oreilles et je me suis dis que cette journée allait groover.

(bon, après je suis effectivement arrivé au boulot et mon enthousiasme débordant s'est écrasé comme un vieux flan.)




mardi 25 septembre 2012

Heartbeat / Taana Gardner



Amis, Famille, Habitués, me voici de retour, réjouissez-vous.

Et oui, cette fois-ci j'étais bien en vacances (vacances que j'estime plus que méritées puisque pendant que vous vous faisiez dorer au soleil cet été, je travaillais et prenais le RER. Tous les jours. Et ouais.)

Passer ses vacances chez ses parents, c'est non seulement s'autoriser un vrai repos et des vrais repas, mais c'est aussi retourner un peu dans le temps en déambulant nonchalamment dans cette ville qui a vu vivre vos 400 coups de collégien.

Revoir des rues arpentées maintes fois à bicyclette, reconnaître des terrains de foot improvisés, entendre de nouveau la même sonnerie qui nous libérait à la récréation, voir que les mêmes arbres sont toujours là, dans les mêmes parcs.



Mes vacances de joie m'ont donc permis de faire un saut chez mon cardiologue (à 9 heures du matin quand même, ce qui m'a fait découvrir que pendant les vacances, le matin commence aussi tôt que pendant le travail.)

Allongé et branché de partout sur des électrodes, je me croyais dans un film de science-fiction ou pendant un entraînement de la NASA.

Et le verdict?

                          

Un Beat régulier et palpitant de mon ventricule qui n'a rien à envier à celui, puissant et funky, de Dr Dre, 
Jay-Z, Prince, George Clinton ou Stevie Wonder.
Un rythme de MPC, l'engin légendaire. (ou d'une quelconque machine de Roger Linn.)
Une usine à tubes.

Un coeur de rappeur.

Un beat qui chaque jour, me dit qui je suis.




















Et un dernier mot pour vous dire que les votes pour les Golden Blog Awards 2012 sont de retour!
Alors soutenez une cause qui ferait passer We are the World pour une communion dans un bidet, soutenez Moyen en cliquant là. A droite.




dimanche 24 juin 2012

Find My Way / Amp Fiddler




J'essaye de me trouver un talent qui doit forcément être là, bien caché quelque part, n'attendant qu'une occasion pour surgir, féroce et déterminé et me mener avec fracas, tambours et trompettes dans le monde impalpable et certainement magnifique des magiciens de la vie.

Je me suis alors entraîné.

Je voulais avoir le talent de Tom Waits, mais je n'ai eu que la cirrhose. Alors j'ai arrêter de râler des choses que je croyais poétiques. (mais je continue de siroter du Whisky.)

Je voulais avoir le talent de Bill Watterson, mais je n'ai eu que des ampoules aux mains. Alors j'ai arrêté de gribouiller.

Je voulais avoir le talent de Paul Auster ou Michel Onfray, mais je n'ai eu que des fautes d'orthographe. Alors j'ai arrêté d'intellectualiser.

Je piocherai donc dans les quelques talents que je me sais posséder, comme décapsuler des bières avec à peu près n'importe quoi, réciter par coeur les dialogues des dents de la mer, brancher des prises électriques et monter des meubles ikea, aimer le whisky, me perdre en ville, arriver à l'heure et retenir tout ce qui est improbable et inutile plutôt que les informations intéressantes et les textes qui font penser (ou pleurer)


Mais finalement, dans cette quête, je ne suis pas si mal loti.

Regardez Yannick Noah, il voulait le talent (relatif) de Bob Marley, il n'a eu que la coiffure sale et l'intellect suraiguisé du fumeur de joints. Mr Noah, vous devriez arrêter de chanter. Et de parler, par la même occasion.






mardi 29 mai 2012

Gotta Get Out Of Here / Lucy Hawkins



Fidèles, excusez-moi pour mon absence ces derniers temps mais avec l'apparition soudaine et impromptue de cette grosse boule de feu dans le ciel qui d'un coup s'est mise à réchauffer l'air et raccourcir les jupes des filles, je me suis mis en tête de sortir profiter de l'apparition de la lumière, comme au deuxième jour, plutôt que de faire des U.V. devant mon écran d'ordinateur.

Et donc, j'ai redécouvert que dehors, c'est bien.

Dehors on peut faire des pique-niques dans l'herbe en jouant aux dés et en caressant les chiens qui passent.

On peut chanter Total Eclipse of the Heart de Bonnie Tyler avec son tigre de compagnie et même du Aznavour et faire la chorale sur Bohemian Rapsody comme un staracadémicien au karaoké du quartier et danser sur de la disco dans un bar avec de la moquette au sol.

On peut croiser des robes ou alors des gens avec des couronnes de fleurs dans les cheveux qui se croient dans des péplums italiens des années 60.

Et tout ça, mes enfants, ce n'est pas en restant dans un appartement qu'on peut le vivre.

Pensez-donc, rester enfermé alors que l'on peut se balader au bord de l'eau, boire des verres au Mc Do en terrasse et croiser des jambes, des vélos, des lunettes de soleil, des petites sandales, des robes (oui, il y en a beaucoup en ce moment) ou des jupes, des ballons, des rires, des boissons aux couleurs d'oiseaux des îles, des rues qui ressemblent à des plages, des parcs comme des bords de mer et des chansons.

Alors je compte encore profiter de ce phénomène planétaire rare quelques jours encore et sortir pour réchauffer ma peau.

Et un petit peu ma tête.

jeudi 3 novembre 2011

Tune Up / Jr Walker and the All Stars



Chers amis, permettez-moi de vous inviter.

Samedi soir, le 5 novembre donc, ça va groover du dutre et saigner des oreilles une fois de plus au Baron Samedi, le bar le plus cool de l'univers connu, les plus roots de l'infinity and beyond puisque accompagné de mon fidèle (et talentueux, évidemment) acolyte Soulman Guillaume, nous allons tenter de flamber le dancefloor et martyriser les enceintes dans les limite des 80Db qui nous sont autorisés.

Echauffez vos pieds, détendez vos articulations puisque nous allons faire rentrer le démon à l'intérieur de vos corps fiévreux (et pratiquer ainsi un Funkxorsime, l'inverse d'un exorcisme) et vous faire bouger jusqu'à ce que la maréchaussée vienne nous arrêter...


Amis, fidèles de ce blogs, habitués du bar, nous vous attendons et promis, le son sera bon...




(et si vous êtes un habitué du blog et que vous voulez venir me voir me déchaîner à passer des disques, prévenez-moi, je me ferai un plaisir de faire la connaissance des rares lecteurs qui ne sont pas de ma famille ou mes amis...)

vendredi 30 septembre 2011

Pheromone / Prince





Il m'arrive de me poser parfois des questions relativement simples mais dont je ne trouve que rarement la réponse au gré de mes journées folles.

Par exemple, pourquoi la caissière de mon Franprix d'à côté me dit-elle "Bonjour Madame" quand je passe à la caisse?

Bon, je sais que je dois lutter pendant trois semaines pour avoir une barbe de trois jours, que j'ai parfois des esquisses de démonstration lacrymale incontrôlée devant certains films (mais ça ne se voit pas lorsque j'achète mon saucisson et une part de brie au Franprix, quand même) que je bois du thé quand je n'ai plus de bière (ce qui pourrait en revanche facilement se deviner à la caisse du Franprix si j'achetais 35 boîtes de thé et trois panach' en bouteille) et qu'il m'arrive d'écouter distraitement (et par erreur) Chérie FM au travail (ce qui, là aussi, pourrait se trahir sottement à la caisse du Franprix si je me mettais à fredonner du Didier Barbelivien comme ça, au débotté.) mais quand même, je suis en droit de me demander si ce "Bonjour Madame" était:

1: Une méprise affreuse de la gentille caissière du Franprix, automatisée par son poste et tellement habituée à voir des clientes féminines que son cerveau, autrefois alerte et plein d'incertitudes, de curiosité naturelle et de fraîcheur, n'est plus conditionné que pour dire "Bonjour Madame" en toutes circonstances (imaginez la pauvre, après ses 10h30 passées à la caisse du Franprix de ma rue -qui n'est pas la supérette la plus sexy du monde, sur une échelle de 1 à 10 en sexitude de supérette, je lui mettrais Mimi Mathy comme note- elle se fait arrêter au volant de son auto pour une légère infraction au code de la route, pressée qu'elle était de rejoindre son foyer et profiter d'un bonheur familial mérité et alors que Jean-Michel, motard de la police nationale lui demande les papiers du véhicule et son permis avec ses belles lunettes de soleil, sa moustache et ses bottes, elle, tremblante et légèrement attristée par ce coup du sort, lui répond "Bonjour Madame".
Comme Jean-Michel est un con, il va le prendre mal et notre pauvre caissière, rouage usé du système commercial mondialiste, passera une soirée de merde.
(remarquez que moi aussi, fier dans mes baskets et mon T-Shirt à tête de mort -qui porte une couronne, la tête de mort.- j'aurais pu m'offusquer et puis ben non, j'ai été classe et compréhensif, j'ai ri en la maudissant intérieurement.)

2: Cette pouffe de feignasse inculte a réellement pensé que c'était une madame qui passait à sa caisse en entendant ma voix (parce que cette morue n'a pas daigné lever les yeux pour admirer la clientèle sociable et nonchalante qui arrivait pour égayer sa journée et la surtout rendre enfin utile à la société au milieu de ses 24 pauses quotidiennes) alors que quand même, je me fais suer pendant trois semaines (dont 10 jours à jouer les baroudeurs tatoués au milieu de régions hostiles, peuplées de trappeurs en kilt, froides et sauvages à effrayer un ours) pour avoir une barbe de trois jours, c'est pas pour se faire taxer de "madame" quand je passe à la caisse du Franprix. Faudrait voir à quand même pas déconner.
J'ai ri jaune pour montrer mon mécontentement et j'ai fais des phrases avec les mots "corner" "hors jeu" "couille" et "tête de delco" pour montrer qu'il ne pouvait pas y avoir confusion.

Je suis rentré chez moi en me demandant pourquoi la caissière du Franprix d'à côté m'avait dit "Bonjour Madame"

Je me posais encore la question pendant que je rangeais ma crème pour la peau et mon gel douche hypoallergénique, que je me faisait un thé avant de regarder un épisode de Grey's Anatomy.

Il faudrait peut-être que je songe à me raser...




































J'en profite que là, à droite, vous avez un petit pouce bleu qui est apparu astucieusement sur ma page.
Il s'agit d'un lien qui vous permet de voter pour moi pour les trophées de Golden Globs Awards.




lundi 5 septembre 2011

Papa's Got a Brand New Bag / James Brown




Traverser les Highlands se fait avec un minimum d'équipement.

Une carte, une application IPhone indiquant tous les pubs du coin, des chaussures, le programme TV des matchs de rugby (pour savoir à quel moment de la matinée il devient urgent de trouver un pub), un K-Way une parka classe et qui ne se transforme pas en couille supplémentaire (et généralement fluo) que l'on accroche autour de sa taille, un parapluie Blade Runner (si vous cherchez un cadeau à me faire....) et un sac à dos de compète pour y ranger des bouteilles de whisky, un appareil photo, un guide Lonely Planet, un stylo et un calepin, un saucisson pour la route et accessoirement deux ou trois vêtements pour ne pas avoir top l'air d'un clochard en kilt à mon retour.

Je vous présente donc mon fidèle compagnon de voyage:



Avec cette merveille sur le dos, à moi l'inconnu et les chemins de traverse, à moi le monde des aventuriers et des routards qui se reconnaissent entre eux grâce à des sacs colorés à coller une épilepsie à un daltonien (et une troisième couille fluo pour les plus audacieux et les plus expérimentés. Ou les moins soucieux de leur apparence.)

Avec un sac comme ça, qui me donne un air d'Indiana Jones lorrain, à moi les filles ivres de témérité et de traversées, à moi les accueils que l'on ne réserve qu'aux courageux qui affrontent les landes désolées et à moi l'allure de cosmonaute égaré.

Un sac de baroudeur, pour libérer mes mains et ne pas avoir à les utiliser pour sottement tirer une valise.

Deux mains libres pour une bière au bord de l'eau, un appareil photo, et quelques mouchoirs au milieu de nulle part....

jeudi 25 août 2011

Tell Me Something Good / Chaka Khan




Mademoiselle,

Je ne vous aime déjà pas.

Vous êtes restée assise dans le métro alors que le wagon contenait la moitié de la population chinoise.
Vous parliez trop fort au téléphone et vos histoires de boulot ne méritaient pas que j'en profite.
Pendant tout le trajet.

Mademoiselle, il faut que je vous dise que poser son sac à main de la taille d'une voile de bateau sur le siège à côté de vous ne se fait pas.
C'est très impoli.

Je n'oserai dire, jeune essoufflée, que je n'ai pas aimé la façon que vous aviez de jouer avec vos clés.
Tintement grinçant.

Mademoiselle, sachez que je ne vous aimais déjà pas lorsque vous êtes montée dans ma rame.

Mais j'ai aimé comment vous taggiez la paroi du wagon à côté de vous.
Avec rébellion et malice.

Mademoiselle, accepteriez-vous un dîner, un soir?
Pour tagger des tables.

jeudi 7 juillet 2011

Daylight / Bobby Womack



Il est bon d'être réveillé par les rayons du soleil le matin.

Vous êtes encore enfouis sous la couette, engourdis dans un rêve qui vous laisse un sourire béat et un filet de bave au coin de la bouche et l'air du matin vous chatouille les pieds.

Ce matin, je parcourais des étendues sauvages habillé en Sherlock Holmes (oui, bon, je fais des rêves parfois bizarre, et alors?) et j'avais une conversation avec Chewbacca qui rompait tous les bâtons (promis, la prochaine fois que je vais chez mon psy, je lui parle de ce rêve qui pourrait vous effrayer un poil mais qui me semblait bien agréable quand même)

Et en plein milieu d'une explication d'une précision d'horloge atomique sur un sujet que j'ai totalement oublié, alors que je m'apprêtais à lancer ma célèbre phrase de détective du Baker Street ("Bon sang mais c'est bien sûr!", je crois ou "zut alors!", je ne me souviens plus bien...) la douce chaleur de notre étoile jaune est venue pour me réveiller.

Et je me suis dit que c'était le plus chouette réveil du monde.

J'étais heureux en me brossant les dents car la lumière me faisait le même effet qu'une douche sous les alizés des îles perdues dans des paradis bleus.

Et 30 minutes après mon réveil de nouveau-né, alors que je me préparais à partir pour une nouvelle journée sous le soleil, mon réveil à sonné.

Et là, je me suis souvenu combien j'aimais le jour.

Sauf quand je voudrais qu'il fasse encore nuit.

C'est décidé, l'été, ça pue.

Il fait jour bien trop tôt.

mercredi 28 juillet 2010

Super Bad / James Brown



Fini le Moyenman, aujourd'hui, j'étais le roi des Bad Boys.

Je marchais avec mes lunettes de soleil alors que il n'y a même pas de soleil.
J'ai pas laissé ma place à des personnes âgées dans le métro.

J'étais féroce et méchant, je dis pas bonjour et j'écrase le gobelet en plastique de mon café.
D'ailleurs j'ai cogné la machine à café pour lui montré que c'était moi le (bad) mec quand elle d'abord fait couler mon café sans gobelet (mon café est donc revenu à 80 centimes, deux gobelets -dont un broyé de mon poing rageur- et un mal de main, mais elle a compris qui était le chef, non mais...)

J'ai laissé le téléphone sonner longtemps avant de répondre.

Et j'ai fait encore plein de trucs d'ordure horrible comme laisser les lumières allumées ou tutoyer des gens, comme ça, pour montrer que je suis cool mais bad.

Aujourd'hui fallait pas me croiser, j'étais un tracto-pelle, Jurassic Park et Wolverine réunis.

ça tombe bien, aujourd'hui j'étais tout seul au boulot.





Grr!

dimanche 28 février 2010

The Influence / Jurassic 5



Hop, un son Funky-Cool pour ce dimanche gris pourri.

ça fout la pêche et c'est super fastoche à chanter, sous la douche, dans la rue ou en faisant la vaisselle.

Voila de la chanson qui aide à passer des bonnes journées.

Jurassic 5, c'est la réunion de plein de talents, dont 2 DJ gigantesques, Cut Chemist (qui tourne avec DJ Shadow, je vous raconterai un jour comment j'ai réussi à ne pas les voir du tout en live ensemble au grand Rex, c'est une belle histoire...) et Nu-Mark.

Un son bien roots avec des boucles Funky, un peu comme De La Soul ou The Roots.

C'est cool le matin, c'est Californien.

Et surtout, ça aide à oublier que Pascal Obispo fait toujours de la musique, que Christophe Maé fait des disques et qu'hier, aux césars, devant Indiana Jones himself, Jeanne Balibar a imité le cochon...

samedi 20 février 2010

B-Boys Beware / 2 Sisters



Ceci est un message à tous ces jeunes, ou ces "yaoungz" comme dirait Nikos, qui aiment transformer leur téléphone portable en Ghetto Blaster dans le métro.

Pour ceux qui ne savent pas ce qu'est un Ghetto Blaster, voici une vidéo où je me balade à la cool dans la rue avec mon Ghetto Blaster sur l'épaule avec un son bien classe parce que mine de rien, je suis classe, et je croise justement un de ces "yaoungzzz" comme dirait Nikos qui utilise son appareil de téléphonie mobile comme Ghetto Blaster.

retrouver ce média sur www.ina.fr

Oui, c'est perturbant parce que déjà, le téléphone, ben c'est moins classe que le bon gros Ghetto Blaster qui crache des watts.
Et c'est vachement moins joli.

Mais en plus, si encore ces "Djeunez" comme ils se disent entre eux, écoutaient de la bonne musique par leurs ghettos portables, ce serait pas si grave.

Mais il faut le dire, et tout de suite.
les jeunes actuels, ils écoutent souvent des grosses nazeries.

C'est pour ça que je leur propose ce groove-électro-funk-Hip-Hop de 1983 qui donne l'impression d'avoir été fait hier et qui déboite mes tympans depuis quelques temps.

Bon, ça sonne un poil électro-synthé, c'est vrai mais quand même, ça groove méchamment et ça fait se déhancher sur les dancefloors sans problème, ce truc.

Une preuve supplémentaire que les filles savent faire du Hip-Hop largement aussi bien que les mecs.

Alors ceci est un message pour vous, B-Boys aux dents de lait.
Quand vous faites cracher votre Portaïbeule Blaster dans le métro, s'il vous plait, essayez au moins d'écouter de la bonne musique.

samedi 13 février 2010

Special Anniversaire d'Anne-Lise : Cosmic Girl / Jamiroquai



Aujourd'hui, Anne-Lise, je te souhaite un anniversaire anti-déprime.
Un groove intersidéral (oui, clin d'oeil appuyé) qui, je l'espère, te fera bouger comme une dingue jusqu'au petit matin.

Et pour que ça dure le plus longtemps possible, je te sors cette version live de 08 minutes à Montreux, le plus grand festival du monde, pour t'empêcher de reprendre ton souffle.

(cela dit si tu préfère le clip très Pimp My Ride ou Tuning Magazine avec plein de belles autos et de routes fermées, clique ici, ça sera un préambule avant ta traversée du désert californien comme Thelma ou Louise.)

Anne-Lise, je la connais de mon école de cinéma où elle était une de nos techniciennes et surtout un peu notre soeur tellement elle était gentille avec nous.

Imaginez toutes les 5 minutes un étudiant (révolté) relou qui vient lui casser les testicouilles pour récupéréer une caméra, débugger un banc de montage Avid, regarder une cassette, enregistrer une émission, dupliquer des DVD, vérifier des cablages, bref lui demander tout ce qui est indispensable dans une école de cinéma.

Ben Anne-Lise, elle s'énervait jamais.

Elle fait partie des filles dont je parlais dans lachansondujour précédente. (Ben alors les mecs, qu'est-ce que vous attendez?)

Anne-Lise, je la trouve trop classe parce qu'elle aime le Champagne et Britney.

Anne-Lise, elle est cosmique, c'est évident.

Anne-Lise, elle fait tout comme nous pour les voyages, mais toujours avant. Donc Anne-Lise, faudra nous raconter pour nous donner encore plus envie.

Anne-Lise elle aime (presque) le foot et les dancefloors, elle a des jolis yeux et un grand sourire.

Alors aujourd'hui Anne-Lise, pousse le volume à 11, emmerde tes voisins qui écoutent Renaud trop fort, ouvre tes fenêtres, oublie deux-trois trucs si il le faut, regarde un film avec Jude Law.

Aujourd'hui, tu as 20 ans.

lundi 7 décembre 2009

Behind the Groove / Teena Marie



Aujourd'hui, je fais un peu d'auto-promo.

Ce Samedi, au Baron du même nom, c'est à dire dans mon salon, je passe derrière les platines pour tenter de faire groover les gens qui viendront et leur faire passer une assez chouette soirée.

Alors voici mon Flyer de folie folle que m'a fait mon amie Miss-E qui gère à mort en Photoshopage (merci Miss-E, ce flyer est trop beau!!)



Et je peux vous dire que ce Samedi, au baron qui est Samedi aussi, ça va envoyer les watts.

Je vous fait une petite mise en bouche avec cette bombe disco du studio Motown.
Un teasing comme on dit dans le milieu du cinéma.

Un son qui vous explose un dancefloor en mille morceaux, une voix incroyable et une rythmique démente.

Parce que la Motown, même si ils ont surtout fait de la Soul Sucrée, ils ont quand même lâché des titres incroyables qui secouent dans tous les sens.
Entre Stevie Wonder et ses élans Funky et les délires disco de Diana Ross ou des Jackson 5, ils ont fracassé des tonnes de tympans.

Alors voici un son pour vous rappeler que samedi, ce sera le Moyen qui sera derrière le groove...

mercredi 2 décembre 2009

(Oh No Not) The Beast Day / Marsha Hunt's 22



Bon, je vous balance du gros Funk moite qui colle aux tympans pour me venger de la vie silencieuse et monacale dans laquelle je suis plongé depuis que les ordinateurs décident de faire voeux de silence.

Comme je suis toujours sans le son, je m'écoute (mentalement) des chansons que je connais par coeur.

C'est très dur parce que quand on se trompe, il faut revenir à zéro pour rester dans le bon tempo.

Et puis c'est plus sympa de chanter dans sa tête des chansons qui bougent, au moins ça fait danser sans faire chier les voisins, plutôt que de chanter dans sa tête des chansons qui bougent pas, ça fait déprimer, et les pleurs, ça fait chier les voisins.

Marsha Hunt, c'est une des ex de Marc Bolan (mais si, si vous suivez mes aventures musicalo-désopliantes, vous savez déjà que c'est le Guitariste de T-Rex...) et de Mick Jagger (oui, oui, lui) qui lui a d'ailleurs écrit Brown Sugar (et oui, rien que ça...)

Marsha Hunt, elle a une coupe de cheveux qui dynamite et elle martèle les oreilles avec cette bombe funk qui tape fort et bien.
Un groove de folie dingue, une rythmique bien sauvage comme il faut et cette guitare acide qui vous transperce.

Plongé dans le silence, voilà les chansons qui me viennent en tête.