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mercredi 6 mai 2015

Real People / Common




Je me rend compte que j'atteins le milieu de la trentaine aux personnes que je croise lors des soirées.

Dans votre jeunesse folle et analphabète post-baccalauréat / étudianto-révolto-alcoolique, vous croisez généralement des gens qui sont à peu près comme vous.

Jeunes, révoltés, étudiants et alcooliques.

Alors généralement, en soirée, vous vous retrouvez face à un étudiant en lettres ou en histoire (ou socio, psycho, et beaucoup de filières qui finissent en -o) qui vous dit, entre deux bouffées de fumée, que "non mais ouais, tu vois, notre société est bâtie entièrement sur la propriété privée et l'aliénation mentale de la masse. C'est naze, quoi..."

Dans ces moments-là, le mec en question (et qui est souvent le plus original de le bande.) a les cheveux longs, lit du Roland Barthes ou du Naomi Klein et écoute ce petit groupe punk pas connu mais super fort de Saint Etienne. L'aventurier, quoi.

et vous acquiescez promptement entre deux gorgées.

Puis le temps passe.

Et comme je pense que finalement, ma vie n'est pas si ratée, je me dis qu'il est temps de l'expliquer au monde. 

Du coup, en soirée, je rencontre des gens, et alors que je m'apprête à leur balancer ma vie dans la tronche, à un moment donné, parfois, ça donne ça:

Moyen: "Non, je ne suis pas Parisien, je viens de Toul. C'est cool. Et toi?"

Interlocuteur: "Je suis Colombien, mais en ce moment, j'habite à Brooklyn. Je suis en tournée avec mon groupe, parce que je suis musicien. J'adore l'Europe, c'est si dynamique. Et c'est beau. Mais l'endroit le plus beau que j'ai vu, ce sont les hauts plateaux du Pérou. C'est magnifique. J'ai écris des chansons, là-haut. Et Le Viet-Nam. C'est incroyable, la jungle et les rizières et les gens sont curieux. Adorables. Et les grandes plaines d'Afrique. Les fauves. Mais j'aime Brooklyn. On y croise le Monde. Jay-Z était mon voisin. Tu connais les hauts plateaux du Pérou?"

Moyen: "Heu. Je connais bien le plateau de Malzéville."

(Note pour toi, lecteur, lectrice, Scarlett: le plateau de Malzéville, c'est le Kilimandjaro du 5-4. Le K2. L'Eiger. Et nul ne peut se prétendre adulte si il n'a pas pris une cuite au plateau de Malzéville.)

(Il est évident qu'à ce moment-là, je relativisais vachement l'idée d'avoir "pas trop mal réussi ma vie" et j'hésitais fortement entre l'envie de lui faire chier ses dents et celle de lui demander de me présenter Jay-Z....)

Ou alors, tout regonflé de mes pérégrinations aux 4 3 2 ... Bon, au petit coin du monde que j'ai visité, je m'avance, confiant, tonitruant que j'adore voyager.
Forcément, lorsque l'on me répond "Oh oui, j'adore, j'ai fait le tour du Monde. Deux fois." ou "Ah oui, j'ai fait plein de voyages en bateau. Et même une transatlantique." et que tout ce que je peux répondre, c'est que j'ai été à New-York. Comme tous les gens qui "aiment voyager" (évidemment, je suis mauvais langue. J'ai fait un road trip dans l'Ouest des Etats-Unis, traversé une partie de l'Ecosse à pieds et à dos de barriques de Whisky, admiré les merveilles d'Istanbul-la-magnifique et escaladé le plateau de Malzéville, mais je dois avouer que comparé aux exemples précédents, c'est comme si je disais à un type qui a fait l'Everest que j'aimais l'escalade en lui parlant du plateau de Malzéville.

Oui, on en croise des gens en soirée. Et ils sont tous différents.

Presque autant que ceux que l'on croise en voyage.

lundi 8 juillet 2013

Mes Vacances Imaginaires Episode #4 Journey / Asian Dub Foundation



Après une intermède bricogolo-émotive, je continue de voyager vers l'exotisme et vers moi-même en rejoignant la splendeur des demeures des Maharajas, les tissages du Cachemire et les opiums parfumés du Ceylan.

Ce sont les Indes et leurs royaumes qui m'attirent, Pays de milles palais, du Taj Mahal, des comptoirs, des reliques de l'empire anglais, son Gange, sa fête des couleurs (Phalgunotsava) qui explose dans tout le pays-continent sous la pleine lune et ses innombrables thés.

Mais surtout je veux découvrir les profondeurs de l'Inde et rencontrer chez eux, sur leur territoire, les tigres du Bengale et des jungles mauves.

Les voir paisibles et sereins, fiers et beaux au milieux des arbres géants et admirer leur force.

Car les terres de contes se nourrissent des légendes qui les peuplent...

lundi 17 juin 2013

Mes Vacances Imaginaires Episode #1 Puisque vous partez en Voyage / Françoise Hardy & Jacques Dutronc




(hop, la classe à l'état brut.)



Pour vous prouver que mon Karma est vraiment farceur, laissez-moi vous raconter une histoire...

Je prévois depuis maintenant plusieurs mois de partir en vacances.

J'avais jeté mon dévolu sur une ville aux mille tourments qui me fascine depuis pas mal d'années déjà pour l'avoir croisée dans des films d'aventure et de capes et d'épées, des récits fantastiques à l'exotisme débordant, et des bandes dessinées colorées pleines de mystères et de secrets.
Une ville d'Histoire, avec un grand H, comme dans "Ho, c'est beau" et d'Architecture avec mille monuments, milles contes fantastiques et des personnages aux noms aussi voluptueux que Soliman le Magnifique.
Franchement, ça ne vous donne pas envie de vous appeler Soliman Le Magnifique?
Rien qu'avec ce nom, tu donnes déjà le ton: Avec toi, ça ne rigole pas et faut pas compter sur toi pour participer à une télé-réalité.
Ta réalité, ce sont les harems, les palais, les bateaux et l'océan, les cabinets de curiosité, les batailles terribles, les salons d'astronomes et les déserts.


Je voulais partir à Istanbul.

Ben oui.

Pas de bol, hein?

Et puis finalement, en y réfléchissant, je me suis dit qu'Istanbul me lançait un signe.
Avec Sainte Sophie et sa mosquée bleue et ses sultans, ses caravanserails, son Bosphore, sa mer de Marmara et son bazar et tous ses cafés où le thé coule à toute heure, elle m'a fait un clin d'oeil.

Car Istanbul est fougueuse comme sa jeunesse et sage comme ma mémé, alors Istanbul a décidé de se révolter.
Descendre dans la rue et ne pas attendre que les libertés soient totalement privées pour se battre pour elles.

J'ai à peine eu le temps de souhaiter une bonne répression sanguinaire pour pouvoir profiter de mes vacances que j'ai entendu tous ces sages, ces derviches tourneurs, tous les Muezzins des 5.000 mosquées, ces bibliothécaires et ces astronomes, ces somnambules, ces voyants, ces aventuriers et Soliman le Magnifique lui-même et tous ces érudits qui ont fait de cette ville une ville que je veux visiter, une ville qui eu trois noms, une ville qui a vu le monde changer, une ville terre de batailles atroces et d'érudition absolue, une ville des lettrés et des guerriers, une ville de la mer et des déserts, me dire que moi aussi, je devais me révolter.

Descendre dans la rue.

Enfin presque.

Disons, changer de rue.

Paris, il est temps pour moi de partir.

C'est une ville presque trois fois millénaire qui me l'a dit.


Istanbul, regarde, moi aussi je fais ma révolution.
Ne bouge pas.


J'arrive.




















Puisque je pars en (long) voyage de Paris, puisque ma décision est prise et que Paris devra vraiment sortir le grand jeu pour me faire rester (1 million de dollars et Scarlett, en gros.) je dédie cette chanson à ceux et celles que j'ai croisé dans cette quand même bien jolie ville et qui, inévitablement, vont me manquer.
Mesdames et Messieurs, vous vous reconnaîtrez, alors laissez-moi simplement vous dire que je vous aime, que sans vous, je n'aurais peut-être pas fait tout ce que j'ai fait, que vous me manquerez mais que vous me reverrez.
Chacun d'entre vous m'a apporté des choses incalculables et aussi précieuses que l'or ou le platine et j'espère que de mon côté, je vous ai montré l'attention que vous méritiez.

jeudi 9 mai 2013

Ainsi soit-il / Taïro

Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo



Aujourd'hui, je m'enfuis.
Je disparais pour quelques heures.
Alors ne cherchez pas à me joindre, ne me courez pas après, laissez-moi partir, n'ayez pas peur, je reviens.



Je me suis levé avant le soleil, j'ai mis mes plus beaux habits et j'ai même pris des lunettes de soleil car j'ai décidé que c'était l'été, je fonce dans un métro qui me mettra dans un train et je regarde au loin.

Pas un regard derrière, pas une hésitation, je ne veux plus voir de barrières.

Aujourd'hui je serai loin parce que j'en avais besoin.

Il est bon de parfois péter les plombs, balancer deux secondes le quotidien, oublier les galères et la misère, revivre le mystère et, sur un coup de tête, aller vers de nouveaux endroits en prenant un chemin de fer.

Et, enfin, vivre des moments un peu simples, un peu sympas, un peu bizarres parfois et qui vous font passer le goût de l'éphémère.

Pardonnez-moi pour cette fuite, mais il y avait longtemps que je n'avais plus vécu des moments comme ça...



jeudi 10 janvier 2013

We all gotta Go Sometimes / Joe Hill Louis



Nous partirons tous un jour.

Sous cette banalité évidente se cache l'envie folle de salir ses souliers sur la poussière des routes en tendant le pouce en l'air pour arrêter une voiture qui nous amènera à la prochaine ville.

Car l'important n'est pas de savoir où l'on va, mais d'y aller.

Aller au bout des sentiers et derrière les barrières, enjamber les ruisseaux, compter les étoiles, partager un verre et refaire ses lacets.

Car l'important n'est pas de partir pour ce que l'on quitte mais d'y aller pour ce que l'on veut rencontrer.

Alors y aller au son d'une guitare du sud des Etats-Unis, ça donne encore plus de saveur au voyage.

Et en attendant de frapper le chemin de mes souliers sans lacets, je frappe le sol de mon appartement au son de cette jolie chanson.

lundi 8 octobre 2012

Göttingen / Barbara




Je me découvre de plus en plus attendri par la culture allemande.

Car non, l'Allemagne n'est pas que fête de la bière, charcuterie et chaussettes dans les sandales, elle est aussi le pays des philosophes, de l'art et de Franz Beckenbauer, qui joua en 1970 une demi-finale de coupe du monde de football contre l'Italie le bras en écharpe. La Mannschaft perdra alors 4-3 après prolongations.

Et puis venant de l'est (et vraiment de l'est de par mes parents et grands parents) de nombreuses traditions germaniques résonnent en moi.

Les petits gâteaux que l'on fait à Noël, La St Nicolas, le week-end de Pâques, très important là-bas, le calendrier de l'Avent et les chants de Noël, sans compter que je me fais des Oktoberfest une fois par semaine chez moi, portant parfois des chaussettes blanches dans mes sandales.

De plus, depuis la chute du mur de Berlin en 1989 et leur unité retrouvée (il y a exactement 22 ans, le 3 octobre 1990 pour être précis et pourtant je me souviens de ces évènements comme si c'était hier) je me dis que la richesse culturelle de ce pays doit forcément valoir des voyages à Berlin, Hambourg, Munich ou Kaiserslautern.

Et parce que leurs stades, leur Mannschaft, leurs salles de concert et leur musique tyrolienne sont plein de ferveur et un peu des légendes pour moi, il n'en faut pas plus pour exciter mon envie d'exotisme et rassasier mon besoin de découverte.

Et si je n'ai pas encore d'amis à Göttingen, je suis certain qu'en allant là-bas, je m'en ferai quelques-uns...

lundi 16 juillet 2012

Moon River / Frank Sinatra




Dans un épisode précédent de La Chanson du Jour de Moyenman...

"Boire une bière locale accoudé à un comptoir perdu facilite les échanges sociaux ... La Blue Moon est une bière qui ressemble un peu à la Hoegaarden chère à nos terrasses ... Depuis, je recherche désespérément cette bouteille dans tout Paris... celui qui me trouve de la Blue Moon à Paris (ou ailleurs) et qui me donne le tuyau ou qui me la livre, je l'invite à boire un coup. Celle qui fait ça aura la même chose et un bisou..."






Je errais donc depuis des mois en recherche d'une Blue Moon, pour me rappeler des étendues sauvages, la liberté et la route.

Une gorgée, rien qu'une, pour laisser sa mousse crépiter sur mes lèvres et un instant capturer l'essence de l'isolement, du voyage, des odeurs de bois et de gasoline, entendre de nouveau de la musique venant d'un juke-box et repartir vers des déserts sans fin.

Oui, parce que là, je ne vous parle pas d'une vulgaire Budweiser qui se boit devant un match de Base-Ball dans un bar du coin.

Je vous parle de notes épicées et d'une légère acidité d'orange.
Je vous parle de pointes de coriandre, de mousse onctueuse, de swing sur les papilles,de jazz en bouche.

Je vous parle de fraîcheur, d'espaces, de liberté promise au fond d'une bouteille bleue.

Bref, autant vous dire l'ambition démesurée que j'accordais à la quête d'une bouteille de bière et l'attente folle qui allait forcément être déçue lorsqu'une nouvelle fois, je poserai mes mains sur un comptoir et lèverai un verre de ce souvenir liquide au son d'une chanson de Neil Young.

Des mois de quête sans fin, à retourner tout Paris et le web pour retrouver mon Graal au point d'abandonner tout espoir et de prendre mon mal en patience en me promettant à moi-même une tournée générale lors de ma prochaine excursion dans les Amériques de John Denver et de ce bon vieux Frankie.
Et retourner à mes Mosel Bier de Leader Price, mes Kronenbourg de soir de match, mes 33 Export d'Etudiant ou mes Heineken pour remplacer l'eau.

Oh, je vous vois venir, oui il y a des tas de jolies et bonnes bières en France et en Belgique aussi, mais voyez-vous mes amis, la Belgique, ce n'est pas l'Amérique et ce qui a fait le goût si particulier de ma Blue Moon, c'est sa rareté.

Ben oui, on ne la trouve pas au coin de la rue finalement.

Et la semaine dernière était donc mon anniversaire.

Un anniversaire drôlement chouette dans le plus chouette des bars Parisiens (je sais que je frise le yoyotisme à me répéter comme ça au sujet du Baron Samedi, mais je n'y peux rien, je suis d'une honnêteté absolue dès qu'il s'agit de discuter comptoirs.)

Et au fond d'un sac en papier, où m'attendaient des bouteilles de pays lointains remplies de bières rousses comme mes rêves, que croyez-vous qu'il m'attendait?


























                                                                          Hop! Posée sur ma table!

(Le plus drôle étant que maintenant, je la trouverai au bout de ma rue...)

Kiddie, le sourire qui vous illumine, celle que je porterai volontiers sur tous les sommets des Himalayas des Buttes Chaumont jusqu'au Népal, Kiddie, petit jardin suspendu de Babylone, tu es un grand duc...



Pause publicitaire de nos sponsors...






Tu tutoies les anges, comme Belmondo et grâce à toi, je remérite de boire.

Kiddie, cette bouteille est magnifique.

Kiddie, tu m'as offert la Californie.




















































Note à l'intention de Blondie: La prochaine fois, on boira une Blue Moon entre nos deux bouteilles de Champagne.




dimanche 5 février 2012

Luckenbach, Texas / Waylon Jennings


  Hier, je regardais à la télévision un formidable documentaire sur les grandes plaines de l'ouest sauvage et légendaire de ce vaste pays du hip-hop, de Michael Jordan, Neil Young (oui, bon, il est canadien, mais c'est pas loin...), Prince, de la cuisine hypercalorique, des fords Mustangs et du port d'armes que l'on appelle l'Amérique.

Ou les Etats-Unis pour les pointilleux.

Et les yeux humides devant les vastes plaines, les mustangs sauvages, désolations des déserts arides et le silence majestueux et immortel de Monument Valley, je me suis dit qu'il était temps pour moi de partir, loin, mais surtout loin de moi-même.

J'admirais donc le dextérité surhumaine des cow-boys de l'Utah ou du Wyoming au jeu du je prends le taureau par les cornes, mais avec un lasso (cette admiration pour des hommes portant des chaps en cuir et chevauchant des pur-sangs en jouant à faire de noeuds avec des lassos m'a d'ailleurs fait presque peur, du coup pour me rassurer, j'ai regardé un film avec Scarlett Johansson.) au son de standards country et j'avoue avoir envié leur quotidien, à admirer des couchers de soleil sans fins sur des horizons sans barrières.
(et dans des ranchs qui ne font pas 17m2.)

Le petit-fils de Geronimo était interviewé et je me suis cherché un nom indien (quelque chose comme Blaireau Futé des Prairies m'irait bien, ça sonne pas mal.)

Le règlement de comptes de OK Corral était reconstitué et j'ai voulu regarder des westerns.

Mais surtout, pendant une heure, j'ai aimé la country.

Des chansons nostalgiques, d'une tristesse terrible, qui parlent de ces plaines qu'ils ne reverront plus, des ces grands espaces promis au béton et au bulldozer, qui parlent des filles aux yeux clairs comme l'eau d'une rivière sauvage, de chevaux sauvage galopant dans le couchant, de barbecue, de whisky et des copains.

Et je me suis juré que moi aussi, je partirai loin de moi-même, fuyant ce que je peux me détester et j'irai admirer des couchers de soleil infinis sur des prairies où ne passent que des chevaux, quelques cow-boys, un tigre du bengale avec de la chance et certainement une fille aux yeux clairs.

jeudi 26 janvier 2012

Big Yellow Taxi / Joni Mitchell






Aujourd'hui, la NASA a dévoilé une magnifique photographie Haute Definition de notre jolie planète bleue.

(Que l'on surnomme Blue Marble)



Elle est belle, vue de là-haut, non ?

Bon, évidemment, si on se rapproche un peu, tout de suite on se colle des déprimes à faire passer Benjamin Biolay pour Patrick Sebastien



Donc hop, reprenons un peu de hauteur s'il vous plait



(ce que font très intelligemment les filles, je vous le rappelle, en se perchant sur des talons pendant que nous, garçons, continuons de courir maladroitement entre les sacs poubelles arrachés et des cadavres de tigres du bengale pigeons écrasés pour tenter de les rattraper.)

Vue d'ici notre Terre est très jolie.

Et bien voyez-vous, amis, lecteurs assidus ou de passage, cette photographie fait du bien et donne espoir.
(et c'est d'ailleurs pour ce genre de résultat que je considère comme indispensable le fait de continuer à développer des programmes spatiaux et à explorer les fonds des mers.)

Et pour une fois que cette fraude de Yann Arthus-Bertrand n'est pas derrière une image vue du ciel...

En observant cette photo magnifique, je me suis dit que j'avais de la chance.

Car il m'en reste des endroits à découvrir.
(de préférence, des endroits avec encore des tigres du bengale, des jungles mauves et des baleines. Des endroits où les enfants n'auront pas appris à faire la guerre. Ni à trier mes déchets.)































Et comme ça, en passant.
29975 visites sur mon blog (bon, certains sites font ça en une journée, je sais.)
La 30.000ème, je lui roule une pelle.
Le 30.000ème, je lui roule un clope. (Et allez, soyons oufs, une tape sur l'épaule.)

mardi 27 septembre 2011

Fishing Song / G Love (Feat. Special Sauce)



Mes découvertes culinaires au pays des highlands ne se limitaient pas uniquement à des liquides tourbés ou couleurs de rocher.

Et si ma technique légendaire dite de la "bière locale" a marché du feu de Dieu dans des pubs perdus, j'ai aussi goûté à quelques plats locaux histoire de mourir moins idiot.

Et si demander une bière locale ou un whisky de la région vous font ouvrir les portes des pubs grandes ouvertes et délient facilement les langues, demander un plat local vous donne la reconnaissance de ce vieil Ecossais, ému de voir un touriste avec un sac à dos s'intéresser à la gastronomie de chez lui et qui souligne votre courage de ce hochement de tête significatif des personnalités tannées par le vent et la pluie qui peuplent les highlands, lorsqu'il vous amène une assiette de haggis.

Alors le haggis, pour faire court, n'a pas la subtile finesse d'un bon cassoulet mais ce n'est pas non plus infâme à préférer manger un baril de goudron.

En revanche, à Oban, face à la mer comme disait Calogero, j'ai mangé un des meilleurs Fish and Chips du monde (car oui, je suis sûr que la renommée de cet endroit était planétaire.)

Alors de prime abord, l'endroit ne payait pas de mine, subtil mélange entre une cantine de collège municipal et un réfectoire de cargo soviétique de 1987.

Mais quand ils m'ont amené mon plat avec une amabilité formidable, je dois dire que je suis passé à deux doigts de l'état second.

En gros, ils ont pris Moby Dick, l'ont fait frire et l'on disposé avec amour dans mon assiette.
Ils ont du causer une deuxième famine en Irlande avec la quantité de pommes de terre utilisées, le tout arrosé de petits pois comme s'il en grêlait.

Et pour faire beau, deux toast de la taille de mon appartement et 25 kilos d'un genre de sauce béarnaise.

Là, face à la mer, j'étais heureux.

Forcément.

Et comme je voulais faire attention à mon régime alimentaire entre deux pintes de bière qui se mâche, j'ai décidé d'être raisonnable.

Du coup, je n'ai pas fini mes petits pois.


lundi 26 septembre 2011

Heureux qui comme Ulysse / Georges Brassens




Je suis donc revenu de mon beau voyage et je suis heureux comme Ulysse.

J'ai traversé des villes magnifiques et des désolations sauvages, rencontrés des gens formidables et tenté de comprendre ce qu'ils disaient, j'ai vidé un ou deux fûts et quelques bouteilles de vieux whisky des hautes terres pour les comprendre mieux encore.

Je me suis retrouvé parfois seul au milieu de la solitude et parfois entouré au milieu d'espaces délimités par 4 murs et un bar.

J'ai senti le vent, j'ai pu parfois toucher des nuages, j'ai entrevu la pluie et profité du soleil dans des endroits sans noms.

Je suis parti heureux de voir plus que je ne pouvais voir.

Je suis parti au hasard sans jamais chercher mon chemin pour ne jamais avoir l'impression de retourner en arrière.

Je suis parti sans jamais attendre quel devait être mon prochain pas.

Je suis parti car je voulais revenir.

lundi 5 septembre 2011

Papa's Got a Brand New Bag / James Brown




Traverser les Highlands se fait avec un minimum d'équipement.

Une carte, une application IPhone indiquant tous les pubs du coin, des chaussures, le programme TV des matchs de rugby (pour savoir à quel moment de la matinée il devient urgent de trouver un pub), un K-Way une parka classe et qui ne se transforme pas en couille supplémentaire (et généralement fluo) que l'on accroche autour de sa taille, un parapluie Blade Runner (si vous cherchez un cadeau à me faire....) et un sac à dos de compète pour y ranger des bouteilles de whisky, un appareil photo, un guide Lonely Planet, un stylo et un calepin, un saucisson pour la route et accessoirement deux ou trois vêtements pour ne pas avoir top l'air d'un clochard en kilt à mon retour.

Je vous présente donc mon fidèle compagnon de voyage:



Avec cette merveille sur le dos, à moi l'inconnu et les chemins de traverse, à moi le monde des aventuriers et des routards qui se reconnaissent entre eux grâce à des sacs colorés à coller une épilepsie à un daltonien (et une troisième couille fluo pour les plus audacieux et les plus expérimentés. Ou les moins soucieux de leur apparence.)

Avec un sac comme ça, qui me donne un air d'Indiana Jones lorrain, à moi les filles ivres de témérité et de traversées, à moi les accueils que l'on ne réserve qu'aux courageux qui affrontent les landes désolées et à moi l'allure de cosmonaute égaré.

Un sac de baroudeur, pour libérer mes mains et ne pas avoir à les utiliser pour sottement tirer une valise.

Deux mains libres pour une bière au bord de l'eau, un appareil photo, et quelques mouchoirs au milieu de nulle part....

samedi 3 septembre 2011

Fear a' Bhàta / Capercaillie



Dans maintenant deux semaines, je serai en Ecosse à me perdre dans les Landes désolées et les Pubs centenaires et je crois que je devrais trouver mon compte de grands espaces.

Alors évidemment, je vais essayer de ne pas me perdre vraiment, vu que j'aurai un avion à prendre pour rentrer (encore que, se perdre vraiment est peut-être une bonne idée) et que se perdre dans la lande signifie souvent rencontrer la faune locale, passer des nuits humides sans un whisky à l'horizon pour se réchauffer et entendre le plongeon d'un monstre millénaire qui sillonne les eaux noires et sans fonds de Lochs mystérieux. (je suis certain qu'un monstre millénaire fait plus qu'un banal "plouf". Un monstre millénaire, ça fait des vagues et un boucan du tonnerre qui court sur la lande et fait frémir les écossais réfugiés dans un pub perdu dans le brouillard.)

Je sais, dit comme ça, ça fait vachement envie et je me risquerai peut-être à m'égarer pour de bon près du mur d'Hadrien ou au sommet d'un mont brumeux surplombant une vallée perdue car ce que je trouve beau dans les voyages n'est pas forcément de voir l'exceptionnel, mais de vivre l'imprévu.

Demander mon chemin à un vieux qui ne parle que Gaélique.
Goûter une eau-de-feu au goût de tourbe et de pluie.
Porter un kilt en public.
Assister à un match de rugby sur un terrain improvisé, sous un ciel de cendre et fêter les vainqueurs et inviter les perdants à boire une bière.
Chercher un port de pêche d'où partaient les baleiniers pour entendre des histoires sur des monstres marins et des baleines aux dimensions d'un île.
Chercher cette fameuse baleine.
Essayer la cornemuse sans avoir l'air d'avoir escaladé le Mont Blanc en courant.
Voyager dans un fourgon postal pour voir des paysages, discuter avec un facteur local et ne pas avoir d'horaire pour arriver à destination.

(concernant cette histoire de kilt, oubliez les photos, il n'y en aura pas. C'est aussi valable pour la cornemuse.)

Et sur cette terre de légendes et d'histoires, je compte bien tout faire pour creuser un peu plus que ce que les routes ont à m'offrir.

Et admirer l'océan, où dorment encore des marins perdus.

mardi 16 août 2011

Fast Asleep / Voxtrot



Rassurez-vous amis, fidèles lecteurs et gens de passage, je n'avais point disparu, je m'étais simplement discrètement éclipsé vers mon Toul-c'est-cool natal.

Mais je suis de retour pour continuer de vous narrer mes exploits et vous fournir votre dose quotidienne de musique et de joie. (Je sais, je suis humble.)

Or donc, je suis revenu dans la capitale grâce au cheval de fer qui va très vite à travers la grande plaine.

L'occasion pour moi de vous avouer que je suis atteint d'un mal étrange: Je m'endors systématiquement dans les trains.

Dès que je suis sur des rails, ça ne loupe pas je ronfle (façon de parler car je ne ronfle JAMAIS) comme un loir et je pars vers des contrées d'où il est rudement difficile de m'extirper.

Et pourtant, à chaque fois je m'organise comme un soldat pour être sûr de ne pas rejoindre Morphée.

Je me prépare des lectures très prenantes et très belles comme des livres de Steinbeck ou des polars pour avoir enfin de savoir qui est le tueur à la fin, des choses hyper intellectuelles qui demande énormément de concentration comme des articles en anglais de journaux très sérieux ou l'Equipe.

J'écoute des musiques qui bougent.

Je compte des choses le long de la voie (bon, quand on arrive à 300km/h, je suis obligé de compter très très vite, ce n'est pas facile mais je m'accroche)

Et pourtant, ça ne loupe pas, au bout de 37 minutes (à peu près) paf, je dors.

Alors j'ai prévu une parade, je garde toujours mon billet en main, au cas où.

Aujourd'hui, je me suis endormi, mais à mon réveil, mon billet était toujours dans ma main et composté.

Soit le contrôleur, amusé et gentil a eu la bonté d'âme de na pas me réveiller, soit il s'est fatigué à tenter vainement de me tirer du royaume des songes.

Mais quand je suis arrivé sur le quai de la Gare de l'Est, j'espérais sérieusement que j'allais me réveiller à 300 kilomètres de là...

dimanche 17 juillet 2011

Let's Go Everywhere / Medeski, Martin & Wood



L'avantage d'habiter dans un appartement de 17m2 qui prend des allures de Rubik's Cube géant chaque fois qu'il s'agit de dresser la table, c'est qu'il donne envie de voyager.

Et il suffit parfois d'un métro et d'une paire de jambes pour se retrouver en contrée exotique.

Comme à Pyrénées, qui vous conduit aux parcs des Buttes Chaumont et de Belleville.

A Arts et Métiers qui ressemble à l'intérieur du Nautilus.

A Strasbourg - Saint Denis qui ne vous amène pas au pays de la choucroute mais à celui du curry et des saris au passage Brady.

A Monceau, on va au parc du même nom pour y voire une pyramide qui n'a (presque) rien à envier à celle de Gizeh.

En attendant de repartir vers de nouvelles aventures dans des contrées éloignées et désolées (et elle devraient arriver vite) je me dépayse en arpentant la ville où j'habite.

Car quand on y est, on est partout.

mercredi 1 juin 2011

L'Autre Finistère / Les Innocents



Demain, le 2 Juin, je serai dans une auto, filant sur des autoroutes vers le grand atlantique, les plages, les bateaux, les ports, les phares, les bars et quelques filles aux lèvres salées.

Demain, je vais en Bretagne accompagner de quelques lascars avides d'aventure et d'embruns profiter d'un long week-end pour me ressourcer auprès d'amis de (presque) 15 ans.

Je penserai à vous quand je mangerai mon tourteau-mayonnaise, mes langoustines, mes moules-frites les yeux plongés dans les vagues à siroter des bières sur des comptoirs de marins.

En attendant de vous poster des photos de ma région préférée du monde après Toul-c'est-cool, je vous laisse avec cette chanson sans âge, qui vous transporte aussi sûrement qu'un trois-mâts mais sans le mal de mer et qui chavire les coeurs.

Et pendant que je retourne voir mon Océan bien-aimé, je vous rappelle que l'anniversaire de la chanson du jour, c'est en ce moment et que le G8 et la grossesse de Carla, à côté, c'est une kermesse paumée dans un endroit sans mer.
Alors j'attends vos chansons préférées, vos textes, vos insultes et vos déclarations d'amour, n'hésitez pas à participer, ça me ferait plaisir.

Ma déclaration à moi, je viens de la faire à ce caillou pointu du bout du monde...

jeudi 19 mai 2011

Blue Moon / Frank Sinatra



Ce qui a de bien quand on voyage, c'est qu'on revient la plupart du temps avec des souvenirs, des photos, parfois des numéros de téléphone ou des maladies.

Mais les plus chanceux d'entre nous reviennent avec le goût d'une bière locale.

Car nous, magiciens de la vie, savons que pour découvrir pleinement un endroit et en explorer toute la richesse culturelle, il est important de découvrir la bière locale.

Boire une bière locale accoudé à un comptoir perdu facilite les échanges sociaux, aide à parler la langue nationale (ou le dialecte régional pour peu que vous vous retrouviez en vadrouille dans un coin reculé bordé par un désert ou des marais) enrichit votre culture et vous donne inévitablement cette attitude classe et distinguée qui vous met parfaitement à l'aise où que vous soyez et vous ferait passer pour un local vous-même.

Boire de la bière locale est donc (je pense) un acte culturel à la limite du parfait qui vous ouvre au monde et vous désaltère en même temps (alors que visiter un élevage de courges de compétition jardinière n'étanchera certainement pas votre soif.)

Pour ma dernière (et marquante) expérience de "je-bois-une-bière-locale-pour-découvrir-les-richesses-insoupçonnées-d'un-pays-étranger" , je suis rentré avec des amis dans un saloon où trônait cette enseigne:



Forcément, un néon joli comme ça, ça donne envie d'y goûter et de rencontrer l'autochtone du coin qui, sous ses airs de cannibale des forêts montagneuses se révèle terriblement sympathique au bout du compte et de 16 actes de socialisation culturelle dans une pinte en verre.

La Blue Moon est une bière qui ressemble un peu à la Hoegaarden chère à nos terrasses de l'été avec son aspect légèrement trouble (elle n'est pas filtrée)

Elle a un petit goût d'orange, comme sa couleur, et est légèrement épicée puisqu'elle est brassée avec des zestes d'orange en plus du houblon. (ça, c'est le serveur de l'Iron Door Saloon qui me l'a dit.)

Elle a un goût de soirées Jazz au fond d'une cave voûtée et quand elle descend dans la gorge, vous la sentez claquer des doigts (elle swingue, la Blue Moon)


Depuis, je recherche désespérément cette bouteille dans tout Paris.


Je retourne maintes caves à bières, j'arpente les bars, essaye de rentrer par effraction dans l'ambassade américaine et visite les arrières cuisines des Mc Do et rien.

Même pas sur internet.

Je me suis même trouvé (en bon fan de baskets classes) mes prochaines chausses pour arpenter le bitume à la recherche de mon graal demi.


(bon, je crois qu'elles n'existent pas et que c'est un délire d'artiste, mais depuis que je les ai découvertes, je n'en dort plus la nuit, j'en rêve, elles m'obsèdent, et je crois qu'elles feraient très bien à mes pieds merveilleux et feraient de moi un aristocrate de l'ivresse, car c'est quand même nettement plus subtil et classe que des tongs kronenbourg...)

Je pense donc à ma prochaine bière locale, trait d'union fraternel, pont vers un autre peuple.

Et il y a de grandes chances que ce soit celle-là:


Alors en vérité je vous le dis, amis voyageurs, Pour découvrir toutes les richesses d'un pays, il faut parfois s'arrêter à l'un de ses comptoirs.
















(celui qui me trouve de la Blue Moon à Paris (ou ailleurs) et qui me donne le tuyau ou qui me la livre, je l'invite à boire un coup. Celle qui fait ça aura la même chose et un bisou.)
















et en cadeau, une version de Blue Moon qui swingue comme un soir dans un saloon...

vendredi 3 décembre 2010

Seven Bridges Road / The Eagles



J'aime les ponts.

Oui, je sais, annoncé comme ça, ça peut faire un choc.
Je n'aime pas que la musique, les robots géants, les avions, le Muppet Show, les terrasses de café, Desproges, The Party, Muhammed Ali, les déserts, les grues, l'Ice Tea, la bière et les super-héros, j'aime aussi les ponts.

Dingue.

D'ailleurs j'aime tellement les ponts que je pourrais presque vous chanter à tue-tête le petit pont de bois d'Yves Duteil si je n'avais pas un minimum de dignité (dignité toute relative d'ailleurs, puisque je connais effectivement les paroles par coeur et seule une timidité maladive m'interdit de pousser la chansonnette devant vous, fidèles lecteurs.)

Là, c'est moi en train de conduire sur le Golden Gate Bridge de San Francisco (Copyright Kiddie, Kiddie, si ça te gène, j'enlève ta photo, il n'y a pas de problème...) et j'étais drôlement content et impressionné même si ça ne se voit pas trop. (mon bras droit ne traduit qu'un flegme tout britannique et serein alors qu'en fait, je pleurais ma race.)




J'aime les ponts, donc.

Déjà parce que je trouve ça beau.
Il y en a certain qui ressemblent à des bateaux parfois, et les ponts suspendus, avec leurs haubans, on dirait de grands voiliers amarrés à la terre.

Là c'est la vue du Brooklyn Bridge à New-York. (oui, j'aime les ponts américains et je me la pète.)




Ensuite, parce que les ponts n'ont pas que l'énorme avantage de nous faire traverser dans la plus apaisante sécurité des abîmes insondables et des précipices cyclopéens.

Les ponts nous amènent à franchir, c'est vrai.
Ils nous permettent de faire fi des obstacles les plus impressionnants pour nous sentir libre de nos mouvements (au prix, c'est vrai de recherches techniques parfois sans fin, d'une ingénierie lourde, de moyens humains déments et d'investissements conséquents sur des chantiers dignes des Pharaons d'Egypte.)

Mais ce n'est pas pour franchir un précipice que je prends un pont.
Franchir un précipice est aisé finalement, avec un peu de temps, on descend, on remonte et hop, c'est fait.
(en gros)
Les ponts sont la preuve de notre impatience ou de notre paresse, finalement.
Une jolie preuve.

En fait, la raison principale pour laquelle nous construisons des ponts, c'est parce qu'avant tout, les ponts nous amènent à voir.

Je suis persuadé qu'inconsciemment, nous avons construit des ponts non pas pour traverser, mais pour admirer.
Nous avons tendu des passerelles de béton, de métal et de corde pour nous tourner vers une vallée, une gorge ou un rivage.
Nous avons déployé des trésor de patience mécanique et industrielle dans le seul but de nous arrêter, suspendus dans les cieux, et dominer notre monde.

Un pont, c'est le meilleur endroit pour voir ce qu'il y a autour (et surtout en dessous) de nous.

C'est la réflexion que je me faisais en sifflant du Leone pendant que j'empruntais le pont du cimetière de Montmartre...

lundi 12 juillet 2010

I Love Paris / Ella Fitzgerald



Il y a quelques semaines, je détestais Paris.
Et après, je me suis réapproprié la Ville, et elle m'a de nouveau ouvert les bras.

Et hier, dimanche, je me suis rendu compte que l'aventure était là, tout prés.
Il suffit de vouloir la chercher;

C'est une visite au ciné qui me l'a fait réalisé...


UN JOUR D'ETE.

Je savais que je passais tout l'été à paris, parce que je ne devais être en vacances que début septembre.
Et une canicule pesante nous tombais à cette époque sur le coin du dos. Une chaleur terrible qui clouait les pigeons au sol et rendait les voyages en métro épiques en fonction du coefficient déo de votre voisin.

C'est pour se rafraîchir dans le ronron de la climatisation mécanique qu'avec une amie à moi que j'ai et que je kiffe, nous avons décidé de nous enfermer dans une salle de ciné cette après-midi là.

Le hasard a voulu que les salles étaient en grève ce jour-là.

Pas de film, pas de ronron de la clim et de grondements sourds des RER qui passent sous nos pieds.

Mais finalement, il y a tant de choses à faire.

Trouver un parc?
Trouver un parc.

Mais à la question du où aller, nous avons préféré ne pas répondre et partir à l'aventure.

Quelle Ligne, par exemple?
La 11?
Hop, on opte.

Une station?
Télégraphe parait jolie.
Et il y aura peut-être des antennes, des phares lointains, des câbles et des sémaphores et des sirènes de bateaux.

Là-bas, nous nous sommes assis sur un banc, à l'ombre, dans un (tout) petit square sous l'oeil (certainement bienveillant) du gardien.

Laisser le temps passer sur un banc, finalement, c'est rassurant.

Un creux.
Nous avons alors fait tous les bars brasserie du quartier pour demander si ils faisaient encore à manger à 16h.
Mais on ne nous proposait que des couscous, ce qui peut paraître légèrement copieux sous 38°...

Nous avons vu la rue des fêtes, où je veux habiter, pour faire la fête (évidemment, et je suis fier de mon jeu de mots.)

Nous avons marché au hasard et avons mangé dans la jolie cour ombragée d'un restaurant formidable.
J'ai commandé une bière, et j'ai regardé la mousse dense couler le long du verre.

Nous avons vu une librairie qui fait aussi réparateur TV.

Des gens avaient les pieds dans l'eau au parc de Belleville.

On a vu une boutique "Les Cadeaux de Sophie"

C'est chouette de marcher comme ça, dans Paris.
(Surtout avec sa meilleure amie.)

Je m'entraîne à partir à l'aventure, et je crois que Paris est un terrain magnifique.

mercredi 2 juin 2010

Night Train / James Brown



D'après une histoire vraie.

Ou presque.

Ce matin, je prenais la route vers mon chez moi.
Enfin, le train.

Et le matin, il y a du monde dans le train.

Il y a des gens qui se font des adieux déchirants, des gens qui travaillent sur des ordinateurs portables très sophistiqués avec des kits mains libres dans les oreilles parce qu'ils sont certainement très occupés, il y a des familles très bruyantes, des retraités qui vont découvrir la province, et plein d'autres personnes forcément très intéressantes.

Il y a aussi des policiers, tiens donc.

Et dans un TGV qui file à 300 km/h, le paysage défile à toute vitesse, c'est vrai, mais on a quand même le temps de regarder et de se dire que c'est joli.

Alors je regarde souvent par la fenêtre avec mon IPod dans les oreilles, parce que quand je rentre chez moi, je me dis que décidément je kiffe bien ma région, c'est un peu le Far-East français, il y a du bétail dans des enclos gigantesques et des vaches-boys, il y a des vallons, des champs et des forêts, parfois des usines et des villages paumés.

Je regarde donc par la fenêtre sans prêter la moindre attention à ce qu'il se passe autour de moi, et c'est normal, j'ai Mike Osborn dans les oreilles.

Tout au plus un contrôleur sympathique viendra poinçonner mon billet, mais quand même, la Meuse, que c'est joli, avec les cactus et les arbres de Josué.

Je me met donc à compter les poteaux électriques qui longent la voie ferrée.

C'est chouette comme jeu et puis ça aide la mémoire.

Et de temps en temps, je vois des citernes à eau.

Mais je ne me déconcentre pas, et je reste les yeux rivés sur ces grands espaces poteaux électriques et je continue de compter, même si je vois bien les saloons qui se cachent derrière, et à 742 je me suis retrouvé à Kingman...