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mardi 3 novembre 2015

Savon / Orchestre National de Barbes


Onb savon ntnach par equinox9419_


Je ne voudrais pas passer pour un cuistre, mais quand même, je me demandais si Monsieur Robert Ménard, maire de Béziers, n'était pas lourdement tombé sur la tête pendant son enfance ou si il n'était simplement pas né idiot.

Non, parce qu'on sait depuis longtemps qu'il ne va pas bien, mais là, il est clairement en phase terminale.

Ce guignol, après avoir stigmatisé les réfugiés comme des pilleurs assoiffés de sang, voleurs de boulots, violeurs de femmes et resquilleurs de transports en commun veut maintenant interdire les kebabs dans sa ville sous prétexte que (et je cite) "nous sommes dans un pays de tradition Judéo-Chrétienne. C'est difficile pour certain, mais il faudra s'y faire."

Et pis c'est tout!

(on peut presque entendre sa voix de sorcière légionnaire, vous ne trouvez pas?)

Et comme il est pas à une connerie près, ben pour lui, Kébab rime forcément avec immigrés.

Et donc, il en rajoute une couche dessus: "Je trouve qu'à un moment donné, trop c'est trop. Quand dans un pays, il y a trop d'immigrés, c'est trop d'immigrés" (je re-cite toujours, je ne pourrais imaginer une phrase pareille, sauf à vouloir caricaturer des racistes. Mais bon, vous me connaissez, je ne suis pas du style à blaguer)

Ok.

Et quid alors, cher Bob (vous permettez que je vous appelle Bob? Après tout, vous méritez plus un surnom de mercenaire vulgaire que de partager le prénom de Mr Stevenson, qui nous emmenait sur des îles lointaines, de Mr DeNiro, qui nous faisait aimer le cinéma. A la limite, je vous accorde des affinités avec Robert Poujade, mais c'est bien parce que c'est vous.) quid, disais-je donc avant de digresser lourdement, des restaurant Japonais? Ou chinois? Parce que bon, niveau Judéo-Chrétien, c'est pas au top non plus.

Monsieur Ménard, laissez-moi 5 minutes pour vous faire aimer les Kébabs.

D'abord, dans ces restaurants, on vous appelle tout le temps "chef". C'est vous le patron.
Déjà, c'est sympa, non?

Ensuite, le mec qui vous sert, avec sa splendide moustache (c'est peut-être la virilité qui vous effraye en fait, Mr Ménard. Laissez-moi vous rassurer. La Moustache, c'est classe. Regardez Jean Rochefort. Ou Magnum.) ben il sait déjà ce que vous voulez.
Invariablement, il vous demande si "salade-tomate-oignon, chef?"
Hop, on gagne du temps.

Les Kébabs, c'est culturel et instructif, il y a toujours une chaîne d'information turque à la télévision fixée dans le coin du mur. Ou BFM TV.
Du coup, on apprend des trucs pendant qu'on vous prépare votre repas.

Le Kebab, il est ouvert tard. LUI.

Le Kebab, même quand vous êtes bourré, il comprend ce que vous dites. LUI.

Le Kebab, il invite au voyage. Parce qu'on peut y lire de l'arabe ou du turc, entendre des vieux parler la langue des sultans et admirer des posters déchirés d'Istanbul.

Et enfin, et c'est peut-être ce que votre frustration et votre coeur sec d'aigri revanchard qui ne sais pas encore contre qui prendre sa revanche craignent le plus, les Kebabs, c'est romantique...





lundi 8 octobre 2012

Göttingen / Barbara




Je me découvre de plus en plus attendri par la culture allemande.

Car non, l'Allemagne n'est pas que fête de la bière, charcuterie et chaussettes dans les sandales, elle est aussi le pays des philosophes, de l'art et de Franz Beckenbauer, qui joua en 1970 une demi-finale de coupe du monde de football contre l'Italie le bras en écharpe. La Mannschaft perdra alors 4-3 après prolongations.

Et puis venant de l'est (et vraiment de l'est de par mes parents et grands parents) de nombreuses traditions germaniques résonnent en moi.

Les petits gâteaux que l'on fait à Noël, La St Nicolas, le week-end de Pâques, très important là-bas, le calendrier de l'Avent et les chants de Noël, sans compter que je me fais des Oktoberfest une fois par semaine chez moi, portant parfois des chaussettes blanches dans mes sandales.

De plus, depuis la chute du mur de Berlin en 1989 et leur unité retrouvée (il y a exactement 22 ans, le 3 octobre 1990 pour être précis et pourtant je me souviens de ces évènements comme si c'était hier) je me dis que la richesse culturelle de ce pays doit forcément valoir des voyages à Berlin, Hambourg, Munich ou Kaiserslautern.

Et parce que leurs stades, leur Mannschaft, leurs salles de concert et leur musique tyrolienne sont plein de ferveur et un peu des légendes pour moi, il n'en faut pas plus pour exciter mon envie d'exotisme et rassasier mon besoin de découverte.

Et si je n'ai pas encore d'amis à Göttingen, je suis certain qu'en allant là-bas, je m'en ferai quelques-uns...

lundi 16 juillet 2012

Moon River / Frank Sinatra




Dans un épisode précédent de La Chanson du Jour de Moyenman...

"Boire une bière locale accoudé à un comptoir perdu facilite les échanges sociaux ... La Blue Moon est une bière qui ressemble un peu à la Hoegaarden chère à nos terrasses ... Depuis, je recherche désespérément cette bouteille dans tout Paris... celui qui me trouve de la Blue Moon à Paris (ou ailleurs) et qui me donne le tuyau ou qui me la livre, je l'invite à boire un coup. Celle qui fait ça aura la même chose et un bisou..."






Je errais donc depuis des mois en recherche d'une Blue Moon, pour me rappeler des étendues sauvages, la liberté et la route.

Une gorgée, rien qu'une, pour laisser sa mousse crépiter sur mes lèvres et un instant capturer l'essence de l'isolement, du voyage, des odeurs de bois et de gasoline, entendre de nouveau de la musique venant d'un juke-box et repartir vers des déserts sans fin.

Oui, parce que là, je ne vous parle pas d'une vulgaire Budweiser qui se boit devant un match de Base-Ball dans un bar du coin.

Je vous parle de notes épicées et d'une légère acidité d'orange.
Je vous parle de pointes de coriandre, de mousse onctueuse, de swing sur les papilles,de jazz en bouche.

Je vous parle de fraîcheur, d'espaces, de liberté promise au fond d'une bouteille bleue.

Bref, autant vous dire l'ambition démesurée que j'accordais à la quête d'une bouteille de bière et l'attente folle qui allait forcément être déçue lorsqu'une nouvelle fois, je poserai mes mains sur un comptoir et lèverai un verre de ce souvenir liquide au son d'une chanson de Neil Young.

Des mois de quête sans fin, à retourner tout Paris et le web pour retrouver mon Graal au point d'abandonner tout espoir et de prendre mon mal en patience en me promettant à moi-même une tournée générale lors de ma prochaine excursion dans les Amériques de John Denver et de ce bon vieux Frankie.
Et retourner à mes Mosel Bier de Leader Price, mes Kronenbourg de soir de match, mes 33 Export d'Etudiant ou mes Heineken pour remplacer l'eau.

Oh, je vous vois venir, oui il y a des tas de jolies et bonnes bières en France et en Belgique aussi, mais voyez-vous mes amis, la Belgique, ce n'est pas l'Amérique et ce qui a fait le goût si particulier de ma Blue Moon, c'est sa rareté.

Ben oui, on ne la trouve pas au coin de la rue finalement.

Et la semaine dernière était donc mon anniversaire.

Un anniversaire drôlement chouette dans le plus chouette des bars Parisiens (je sais que je frise le yoyotisme à me répéter comme ça au sujet du Baron Samedi, mais je n'y peux rien, je suis d'une honnêteté absolue dès qu'il s'agit de discuter comptoirs.)

Et au fond d'un sac en papier, où m'attendaient des bouteilles de pays lointains remplies de bières rousses comme mes rêves, que croyez-vous qu'il m'attendait?


























                                                                          Hop! Posée sur ma table!

(Le plus drôle étant que maintenant, je la trouverai au bout de ma rue...)

Kiddie, le sourire qui vous illumine, celle que je porterai volontiers sur tous les sommets des Himalayas des Buttes Chaumont jusqu'au Népal, Kiddie, petit jardin suspendu de Babylone, tu es un grand duc...



Pause publicitaire de nos sponsors...






Tu tutoies les anges, comme Belmondo et grâce à toi, je remérite de boire.

Kiddie, cette bouteille est magnifique.

Kiddie, tu m'as offert la Californie.




















































Note à l'intention de Blondie: La prochaine fois, on boira une Blue Moon entre nos deux bouteilles de Champagne.




jeudi 19 mai 2011

Blue Moon / Frank Sinatra



Ce qui a de bien quand on voyage, c'est qu'on revient la plupart du temps avec des souvenirs, des photos, parfois des numéros de téléphone ou des maladies.

Mais les plus chanceux d'entre nous reviennent avec le goût d'une bière locale.

Car nous, magiciens de la vie, savons que pour découvrir pleinement un endroit et en explorer toute la richesse culturelle, il est important de découvrir la bière locale.

Boire une bière locale accoudé à un comptoir perdu facilite les échanges sociaux, aide à parler la langue nationale (ou le dialecte régional pour peu que vous vous retrouviez en vadrouille dans un coin reculé bordé par un désert ou des marais) enrichit votre culture et vous donne inévitablement cette attitude classe et distinguée qui vous met parfaitement à l'aise où que vous soyez et vous ferait passer pour un local vous-même.

Boire de la bière locale est donc (je pense) un acte culturel à la limite du parfait qui vous ouvre au monde et vous désaltère en même temps (alors que visiter un élevage de courges de compétition jardinière n'étanchera certainement pas votre soif.)

Pour ma dernière (et marquante) expérience de "je-bois-une-bière-locale-pour-découvrir-les-richesses-insoupçonnées-d'un-pays-étranger" , je suis rentré avec des amis dans un saloon où trônait cette enseigne:



Forcément, un néon joli comme ça, ça donne envie d'y goûter et de rencontrer l'autochtone du coin qui, sous ses airs de cannibale des forêts montagneuses se révèle terriblement sympathique au bout du compte et de 16 actes de socialisation culturelle dans une pinte en verre.

La Blue Moon est une bière qui ressemble un peu à la Hoegaarden chère à nos terrasses de l'été avec son aspect légèrement trouble (elle n'est pas filtrée)

Elle a un petit goût d'orange, comme sa couleur, et est légèrement épicée puisqu'elle est brassée avec des zestes d'orange en plus du houblon. (ça, c'est le serveur de l'Iron Door Saloon qui me l'a dit.)

Elle a un goût de soirées Jazz au fond d'une cave voûtée et quand elle descend dans la gorge, vous la sentez claquer des doigts (elle swingue, la Blue Moon)


Depuis, je recherche désespérément cette bouteille dans tout Paris.


Je retourne maintes caves à bières, j'arpente les bars, essaye de rentrer par effraction dans l'ambassade américaine et visite les arrières cuisines des Mc Do et rien.

Même pas sur internet.

Je me suis même trouvé (en bon fan de baskets classes) mes prochaines chausses pour arpenter le bitume à la recherche de mon graal demi.


(bon, je crois qu'elles n'existent pas et que c'est un délire d'artiste, mais depuis que je les ai découvertes, je n'en dort plus la nuit, j'en rêve, elles m'obsèdent, et je crois qu'elles feraient très bien à mes pieds merveilleux et feraient de moi un aristocrate de l'ivresse, car c'est quand même nettement plus subtil et classe que des tongs kronenbourg...)

Je pense donc à ma prochaine bière locale, trait d'union fraternel, pont vers un autre peuple.

Et il y a de grandes chances que ce soit celle-là:


Alors en vérité je vous le dis, amis voyageurs, Pour découvrir toutes les richesses d'un pays, il faut parfois s'arrêter à l'un de ses comptoirs.
















(celui qui me trouve de la Blue Moon à Paris (ou ailleurs) et qui me donne le tuyau ou qui me la livre, je l'invite à boire un coup. Celle qui fait ça aura la même chose et un bisou.)
















et en cadeau, une version de Blue Moon qui swingue comme un soir dans un saloon...