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lundi 12 mars 2012

Interlude Spécial: Hommage à Jean Giraud aka Moebius. (Imagination / Chet Baker)





Comme vous devez le savoir, deux personnalités importantes de la Bande Dessinée française ont disparu ce week-end.

Jean Giraud et Moebius.

Jean Giraud, c'était surtout la Bande Dessinée Blueberry.

Mon père, grâce à des amis de très bon goût, possède l'intégrale de la période Charlier & Giraud des aventures du Lieutenant Mike S. Donovan, dit Blueberry et je dois avouer, que j'ai en partie été élevé par ce sudiste passé dans l'armée nordiste pour échapper à la mort violente qui l'attendait, accusé à tort d'un crime qu'il n'avait pas commis.

Des dessins extraordinaires de paysages fantastiques, des aventures exotiques et fabuleuses et surtout un héros charismatique, qui vieillit au fil des années (et des parutions d'albums.)

Un héros mais pas trop, bagarreur, classe, sexy et méchamment doué du flingue qui m'a transporté au-delà des frontières de l'ouest sauvage.

L'apogée de cette collaboration entre deux grands sera pour moi atteinte avec le diptyque "Le Mine de l'Allemand Perdu" et "Le spectre aux Balles d'Or" où tous les thèmes chers à Moebius apparaissent d'un coup sous le pinceau de Giraud. Deux album à la frontière du mystique, où des légendes indiennes reprennent vie pour hanter les imprudents qui oseraient violer la sérénité des Mesas, ces cité sacrées pour les indiens où reposaient les morts et vivaient les mystères.

Je crois d'ailleurs fermement que la façon dont Giraud et Charlier (incroyable scénariste) traitaient de la condition indienne aie fermement participé à construire ma propre sensibilté et ma gestion de la tolérance.
Une curiosité pour la différence et le respect des cultures qui nous sont étrangères (je sais, ça peut paraître drôle, voir idiot d'imaginer une BD d'aventure pleine de chevauchées fantastiques et de paysages majestueux et de fusillades d'une violence inouïe m'apprendre les bases de la tolérance, mais quand on est jeune et un peu rêveur, une BD, ça vous construit.)

Et Jean Giraud, c'était Moebius.

Je ne vais pas revenir sur ses créations, vous trouverez tout ce qu'il faut pour ça sur le net, mais entre l'Incal (avec l'autre Génie fou, Alejandro Jodorowsky) Arzak ou sa contribution à la création de LA revue culte, Metal Hurlant, Moebius ne s'est pas contenté de nous apporter des images défiant l'imaginaire.

Il a tout simplement influencé la majeure partie de la Bande Dessinée et de L'illustration de ces 40 dernières années.

Enki Bilal disait dans le Libération d'aujourd'hui qu'il avait influencé l'art contemporain actuel.

Oui, Moëbius était fascinant car il était au-delà de son art.

Il influencera les plus grands, de Hayao Miyazaki (le réalisateur des chefs-d'oeuvres Porco Rosso, Mon voisin Totoro ou encore Princesse Mononoke, son chef-d'oeuvre des chefs-d'oeuvre) ou Katsuhiro Otomo (Akira) au Japon jusqu'à Neil Adams (un run mémorable sur Batman) ou Joe Kubert (créateur de Sgt Rock) chez les dieux du Comic-Book aux USA.

En 1988, Stan Lee, la légende de chez Marvel Comics, le fait venir à Los Angeles et ensemble, écrivent un run d'anthologie sur le Surfer d'Argent (Stan Lee au scénario, Moebius au dessin.)



Ce run historique influencera les plus grands dessinateurs actuels de comic-books, de Jim Lee (actuel éditeur en chef de la maison DC Comics, l'autre géant avec Marvel, il a entre autre dessiné sur X-Men -pour Marvel, donc-, Batman: Hush, Superman: For Tomorrow ou la Justice League actuelle, pour DC.) à Mike Mignola (créateur du somptueux Hellboy, pour Dark Horse) 

Et les 3/4 des auteurs ou dessinateurs européens actuels savent qu'ils ont une dette à payer à Moëbius.

Mais Moëbius était un créateur d'univers, et la bande dessinée, quelque soit la taille de la case, était un médium trop petit pour son génie.

Ridley Scott et James Cameron (d'autres génies créateurs d'univers. Comme quoi, les grands se rassemblent toujours pour nous observer de là-haut) font donc appel à lui pour les dessins préparatoires de Alien (Ridley Scott) et The Abyss (Cameron) des projets d'une audace et d'une exigence visuelle extrêmes.

Il participera également à Tron, film Disney révolutionnaire pour l'époque, utilisant les premières images de synthèse et dont il réalisera tout le story-board, Le Cinquième Elément de Luc Besson (L'éditeur de Moëbius, Les Humanoïdes Associés, attaquera d'ailleurs Besson pour plagiat de l'Incal, procès qu'il perdra.) et il influencera tous le cinéma de science-fiction, de Blade Runner à Matrix.

J'avais une admiration sans limite pour ce créateur qui a repoussé toutes les limites, y compris celles de sa propre imagination.

Il a donné à rêver à des générations entières de lecteurs et spectateurs avant de s'éteindre et de rejoindre (certainement) les univers qu'il avait créé et qui seront assez vastes pour qu'il les contemple pour l'éternité.

Samedi, en apprenant sa mort, je me suis soudainement senti orphelin.
Comme si j'avais perdu un parent, un maître qui m'a accompagné de mon enfance jusque maintenant en m'autorisant à rêver, à imaginer et surtout à aimer ça.

La force extraordinaire de Jean Giraud / Moebius a été de réussir à clairement diviser sa personnalité en deux bien distinctes et de laisser s'exprimer chacune, sans que l'une n'interfère sur l'autre. 

Un parfait cas de Schizophrénie sociopathe, direz-vous. Une incroyable habileté de génie pur, vous répondrai-je.

Giraud et Moëbius m'ont appris que l'imagination est l'outil le plus puissant que vous pouvez avoir à votre portée (avec le décapsuleur, évidemment)

Car elle ne connait aucune limite.























Parmi la tonne d'illustrations qu'il a faites, je ne voulais pas faire de choix pour monter une galerie photo en ces pages, vous trouverez tout ce qu'il faut sur la toile pour ça.

Alors je le laisse une dernière fois nous dire au revoir, à travers deux de ses dessins que j'aime le plus et que je ne me lasserai pas de contempler, pour essayer d'en arracher tous les secrets.





D'un trait de crayon, un homme nous a transporté pour les plus fantastiques voyages.
C'est jaloux que je l'ai admiré.
C'est triste que je le regretterai.

mercredi 7 avril 2010

Look Around / Stevie Wonder




Une chanson qui squatte mes écouteurs avec entêtement en ce moment.

Presque sans rythmique, toute en mélodie, il utilise sa voix comme un instrument pour véhiculer l'émotion et montrer qu'il n'est pas qu'un compositeur surnaturel, mais aussi un chanteur génial.

(j'insisterai sur le mot génie et tout ses dérivés car je crois que c'est l'adjectif le plus adéquat pour caractériser ce génial Stevie Merveille.)


Ses tubes groovy-funky sont évidemment des bombes atomiques à faire remuer sauvagement Philippe DeVilliers et Christine Boutin (les coquins, sur de la musique de sauvage, voyons...) mais je trouve cette chanson magnifique.

Et c'est une chanson qui me met plein de choses en tête.

Un texte splendide.
Parce qu'il aurait pu joliment dire qu'il préférait les filles à gros seins ou les voitures à gros moteurs ou encore que l'amour, c'est beau et que la guerre, c'est mal.
Il aurait pu faire du Cornouille.
ça aurait été joli quand même (à la différence de Cornouille.) et de toute façon on en aurait rien eu à glander puisque c'était beau quand même.
Il aurait même pu réciter le bottin, j'écoutais en boucle.

Ben non, Stevie Wonder est un génie, ne l'oublions pas, alors il nous invite à contempler les ruines de l'histoire de l'humanité, car c'est tout ce qu'il reste.
(oui, les génies sont souvent pessimiste ou un peu cyniques-leur-mère.)

Stevie Wonder, c'est un génie parce qu'avec des chansons toutes simples, comme celle-ci, il me fait croire que je suis mieux que je ne suis.

Je suis un fan inconditionnel de Stevie Wonder, vous le savez maintenant; mais je trouve qu'il prouve vraiment son talent avec des trucs comme ça.

Surtout que là, il n'a que 20 ans quand il enregistre ça.

Moi, à 20 ans, je faisais l'alphabet en rôtant, par exemple.

samedi 17 octobre 2009

Interlude Culture : Expo Miles Davis à la Cité de la Musique




C'est aujourd'hui que s'ouvre l'exposition "We Want Miles" à la Cité de la Musique à Paris, consacrée au trompettiste de génie.

Et en même temps, on fête les 50 ans de Kind of Blue, son album mythique, une merveille sonore, une oeuvre d'art.

Je pourrais vous renvoyer vers So What, une chanson fabuleuse qu'il joue avec John Coltrane, un autre jazzeux génial mais je crois que mon collègue Aurélien vous en parlera plus bas.

Miles Davis était un vrai génie avec tout ce que ça comporte: une musique à tomber par terre avec un mec qui transforme en or tout ce qu'il touche et une attitude de mégalo relou avec un mec qui arrive à transformer en crotte tout ce qu'il a précédemment transformé en or. (Parlez-en à Jean-Pierre Foucauld qui se souvient encore du passage de Davis pour le Sacré Soirée de Juliette Grecko et des frais de dentiste -si, de dentiste, Miles Davis ayant exigé de la production de l'émission de se faire refaire toute les ratiches à leurs frais- que ça leur avait coûté.

Et pour parler de ce génie génial et relou, je laisse mes platines et vous prie d'acceuillir un Guest qui adore ce type, et qui signe souvent des commentaires sur mon blog à moi sous le nom de Kosmigroov'connexion.

Aurélien de son vrai nom, est surtout un bon ami à Cousin Vincenzo-Guitar-Héros, et anime une petite émission de radio dans le nord vers laquelle je vous renvoie avec plaisir. On ne connait pas tout ce qu'il passe, mais il y a un véritable enthousiasme à faire découvrir des extra-terrestres qui jouent de la barbe musicale ou de la flûte nasale...



L'EMISSION DE RADIO KOSMIGROOV' CONNEXION


et tant que j'y suis, voici son blog.

http://kozmigroovconnexion.blogspot.com/



Je le redis, Miles Davis est un génie et So What est une merveille qui me fait croire plus intelligent que je ne suis puisque ça me donne l'impression de comprendre et de savoir apprécier le Jazz.

Je laisse donc la parole au spécialiste, DJ Aurblor, c'est à toi! (vous inquiétez pas, parfois c'est obscur, mais ça passe...)




Un Hommage à Miles Davis, le sorcier noir, par Dj aurblor


Miles Davis est d'abord un trompettiste coloriste qui sait mettre de l'espace entre les notes.
Il joue le blues comme pas deux, avec une élégance féline qui n'a d'égale que sa beauté juvénile.


C'est ce qu'on peut voir dans ce blue-jazz extrait de son album quitessentiel : Kind Of Blue : le célèbre So What.



Mon morceau préféré de l'album, qui sonne comme un coucher de soleil : Flamenko Sketches
C'est apaisant et caressant, çà élève l'âme les jours de pluies et de tourmente :
soothing & healing sounds !!!



Puis, après avoir incarné le classicisme du jazz, en flirtant même avec la musique classique aux côtés du chef d'orchestre & arrangeur Gil Evans, Miles rêve de voler la vedette à James Brown.
Il va peu à peu se muer en sorcier junkie cocaïnomane & son visage apparaitra, à la fin de sa vie, usé...

C'est l'époque où il s'entiche d'une tigresse trash du funk : Betty Davis.
Sa p'tit amie & femme d'un moment, lui fait découvrir Hendrix, & c'est la claque !!!
çà lui donne envie de se relooker en empruntant quelques idées à Jimmy Hendrix & aux black panters ;
& de changer son style de son en incorporant le piano électrique & la guitare, & en usant de rythmique rock & funk de plus en plus primale.
On passe d'un jazz électrique impressionniste & brumeux à un dark jungle funk inspiré de Sly Stone
Weather Report & Herbie Hancock vont extrapoler le côté jazz vaporeux
& Carlos Garnett & Gary Bartz vont explorer le côté blues & funk-soul du jazz électrique,
rejoint par les célèbres Hunters de Herbie.


DIAPORAMA SUR MILES




Le live à l'ile de Wight, le voit jouer une longue jam de 30 minutes aux côtés
du saxophoniste très blues, l'excellent Gray Bartz
des claviers : Chic Corea & Keith Jarrett,
d'un Dave Holland qui joue de la basse électrique dans un style très Cream (le power trio avec Clapton & ginger Baker)
& du percussioniste brésilien Airto Moreira : complètement défoncé !!!


Un hommage à Miles par airto :

Après çà, il emprunte le bassiste électrique Michael Henderson à Marvin Gaye & Aretha Francklin.
Il demande à Jack Johnson

Puis il illustre la jungle urbaine malfaisante par un dark funk psyché qui laisse de pmlus en plus de place à la gratte.
Teo Macero, de son côté, n'a de cesse de remonter les kilomètres de bandes enregistrées & de multiples albums sortent sans respecter la chronologie des sessions.

L'excellent Big Fun fait la part belle aux sonorités de l'Inde : Sitar (souvenez vous Ravi Shankar), & tablas (percus indienne), tandis que le bréilien airto agite ses gris-gris chamaniques en tous sens.

Écoutez moi çà !!!
Black Satin


Rated X

Ce morceau est un extrait des remixes de Miles par Bill Laswell : producteur newyorkais expert en dub & en electronica : c'est un extrait de l'album Panthalassa.
C'est classé X, et on se demande pas pourquoi.


Enfin, exit les claviers & entrez deux guitaristes qui s'la jouent Hendrix & percussion afros & boites à rythmes obliques comme des léopards en course !!!
Miles Davis pratique la boxe, & çà se ressent dans son approche hyper agressive de l'instrument.
Sa trompette est branchée sur pédale wah-wah,
& çà sonne comme si l'animal vous roulait des patins dans les oreilles !!!


écoutez les salves de gratte dark jungle funk de pete cosey : il va vous râper le cul !!!


enfin, un petit interview du maître
un chef d'orchestre qui s'exprime par consignes ésotériques & floues, & quiç sait conduire son asile de lunatiques sur la planète mars !!!
Miles ne s'est jamais répété, et des esprits frondeurs & indépendants comme lui manquent cruellement à la scène actuelle !!!



We miss you Miles !!!



Merci pour cette petite leçon d'histoire Mec! (Note de Moyenman...)

Et moi, je finirais en disant qu'il a joué avec Prince qui lui vouait une admiration sans limite (au point de le faire apparaitre secrètement sur certains albums et de faire un live avec lui à Paisley Park pour un nouvel an d'anthologie) en disant aussi que si tout n'est pas audible chez lui, il y a quand même pas mal de chose qui sont plus que fréquentable.

Et je citerais DJ Aurblor qui un jour m'a dit: "Miles Davis? C'est un Continent!"
et je trouve que ça résume assez bien le personnage...

jeudi 8 octobre 2009

Interlude Spécial Prince Live



(Je crois que Vincenzo Guitar-Héros va hurler à l'hérésie mais moi j'aime bien cette verion -même si Prince lui-même dit que Jimmy Page est le plus grand de tous...-)

Comme Prince vient d'annoncer qu'il allait faire deux concerts exceptionnels sous la Nef de verre du Grand palais (oui, ces concerts s'annoncent mythiques, historiques et hors de prix...), je fête ça en vous balançant ces extraits live monstrueux de notre Beethoven à nous...



et je vous renvoie là, souvenez-vous, ça déboitait sa mère et ça faisait pleurer...


Alors je suis en train de vendre un rein sur Ebay pour pouvoir y assister parce que je pense qua ça va pas être donné (ou alors je propose à tous les lecteurs de ce blog de participer à un Moyenthon et de se cotiser pour m'envoyer là-bas, promis je vous ferais un compte-rendu complet)

Parce qu'il est une légende.
Parce que je le kiffe.
Point.
Je croise les doigts...

jeudi 7 mai 2009

Guitar / Prince




Bon après mes errements sentimentalo-ridicules, mes chouinements de chochotte, ma nostalgie post-ado qui refoule du bec (avec une voix de bébé phoque qui a mangé du miel, hiiirgggl, comme c'est pas Rock'n Roll, ça)

Après l'anniversaire Bluesy de papa Gaston.

Boum!, Retour au gros son saturé que je kiffe avec un live (très rare à trouver en vidéo) de Beethoven-Prince.


Aaaaaah ce riff de fou. (qui vous découpe en deux si vous faites pas gaffe)
Mmmmh ce cri terrible pour lancer la chanson (non, je ne suis pas gay, mais bordel à dutre, Prince, il est sexy, quoi!)
Ouatcha ce solo de dingue...

Non, vraiment, j'adore ce mec.

Je déconne pas quand je dis que c'est Beethoven.
Peut-être le seul vrai génie musical de mon époque.

Moi aussi, j'ai essayé la guitare.
Et à force de patience, de ténacité, d'épluchage de doigts, de volonté, de sacrifices et de persévérance, j'ai un jour réussi à atteindre le niveau technique, la dextérité, que dis-je, la virtuosité de Carla Bruni.

Alors j'ai arrêté, heureux du chemin parcouru.

Mais voir des trucs comme ça, ça me donne grave envie de m'y remettre...
(et en plus, ça aide niveau gonzesse, ben si les mecs, regardez l'effet que font Keziah Jones, Ben Harper, Prince lui-même ou les gugusses joueurs de Tryo)

En plus, pour moi, Prince est un des guitariste les plus sous-estimé de l'histoire.(pensez donc, il n'est même pas dans la liste des 100 meilleurs guitaristes de Rolling Stone Magazine)

Si vous en doutez encore, souvenez-vous de ça:



je l'avais déjà posté à ce moment-là et chaque fois que je vois ce truc, j'hallucine toujours autant.

Quelle classe.
Mais quelle technique bordel à dutre.

Allez les enfants, ouvrez les fenêtres, devenez moites, caliente.
Faites de l'air-guitar sur ce son torride, Prince c'est le Marc Dorcel sonore.

Et n'oubliez pas de danser dans votre bureau.

dimanche 12 avril 2009

Jersey Girl (Live) (Tom Waits Cover) / Bruce "God" Springsteen



Je suis à 13 jours de mon voyage dans la big apple, donc je suis dans ma phase "j'écoute des chansons qui parlent de New York".

Et celle-ci est superbe.
Parce qu'elle ne parle pas de New York directement, mais de la banlieue, dans le New Jersey.
Et puis parce qu'elle est de Tom Waits à l'origine.

Mais la reprise est géniale, il faut bien l'avouer, et le texte pourrait avoir été écrit par Bruce Himself.

C'est ce que j'adore chez ces mecs, que ce soit Springsteen, Tom Waits ou Dylan.
Ils proposent des chroniques d'une Amérique réelle, pas forcément glamour ou sexy, une amérique des travailleurs, des laissés pour compte.

Une Amérique du quotidien.

Et ce qui est encore plus génial, c'est la subtilité de ces textes et de leur discours.
Ce n'est pas dans une plainte ou une révolte lourde et qui sort la grosse artillerie de l'indignation facile.

C'est au départ raconter des choses simples, justes et touchantes.
Mais ils le font avec tellement de classe et de subtilité que chacune de leur chanson peut devenir un hymne.

Pour tout simplement pour se sentir bien.

Comme si John Steinbeck faisait des chansons.

Alors évidemment, ce n'est pas en traversant un océan pour une semaine que je risque le mariage, la chapelle et les bouquets.
Mais si ça devait arriver, j'aimerais que ce soit avec une fille du New Jersey.

vendredi 13 mars 2009

A Place in the Sun / Stevie Wonder




Bon Stevie Wonder n'a pas fait que balancer des beats de folie folle pour brûler les dancefloors du monde entier avec un napalm sonore.

Stevie Wonder n'est pas une boîte à rythme!
Stevie Wonder, comme son nom l'indique!

Voilà encore une semaine avalée en apnée, le cerveau débranché pour ne pas craquer.
Une semaine pleine de tracas?
Une semaine pleine de soucis, de peine, et de pas d'bol?
Une semaine de MERDE?

Vos collègues sont des débiles mentaux alcooliques qui ont un comptoir pour bureau?
Vous rentrez tard du taf, tout(e) fatigué(e) tout(e) seul(e)?
Les transports vous collent le bourdon avec tous ces cons?
Vous enchaînez les boulots sans parvenir à rester à une place ou trouver le job de vos rêves?
Vous n'arrivez pas à vous ôter un garçon de la tête?
Vous n'arrivez pas à rentrer dans le coeur d'une fille?
Vous pensez ne connaître que la tempête?
Certains jours, vous vous retenez de ne pas pleurer?
Votre banquier n'est pas votre ami?


Je ne suis pas en train de vous dire comment faire pour être heureux.

Ce n'est pas à moi à vous dire de positiver parce que la vie est sensass', ce serait mentir.

J'essaye simplement de vous montrer, avec infiniment moins de talent que Stevie Merveille, qu'un jour, on aura notre place au soleil.
Un jour, il y aura de l'espoir.
Oui, ça j'y crois.
Cette chanson m'aide à y croire.
C'est tout simple et c'est tout beau.
C'est du talent.

Et c'est le week-end et le soleil reviens.

ça prouve qu'il y a de l'espoir.

dimanche 8 mars 2009

Les Mains d'Or / Bernard Lavilliers & The Thrill is Gone / B.B. King



Alors Vendredi, les enfoirés (qui méritent vraiment leur nom) se vautraient à la télé.
Franchement, je trouve qu'il y a rien de plus méprisable que de faire sa promo en utilisant une "oeuvre" caritative.

Parce que dans ce cirque à la con, il y en a une paire qu'on ne voit qu'à ce moment-là.
Les Elsa, Liane Foly, MC Solaar et j'en passe seraient portés disparus depuis longtemps sans la cantine des pauvres.
Pathétique.

Alors j'ai décidé de rendre hommage à un type dont tout le monde se fout.

Un mec limite mytho, grande gueule, vantard et jmelapète mais un mec lucide qui a toujours refusé de rejoindre la troupe des enculés.

Oui, Bernard Lavilliers est un type bien. Un mec je pense assez lucide et qui a quand même certains principes.

Et un type qui ne fait pas de l'humanitaire Bling-Bling. Qui ne se vautre pas dans la foire putassière pour vendre des disques et des tickets restaurant.

Quand ces enculés de Daewoo, qui avaient promis bonheur et joie à toute une région, ont emmené leur usine sans ses employés en Pologne pour baisser les coûts de production à peine deux ans après la construction de l'usine (mais en oubliant sottement de rendre les subventions obtenues de la région et de l'europe) ben le Nanard, il était là avec les employés à chanter cette chanson devant le siège de la boîte. Et là, en voyant les images à la téloche, ben je faisait pas mon malin.

Parce que les gens ils s'en foutent qu'on leur vende du rêve.
Et la solidarité commence pour eux.
Et les gens c'est pas des repas du coeur qu'ils faut leur donner.

les gens, ils veulent être dignes.
On veut tous se sentir digne.

Et se sentir digne, c'est pas compatible avec les termes coûts de production, rentabilité, mécanisation et délocalisation.

Bon après cet intermède coup de gueule du Dimanche, continuons dans la musique.

Et retour bon gros Blues des familles pour saluer la venue de Papa Gaston à paris et sa formidable participation au Semi-marathon sous des conditions dantesques à effrayer un Kenyan.

Du B.B. King, le bluesman préféré de papa Gaston.

Du bon du lourd, une voix de T-Rex en baryton, un groove de folie folle, et une guitare.
Une guitare qui décolle dans les airs et vous retourne comme une crêpe.
une guitare qui semble vivante.
Une guitare et du rythme pour toute une vie...

lundi 12 janvier 2009

interlude exposition Gainsbourg à la cité de la musique & New Killer Star / David Bowie

Hier Moyenman, accompagné de Sophie son amie (fillette pour les intimes) était à la cité de la Musique à Paris pour voir l'exposition consacrée à Gainsbourg.
Et Moyen et kiddie, ils ont vachement bien aimé.
Bon, la scénographie était particulière, il y avait du monde mais j'ai trouvé chouette de me reprendre d'affection pour un artiste dont le statut culte qu'il devait plus à ses frasques et à son attitude "provocante" de vieux clochard saoûlon avait tendance à sérieusement me casser les testicules...
Enfin, quand je parle de me reprendre d'affection pour Gainsbourg, je parle surtout de ses deux premières périodes, la période bleue (de ses débuts de compositeur jusqu'au début des années 60) appelée ainsi en hommage à sa carrière avortée de peintre et à Picasso, qu'il affectionnais particulièrement, et la période des Yés-Yés (même si certaines choses qu'il a composées dans les années 80 sont pas mal non plus.)
Le Gainsbourg de Lemon Incest, love on the beat, le Gainsbourg qui want to fuck withney houston, qui pose à oilpé avec sa fille et qui n'émet plus que des borborygmes sur scène ne m'intéresse pas.

Alors voici le Gainsbourg incroyablement doué, sensible, touchant, déstabilisant par son intelligence d'écriture et la précison de ses compositions musicales.
Le Gainsbourg génial que je veux redécouvrir.




Le drame, je trouve, est de voir que cet homme a toujours méprisé son art au moins autant qu'il se méprisait lui-même.
Dans cette interview, outre la joie de le voir se farcir cette vieille truffe de Guy Béart, il est intéressant de constater le mépris profond qu'il avait de ce qu'il faisait.(Et de la chanson populaire en général)
Sous les yeux d'un Bernard Pivot halluciné, il définit la musique (en dehors de la musique classique, qu'il vénère) comme un art mineur qui ne demande aucune préparation, à l'inverse de la peinture, la sculpture et la poésie.
Si cet état d'esprit à sans doute été un moteur formidable pour un type aussi intelligent que lui, à toujours vouloir se remettre en cause sans jamais se reposer sur les succès passés, je pense qu'il a aussi été un des instruments de sa déchéance car finalement, il s'est toujours vu échouer.







Bon après cet intermède culturel français, retournons à nos moutons qui groovent.

Et puisque je viens de parler d'un génie, hop, on en accueille un autre, qui touche à tous les genres, qui ne va pas où on l'attend et qui n'était pas non plus un amateur en matière de provocation (mais comme il est anglais, il y a toujours eu ce côté classe et distingué qui a fait toute la différence quand il déboulait en androgyne sur scène...).



Bowie, c'est la classe intersidérale.
Le talent, l'originalité, le son et l'Angleterre réunis dans un corps.
New Killer Star parait presque classique à côté des chansons de sa période Ziggy Stardust mais j'adore ce son bizarre, pas complêtement rock, pas électro ni pop mais un peu de tout ça (et en version bizarre).
Parce que Bowie n'est jamais là où on l'attend.
Parce que Bowie a fait croire qu'il suffisait de se maquiller comme une gonzesse pour avoir du talent (et ça a provoqué des drames monstrueux, regardez Starmania)
Parce que Bowie c'est l'Angleterre des Beatles mélangée avec la planète Mars...

(cette chanson est dédicacée à ma soeur Sylvie Chousse, qu'on a souvent confondue avec le chanteur d'un groupe Punk Anglais que l'on pourrait traduire en français par "Bite-Révolver" et à mon pote Bruno, grand fan de Bowie devant l'éternel...)

vendredi 28 novembre 2008

Bachelorette / Björk



Voici pour moi la meilleure et la plus belle chanson de Björk (avis qui n'engage évidemment que moi...) (avec Joga, aussi, très chouette chanson)

Bref, voici pour moi la plus belle chanson de Björk.
Ici, il y a tout, de la souffrance, de l'espoir , des violons, de la puissance, un gouffre que l'on franchit...
Des scratchs, de l'industrie et des sourires.
Un peu de neige et de soleil.
Un cirque, un train électrique et des jardins.
Tout ça dans une chanson, me direz-vous.
Et bien oui dirais-je et plus encore même.
Car là, elle est au point d'équilibre entre la chanson qui pourrait servir de berceuse à Attila le Hun et la production qui ferait passer Timbaland pour un pauvre joueur de flutiau.
Une énergie folle canalisée dans un cube de glace.
Cette chanson, je la trouve belle et énergique, je la trouve mélancolique alors j'ai les larmes aux yeux, elle va loin et je m'envole.
Mais surtout elle est un pont entre le désert et le ghetto, entre un iceberg et le métro.
Une chanson pour tout le temps.

vendredi 21 novembre 2008

Ice Cream man / Tom Waits



Ah, bientôt le week-end.
Bientôt, plein de gens vont se retrouver dans des bars, à discuter, rire, danser (un peu), certains vont pleurer, d'autres vont réellement s'emmerder mais surtout boire des coups.
Bientôt, les verres vont se remplir, se vider, les rires vont se faire plus fort, les pleurs aussi, les verres restent vides, se remplissent et dehors il pleut alors on remplit de nouveau un verre.
Et dans le championnat de remplissage et vidage de verre, tout le monde croit que Tom Waits est leader.
En fait, je pense qu'il se donne un genre.
En fait, il est pas plus alcoolique que Christophe Maé est talentueux et je suis sur que Renaud lui collo des vautres question "la bouteille de whisky je la préfère vide".
Non, c'est pas possible que ce mec picole ce qu'il dit.
Il invite des journalistes dans des rades pourris qu'il connait depuis deux jours pour se donner des airs de pilier de comptoir mais quand on écrit comme il écrit, on peut pas se dire qu'il trouve l'inspiration dans le fond des verres (regardez Renaud, encore lui, il a rien trouvé au fond de ses verres, et il y a tout perdu d'ailleurs parce que depuis qu'il dit qu'il boit de l'eau, il a quand même inondé les ondes d'une belle gueule de bois sonore!!)
Il faut un minimum de lucidité pour atteindre un tel niveau, on peut écrire beau, écrire Boogie et marmonner ses paroles entre 2 lampées d'eau-de-feu!
Impossible (me faites pas croire ça, avec tout ce que j'ai bu pour essayer d'avoir du talent, je vais demander remboursement à mes barmens, moi...)
le seul truc qui me ferait croire qu'il aime à taquiner l'apéro, le père Waits, c'est sa voix de tronçonneuse enrouée.

Moi aussi je croyais qu'il avait son talent en bouteille.

Je voulais avoir le même, j'ai eu que sa cyrrhose.
Pas de bol.

Ce week-end je vais encore me persuader que c'est dans l'alcool qu'on fait les génies et que c'est sur des comptoirs que s'écrivent les poèmes (ah, ça, ça fait fantasmer, hein? croire qu'en étant bourré, on est plein d'inspiration. Ah ben non, bourré, je suis plein d'alcool... Moche...)
Quand même savoir savourer son ivresse, entretenir son éthylisme, voilà un art qui ne demande pas de talent particulier!




























et moi, je mérite de boire parce que quand je bois, je tutoie les anges...

dimanche 1 juin 2008

Like a Rolling Stone de Bob Dylan

D'accord, c'est un classique sur lequel tout (ou presque) à déjà été dit.
Virtuosité de l'écriture, profondeur et génie du texte, efficacité totale de la musique malgré une simplicité biblique, et pourtant...
Et pourtant je ne me lasse pas de l'écouter.
je ne me lasse pas d'essayer de comprendre ce qu'il faut faire pour mériter d'être touché par la grâce comme ce cher robert Zimmerman quand il écrit ce chef-d'oeuvre.
Et grâce à cette chanson, je ne me lasse pas de me battre.
je me bat contre mon quotidien, contre mon travail, les transports en commun, ma solitude pesante, ma paresse, et tout un tas de petit détails qui me foutent par terre.
cette chanson est un hymne. Une révolte.
Un cri. un cri de rage, un cri de lutte, un cri de refus.
Cette chanson est mon moteur actuel. En pleine recherche de toit, je comprend tout à fait "how does it feel to be without a Home".
je suis un cailloux qui roule aussi.
mais je roule dans une rivière. Et un jour, je sais que je toucherais la rive, et alors là, je vous promet mes amis que ça va chier!
En attendant cette ascension définitive sur mon trône de la classe et de l'hyper confiance.
En attendant cette révélation ultime, ce renversement de situation total qui fera de moi un homme fier (de ce que je suis, de ce que je fais et de ce que que j'espère)
En attendant cette autre vie.
j'écouterais le plus grand poète moderne.
je suivrais ses paroles.
et toujours, je saurais que je peut être un inconnu, je peux vivre le désespoir, ma grâce aux gens que j'aime, jamais je ne baisserais les bras.

Comment croire qu'on touche encore terre quand on écrit un texte pareil?
Comment croire que l'on peut passer derrière ça?
Comment croire qu'un jour on se sentira meilleur.
Tout ceci n'est qu'une question de foi, les amis.
Et pour le coup, je commence à avoir la foi.
Même si je rencontre la tempète, je ne m'écarte pas de mon chemin car je croie en mon destin
Mon Karma ne peut pas être aussi pourri, bordelacul, je vais finir par trouver mon eden. un trou de 11m2 fera l'affaire.
l'usine ne me fait pas peur.
Les galères ne me font pas peur.
Seul le doute me terrifie, et c'est un combat que j'ai entamé.
Il prendra du temps mais je sortirais vainqueur, au son de bob dylanb ou d'un autre.
et dans ce combat sanglant, l'epreuve la plus dure est devant moi.
je ne flaidirais pas et je trouverais mon toit!

Alors voila celui qui me rend plus fort.
plus humble et moins con.




PS: dans cette mouvance du "je sèche mes larmes chaque jour, ému de ce qui est beau", un petit cadeau: on pleure tous devant la bande-Annonce du nouveau Pixar (la plus grande concentration de génies artistiques de Californie). Oui, on pleure tous. C'est un ordre...

samedi 31 mai 2008

Harvest Moon de Neil Young (Album: Harvest Moon)

 

 Neil Young.

Voila un Type de plus de 60 balais qui sort encore des albums réellement créatifs, qui fait de la folk-music ou du rock (avec son groupe le crazy horse) avec la même classe que depuis le début et qui m'a ému aux larmes avec une seule chanson.

Cet ancien du groupe Crosby, Still, Nash and Young a réussi à atteindre quasiment la même aura que Bob Dylan dans le registre folk-singer.

Harvest Moon est un joyau. Une Bulle de Champagne. Un sourire de Kate Winslet (ou de Scarlett Johansson)

Je vous avoue que je ne suis pas assez brillant pour pouvoir m'exprimer sur un texte aussi beau, une musique aussi géniale de simplicité.

Pas assez brillant, mais assez sensible pour avouer que quand même là, on frôle le surnaturel. C'est pas humain d'être aussi doué pour écrire des chansons qui parlent des filles.

Parce que moi, je persiste à dire que les garçons seront toujours plus idiots filles parce qu'ils seront jamais assez malin pour admettre combien ils ont besoin d'elles.

Pas grand-chose à dire sur une chanson aussi parfaite.
Juste qu'elle me donne envie d'être un jour quitté et pouvoir retenir cette briseuse de coeur en lui chantant cette chanson dans le métro (mes chances de réussites resteraient quasi-nulles et ça augmenterait considérablement mon capital psychopathe. Certes.)


vendredi 30 mai 2008

Gett Off de Prince. Album Diamonds and Pearls


Prince - Gett Off
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GETT OFF Prince and the New Power Generation (Album: Diamonds and Pearl)


Disons le tout net, Mozart, Beethoven et Elvis se sont réincarnés dans une seule et même personne. (avec un peu de Marc Dorcel)
Un génie musical, dont la carrière est quasiment parfaite (malgré quelques ratages spectaculaires, c'est vrai) et dont les tubes arrachent littéralement les oreilles et donnent un vrai sens au mot musique.
Gett off est moite. Lourd. Une percu engluante. Une guitare qui nous propulse dans la stratosphère (quel solo à la fin du morceau!!!) une voix au-delà du sexy... Bref la classe.
Ce mec est l'érotisme en musique. Du porno sonore.

Gett off ne dégage que du sexe. Bref les mecs, pas la peine de soulever des tonnes de fontes pour paraitre viril. Ce type efféminé vous met une branlée question testostérone. Rentrez chez vous pour vous épiler et vous raser sous les bras, ça sert à rien de sentir le chameau en rut pour faire croire que vous etes des hommes...

Ce qui est dément chez cet artiste, c'est sa capacité à se renouveler, à toucher des genres aussi disparates que la funk le rock, la soul, la pop, avec une aisance surnaturelle et une facilité d'extra-terrestre. Ce mec n'est pas humain, il est né sur une planête en forme de clé de sol. Dans ce morceau il n'hésite pas à rajouter des touches hip-hop avec des scratchs savemments dosés, il convoque le rock brutal avec sa guitare (inutile de préciser qu'il est un virtuose), met son public en transe avec des percussions à décrocher un chêne et rend le tout terriblement torride en y mélant sa voix.

Alors il y a comme ça des types touchés par la grâce. Des vrais purs génies. Prince en fait partie pour moi, tout comme chopin ou mozart.

Quand je me met à fredonner frêre jacques, mes plantes fanent.
En tapant avec une cuillère sur ma table, aucun ryhme cohérent n'en sort (je soupçonne même les cuillères de demander pardon à Stewie Wonder, le grand Dieu-Manitou de la rythmique...)
Voilà l'injustice totale.
Sous prétexte que ce nain de jardin d'1m55 (je mesure 1m63, donc on est pareils..) sais aligner à peu près correctement 2 ou 3 sons biscornus, le voilà aux bras de créatures de rêves toutes plus incroyables les unes que les autres...
Inutile de préciser que j'ai une voix de canard atteint de paralysie faciale...

Alors maintenant on se lache, on écoute, on devient moite, caliente, sueur...

Better Days de Bruce Springsteen Album MTV Live Plugged

Better Days de Bruce Springsteen MTV Live Plugged



Pour beaucoup d'entre nous, attendre des jours meilleurs est notre activité principale, au même titre que dormir, manger des chips devant le topissime dodgeball (avec un Ben Stiller déchainé, la bande annonce dans le lien ci-dessous) ou respirer.







On se dit que l'orage finira par passer, on courbe le dos et on se dit qu'encaisser les coups durs fait partie de la vie.

Mais non, bordel de pompe à chiottes, on a le droit de refuser.

J'ai le droit de ne pas attendre comme ça, comme une buse, que la roue tourne et que la chance soit enfin de mon côté.

J'ai eu une révélation un jour.

Une épiphanie.

J'ai le droit d'exiger des jours meilleurs.

J'ai le droit d'exiger que Dieu (qui n'existe pas mais qui est très cruel) arrète 2 secondes de se marrer bêtement dans sa barbe en me regardant galérer comme un soviétique et se mette un petit peu à me faciliter la tâche.

Les jours meilleurs, je vais les chercher et ça va chier!

Evidemment c'est pas le truc le plus facile du monde (désamorcer une ogive nucléaire les yeux bandés parait plus simple) mais après tout l'important n'est-il pas d'essayer?

Et Bruce Springsteen ne partle que de ça.

De cette worker-class américaine qui se bat pour atteindre des jours meilleurs, fatiguée de les attendre.

Cette amérique des laissés pour compte.

Cette amérique qui n'est pas de New-York ou de Californie.

C'est un peuple américain d'ouvriers ou d'agriculteurs.

Ecouter du Springsteen, c'est comme du Steinbeck, la guitare électrique et la voix sexy en plus.

C'est une chanson qui s'écoute fort et les cheveux au vent, dans une décapotable américaine.

Une chanson qui sent l'ouest, les mondes ouvrier et agricole.

Une chanson qui met la patate, qui me redonne confiance et me fait chanter à tue-tête dans le métro.

Une chanson parfaite pour les voyages en train, vers l'inconnu ou vers ses parents.

Mais c'est surtout une chanson qui me rappelle que les jours meilleurs sont peut-être tout simplement chez moi.

Les jours meilleurs sont rarement dans les RER B qui vous conduisent à La Courneuve.

Mais quand je rentre chez mes parents, dans la maison de mon enfance, je sens que mes cheveux flottent plus facilement au vent.

Je sens que Dieu-qui-n'existe-pas-mais-qui-est-très-cruel fait un peu moins le malin.

Et surtout, surtout, grace à cette chanson, je sais que quand les jours meilleurs arrivent, c'est qu'il y a forcément une fille qui n'est pas loin...

Alors on monte le son et on chante très fort avec ce génialissime Bruce.

(Et si vous n'avez pas de décapotable Américaine, vous avez le droit d'ouvrir les fenêtres...)