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mardi 8 décembre 2015

Gimme Shelter / The Rolling Stones



Ce ne sont pas quelques gugusses avec la tête vide (ou pleine de vase, au choix) qui vont me faire peur.

Ce ne sont pas des fanatiques adeptes de la dynamite qui vont m'empêcher de boire des coups en terrasse, d'aller à des concerts, de déambuler, de râler, de chanter, de traiter, de quimper et de photographier des gens en train de graffer.


Ayatollahs et faux prophètes, vous êtes mal barrés, je peux être obstiné, mal luné, relou et surtout borné.

Vous pensez peut-être qu'avec vos grosses mitraillettes qui compensent vos petites quéquettes vous m'empêcherez de dire que si le niveau zéro de la vie sur terre se situe entre la boue lourde et graisseuse située sous le fumier et le fond d'un évier de boîte de nuit un soir de fête étudiante, vous avez encore un sacré taf pour y arriver?

Raté.






Depuis le treize novembre, je me sens donc remplis de fierté républicaine, d'alcool et de blagues pour résister à ces zélotes décérébrés qui n'ont que la haine et la stupidité comme moteur et je me dis que pas de bol, ils se sont attaqués à la France. Le pire ennemi qu'ils pouvaient se choisir.
Parce que nous sommes leur exact opposé, (beaux, cultivés, rouspéteurs, libres et surtout nous, on a pas à se faire exploser pour se faire plaisir dans des draps froissés avec des jeunes filles et des jeunes hommes tout aussi beaux, cultivés, libres et rouspéteurs.) mais que nous, on va gagner.

Ce ne sont pas des enturbannés dégénérés qui me feront me terrer.

Non.

En trois semaines, on est passé des odeurs de cendres aux odeurs de gaz.

Une blonde avec la même tête moche que son père moche, aux idées noires comme l'ombre d'une croix gammée m'a rappelé que notre pire ennemi n'était pas la méchanceté mais l'ignorance (ou la lâcheté, parce que reconnaissons-le, il faut quand même faire preuve d'un manque de courage évident pour s'en remettre à un parti qui joue les gros bras et promet un veau d'or si on le laisse mettre en place ses idées farfelues d'un autre âge, bêtes comme un débardeur qui boudine pendant un mois de juillet.)

L'ignorance crasse de ces peureux émasculés qui pensent encore que leurs problèmes sont dû à des gens un peu plus bronzés.
Qui pensent sottement que se replier sur soi va nous sauver.
Qui imaginent encore, au 21ème siècle, que la nationalité est affaire de pedigree.
Qui croient que notre économie redeviendra souveraine le jour où nous rétablirons les frontières (et réimprimerons des francs, sortirons de l'euro et prendrons toutes les décisions que les économistes les plus émérites rangent dans le chapitre "à ne pas faire" de leur rédaction aux épreuves écrites du Prix Nobel.)


Marine Le Pen, vous et tous vos amis ainsi que vos électeurs, vous ne me faites pas peur.
Je vous range aux côtés des excités du Djihad, vos idées sont finalement les mêmes.


Nous faire croire que la préhistoire est notre seul avenir possible.




lundi 21 avril 2014

Stack-A-Record / Tom Tall







Bon, j'aime les disques.
J'aime les histoires qu'ils racontent, j'aime où ils m'emmènent et j'aime surtout les objets.
Parce que c'est beau.
Cherchez pas, une collection de disques sera toujours plus belle et sexy qu'une playlist Itunes.

Je suis très attaché à ma collection de films, c'est vrai, mais peut-être encore plus à ma collection de disques.

Déjà, parce que comme pour beaucoup de collectionneur, je les ai d'abord découverts grâce à mes parents. Cette collection, pas très grande mais magnifique de Rolling Stones, Pink Floyd, Beatles, Neil Young, Bob Dylan, Leonard Cohen, Janis Joplin de vinyles noirs, glacés, dans des pochettes cartonnées gigantesques et colorées..

Ces disques que je ré-écoute pour la 1796ème fois, ils sont d'abord mes parents.

Ensuite, parce que mes vinyles et mes CD racontent certainement mieux que moi qui je suis.
Quelle a été ma vie jusqu'aujourd'hui, 21 Avril 2014.

Alors je les classe.
Par genre, par ordre alphabétique, par artistes.
Une fois, je les ai même classés par périodes.
Mais pas selon la chronologie de leur sortie.
Non, c'est trop simple.
Je les avais classés selon l'époque où je les avais achetés.
Parce que mes 152 vinyles et presque 500 CD, qui racontent mieux que moi qui je suis, je suis capable de dire à quelle période je les ai achetés. (allez, à un an près.)
Je sais que le tout premier que j'ai acheté, c'était le Greatest Hits II de Queen.
Le deuxième, un best-of d'Eric Clapton et de son groupe Cream.
Le troisième, le Greatest Hits I, de Queen.
Que Travelling Without Moving de Jamiroquai, je l'avais eu gratuitement lors de l'opération de la fête du disque 1997 (on renvoyait les codes-barres de 2 CD et on en avait un de son choix en cadeau.)
Que j'ai acheté What's Going On en 1996 et racheté en 2001.
Et que mon premier Springsteen date de 1995.

Oui, j'aime les disques.

Samedi, c'était le disquaire day.
Ou record store day comme disent nos amis américains.

Et qu'est-ce donc direz-vous, vous?

Le Record Store Day est né à l'initiative des disquaires indépendants afin d'inciter les gens à revenir les magasins.

En pleine crise du disque, le défi était donc de faire venir le public dans un magasin et de le faire repartir avec des disques.

Les labels et les artistes ont ainsi joué le jeu et cette journée est surtout l'occasion de voir réapparaître des albums devenus introuvables, des face B inédites ou rarissime, des versions alternatives de classiques, des lives, des picture discs (le picture disc est un vinyle avec un dessin imprimé dessus. Très difficile à graver donc la qualité du son en pâtit terriblement, mais ils sont recherchés par certains collectionneurs pour leur visuel.) ou des titres sortis spécialement pour l'occasion.

Je suis l'opération depuis 2-3 ans maintenant et si je dois avouer que je suis content d'avoir trouvé des petites perles (et d'en avoir profité pour découvrir des choses) je dois avouer que je reste quand même sur ma faim:

Déjà, les labels retombent tête la première dans les travers qui ont causé la quasi-disparition de la consommation de disques: tarifs prohibitifs (et ils se gavent bien les bougres) politique éditoriale parfois incompréhensive (pourquoi balancer Space Oddity de David Bowie -avec une version live qui tue en Face B- sur un Picture Disc alors que, comme je le disais plus tôt, la qualité du son sera certainement moins bonne que sur l'Album original de 1969? Et le vendre 15 Euros? Ouatzeufeuque?)
Certains labels n'hésitent même plus à ressortir des daubes assorties du sticker "Record Store Day" pour faire croire que si, en fait ce disque est génial, hop, achetez-le et à laisser des tas de trucs certainement très chouettes moisir dans des caves.

Et surtout, cette opération tue un plaisir sacré de l'amateur de disques que je suis: retrouver, au fond d'un bac poussiéreux, un disque que l'on cherche depuis des plombes. Un graal.
Une relique que l'on aura méritée, à passer des journées entières plié en deux sur des bacs à vinyles, à scruter des collections complètes de marches militaires et de flûte de pan, se couvrir de poussière, s'user les yeux et pécho de rhumatismes pour finalement le trouver là, à nous attendre, pour le prix d'un café-croissant.

Samedi, donc, je suis parti faire le record store day quand même.
Et j'ai fait sottement la queue comme un geek avant la sortie de l'Episode 1 de Star Wars (ou un faux geek devant un Apple Store pour la sortie du nouvel Iphone)
Et oui, j'ai trouvé deux-trois trucs, dont un 33T d'inédits de Bruce Springsteen, encore lui.
Toujours lui.
(avec le boss, on se plante rarement. On tombe sur un de ses disques, on sait qu'il sera, au pire, bien.) du Hip-Hop en 45T et un 45T d'un groupe que je ne connaissais absolument pas, sur le label Third Man Records, le label de Jack White (un des rares a avoir vraiment compris le concept de cette journée et à le pousser à fond. Pour cette journée, il aura chanté, enregistré et pressé une chanson en 45 Tours en moins de 4 heures. Un fou. Jack White, c'est le Willy Wonka des disques et Third Man Records, c'est la Chocolate Factory.)



C'est beau, c'est le Boss


Hip-Hop en force et en 45 Tours

C'est chouette, c'est beau, c'est Third Man Records

Mais surtout, en cherchant dans les bacs, j'ai trouvé un de mes graals.

Un de mes albums fétiches que je cherche depuis des années.

Une merveille d'une merveille.


Where i'm coming from de Stevie Wonder.
1971

Il n'a que 21 ans quand il enregistre ce disque et la maturité qui s'en dégage, aussi bien musicalement (les arrangements sont somptueux) qu'au niveau des textes est incroyable.

On y trouve par exemple ce titre incroyable dont je vous avais déjà parlé, Look Around, dont la mélodie magnifique me troue le dutre à chaque fois que je l'entends.

Et le truc génial, c'est que lorsque je cherchais dans le bac Soul/Funk de ce disquaire du 18ème arrondissement que je venais de découvrir, je savais, entre un best-of des Commodores et un album d'Imagination, que j'allais le trouver.
Comme si les vinyles, tout autour, me disaient "Oui, il est là, aujourd'hui il est pour toi."
Comme si ce disque m'appelait.

Pour 5 euros.

Un café-croissant.




Je finirai en disant que finalement, le Disquaire Day, c'est tous les jours.
Retournez chez les disquaires pour découvrir des artistes, des chansons, des groupes, des albums, pour rencontrer et discuter, pour voir de belles choses, des pochettes alignées, de jolies couvertures.
Pour sentir l'odeur des disques, pour avoir une musique inconnue dans les oreilles, pour sortir.

Et pour trouver votre Graal.


mardi 18 mars 2014

Good Times, Bad Times / Led Zeppelin



"La vie, c'est comme le Rugby" disait Nietzsche. (ou moi-même, je ne suis plus bien sûr.) 

Et il (je) avait raison.
Il faut courir, prendre des coups, boire des bières, porter des shorts, prendre surtout des coups et à la fin, on se rend compte que la marge d'erreur est tellement faible qu'on a couru des kilomètres avec des shorts en prenants des millions de coups pour perdre de deux points.
Parce qu'on est arrivé deux secondes trop tôt ou un pas en retard.

Hier, par exemple, comme les journaux parlaient plus de circulation alternée que de Crimée, de Venezuela, de politique, de violences en Algérie, d'essais de missiles en Corée du Nord et de mon nouvel appartement réunis, je me suis dis que ce devait être un évènement d'une importance à la limite du planétaire et j'ai décidé que j'allais pour une fois avoir un coup d'avance.

J'avais donc décidé de chiper toutes les plaques minéralogiques paires (qui étaient autorisées à rouler le lendemain, soit aujourd'hui. Oui, il faut suivre, même vous les deux du fond!) pour les revendre 1 million de dollars pièce et ainsi bâtir mon empire, ma fortune et sauver la France d'une guerre civile.

Mon idée était géniale.

Jusqu'à ce que la mesure soit abandonnée le soir même.

Super, Moyen.

Et puisque tout est question de timing et de détails, il n'y a pas que les métros, les matchs ou les gâteaux que l'on rate pour deux minutes de trop.

Pensez à ces apéros d'où vous êtes partis trop tôt, à cette page oubliée lors des révisions et qui vous a fait rater votre interro, à ces trois centimètres trop à droite lorsque vous marchiez qui vous ont fait viser un étron canin, mais aussi ce petit pas de moins qui vous a évité de finir écrasé sous un semi-remorque, cette goutte qui a fait déborder le vase, et ce clignement de paupière qui vous a fait rater un sourire ou un regard.

"La vie, c'est comme le Rugby, faites gaffe, vous avez beau boire des bières, à la fin, pour deux centimètres, vous perdez de deux points."
Also spracht Zarathoustra.
Ou Moyen, je ne sais plus bien.

samedi 25 janvier 2014

INTERLUDE SPECIAL GRAMMY AWARDS

Demain, ce sont les Grammys Awards au Staple Center de Los Angeles.

C'est comme les Victoires de la Musique sauf que là, on célèbre vraiment la musique.

Alors pour vous mettre dans le bain, voici mes 12 moments préférés des Grammys, sans ordre ni préférence.

Abbey Road Medley / Paul Mc Cartney (Featuring Bruce Springsteen & Dave Grohl) (2012)



Déjà, McCa, c'est légende alors on se tait quand il chante.
Mais en plus quand il invite les potes (God Springsteen et ce fou furieux de Dave Grohl) on se dit que le moment va être historique.
Ce qui sera le cas.
Et émouvant, même, quand l'ancien Beatles, Bruce et Dave Grohl (ainsi que les deux autres guitaristes, dont Joe Walsh, des Eagles) feront chacun leur solo, comme Mc Cartney, Lennon et Harrison en leur temps...

One / Metallica (1989)



Cette année-là, les Grammy accueillent une nouvelle catégorie: Meilleure Performance Hard-Rock / Metal.

Metallica est nommé pour la première fois et pour fêter ça, ils déboulent sur scène et explosent le public médusé avec One, le titre-phare de leur album ...And Justice for All
Tout le monde s'attend à les voir repartir avec le prix, mais ce sont les Anglais de Jethro Tull qui l'emportent.
Peu importe, la bête est réveillée et Metallica ne sera plus jamais le même groupe...

Stan / Eminem (Feat. Elton John) (2001)



Souvent accusé d'Homophobie, c'est un Eminem décidé à fermer le clapet de tout le monde qui se présente sur scène ce soir-là.
Il reprend Stan, une de ses chansons les plus personnelles (et peut-être la plus lucide également) et à la place d'avoir la Jolie Dido au refrain, c'est Elton John déguisé en Casimir qui apparaît.
Un Elton John qui a pu choquer à une époque, puisqu'il s'est toujours présenté comme un vrai fan d'Eminem.
Double choc pour le public, qui découvre que l'ambassadeur de la cause gay qui chante avec le white trash a chouré le costume de Willy Wonka.

Man in the Mirror / Michael Jackson (1988)


Et là, on se rappelle pourquoi Michael Jackson était une aussi grosse star.
Pas pour ses shows démesurés dans des stades, la pyrotechnie, les clips aux budgets hollywoodiens.
Ni même la danse.
Non, il ne faut pas oublier qu'avant tout, il avait le groove.
Et une voix.

London Calling / The Clash (Featuring Bruce Springsteen, Dave Grohl & Elvis Costello) (2003)


Les soirées de remise de prix, c'est aussi l'occasion de rendre hommage à des artistes disparus.
Et quand Les Clash décident de faire un petit coucou à Joe Strummer, ils invitent Springsteen, Dave Grohl (oui, on les invite souvent, c'est normal, ils sont sympas, ils ne foutent pas le boxon à table et mettent la main devant la bouche quand ils baillent et taquinent pas trop mal de la guitare.) et Elvis Costello.
Un line-up ahurissant pour pousser le volume à 11.

Proud Mary / Tina Turner & Beyoncé (2008)



2 reines.
Le genre de moment qui vous fait comprendre que la Beyoncé, elle a vachement raison quand elle chante "Who run the World? Girls!"

Tears in Heaven / Eric Clapton (1993)



Parce que son fils est mort accidentellement à peine deux ans avant, que cette chanson est d'une dignité assez stupéfiante quand même et surtout, qu'il n'y a pas une larme qui coule de ses yeux.
Parce qu'il est quand même anglais. Et donc classe. Et digne.

Seven Nation Army-Death Letter / The White Stripes (2004)



Jack White est un technicien monstrueux qui vous balance des riffs apocalyptiques et des solos sauvages avec un son de bombe incendiaire au milieu de ses chansons, mais il est aussi un amoureux de musique.
Alors quand il se décide à donner une leçon d'histoire, il envoie son Seven Nation Army, pour de déclarer la guerre à tout le monde et enchaîne avec maestria sur Death Letter, un titre de Son House, un des pionniers du Delta Blues.
Un type né dans l'état du Mississippi en 1902, mort en 1988, qui a apprit la guitare à une époque où la religion interdisait le Blues car elle symbolisait le pêché et qui a fait partie de ce club de légende composé de Robert Johnson, Charley Patton ou encore Willie Brown.

Swagga Like us / MIA (Feat. T.I, Kanye West, Jay-Z, Lil' Wayne) (2009)



Avec un line-up pareil, on pourrait une nouvelle fois crier au caractère misogyne du peu-ra.
C'est oublier un peu vite qu'au milieu de ces Goodfellas du Hip-Hop se trouve une gonzesse enceinte de 9 mois qui n'a rien a leur envier et surtout qui mène le jeu.
Parce que tous les autres essaient de lui plaire.

Maybelline - Roll Over Beethoven / Chuck Berry (Feat. Stevie Ray Vaughan & George Thorogood) (1984)



Encore un hommage rendu à un artiste, mais cette fois-ci, de son vivant.
Accompagné de deux autres légendes de la guitare, Chuck Berry montre à tout le monde que ben on a pas fini de danser sur ses chansons...

Lady Marmelade / Pink, Christina Aguilera, Lil'Kim, Mya (2002)



Parce que les Grammy, c'est aussi un show.
Et là, le niveau est quand même plutôt élevé.
Les décors sont démentiels, la production musicale ahurissante et les 4 panthères dans l'arène dévorent les spectateurs pour mieux danser sur leurs dépouilles...

Purple Rain - Crazy in Love - Let's Go Crazy / Prince & Beyoncé (2004)





Toujours dans les bons coups, la Queen B s'acoquine avec Prince et ensemble, ils expliquent ce que les termes "show" "groove" "danse" et "musique" veulent dire.
Avoir Prince sur scène, c'est un peu comme faire Paris - Toul en Ferrari. On profite du paysage et on s'exclame devant les performances techniques.
Associé à Beyoncé, c'est ne pas faire la route tout seul...






Et pour vous donner un petite idée, comme ça, à titre d'information, de comment ça se passe en France, je vous rappelle que les Victoires de la musique seront présentées par Virginie Guilhaume (et avant, on eu droit à Nagui, Laurent Ruquier ou Michel Drucker) ce qui prouve bien l'importance et le sérieux avec lesquels la musique est traitée par le service public et que parmi les moments de gloire de la cérémonie, nous avons eu droit à ce magnifique hommage à Michael Jackson.



(Le casting est impeccable et il faut avouer que parier sur le groove de Charlotte Gainsbourg était audacieux....)

dimanche 27 octobre 2013

Satellite of Love / Lou Reed



Et voilà, Lou Reed est parti.
71 ans.

C'est pas tous les jours qu'une légende nous quitte alors ce soir (ou ce matin. Ou aujourd'hui, demain, quand vous voulez.) ouvrez votre fenêtre et passez un de ses disques pour remplir l'atmosphère d'un petit peu d'histoire, de rock'n roll et de poésie.

Je ne reviendrai pas sur sa biographie ni sur son oeuvre, les médias s'en chargeront pour moi et je ne suis pas ici pour faire une rubrique nécrologique.

Je vous dirai simplement que ce fantôme de la nuit, qui a créé le Velvet Underground, qui était pote avec David Bowie et Iggy Pop (les légendes appellent les légendes) nous a proposé, sous ses beaux airs de camé, quelques uns des textes les plus sombres et les plus poétiques de l'histoire du rock.

Son album Berlin était un sommet de noirceur (et peut-être son chef-d'oeuvre absolu) et Transformer, enregistré l'année précédente contient deux tubes extraordinaires que vous avez tous fredonnés au moins une fois, sans forcément savoir qui en était l'auteur: Walk on the Wild Side et Perfect Day.
Lou Reed était un dinosaure, un monument.
De cette génération extraordinaire qui, des Beatles et des Stones à David Bowie ou Neil Young a, d'une façon ou d'une autre, façonné une partie de la musique que vous écoutez dans la voiture, au travail ou avant d'aller en cours.

Alors avant que tous ne disparaissent, faites de vos jours de pluie des Perfect Days et replongez dans leurs disques. Vous y entendrez des histoires et de la poésie.
Mais pour y voir la noirceur de la nuit, écoutez Lou Reed. Vous verrez que finalement, elle ne fait pas peur...

mardi 3 septembre 2013

No More Mr Nice Guy / Alice Cooper



Je me suis toujours méfié des compliments.

Non pas que je sois habitué à crouler sous un déluge d'éloges ou que je remette en doute la sincérité de la personne qui me les adresse, mais j'ai toujours pensé que les compliments exprimaient surtout ce qu'ils ne disaient pas.

Par exemple, si sur votre bulletin scolaire, en Education Physique et Sportive, vous aviez un fantastique et rayonnant "Volontaire" qui remplissait la case des appréciations de votre professeur, vous leurrez pas, ça voulait surtout dire que le Sport n'était clairement pas fait pour vous (enfin, la pratique surtout, parce que regarder un match dans un canapé, c'est à la portée du premier blessé venu...) et que malgré tous vos efforts, la perspective de passer un jour sous la barre des 27 secondes et 3 dixièmes au 100 mètres était relativement faible.

C'est comme quand on vous dit que vous êtes sympas.
Faites gaffe.

Vous êtes sympa, c'est vrai, je n'en douterai pas une seule seconde, mais sympa, c'est comme gentil.
ça veut simplement dire que finalement, vous êtes quand même un petit peu relou, un petit peu un boulet et puis d'ailleurs, si vous pouviez ne pas venir ce soir à la soirée de Simone, ça arrangerait tout le monde.

Parce que dans ce que la vie a de torturé et de pervers, il faut bien reconnaître que le mec sympa, ben il ne gagne pas.
(à moins d'être Martin Luther King ou Nelson Mandela, d'être un esprit comme on en rencontre tous les 50 ans, d'accepter de casser des cailloux pendant des piges ou de prendre des bus réservés aux noirs pendant toute sa jeunesse avant de se lever fièrement et, grâce à quelques mots magiques sortis de votre bouche et gravés dans l'histoire, de porter des peuples, des nations et des espoirs sans que votre sympathie ne soit jamais remise en doute.)

Le mec sympa ne gagne pas, donc, et c'est bien là le drame.
Le mec sympa, il ne fait pas carrière.
Le cow-boy sympa ne part pas avec la fille -généralement une institutrice ou une tenancière de bar- à la fin du film.
Il meurt sottement pour déclencher la fureur du cow-boy moins sympa qui, ivre de colère, va montrer qu'il est quand même un peu sympa et ira venger son ami en allant flinguer ce sale Mad Mike et ses hommes de main dans une fusillade héroïque où il héritera d'une balle dans l'épaule et de la fille à la fin.
(notez que ceci marche aussi dans les films policiers où le policier sympa prend une balle / se fait enlever / explose dans sa voiture, choisissez votre situation préférée, et le policier moins sympa devient encore moins sympa (mais il est sympa quand même vu qu'il veut venger son ami qui, soit dit en passant, n'était pas du tout son ami au début du film vu qu'il n'est pas sympa, vous suivez?) et va massacrer ce sale trafiquant de drogue de Mr Mike et tous ses sbires dans un déluge de feu et de sang. Il héritera d'une balle dans l'épaule et de la fille à la fin.)
Le mec sympa, il ne devient pas rappeur.
Le mec sympa ne devient pas pilote de chasse. Il devient le mécano du pilote de chasse. (marche aussi avec les pilotes de voitures de courses.)
Le mec sympa n'est pas Steve McQueen ou John McLane.
Ou Don Draper ou Mr Big.
Le mec sympa, c'est Joséphine Ange Gardien ou Screech de sauvé par le gong et c'est pas de bol.

Non, vraiment, le mec sympa, à la fin, il ne gagne pas.

C'est pour ça que je n'aime pas qu'on me dise que je suis sympa.

jeudi 10 janvier 2013

We all gotta Go Sometimes / Joe Hill Louis



Nous partirons tous un jour.

Sous cette banalité évidente se cache l'envie folle de salir ses souliers sur la poussière des routes en tendant le pouce en l'air pour arrêter une voiture qui nous amènera à la prochaine ville.

Car l'important n'est pas de savoir où l'on va, mais d'y aller.

Aller au bout des sentiers et derrière les barrières, enjamber les ruisseaux, compter les étoiles, partager un verre et refaire ses lacets.

Car l'important n'est pas de partir pour ce que l'on quitte mais d'y aller pour ce que l'on veut rencontrer.

Alors y aller au son d'une guitare du sud des Etats-Unis, ça donne encore plus de saveur au voyage.

Et en attendant de frapper le chemin de mes souliers sans lacets, je frappe le sol de mon appartement au son de cette jolie chanson.

mercredi 11 juillet 2012

Seven Nights to Rock / Moon Mullican



Je viens de passer une semaine pleine de champagne, de rebondissements, d'émotions, de gâteaux, de bières, de shots (merci Baron Samedi, meilleur bar de l'univers intersidéral.) de cadeaux, d'amis et de musique et aussi de bière un peu et de champagne (ben oui, il y avait 2 bouteilles.) alors je me suis dis qu'il fallait célébrer cette semaine au son du rock'n roll.

Elle commence Jeudi soir.
Un jeudi soir d'exception, comme il en existe tous les 10.000 ans, au détour du passage tout en pyrotechnie d'une comète lointaine et extinctrice de dinosaures.
Mais j'y reviendrai.

Vendredi soir. Des amis comme Blondie traversent la France et affrontent la Porte de Clignancourt pour porter une moustache, boire des verres dans le meilleur bar de l'univers (je vous laisse deviner) écouter des vinyles rayés et de la musique à danser.
Et offrent des cadeaux à émouvoir des pierres avec leur amour de Martin Luther King.
Et d'ailleurs, un vieil épisode de la chanson trouvera d'ailleurs un dénouement incroyable au détour d'un sachet en papier et d'un décapsuleur en forme de space invader.
Mais j'y reviendrai dans un autre épisode, car c'est une saga à suivre.

Samedi.
C'est la pluie mais une balade malgré tout.
A petits pas entre Lamarck et la statue de Dalida, Les vignes, la Villa Léandre, le passe-muraille, la divette de Montmartre et tout ce qui fait que le 18ème est chouette.
Et c'est quand même la pluie alors on mange japonais et on va boire des grenadine à l'eau en s'endormant dans le bistro.

Les brunchs sont pour les dimanches, ont fait croire qu'il fait beau avec des lunettes de soleil, on traverse la goutte d'or sans craindre pour son oseille, un thé, un au-revoir, un film, je me couche tard.

Lundi, retour au boulot mais pas trop.

Mardi, je suis dans une série télévisée. (enfin, en vrai, je suis au travail, hein?)
Une série policière.
Avec des experts.
Mais assez de rêver aux exploits des flics de Las Vegas ou New-York, de mon côté, c'est la police scientifique de Marseille avec un accent de canebière à faire enfler des sardines qui m'appelle.
Et oui, je suis donc dans une série, mais celle de ma vie, ce serait plutôt Friends ou Seinfeld.
Rire de rien, de tout et de peu mais surtout avec ceux que l'on veut.

Et nous sommes Mercredi et encore, je me souviens de jeudi.

Jeudi soir, donc, Jeudi de comètes et de cataclysmes, j'ai découvert que Dieu, il était assis à la droite Du Boss.

Jeudi soir, j'étais assis à Bercy.

Et Bruce Springsteen était sur scène pendant 3h38 (record de France) et il a fait le concert le plus incroyable que j'ai pu voir de ma jeune vie. (et pourtant, j'ai vu Johnny.)

Alors je ne vais pas trop m'attarder dessus au risque de faire le relou fan du Boss, mais bon, il a chanté comme un fou, ils ont fait une intro avec "Au Clair de la Lune" à l'accordéon, il s'est jeté dans la foule, il a fait presque 35 chansons mais pas Born in the USA ni The River, ce qui est dommage mais pas grave, ils ont rendu un hommage magnifique à Clarence Clemons, il a dansé avec sa fille, il a fait chanter sur scène une petite fille du public sur Waiting on a Sunny Day, sa femme est rousse, Steve Van Zandt est méga-classe avec sa dégaine de pirate et son jeu de guitare préhistorique qui fait fondre les amplis, ils ont sué des litres et des litres de sueur, usé leurs doigts sur leurs instruments, étranglé leurs cordes vocales et ils nous a tous couchés.

Bref, j'ai vu l'histoire du Rock'n Roll mais également son futur.

Et comme je suis généreux, l'immense Born To Run, filmé par moi-même.

Je me souhaite un bon anniversaire et je vous souhaite de jolis jours de rock'n roll.


















(si vous êtes sages, vous aurez droit à Because the Night filmé par moi-même également...)

lundi 21 mai 2012

Dead End Friends / Them Crooked Vultures



Il est toujours agréable de croiser par hasard dans la rue des amis que l'on a pas vu depuis longtemps.

Surtout quand cet ami, à qui l'on a mille choses à dire, tant de choses que l'on ne sait par où commencer, vous dit avec un grand sourire et toute la spontanéité du monde "La vache, mec, t'as pris un sacré coup de vieux!" et  résume ainsi une conversation de mille mots.

Surtout quand cet autre ami passe à l'improviste chez vos parents alors que par le plus grand des hasards vous y avez posé vos bagages pour le week-end et à qui vous auriez aussi mille choses à raconter, tant de choses que l'on ne sait par où commencer et qu'alors, il vous présente son adorable fils de 11 mois.

Et résume ainsi une vie de mille choses.

Il est tellement agréable de croiser par hasard des amis que l'on a pas vu depuis longtemps que lorsque vous croisez par hasard des gens qui ne seront jamais vos amis et vous piquent votre carte bleue, vous vous dites que oui, la vie est belle, pas parfaite, mais parfois bien faite.

Il suffit de croiser les bonnes personnes.

mardi 3 avril 2012

Guerilla Radio / Rage Against the Machine





Dans la jungle des applications en tous genres qui existent pour les smartphones, j'en ai trouvé une plutôt chouette et qui coûte pas un rond qui permet de créer sa propre radio à partir d'une playlist de son choix et de la partager avec le monde entier afin que le monde entier s'extasie devant vos merveilleux goûts musicaux.

Cette application se nomme Yasound et c'est simple comme bonjour, j'ai même réussi à faire ma propre radio sans trop galérer.

Possesseurs d'Iphone ou d'Ipod Touch, hop, rendez-vous sur la page Yasound téléchargez l'appli totalement gratuite et vous aussi, prenez-vous pour le programmateur de Nova, FIP ou Radio FG (ou radio courtoisie si votre playlist se résume à des bruits de bottes et des chants de l'occupation...) balancez votre radio et faites bouger le monde entier.

Ma radio s'appelle laradiodemoyenman et se trouve sous le mot-clé "moyenman" (forcément)
110 titres pour le moment, avec des guitares qui crachent, des batteries qui tabassent, des vinyles scratchés, des voix souls, des guitares grattées, du Neil Young, Bruce, Prince et plein d'autres trucs qu'il est bon d'écouter en voiture, en métro ou au boulot. (ouais, je m'entraîne pour faire mes propres Jingles...)

N'hésitez pas à me donner les liens vers vos radios persos que je puisse écouter moi aussi ce qui tourne dans vos oreilles...

































Et l'avantage absolu, c'est qu'apparemment, on peut écouter tout ça sans la pub pour carglass qui vous pourri la journée...

dimanche 1 avril 2012

Unforgettable Fire / U2



Je suis fasciné par la capacité d'amnésie de ceux que l'on dit grands dans notre monde.

Il y a tout juste 2 ans (à 20 jours près.) La plate-forme de forage profond Deepwater Horizon du groupe pétrolier BP pétait salement et coulait comme un plomb pourri au fond du Golfe du Mexique (par 1500 mètres de profondeur), tuant 11 ouvriers et  laissant s'écouler 780 millions de litres de pétrole (oui, c'est un vrai chiffre, c'est pas une blague. C'est l'équivalent de 5 millions de Barils.) avant de voir sa fuite colmatée le 20 septembre. 5 mois plus tard.



A l'époque, les solutions envisagées sur ce chantier hors-norme étaient de creuser un puits secondaire pour rejoindre le puits principal et baisser la pression interne, envoyer des robots sous-marins pour boucher la valve avec un sarcophage de béton armé ou prier Poséïdon pour sa clémence.

James Cameron (mon héros), dont les connaissances en l'ingénierie maritime ne sont plus à prouver ainsi que Kevin Costner, qui a investit une partie de sa fortune dans la fabrication d'un dispositif de filtrage de l'eau et du pétrole furent consultés et apportèrent leur aide.

Il est amusant de savoir que Deepwater Horizon avait fait l'objet de sérieux doutes quand à sa sécurité et que de nombreux rapports encourageaient des modifications conséquentes de sa structure et de son fonctionnement pour la rendre plus sûre en cas d'accident et éviter au maximum les risques de mort du personnel et de pollution à une échelle (quasi)planétaire.

Mais bon, faut croire qu'investir dans de l'ingénierie de pointe coûte plus cher que balancer 780 millions de litres de pétrole à la flotte et se permettre de laisser fuir un puits pendant 5 mois non-stop.
C'est pas comme si on nous rabâchait sans cesse des cas de pénuries épouvantables dans les années à venir et de voir l'essence prendre le prix du lingot d'or.
C'est pas moi qui le dit, ce sont les experts de chez BP qui le pensent.

L'opération a coûté l'équivalent du PNB de plusieurs états africains, le Golfe du Mexique fut transformé en gigantesque mare de merde cancérigène, détruisant des écosystème entiers et c'est unis que les grands (donc) de ce monde, industriels pétroliers, ingénieurs et politiques, promirent:

"Nous ferons vachement plus gaffe la prochaine fois, juré.
Nous rendrons nos plates-formes plus sûres, parce que nous aussi, nous aimons la nature."

Pas de bol, le week-end dernier, c'est au tour d'Elgin, une plate-forme de forage gazier de chez Total, une autre incarnation pyramidale du mal, de partir en vrille dans les eaux de la Mer du Nord cette fois-ci et de lâcher du méthane pur à tout va et à tous vents.



Il est amusant de savoir que Elgin avait fait l'objet de sérieux doutes quand à sa sécurité blablablabla et éviter au maximum les risques de mort du personnel et de pollution à une échelle (quasi)continentale.

Et quelles sont les solutions proposées?

Ben forer un puits secondaire blablabla pression du puits principal.
Durée du chantier?
5 mois.

Normal.

"Raisonnable" selon Total.

Donc Total qui, je le rappelle, ne payait jusqu'à présent que très peu d'impôts puisque la majeur partie de son chiffre se fait hors de nos frontières (dont des pays en guerre, allez savoir pourquoi) peut se permettre de laisser fuir une conduite de gaz pendant 5 mois sans que cela n'affecte son économie si ce n'est de manière "raisonnable" et continuera à nous chialer dans les jupes pour justifier la hausse des prix à la pompe.

Ne vous méprenez pas, je suis un grand admirateur des ingénieurs qui travaillent sur ce genre de chantiers.

Car comme des astronautes, ils sont des explorateurs qui chaque jour repoussent les limites de la mécanique et de la physique pour chercher des matières premières dans des endroits toujours plus profonds et toujours plus difficiles d'accès.

Les gars qui ont bossé sur le chantier Deepwater méritent un réel hommage car chaque jour était un nouveau défi et chaque jour, ils devaient apporter des solutions à des problèmes qu'ils ne connaissaient même pas.

Je suis admiratif quand je vois la crème de l'ingénierie se réunir pour affronter un problème de front, pour apporter des solutions positives, proposer des innovations technologiques propres à élever l'humanité et faciliter le quotidien des populations.

Je respecte intensément ces ouvriers qui travaillent dans des conditions souvent difficiles sur des dispositifs prototypes afin que leurs patrons aient du kérozène à mettre dans leurs hélicos le matin avant d'aller rejoindre le conseil d'administration.

J'aimerais simplement que parfois leurs patrons arrêtent d'oublier leurs propres erreurs et se disent qu'investir avant que tout ne leur saute au visage, c'est pas beaucoup plus idiot que de laisser se répandre une crotte létale pendant 5 mois.

Habitants d'Aberdeen, cité blanche de la côte Ecossaise, ville des rois et des ouvriers du pétrole à 200km de la plate-forme Elgin, je pense à vous.
J'ai visité Aberdeen lors de mon voyage dans les hautes terres l'année dernière et j'ai aimé les murs blancs de vos bâtiments sans âge, les bateaux et les pubs, les remorqueurs géants et les châteaux.

Il serait triste de voir tout ceci disparaître sous un nuage de gaz ou une explosion cataclysmique.
(souvenirs de mon "into the wild" à moi...)
















































































Mais tout n'est pas noir vous savez.

Aujourd'hui, les Birmans n'ont pas oublié de voter pour Aung San Suu Kyi.

jeudi 1 mars 2012

Get Off of my Cloud / The Rolling Stones





Je suis d'un naturel plutôt poli, je suis patient et de temps en temps sympa, mais parfois, il faut quand même voir à pas déconner sous peine de chier violemment ses dents si on m'en fait trop.

Cette fameuse journée s'annonçait plutôt bien pourtant, puisque la Sibérie avait décidé de quitter Paris et qu'une étrange boule de feu était soudainement apparu dans le ciel, réchauffant l'atmosphère et bronzant élégamment ma peau.

Je travaillais tranquillement quand une dame à l'accent italien (beaucoup trop) prononcé m'interrompt, et sollicite mon aide pour accessoiriser la pièce de théâtre certainement formidable (et amateur. Ils sont courageux les amateurs.) pour laquelle elle travaillait.

Elle était polie donc j'ai souri.

Et me voila donc ravi d'aider une pauvre hère, à virevolter de pièces en pièces, lorsque de retour à mon bureau, une formidable surprise m'attendait.

Elle s'était assise dans mon fauteuil.

La Connasse.

Dis-donc, toi qui ne respecte pas les affaire des autres, tu vas tout de suite sortir tes fesses coincées dans ton pantalon pourri qui te boudine honteusement de MON fauteuil, qui se trouve derrière MON bureau et t'excuser plus vite que ça bouillais-je intérieurement, parce que bordel, quand on m'en fait trop, vaut mieux compter ses dents.

"C'est un bel endroit dans lequel vous travaillez" me nargua-t-elle.

"Oui, j'en ai de la chance, c'est un chouette BUREAU -insistant sur le mot bureau pour bien lui faire comprendre de dégager fissa si elle ne voulait pas se retrouver mongolienne à vie avec le coup de boule stratosphérique qui l'attendait, parce que moi, quand on m'en fait trop, je ne réponds plus de rien- c'est agréable de travailler ici (alors fous ton camp avant que je foute un coup.) " répondis-je en me disant que les amateurs, ce sont vraiment des casses-testicouilles qui se croient tout permis.

Hippies, va!

Comme cette reloue pensait que mon fauteuil était comme un siège de station de métro, offert à tout le monde et sur lequel les clodos pouvaient vomir et les amoureux se rouler des pelles, j'ai mis au point un stratagème formidable pour la déloger (parce que là, elle m'en avait trop fait).

"Alors il faudra me signer là et là" et l'idée de génie génial que je suis fut de laisser les papiers sur la table la plus éloignée de ce veau marin afin qu'elle soit dans l'obligation de se lever pour signer là et là.

"Ah ben amenez-moi vos papiers pendant que je sors mes lunettes..."

LA PUTE.

Elle me prend à mon propre jeu et pendant qu'elle parade dans MON fauteuil comme sur un trône, fière comme un dictateur sud-américain et qu'elle écrit à MON bureau comme si elle était en train de ratifier un traité de paix Israëlo-Palestinienne derrière le bureau ovale, moi je lui amène tout mes papiers comme un bon secrétaire, mais je lui donne pas mon stylo, parce que vraiment, quand on m'en fait trop, je la regarde se prendre pour Kennedy en pleine crise de Cuba, je la remercie et je suis allé charger sa voiture.

Avant de partir, elle m'a demandé de lui donner le trajet pour retourner dans Paris.

Mais comme je suis pas du genre à me laisser emmerder quand on m'en fait trop, je l'ai laissée se démerder comme une grande.

"Ah ben je suis désolé, je ne sais pas, je viens en RER..."

Ah ça, quand on m'en fait trop...

samedi 11 février 2012

I Want it All / Queen





Je dois vous avouer de larges difficultés de ma part à souscrire au concept de compétition.

Si je nourris certainement de larges ambitions personnelles comme m'élever au dessus des plaines, regarder droit dans les yeux un soleil qui se couche sans fin ou avoir un jour une conversation intelligible avec Steven Spielberg, Paul Auster ou Scarlett Johansson, l'idée de devoir écarter à coup de barres de fer, manipulations sournoises, extorsions violentes ou tricheries fielleuses toute personne se trouvant sur mon chemin ne me procure pas particulièrement de réelle joie.

Déjà parce que ma compétitivité est comme la roue voilée de mon destin:

bancale.

Ensuite, m'estimant en (longue) période d'apprentissage de la vie, je pense fermement que l'on ne peut s'enrichir en se combattant.

Je pense sottement que gagner aux dépends des autres ne m'apportera rien.

Pour exemple, petit, aux jeux de société, je n'aimais pas gagner. Alors je me laissais perdre. (même contre les membres de ma propre famille, ce qui pourrait passer pour une attitude de soumis battu à coup de ceinturons et valoir à mes parents une visite des services sociaux.)

Je n'aurai jamais l'attitude combative de ceux prêts à tout pour atteindre leur but. (et c'est d'ailleurs surement un tort de ma part, un aveu de faiblesse absolue, je le concède.)

Je ne parlerai pas du cas particulier des sportifs pour qui la compétition est un mode de vie encadré, pour les plus nobles, de valeurs prestigieuses comme l'effort, le dépassement de soi, le fair-play, ( ainsi que le tacle appuyé et la mauvaise fois quand on va parler à l'arbitre.)

Je veux apprendre de mes victoires et des échelons que je gravis quotidiennement dans mon périple mouvementé vers l'accomplissement de mon ambition personnelle (j'ai un jour parlé à un assistant de Spielberg et discuté avec une fille qui ressemblait presque à Scarlett Johansson si elle avait été brune, plus mince et avec la tête de Muhammar Kadhafi.)

Mais je veux aussi apprendre de mes échecs.

Car ils ont plus de valeur pour moi que des victoires qui m'auraient coûté un écart dans mes convictions.

J'admets que ce statut presque chevaleresque du "je refuse la victoire sale" peut paraître d'une niaiserie totale à l'heure actuelle où l'on se frite pour une place dans le métro.

Mais c'est surtout parce que je sais que chaque jour, quand je me lève et que je me brosse les dents, je vois dans le miroir mon plus grand rival.

Ma Némesis ultime, celui qui ferait passer le Jocker, Lex Luthor, Doomsday ou Magnéto (le méchant aimanté des X-Men) pour des enfants de coeur cueilleurs d'Orchidées.

Celui que j'écraserais du talon de mon adidas superstar sans éprouver le moindre remord.

Celui qui pense que de toute façon, il ne pourra pas gagner.


mercredi 28 décembre 2011

Brand New Day / Van Morrison



Dimanche, 2011 ne sera plus.

Et du coup, des tas de gens vont sottement prendre des bonnes résolutions pour la nouvelle année, ignorant leur erreur et pensant naïvement reprendre le contrôle provisoire de leur vie.

A ces gens, je dis stop.

Vous perdez un temps précieux et une énergie considérable.

Le 1er Janvier 2012, je ne prendrai pas de bonnes résolutions car je me réveillerai seulement le 4 après avoir cuvé mon champagne.

Les Bonnes Raisons pour ne pas prendre de Bonnes Résolutions

- Vous vous rajoutez une pression sociale supplémentaire en hurlant à la cantonade que c'est décidé, vous allez arrêter de fumer comme un pompier ou de boire de l'Ice Tea comme un Capitaine Haddock perdu dans le désert. Et quand vous échouerez -parce que oui, vous échouerez- tout le monde se moquera salement de vous et soulignera la faiblesse et la fragilité de votre volonté. Mauvais Plan.

- Les Bonnes Résolutions, c'est has-been. C'est so 2008.

-En 2012, souvenez-vous, nous mourrons tous écrabouillés comme des vieux flans par une planète folle venue jouer aux autos-temponneuses avec la nôtre, avalés par des tremblements de terre qui couperont la planète en deux, lessivés par des raz-de-marée à faire passer le Japon pour des ronds dans un pot de chambre, engloutis par des trous noirs et que sais-je encore comme nous le promettent les Mayas, illuminés, déglingués et autre Paco Rabanne ou Escrocs Astrologues de caravanes. Et Roland Emmerich dans son très mauvais film.

- Les Bonnes Résolutions c'est pour ceux qui écoutent Justin Bieber. (et là, je calme tout le monde.)

- Les Bonnes Résolutions doivent partir du 1er Janvier 2012 au matin. Pas du 31décembre 2012 (qui de toute façon n'existera pas si vous avez bien suivi...) en soirée. Je dis ça pour les resquilleurs.

- Les Bonnes Résolutions ne sauveront pas notre triple A (je dis ça pour ceux qui envisagent d'arrêter de fumer et de boire de l'Ice Tea.)

- Les Bonnes Résolutions frustrent et font monter votre tension. Pas bon pour la santé.

- Les Bonnes Résolutions, c'est se donner une raison de plus d'échouer.



Le 1er Janvier 2012 sera un nouveau jour où je ne prendrai pas de bonnes résolutions.

Ce sera un jour comme tous les autres que j'essayerai tranquillement de traverser pour préparer les autres qui vont arriver.




lundi 5 décembre 2011

The Soundtrack of Our Summer / The League



Là, présentement, vous vous dites qu'il fait froid sa mère et vous regrettez les terrasses, les jupes des filles et les pic-nics dans l'herbe.

Pas de problème, je vous réchauffe le coeur (et les fesses) grâce à The League, le meilleur groupe amateur parisien de l'univers intersidéral et des étés au soleil.

Et comme ils sont forts, beaux, drôles, alcooliques, fêtards, et doués, je vous invite tous à voter pour eux là:

http://awards.jamendo.com/fr/concoursJamendoOuiFM/319978#.Ttym4SEIGSt.facebook

parce que déjà, ils le méritent fortement et parce qu'ensuite, vous pourrez peut-être gagner une gratte et un ampli et vous prendre pour un rockeur.

The League, je les ais suivis dans les salles pourries  petites de Paris, j'ai accompagné leurs début et c'est avec fierté que je vous annonce que le cousin et ses acolytes, ils vont flamber le Midem à Cannes entre le 28 et le 31 Janvier prochain.

En 2012, votez bien, votez rien.

En 2011, votez Big, votez The League.


dimanche 4 décembre 2011

Icky Thump / The White Stripes



Cette chanson parle (entre autre) d'une rousse incendiaire mexicaine et me permet d'assumer ma passion non pas pour les enchiladas et les sombreros mais bien pour les filles (et les bières) rousses.

 Passion bizarre, certes, mais quand même moins honteuse que faire des cendriers en coquilles d'huîtres ou collectionner les pots de chambre ou les licornes.

 Et puis une bière rousse, ça a du caractère et c'est doux en même temps et une fille rousse, elle a du mystère et elle est douce en même temps aussi.

 Et puis parce que je trouve que les filles (et les bières) rousses sont originales. Ce ne sont pas celles auxquelles on pense en premier.
 Ni en bar, ni en rencard.


 Il y a toujours un peu de mystère qui entoure les filles (et les bières) aux cheveux (à la robe) rouges et le mystère, ça rend la vie plus amusante. (ben ouais boire des kros en regardant Evelyne Dhéliat vous annoncer que demain il pleuvra, ça manque quand même un poil de fantaisie.)

 Et pour vous prouver que mes monomaniaqueries diverses et autres passions bizarres deviennent tendances (et donc vous aussi avec, lecteurs bien-aimés) hier, Miss France avait des cheveux rouges. Et l'accent Alsacien.

 ça me donne envie de décapsuler une Kilkenny, moi...

dimanche 30 octobre 2011

Salute Your Solution / The Raconteurs



A chaque problème, sa solution nous dit le dicton.


J'ai donc décidé d'éviter de stagner comme une poule devant un cure-dent face au moindre problème rencontré dans mon quotidien palpitant.

Une fuite d'eau? Hop un torchon! (et couper le'arrivée d'eau est bien utile aussi.)

Mon lit se casse en deux? Pas de soucis, je pose mon matelas par terre (et je fonce chez Ikéa à la vitesse de l'éclair.)

Des problèmes de boulot? Pas de problèmes, j'appelle Taïwan dès 9 heures du matin (et sur le reste de la planète en suivant les fuseaux horaires tout au long de la journée.)

Un rouleau de scotch fait des merveilles sur une carte vitale cassée en deux et un bon coup d'huile lubrifiante vous répare un téléphone portable à écran tactile sans soucis.

Je trouve souvent des solutions comme remplir mon frigo quand j'ai faim ou marcher quand le métro est en galère.

Mais le mieux pour surmonter les problèmes, c'est finalement de les ignorer...





mercredi 17 août 2011

Takin' Care of the Business / Bachman Turner Overdrive



Des fois, dans le cadre de mon travail, il m'arrive d'être en contact téléphonique (téléphofuck comme disent les anglo-saxons) ou e-mailique (là, les anglo-saxons ne disent rien) avec Hollywood.

Oui, madame, avec Hollywood la grande.

Et quand je parle avec Hollywood, tout de suite, j'ai des projets terribles en tête:

Proposer à Spielberg de regarder les étoiles et d'attendre une rencontre du troisième type ensemble.

Des choses simples en fait.

Inviter Scarlett Johansson au Baron Samedi.

Bon, avant tout ça, j'essaye déjà de ahaner un anglais pas trop moisi, de ne pas me faire dessus de trouille et surtout de comprendre ce que me dit celui à l'autre bout du fil.

"Hello, i'm currently working on a movie with Bob DeNiro and we would like to work with you"
"Ah, sorry, oui dou not have dindonneaux for your mouvie. Bye Bye"

Et tandis que je participe ainsi avec élégance aux succès planétaires de film aux budgets équivalents au PNB du Mozambique, j'échafaude des plans de carrière plus réalistes avec mon nouveau statut.

Racheter des banques pour virer tout le monde et les revendre ensuite, par exemple.

Aller acheter mes comic-books direct à New-York en jet privé, racheter ray-ban quand j'ai besoin de lunettes de soleil, aller voir un match de l'ASNL en tribune Jacquet, inviter Jay-Z et Prince à mon anniversaire pour mettre l'ambiance, faire l'acquisition de tous les modèles d'Adidas Superstar qui existent pour avoir chaque jour une paire différente aux pieds et faire déplacer la cathédrale de Toul dans le jardin de mes parents.

Parler un jour Technologie avec James Cameron.
Au petit déjeuner, bien sûr.

Rester comme je suis en fait, mais dans un 200m2 avec vue sur le sacré-coeur.

Vraiment, travailler avec les gens d'Hollywood c'est pas si dur finalement.

Et surtout, ça rend humble.

lundi 8 août 2011

Crazy Man, Crazy / Bill Haley and His Comets



Aussi loin que mes pas me portent, dans mes pérégrinations quotidiennes, dans mes croisières sur des Atlantiques sans rivages ou mes traversées du désert, il m'arrive de croiser des fous.

Des fous sages, des fous inquiétants, des faux fous (je vous en parlerai un jour, ce sont ceux que je hais le plus.) ou des vrais marteaux.

Ce soir, en rentrant bien tard, j'ai croisé un homme qui parlait à son chien.
Ce qui n'est pas forcément un signe de folie manifeste si ce n'est que son chien était totalement imaginaire (ou alors invisible, auquel cas le dingue monsieur à des sous à se faire)

Au départ, je pensais qu'il parlait à ses chaussures et se permettait une conversation à rompre pas mal de bâtons avec ses pompes..

Moi, je ne trouve pas ça grave de parler à ses chaussures, vu qu'il m'arrive moi-même de féliciter mes magnifiques adidas Superstar rouges édition limitée Def Jam -meilleur label du monde- et de leur demander si elles ne galèrent pas trop dans les rues de Paris. et se permettait une conversation à rompre pas mal de bâtons avec ses pompes.

Mais c'est en voyant qu'il regardait souvent le trottoir à côté de ses pieds pendant qu'il parlait et qu'il appelait un certain "Bill" que j'ai soupçonné l'entourloupe.

Donc là, mon déglingué qui se dirige (évidemment) droit sur moi demande aux passants de faire attention à son chien en criant très fort et vantant ses louanges et n'arrête pas de lui dire qu'il est beau et tout gentil.

Mais bien sûr...

Là, je feint de ne pas flipper.
(non, parce que j'aimerais bien vous y voir avec un lunatique qui parle à un chien qui n'existe que dans sa tête -ou alors qui est complètement invisible, étudions bien toutes les hypothèses possibles- arrivant en gesticulant dans votre direction)

Et il a traversé, en prenant bien soin que sa schizophrénie canine le suive gentiment.

Quand je croise des fous comme ça dans la rue, je pense à BP, Total, Exxon ou Texaco, et je me dis qu'au moins, avec un chien imaginaire, on a pas à ramasser ses crottes dans la rue...

mardi 12 juillet 2011

It Wasn't Me / Lou Reed & John cale



Ce message est une réponse à une petite note que j'ai trouvée un jour scotchée dans l'ascenseur de mon immeuble.

Alors je tiens tout de suite à préciser: Ce n'est pas moi le sombre ignorant au QI de bulot mort qui ait balancé de la peinture dans la grande poubelle à recycler le carton et les sacs en plastique. (Avec un couvercle jaune.)

Je trie (à peu près) mes déchets, je n'ai pas fait de peinture depuis des lunes et des lunes et si j'en faisais, je n'aurais pas l'idée saugrenue toute droit sortie d'un cerveau d'analphabète congénital de jeter la fin du pot dans une poubelle sous prétexte que je ne sais pas quoi en faire.

Et par la même occasion, vu que je suis chaud, je tenais à préciser deux-trois points.

Je ne suis pas responsable de la déforestation, ni de la disparition des baleines et des ours blancs.

Je n'ai rien à voir avec l'invention de cette idiotie de Paris-Dakar ou le naufrage de Deepwater Horizon dans le golfe du Mexique au printemps dernier.

Je n'ai pas un excédent carbone à faire tousser toute la forêt Amazonienne plus celle de Rambouillet.

Alors je tiens à préciser aux empêcheurs de tourner carré, clients comme moi au franprix d'à côté que ce n'est même pas la peine d'essayer de me culpabiliser en me faisant remarquer que j'achète des gobelets en plastique en non en carton recyclé issus du commerce équitable pour mon prochain pic-nic.

Le scooter bruyant sur lequel ils partent gaiement ne fonctionne pas avec des pédales à ce que je sache.

(non mais!)






































Note de Moyen: ça fait du bien de s'énerver contre des gens qui veulent défendre une bonne cause...