Affichage des articles dont le libellé est groove. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est groove. Afficher tous les articles

samedi 22 mars 2025

634-5789 / Wilson Pickett




 9 avril 2021.

La réceptionniste du cabinet de scanner et radiologie me tend une enveloppe. 

« Tenez, voilà les résultats de votre scanner et dites-moi si vous voulez parler à un médecin. »

Ah merci, alors voyons voir, ah, des radios que je ne sais pas lire, blablacharabia… zone… blablachinoismedical…. Masse….Blablasombreblablaganglionsdégueulasses blablymphomeblabl..

Lymphome?

Lymphome?

Mais attendez, il me semble que c’est pas top ça un lymphome, dites madame ou mademoiselle, oui, je veux bien parler à un médecin. 

« Ah ben très bien, vous voyez le téléphone près de la machine à café? Quand il va sonner ce sera pour vous. »

Ah. 

D’accord. 

Je me déplace donc vers le téléphone et vous voyez à ce moment là, j’étais encore naïf. J’avais pas trop été confronté à la rigueur de cette bloody hell chienne de vie, j’avais pas de dettes de jeu ni de mauvaises relations avec une Mafia quelconque, je trouvais régulièrement de la place en terrasse, même à Paris, j’étais pas poursuivi par la maréchaussée et j avais un toit et des verres et des amis pour les vider avec moi. Donc vous voyez, je me dis que le téléphone va sonner et à l’autre bout du fil, une voix sucrée me dira d’aller au deuxième étage troisième porte à droite. 

Vraiment, j’étais naïf. 

Dring. 

Allo?

"Oui bonjour c'est à quel sujet?"

(Déjà, indice: la voix est pas sucrée. Ça part pas nickel, cette histoire.)

"Ben c'est au sujet monsieur que vous me marquez le mot Lymphome sur mon dossier (et moi c'est Moyenman)"

"Ah oui oui, Mr Moyen,  vous avez un Lymphome."

"On est d'accord qu'un Lymphome, c'est un cancer?"

"Oui oui, tout à fait."

"..."

"..."

"... Mais... Mais alors je fais quoi? Je vais voir mon généraliste qui va m'orienter vers un spécialiste, c'est ça?"

"Absolument. Et ne vous inquiétez pas, ça se soigne. Bonne journée monsieur!"

"Ah ben bonne jou-clic-raccroché.

(Notez que cette conversation est authentique. Au téléphone d'un cabinet de radiologie - scanners, à côté d'un distributeur de café. Vous pouvez donc admirer mes talents de diplomate puisque 1: le téléphone est resté intact. 2: je n’ai pas traité mon radiologue d’une quelconque maladie vénérienne, ni même d’un banal « enculé » et 3: je ne divulgue même pas l’identité de ces hémorroïdes humaines. Confiez-moi donc l’Ukraine et Gaza.)

Quand j’étais ado, il n’y  avait pas de téléphones portables ni de mails, ni de messageries instantanées (oui, je parle comme un homme préhistorique ou Michel Sardou.) et du coup, on se donnait des rencards par téléphone fixe. On appelait, un peu tremblant, on décrochait, un peu hésitant, et on essayait de se retrouver au cinéma, ou à La cigogne, place des clercs à Toul, pour siroter des Monaco et passer un bras sur une épaule. 

Bref, le téléphone fixe, pour moi, était associé à de l’insouciance (et bon, des désillusions, mais c’est les règles du jeu)

Je raccroche donc le combiné et dans ma tête, instantanément :

Ok, j'ai un cancer.

- Je ne peux plus aller travailler (C'est pas forcément la pire nouvelle de la journée.)

-Je vais être dépendant

- Je vais avoir un traitement que je ne connais pas (rayons, chimio, opération)

- Je vais perdre mes cheveux (C'est marrant. Je ne tiens pas particulièrement à mes tifs, mais c'est vrai que j'y ai pensé rapidement. Comme si je voulais m'y préparer.)

- Je vais peut-être mourir. (Elle est peut-être là, la pire nouvelle de la journée.)


Cette liste s'est imprimée dans ma tête et j'acceptais chaque étape au fur et à mesure que je les énumérais. C’était la règle de ce jeu. 

Puis je sortais le mien, de téléphone et j'appelais mon merveilleux docteur, mes parents et ma soeur.

Moi qui ne m'étais jamais battu de ma vie, sauf peut-être contre des housses de couettes, des écouteurs filaires emmêlés et des emballages "ouverture facile",  j'allais finalement  devoir m'y mettre...

lundi 6 juin 2016

Say it loud, I'm Black and i'm Proud / James Brown (Muhammad Ali, 17 Janvier 1942 - 03 Juin 2016)



Muhammad Ali est mort.

Un des plus grands philosophe du XXème siècle.

Oui, oubliez Deleuze, Heidegger, Jaspers ou Sylviane Agacinski, le verbe ne s'est jamais aussi bien exprimé qu'à travers la bouche d'un homme qui faisait parler ses poings.


Un homme qui un jour s'est levé et à coups de directs du droit et de paroles, a renversé à peu près toutes les barrières qui pouvaient exister. Non seulement pour lui, mais pour tous les noirs et pour la planète entière.

Comme je ne veux pas que ce blog finisse par ressembler à une interminable chronique nécrologique, en souvenir de The Greatest, nous allons nous lever et danser (avec l'aide du groove affolant de James, bien évidemment.)

Faisons simple, des mecs de ce calibre, il en existe un par siècle, à peu près.

Muhammad Ali ne boxait pas, il dansait.
Il dansait avec légèreté. Il volait sur le ring, esquivait, glissait et assommait.

Surtout, Ali se tenait debout et chacune de ses paroles, chacun de ses gestes, tout son corps, toute son âme le criait: I'm Black and I'm proud.

Et son verbe assommait plus que ses poings.

Un roi qui parle. Un verbe incarné, une parole de feu qui se gravait pour toujours dans le marbre de l'histoire et dans l'esprit des gens.

Car Ali ne parlait pas finalement. Il éclairait.

Noir et fier, il n'a jamais renié ses convictions.
Il a refusé de partir au Viet-Nam. ça lui a coûté son titre de champion du monde, son droit de boxer et sa liberté.
Il refuse les pronostiques qui annoncent qu'il va se faire réduire en bouillie par George Foreman à Kinshasa.
Foreman, un bulldozer humain, impitoyable puncheur invaincu à l'époque en 40 combats. Dont 37 KO.
Ce 30 Octobre 1974, dans la nuit Zaïroise, il refuse le destin qu'on lui promet et forge le sien à la 8ème reprise en terrassant son opposant.

Noir et Fier, il annonçait être le plus grand, le plus rapide, le plus malin et le plus beau.

Et il avait raison.

Il dansait sur le ring, il dansait avec les mots mais féroce, la vie lui a volé cette grâce.

Et Philosophe, encore une fois, il acceptera que son créateur le mette à l'épreuve physiquement et encore une fois, refusera que son esprit soit moins vif.

Il est le seul dont l'étoile sur Hollywood Boulevard est accroché sur un mur et non dans le trottoir. Parce qu'il ne voulait pas que son nom soit piétiné.

Parce qu'il était noir et fier.







































Une dernière fois, en hommage au Greatest, dansons.


dimanche 24 avril 2016

SPECIALE PRINCE ROGERS NELSON (1958 - 2016)

Alors oui, évidemment, je suis triste.


Pensez donc, Prince est mort, Gilles Verdez est toujours vivant, les médias préfèrent continuer de parler de trucs idiots plutôt que des migrants qui se noient pas centaines et en plus, il pleut.

Prince est mort.

Bon, je vais pas dire que je le pensais immortel (encore que) mais quand même, c'est étrange à écrire comme phrase. Un personnage aussi fantasque, charismatique et surtout talentueux ne pouvait disparaître aussi vite. (Encore que je me demande si mourir à 97 ans dans des draps en soie violette -même entouré de sublimes créatures souples et douces- ça n'aurait pas un peu écorné la légende finalement. Genre un rockeur qui meurt dans son sommeil. Elle est bien bonne, celle-là.)

Prince est mort et comme après la disparition de Michael Jackson ou David Bowie, le monde groove moins. La planète a un peu perdu de son rythme je trouve.

Donc oui, je suis triste.

Mais plutôt que de faire un éloge funèbre sordide, je vais vous raconter un de mes meilleurs souvenirs de concert de toute ma vie.

Le 01 Juillet 2010, à Bercy.

Stevie Wonder, un des derniers de ces dinosaures mythiques, faisait donc bouger plein de monde au son des ses tubes qui tapent.
Vous me connaissez, je suis pas du genre à en rajouter mais bordel, c'était mortel.

Et il commence à jouer les premières note de Supersition.

Les gens sont contents, noterez-vous, car ce titre est un petit peu sympa et dansant.

Et il s'arrête.

Il veut faire venir un ami sur scène.

Le public est en délire et le reste appartient à la légende...




Je ne m'en suis toujours pas remis.


Tout comme je ne me suis pas remis de son concert au Grand Palais où j'ai fait partie des chanceux qui ont pu y assister.

Tout comme je ne me suis pas remis de la première fois où j'ai entendu Kiss, Purple Rain, Sexy MF, When doves Cry, Get Off, Cream, Housequake, et un nombre incalculable d'autres tubes.

Tout comme je ne me suis pas remis de mon deuxième meilleur souvenir de concert.

Le 11 Octobre 2009.

Sous la grande et belle verrière du Grand Palais.



Prince n'était pas qu'un musicien génial, performer exceptionnel, auteur, compositeur, producteur incroyable et guitariste virtuose.

Il était la musique. Elle irradiait et il nous enveloppait dedans à chacune de ses apparitions.


Au revoir, Prince Rogers Nelson.

Et Merci pour votre -trop court- passage sur Terre. Vous avez participé à la rendre plus hospitalière et promis, on continuera de danser, sur vos chansons et sur les autres, pour la laisser pas trop sale à ceux qui viendront après.

vendredi 18 septembre 2015

Hit and Run / Loleatta Holloway



La Coupe du Monde de rugby commence aujourd'hui.

6 semaines de joie, bonheur, pintes de bières et tampons dans le menton.

Alors pour fêter ça, voici mes 5 moments préférés de la Coupe du Monde de Rugby
(notez que j'ai volontairement omis les coupe du monde de 1987 et 1991, qui contiennent pourtant leur lot de moment cultes, parce que je ne les ais pas vécues en direct comme les autres, l'émotion à posteriori étant quand même moins forte que la mandale du moment même...)


18 Juin 1995: Demi-Finale Angleterre - Nouvelle-Zélande

Le Jour où Mike Catt est devenu un tapis humain.

La veille, l'équipe de France a vécu une demi-finale dantesque face aux Springboks, futurs vainqueurs de l'épreuve. Dans des conditions apocalyptiques, sur  un terrain transformé en piscine olympique par des trombes d'eau, les bleus encaissent le défi physique ahurissant imposé par les Sud-Africains mais se voient refuser 3 essais tandis que celui accordé à Ruben Kruger n'était pas valable. L'équipe de Christian Lacroix, auteur de 15 points avec 5 pénalités marquées s'incline 19-15.

Le 18 juin, donc, la deuxième demi-finale oppose le XV de la rose aux All Blacks. Et depuis le début de la compétition, on assiste à la naissance d'un phénomène hors-norme.
Jonah Lomu, Néo-Zélandais d'origine Tongienne.
Un monstre d' Un mètre quatre-vingt-seize pour cent vingt kilos qui abat le 100 mètres en moins de 11 secondes et qui a à peine 20 ans à ce moment-là.
Peut-être la seule vraie star planétaire de ce sport où l'individualité disparait au profit de l'équipe.

Les blacks sont sur un (long) nuage (blanc) quand ils entrent sur la pelouse face aux Anglais.
Ils ont écrabouillé tous leurs adversaires avec une facilité effrayante et leur ailier vedette (parce que oui, cet autobus humain n'est ni deuxième ligne, ni troisième ligne, mais bien ailier. Des mensurations hors-normes pour un joueur de ce poste.) est en train de se satelliser à la vitesse de la lumière autour de la planète ovale.
Mais les exploits qu'il a accompli jusqu'à présent ne sont rien en comparaison de ce qu'il s'apprête à faire.

Les Anglais croient pourtant en leur chance, surtout qu'ils sortent de 3 grands chelems glanés dans les 5 éditions précédentes du tournoi des 5 nations et règnent sur l'Europe.

Ils comptent donc bien montrer à leur adversaires qu'il faudra compter avec eux et aller chercher la victoire ne sera pas chose aisée, bloody hell!

Cet état d'esprit guerrier god dammit tiendra deux minutes.

Graeme Bashop, le demi de mêlée du XV de la Fougère, sentant le coup à jouer au large catapulte alors Lomu qui peut mettre en marche son incroyable énergie cinétique.
Un premier Anglais tente de le bloquer, il sera balayé d'un raffut dévastateur.
Arrive alors le capitaine Carling, qui, à 30 ans, ne peut rivaliser avec la vitesse de course de l'Homme-Montagne. Mais sa tentative ne sera pas vaine et une cuillère désespérée déséquilibre le géant.
Lomu a vu sa vitesse réduite de moitié, perd ses appuis et déjà Mike Catt, dernier rempart de la forteresse anglaise, se dresse sur sa route.
Lomu l'enfonce alors comme une vulgaire porte en balsa et lui marche littéralement dessus avant d'aller aplatir tranquillement dans l'en-but.
Pas au sens figuré. Non, le pauvre Catt doit encore avoir une empreinte de pied, pointure 52 fillette sur le torse.

Les Anglais de s'en remettront jamais et Lomu marquera encore 4 essais, scellant la victoire des All Blacks 45 à 29.

Et alors que tout le monde les voit alors favoris pour remporter le titre, il faudra l'esprit d'un peuple, le souffle de l'histoire et le leadership de deux hommes, un noir et un blanc, Mandela et son capitaine François Pienaar, pour les arrêter dans leur course folle.



31 Octobre 1999: Demi-Finale France - Nouvelle-Zélande
Le Jour où le XV de France a terrifié les All-Blacks.

En ce jour d'Halloween, le XV de France se retrouve face à à la plus belle collection de monstres de l'histoire.
L'équipe de Lomu, Umaga, Mehrtens, Anton Oliver, Taine Randell, ou Christian Cullen. Un peu comme une dream team, mais en meilleure.

Pour bien comprendre le contexte de ce match, il faut savoir que la France avait fini dernière du précédent tournoi des 5 nations et qu'à l'été, lors de sa tournée dans le pacifique, elle s'était fait désosser sans anesthésie 54-7 par cette même équipe Néo-Zélandaise.

Autant dire que bon, les voir comme favoris face à leurs bourreaux, c'est un poil abusé.

Suite à cette débâcle dans l'hémisphère sud, Fabien Galthié reste en Nouvelle-Calédonie, persuadé, à raison, qu'il ne sera pas sélectionné pour la Coupe du Monde.

Mais suite à diverses blessures, il est rappelé et prendra les clés du camion pour diriger cette équipe à qui on promet un enfer noir.

Un enfer noir qui se concrétise à la 26ème minute lorsque Lomu, toujours lui, s'empare de la balle aux 22 mètres français et pulvérise 5 bleus (dont Ntamack et Abdelatif Benazzi, qui n'ont pourtant pas des gabarits de danseuses étoiles. Benazzi rebondira même comme un vulgaire culbuto en caoutchouc en allant percuter le n°11 néo-zède.) sans même être ralenti dans sa course.

Transformation du génie Mehrtens. 14-10 pour la Fougère.

Et pourtant.

Et pourtant, à la mi-temps, c'est dans les yeux des hommes des antipodes que l'on lit le doute et la peur.

Parce que l'enfer va changer de couleur à la deuxième mi-temps.

Les Français reviennent survoltés, en transe, persuadés qu'ils ont un coup à jouer. Ils hurlent dans les vestiaires: regardez-les, ils doutent! Ils ont peur!

Et le miracle, la magie arrivent.

Tout ce que les français tentent sont des coups au but. Tout ce que les blacks tentent sont des échecs. Les Français sont à présent des guerriers. Des soldats. Une armée. Galthié n'hésite pas à partir au plaquage sur Lomu. Il se retrouve à l'horizontale, flottant comme un drapeau derrière le joueur prodige, mais le fait tomber. Au contact avec Umaga, Richard Dourthe revient avec une poignée de dreadlocks du colosse dans les mains.
Les valeurs de l'Ovalie, en somme. (respect de l'adversaire, fair-play, rester digne dans le défaite, fier dans la branlée et impliqué quand on colle une fourchette dans les yeux de son opposant.)

Le match est une folie. Une guerre.
Et les blacks ne voient plus le ballon. La furia française les bouscule, les écrase comme une avalanche. Ils cherchent des solutions qu'il ne trouveront jamais pour endiguer les attaques bleues.
Submergés par ces 15 fous furieux qui vont au sacrifice sur chaque ballon, sur chaque contact, ils capitulent petit à petit.
Il semble que les français sont finalement devenus les All Bleus.

43-31.

La plus grande équipe du monde, peut-être de tous les temps est détruite. En lambeaux.

En finale, les français s'inclineront presque logiquement contre l'Australie et la magnifique paire Larkham - Gregan.

Mais ça n'a finalement pas d'importance. Ils avaient joué le plus grand match de l'histoire de leur sport.

Et ils l'avaient gagné.



22 Novembre 2003: Finale Australie - Angleterre
Le jour ou Jonny Wilkinson est devenu Sir.


Nous sommes en prolongation. 17-17. L'Australie, tenante du titre, rêve d'être la première équipe à conserver son titre, qui plus est sur ses terres.


Et à la 99ème minute, un jeune génie de l'ovale, un gentleman, une classe vivante claque un drop stratosphérique et envoie le XV de la Rose sur le toit des Dieux.

Le monde se souviendra de lui pour cette élégance des grands, ce fair-play exemplaire, son professionnalisme, son intelligence, dans le jeu et dans la vie au point de s'intéresser à l'Astrophysique alors qu'il est en pleine dépression pour y trouver le salut.

Le monde se souviendra de Monsieur Jonny Wilkinson et un genou à terre, le monde remerciera le sujet de Sa Majesté d'avoir ainsi ébloui et embelli le jeu.




07 Septembre 2007: Matche de Poule, Ouverture de la Coupe du Monde: France - Argentine
Le Jour où le Puma a mangé le Coq


J'aurais pu vous parler du monstrueux quart de finale entre La Nouvelle-Zélande et la France, à Cardiff, qui verra les bleus (encore) croquer la fougère pour filer vers la demi-finale, surtout que ce souvenir est bien meilleur que ce match d'ouverture, mais il faut parfois rendre à César ce qui appartient aux Argentins, ce petit Pays de la planète Rugby, mais au coeur énorme.


Pour moi, le match se gagne dès les hymnes. Les Hommes d'Augustin Pichot, surnommé le Petit Napoléon et capitaine de cette équipe des pumas sont en larmes. 
Transcendés par l'émotion il réalisent ce jour-là le premier exploit de leur coupe du monde. Terrasser l'Equipe de France, jugé pourtant favorite sur ses terres.

Les bleus croiseront à nouveau les fauves lors du match pour la troisième place et subiront à nouveaux les coups de griffe des argentins.

Cette équipe, composée à l'époque d'une partie d'amateurs était peut-être la plus belle de cette coupe du monde 2007. Car elle avait le plus gros coeur.


17 Septembre 2011: Matche de Poule Australie - Irlande
Le Jour où le trèfle a provoqué sa chance

Le 17 Septembre 2011, je suis en Ecosse, à Edimbourg, prêt à découvrir les merveilles et les mystères du Pays des lochs et du Whisky.
Mais coupe du monde en Nouvelle-Zélande oblige, je profite de mes petits-déjeuners pour regarder les matchs.
Assis dans un pub Irlandais, au milieu des maillots verts et des pintes de Guiness dès 10 heures du matin, je déguste mes oeufs et mon bacon et buvant des bières du thé (et quand même quelques bières) devant un petit moment d'histoire.

L'Irlande des soldats est debout. Le Ireland's Call résonne dans le pub. Et Captain O'Driscoll sonne la charge face au monstre de l'hémisphère sud, un des favoris de la compétition avec Quade Cooper, son demi d'ouverture phénoménal.

Avec le courage et la foi en leur pays, les Irlandais vont endiguer les attaques des antipodes, perdre un peu de cuir chevelu et gagner le match.

15-6

Et autour de moi, dans un petit pub à Edimbourg, résonne à nouveau le Ireland's Call, la Guiness et les larmes coulent par tonneaux et les yeux humides au-dessus de mon bacon froid, je me dis que mes vacances commencent très bien...






Voici donc quelques moments d'héroïsme, de bravoure et d'émotion, pour vous donner envie à vous aussi d'admirer les combats et les courses qui brûlent les poumons avec un autobus humain lancé aux trousses, le courage de ces hommes, qui, pour un maillot, une nation, un peu de gloire et d'émotions, iront sacrifier leurs bras et leur cuir chevelu pour se sentir fiers d'être vivants...


dimanche 21 juin 2015

Run the World (Girls) / Beyoncé







Ce soir, l'équipe de France féminine de football joue un 1/8 ème de finale contre la Corée du Sud et évidemment, je vais les supporter comme un malade.

Et pour les gros nazes qui pourraient encore penser que "les filles n'ont pas leur place dans le football, c'est un truc de bonhommes" voici un magnifique exemple du contraire...


En septembre 2011, le Fenerbahçe SK, un des trois grands clubs d'Istanbul, décidait d'interdire son stade aux hommes et de le réserver aux femmes et aux garçons de moins de 12 ans, suite à l'envahissement du terrain par les supporters lors d'un match AMICAL (j'insiste sur le mot "amical" puisque ces blaireaux ne peuvent même sortir la carte moisie de l'excuse du "c'était une finale de champion's league et il y a 3 pénos qui n'ont pas été sifflés, ça nous a collé la rage" pour se défendre.) contre le Shakthar Donestk.


Parce que les supporters Turcs sont connus pour être les plus chauds d'Europe, n'hésitant pas à littéralement foutre le feu au stade.

Exemple avec Fenerbaçhe, justement:





Parlez de supporters de football turcs à ma frangine Caro-Magnonne, toute contente d'avoir gagné des places pour PSG-Galatasaray, rencontre de Champion's League en 2001.
Elle a quitté le Parc des Princes quand les fauteuils ont commencé à voler.

Mais revenons au 20 septembre 2011.

Dans un stade bourré à craquer, l'équipe de Fenerbaçhe va donc jouer sous les cris et les chants de 46.000 gonzesses.

Une ambiance survoltée, incroyable, sans aucun débordement, mais avec une ferveur et une passion qui n'avaient rien à envier aux mecs des kops.

Des images magnifiques et historiques, pleines de joie, de chants, de cris, de hurlements, de fièvre.

Le foot tel qu'on devrait le voir à chaque fois.

Non mais regardez-moi cette hystérie fantastique:







Un exemple incroyable montré par la Turquie.

La Turquie.
Un Pays Musulman.

Je ne dis pas qu'il n'y  pas eu un petit "enculé" glissé ici où là, mais sérieusement, ça fait plaisir en les voyant de pas avoir l'impression que les spectateurs sont en train de faire la guerre.

Alors que tant de choses restent encore interdites aux femmes, il serait temps d'en interdire quelques-unes aux hommes.

Et en Ligue 1, monsieur Thiriez, plutôt que de jouer des matchs à huis-clos quand les fans dérapent, pourquoi ne pas interdire le stade aux hommes et laisser les filles y aller comme d'habitude ou pour la première fois, entre copines?
Elles vous mettront une ambiance de folie folle et vous n'aurez pas à trembler pour les fauteuils de vos enceintes, parce qu'elles sont assez intelligentes pour ne pas avoir envie de les jeter.


Cet épisode incroyable est d'ailleurs relaté dans le formidable film Mustang, en ce moment sur vos écrans et qui relate l'histoire de 5 soeurs qui subissent les traditions dans la Turquie d'aujourd'hui.

Un film génial qui renvoie Virgin Suicides aux bégaiements arty d'une réalisatrice qui a surtout subi les traditions Hollywoodiennes.


Cette chanson du jour est dédicacée à ma soeur Caro-Magnonne (fan de foot et de Beyoncé) mais aussi Kiddie, Miss-E, Blondie, Frau, P'tite ème, Babé, Ciseaux Leclerc et toutes mes amies, parce qu'elles ont réussi mieux que moi dans la vie mais qu'elles doivent se battre plus et plus fort que moi tous les jours.

Alors qu'elles peuvent faire remuer des stades.


samedi 25 janvier 2014

INTERLUDE SPECIAL GRAMMY AWARDS

Demain, ce sont les Grammys Awards au Staple Center de Los Angeles.

C'est comme les Victoires de la Musique sauf que là, on célèbre vraiment la musique.

Alors pour vous mettre dans le bain, voici mes 12 moments préférés des Grammys, sans ordre ni préférence.

Abbey Road Medley / Paul Mc Cartney (Featuring Bruce Springsteen & Dave Grohl) (2012)



Déjà, McCa, c'est légende alors on se tait quand il chante.
Mais en plus quand il invite les potes (God Springsteen et ce fou furieux de Dave Grohl) on se dit que le moment va être historique.
Ce qui sera le cas.
Et émouvant, même, quand l'ancien Beatles, Bruce et Dave Grohl (ainsi que les deux autres guitaristes, dont Joe Walsh, des Eagles) feront chacun leur solo, comme Mc Cartney, Lennon et Harrison en leur temps...

One / Metallica (1989)



Cette année-là, les Grammy accueillent une nouvelle catégorie: Meilleure Performance Hard-Rock / Metal.

Metallica est nommé pour la première fois et pour fêter ça, ils déboulent sur scène et explosent le public médusé avec One, le titre-phare de leur album ...And Justice for All
Tout le monde s'attend à les voir repartir avec le prix, mais ce sont les Anglais de Jethro Tull qui l'emportent.
Peu importe, la bête est réveillée et Metallica ne sera plus jamais le même groupe...

Stan / Eminem (Feat. Elton John) (2001)



Souvent accusé d'Homophobie, c'est un Eminem décidé à fermer le clapet de tout le monde qui se présente sur scène ce soir-là.
Il reprend Stan, une de ses chansons les plus personnelles (et peut-être la plus lucide également) et à la place d'avoir la Jolie Dido au refrain, c'est Elton John déguisé en Casimir qui apparaît.
Un Elton John qui a pu choquer à une époque, puisqu'il s'est toujours présenté comme un vrai fan d'Eminem.
Double choc pour le public, qui découvre que l'ambassadeur de la cause gay qui chante avec le white trash a chouré le costume de Willy Wonka.

Man in the Mirror / Michael Jackson (1988)


Et là, on se rappelle pourquoi Michael Jackson était une aussi grosse star.
Pas pour ses shows démesurés dans des stades, la pyrotechnie, les clips aux budgets hollywoodiens.
Ni même la danse.
Non, il ne faut pas oublier qu'avant tout, il avait le groove.
Et une voix.

London Calling / The Clash (Featuring Bruce Springsteen, Dave Grohl & Elvis Costello) (2003)


Les soirées de remise de prix, c'est aussi l'occasion de rendre hommage à des artistes disparus.
Et quand Les Clash décident de faire un petit coucou à Joe Strummer, ils invitent Springsteen, Dave Grohl (oui, on les invite souvent, c'est normal, ils sont sympas, ils ne foutent pas le boxon à table et mettent la main devant la bouche quand ils baillent et taquinent pas trop mal de la guitare.) et Elvis Costello.
Un line-up ahurissant pour pousser le volume à 11.

Proud Mary / Tina Turner & Beyoncé (2008)



2 reines.
Le genre de moment qui vous fait comprendre que la Beyoncé, elle a vachement raison quand elle chante "Who run the World? Girls!"

Tears in Heaven / Eric Clapton (1993)



Parce que son fils est mort accidentellement à peine deux ans avant, que cette chanson est d'une dignité assez stupéfiante quand même et surtout, qu'il n'y a pas une larme qui coule de ses yeux.
Parce qu'il est quand même anglais. Et donc classe. Et digne.

Seven Nation Army-Death Letter / The White Stripes (2004)



Jack White est un technicien monstrueux qui vous balance des riffs apocalyptiques et des solos sauvages avec un son de bombe incendiaire au milieu de ses chansons, mais il est aussi un amoureux de musique.
Alors quand il se décide à donner une leçon d'histoire, il envoie son Seven Nation Army, pour de déclarer la guerre à tout le monde et enchaîne avec maestria sur Death Letter, un titre de Son House, un des pionniers du Delta Blues.
Un type né dans l'état du Mississippi en 1902, mort en 1988, qui a apprit la guitare à une époque où la religion interdisait le Blues car elle symbolisait le pêché et qui a fait partie de ce club de légende composé de Robert Johnson, Charley Patton ou encore Willie Brown.

Swagga Like us / MIA (Feat. T.I, Kanye West, Jay-Z, Lil' Wayne) (2009)



Avec un line-up pareil, on pourrait une nouvelle fois crier au caractère misogyne du peu-ra.
C'est oublier un peu vite qu'au milieu de ces Goodfellas du Hip-Hop se trouve une gonzesse enceinte de 9 mois qui n'a rien a leur envier et surtout qui mène le jeu.
Parce que tous les autres essaient de lui plaire.

Maybelline - Roll Over Beethoven / Chuck Berry (Feat. Stevie Ray Vaughan & George Thorogood) (1984)



Encore un hommage rendu à un artiste, mais cette fois-ci, de son vivant.
Accompagné de deux autres légendes de la guitare, Chuck Berry montre à tout le monde que ben on a pas fini de danser sur ses chansons...

Lady Marmelade / Pink, Christina Aguilera, Lil'Kim, Mya (2002)



Parce que les Grammy, c'est aussi un show.
Et là, le niveau est quand même plutôt élevé.
Les décors sont démentiels, la production musicale ahurissante et les 4 panthères dans l'arène dévorent les spectateurs pour mieux danser sur leurs dépouilles...

Purple Rain - Crazy in Love - Let's Go Crazy / Prince & Beyoncé (2004)





Toujours dans les bons coups, la Queen B s'acoquine avec Prince et ensemble, ils expliquent ce que les termes "show" "groove" "danse" et "musique" veulent dire.
Avoir Prince sur scène, c'est un peu comme faire Paris - Toul en Ferrari. On profite du paysage et on s'exclame devant les performances techniques.
Associé à Beyoncé, c'est ne pas faire la route tout seul...






Et pour vous donner un petite idée, comme ça, à titre d'information, de comment ça se passe en France, je vous rappelle que les Victoires de la musique seront présentées par Virginie Guilhaume (et avant, on eu droit à Nagui, Laurent Ruquier ou Michel Drucker) ce qui prouve bien l'importance et le sérieux avec lesquels la musique est traitée par le service public et que parmi les moments de gloire de la cérémonie, nous avons eu droit à ce magnifique hommage à Michael Jackson.



(Le casting est impeccable et il faut avouer que parier sur le groove de Charlotte Gainsbourg était audacieux....)

jeudi 7 novembre 2013

Get Me Bodied / Beyonce



Bon, Beyoncé elle est belle, elle est riche, elle est talentueuse, elle groove comme une reine, elle est mariée au king Jay-Z et elle est surtout une sacrée gonzesse.

Une gonzesse qui s'implique pour la cause féminine, pour la lutte contre l'obésité, qui reverse avec son mari 80.000 dollars à chacun de ses employés pour leur faire profiter des excellents résultats de leur entreprise et qui inspire pas mal d'autres gonzesses dans le monde, dont ma Beyoncéesque frangine Caro-Magnonne qui groove comme la B. , la concurrence niveau chaussures et peut vous faire Crazy in Love en rotant ses bières.

Et comme la B., elle inspire des gonzesses, ben je peux me permettre de dire, moi Moyen, que la musique ben ça vous aide, ça vous rend classe et un peu fou, ça donne du courage en faisant danser et surtout, pendant quelques minutes, ça fait de vous une personne qui en inspirera peut-être d'autres.




Je vous présente donc Deborah.
Deborah Cohan.
Deb pour ses potes et maintenant la planète entière.
Deb est américaine, médecin (Obstétricienne - Gynécologiste) mère de deux enfants et grande fan de danse.

Mais voilà, Deborah est aussi atteinte par un cancer du sein et va subir une double mastectomie.
Une intervention terrible qui nécessite de la force et du courage.

Mais voilà aussi, Deb elle est classe visiblement et un peu folle apparemment, alors pour prouver que sa féminité et son groove ne sont pas dans ses nichons, elle demande une chose à l'équipe médicale qui s'apprête à l'opérer:

Lui passer un morceau de Beyoncé et danser avec elle.

Là, en 6 minutes, notre copine balance toute la merde aux ordures (y compris la votre.) et vous fait croire qu'un jour, il y aura la paix entre Israël  et Palestine et qu'ils fêteront ça en dansant tous ensemble au son d'une chanson de Beyoncé.

Elle rivalise instantanément avec le charisme atomique de Queen B., vous colle une leçon de dignité, de force et de courage directement dans les gencives et vous balance en pleine poire que ce n'est pas votre corps qui fait ce que vous êtes.

Vous pourrez me présenter toutes les Bimbos du monde, même des Scarlett et des Marylin Monroe, aucune ne pourra me détacher les yeux de cette femme qui danse avant que son corps ne soit le théâtre des scalpels, de la chirurgie, du sang et de la douleur.

Une dignité incroyable qui, en plus de me faire pleurer d'émotion, impose le respect et (et c'est peut-être paradoxal) me rend joyeux.
Parce qu'elle l'est.
Elle avait juste à danser.

Deborah, je vous souhaite un bon rétablissement et toutes les meilleurs choses du monde.
Mais, et pardonnez-moi, je ne vous souhaiterai pas de trouver le courage.
Car c'est vous qui venez de me le donner.

Déborah, quand vous irez mieux, ça vous dirait qu'on aille ensemble danser sur du Beyoncé?











samedi 28 septembre 2013

Moyen Kiffe le Hip-Hop - Episode # 2 Keepin' the Faith / De La Soul



De La Soul.
Encore un Trio.
Encore des New-Yorkais.



Ce que j'aime par-dessus tout dans le Rap et le Hip-Hop, c'est que cette musique est profondément positive.
Une musique faite avant tout pour s'amuser et faire la fête.

Bien sûr, elle s'est aussi politisée, est devenue revendicatrice a gardé son statut d'insoumise et rebelle.
Bien sûr, elle est devenu un business monstrueux qui pèse des milliards de dollars et qui propulse ses plus grandes stars dans les stratosphères du monde des finances (et de la politique) mais ce qui fait avant tout sa réussite, c'est son insouciance.

Ecouter De La Soul (et en particulier ce morceau) c'est oublier qu'il y a école le lendemain, oublier que le chauffage est en panne, qu'il n'y a plus de bière dans le frigo et que la voisine vous a collé un vent.

Leur premier Album, 3 feet high and rising sortui en 1988 pourrait presque s'apparenter à une version hippie des disques du label Sugar Hill records (Le premier Label de rap, avec des légendes comme Sugar Hill Gang, Grandmatser Flash ou le Crash Crew), avec leurs boucles Jazzy, leurs paroles sociales-mais-drôles et leurs chemises à fleur.
Mais surtout cet album, à cause de la quantité colossale de samples qui y sont utilisés, va être le premier à poser la question des droits d'auteurs dans le sampling.

C'est du deuxième Album De La Soul is Dead (1991) qu'est tiré ce refrain entêtant. Peut-être leur meilleur album à ce jour.

Je ne vous raconte pas combien de fois j'ai pu siffloter ce petit air dans la rue, confiant dans mon destin et sûr de mon chemin.
Parce que j'étais insouciant.


Notez qu'il existe une excellente version alternative de ce morceau, où la chanteuse Vinia Mojica s'occupe du chant.




Alors avec De La Soul, impossible de vous tromper.
Avec eux vous rentrez dans l'histoire du Rap, au coeur de ce qu'il n'a jamais cessé d'être.
Une musique fun, pour danser et faire la fête.

D'ailleurs Damon Albarn, le petit génie Anglais derrière Blur ou The Good, The Bad and The Queen ne s'y est pas trompé non plus lorsque, armé jusqu'aux dents des sons futuristes et des grooves atomiques du producteur Dan The Automator, il débarque avec son projet Gorillaz et cherche à pulvériser les enceintes de la planète entière en demandant au trio de New-York de collaborer au tubesque Feel Good Inc.

Un titre qui, l'espace de 4 minutes, me ramène en 1993, à siffler un petit refrain dans la rue.





lundi 12 août 2013

Another Day / Jamie Lidell





Il est souvent difficile, pour ne pas dire compliqué, de faire véritablement la différence entre un dimanche et un lundi.

Tout n'est question que d'expérience, de sensation, d'atmosphère tant la ressemblance peut paraître évidente et déstabiliser les personnes non exercées.

Les plus aguerris d'entre nous pourrons bien entendu, à force de patience et d'entrainement, distinguer au premier coup d'oeil un jour de l'autre mais il faut bien reconnaître que pour la majorité silencieuse et guère chanceuse, la confusion brouillera leur esprit, l'espace-temps se confondra et, craignant un Alzheimer précoce, chercheront des points de repères afin de ne pas irrémédiablement se perdre dans le calendrier.


Comme je suis plutôt d'humeur sympathique aujourd'hui, j'ai décidé de vous offrir un petit jeu destiné à exercer vos méninges et à vous rendre alerte.

Le jeu des 3724 erreurs.

Le but est simple:

des deux photographies ci-dessous, il faudra tenter de deviner laquelle a été prise un dimanche et laquelle a été prise un lundi.

Cet exercice peut effectivement sembler difficile, mais à force de porter attention à quelques détails, vous verrez que vous finirez par faire la différence.

Bon courage, et bon Lundimanche !















































(Casse-dédie à Julie "Scissors" in Lille...)

lundi 29 juillet 2013

I Don't need no Doctor / Ray Charles



Si vous êtes un garçon, vous savez que pour devenir un homme, son fils, le chemin est long pénible et semé d'embûches.
Cette terrible ascension pour arriver au sommet de cette pyramide de maturité et de sueur bâtie sur les corps de vos ennemis est jalonnée d'expériences plus ou moins traumatisantes qui vous façonnent, vous burinent, vous élèvent, vous font douter et finalement vous font voir la vie avec sagesse, philosophie et poils sous les bras.

Par exemple, il y a:

-La première fois que vous tapez dans un ballon et que vous ressentez ce plaisir exquis de transmettre toute votre énergie dans une sphère de caoutchouc pour vous défouler et vous sentir vivant, triomphant sur la gazon, heureux du combat que vous vivez, prêt à goûter la saveur particulière de la victoire et des cris de fans hystériques.
(comme généralement cela arrive vers l'âge de 2 ans, vous ne saisissez malheureusement pas encore l'aspect métaphysique du football et vivez en revanche une grande frustration quand vous vous rendez compte que le ballon ne s'enflamme pas sous l'effet de votre force prodigieuse, ne se déforme pas sous l'impact du choc contre votre pied et ne creuse pas de sillon dans un terrain de 4 kilomètres de long en raison de la vitesse supersonique prise lorsque vous avez shooté dedans.)


-La première fois où vous allez à l'école tout seul.
Sans être accompagné par vos parents.

-La première fois où vous allez au cinéma tout seul. En choisissant vous-même le film que vous allez voir.
Pour ma part, c'était Impitoyable, de l'immense Clint Eastwood, en 1992 et je me souviens encore de cette séance comme si c'était hier.

-La première cigarette, avec son goût de noisette salée, qui fait tousser.

-La fois où vous obtenez votre permis de conduire et que vous sentez le souffle de la liberté souffler sur votre visage.
Vous pensez faire instantanément faire partie de cette classe, de ce groupe d'élus qui parle de soupapes, de chevaux, d'arbres à came et d'ailerons démesurés.
Vous sentez à présent combien l'essence sent bon, vous appréciez le contact de l'huile sur vos mains, vous vous bercez du doux cliquetis des clés à cliquet, vous humez l'odeur de la gomme brûlée et surtout, vous voyez ce magnifique ruban d'asphalte comme un animal sauvage, une créature à dompter au volant d'une Mustang fougueuse, ivre de son V8 surpuissant qui n'attend qu'un geste de votre part pour vous propulser dans la stratosphère et vous emmener aux côtés de Schumacher, Prost, Senna et ces centaines de pilotes accros à l'adrénaline, qui ne connaissent pas la peur et qui risquent leur vie chaque dimanche pour un shoot à 300 km/h.
(et là, généralement, vous vous retrouvez à aller à l'Université au volant d'une Renault 19 diesel pas turbo sans direction assisté, à la souplesse d'un bloc de béton, véloce comme un tank rouillé à la manoeuvrabilité d'un supertanker et c'est la deuxième grande frustration de votre vie...)

-La première bière, qui pique le nez.

-La première fois où vous invitez une fille à boire une bière que ne vous pique plus le nez depuis longtemps.

-La première fois où, après la bière, vous l'invitez au restaurant.

-La première fois où, après le restaurant, vous vous réveillez à côté d'elle.

Et toutes ces épreuves, une fois passées, vous amènent un peu plus près du sommet de la grande Ziggourat, cette pyramide élevée à votre gloire sous le poids de la peine et des pains dans la figure.

-Et il y a cette fois, où, à 34 ans, pleinement conscient de votre corps et de votre esprit, vous devez aller à la visite médicale de la Médecine du Travail.
Une épreuve au milieu d'un immeuble perdu au fond d'Aubervilliers, au milieu des affiches de préventions contre les MST et le harcèlement au travail.
Un instant d'angoisse où, face à une employée de la fonction publique qui pense déjà à ses prochaines vacances, vous devez vous absenter quelques secondes pour rapporter avec fierté et nonchalance conjuguées le fruit d'un labeur terrible: Un flacon d'urine.
De longues minutes à se concentrer, oublier les erreurs du passé, ne pas penser à la liste de courses du soir pour se concentrer sur un objectif primordial:

Offrir un verre de pisse.

Les moins chanceux ne pourront jamais.
Dépassés par l'enjeu, écrasés par la pression sur leurs épaules, ou alors incapables car ils n'auront tout simplement pas pu, quelques heures avant, s'empêcher d'aller satisfaire le premier besoin naturel de la journée, ils ne sauront que bredouiller un faible "jesuidésolémaiscenépapossible" avant de se rasseoir, penauds, conscients que le sommet de la Ziggourat avec ses poils sous les bras, ses verres de whisky et ses cigares ne sera pas pour tout de suite.

Les plus malins d'entre nous boiront donc 8 litres d'eau la veille avant de filer à la consultation sans passer par la case sanitaires pour être certains de réussir, malgré une pression à coller un ulcère à Ban Ki-Moon avec cette assistante qui, patiemment, attend, à produire quelques quelques gouttes.
Mais cette stratégie, si elle peut s'avérer payante et vous offrir le jackpot peut aussi se révéler être la pire des tortures et vous offrir, dans le pire des cas, humiliation en vous rendant humide du caleçon.

Ce matin, j'avais donc mon rendez-vous à la Médecine du Travail.
Alors comme je suis pragmatique et que je prépare généralement bien mes entretiens, je me suis levé, je me suis étiré et je suis allé aux W.C...

mardi 23 juillet 2013

Why Can't People be colours too? / The Whatnauts




Passer son samedi les pieds dans l'eau, non seulement ça rafraîchit et ça évite oignons, ongles incarnés, foulures, ulcères et vergetures, mais en plus, ça rend un peu moins idiot et ça donne une plus-valu explosive à votre week-end.
(en gros, si après ça, vous perdez vos clés ou que vous apprenez que certaines personnes n'aiment pas les chats ni la mer, ben c'est pas grave, votre week-end est quand même réussi, vous avez trempé vos pieds dans l'eau en comptant passer les canards.)

Ce sont donc les pieds encore humides que je suis rentré dans mon dimanche.

Et la roue voilée de mon destin bancal, s'est dit que pour que mon week-end soit franchement parfait, elle allait y rajouter (encore) de la couleur.

La couleur de cases de Bandes-Dessinées en visitant un magasin de comics.
La couleur des glaces 2 boules, dégustées à l'ombre d'un platane du jardin du Luxembourg.
La couleur des cuivres de cet orchestre à l'américaine qui reprenait des standards un peu groovy et un peu classes dans le kiosque de ce même jardin.
La couleur des fanions de ces groupes de danseurs qui jonglaient comme les majorettes ou les revues que l'on voit de l'autre côté de l'Atlantique, au son des orchestres à cuivre qui viennent parfois jouer dans le kiosque du jardin du Luxembourg.

Et la couleur qui explose.

Alors j'ai vu la magie de Marc Chagall au musée du Luxembourg.

Comme j'ai peur de sortir des sottises plus grosses que moi ou de déblatérer des banalités désolantes, je ne vais pas trop en parler et juste vous dire que j'ai vu la lumière.

Des couleurs, partout, de la dignité, de la classe aussi, de la spiritualité, la vie, la guerre et beaucoup d'amour.
Des peintures empruntes de l'imagerie Juive Ashkénaze, pleines de symboles, de sentiments et surtout de magie.
Des peintures dures, de peintures émouvantes et des peintures comme des soleils.

Et après, il y a eu les couleurs de la caravane du tour de France, de la cour du Louvre, de l'Opéra, des ruelles de Montmartre et des feuilles vertes de cet arbre, ombre providentielle pour déguster une tartelette à la Framboise, rouge mais au goût (et à l'exquise texture) de chewing-gum fondu.

Avant de marcher une dernière fois et d'aller nourrir un petit chat roux pour une amie aux cheveux roux itou partie à Nancy dire bonjour à d'autres amis.

Et comme tout était chouette, je remercie l'amie prof d'allemand qui m'a accompagné.





Mes pieds étaient à peine secs, et devant Chagall, ce sont mes yeux qui se sont humidifiés...



mercredi 3 juillet 2013

Play in the Sunshine / Prince



Pour mon anniversaire, j'ai décidé de faire une pause dans mes visites de jolies villes et de partager avec vous un moment fantastique comme le quotidien peut vous en offrir et en même temps de vous présenter la fille la plus cool / chouette du monde que je risque un jour de demander en mariage.

Cette chouette fille en question s'appelle Christina, elle travaillait sur une voiture (une mécano? Je suis amoureux! Viens Christina, retapons ensemble une Ford Mustang et partons à la mer...) lorsqu'elle a eu le pied écrasé par le disque de frein alors que la voiture glissait des crics sur lesquels elle était posée.

Son pied gauche s'est nécrosé et elle a décidé de se faire amputer.

Et apparemment, Christina elle a le moral puisqu'elle met des jolies baskets sur sa jolie prothèse en fibre de carbone.

Et comme elle est chouette et cool comme je vous l'avais dit, elle se fabrique une prothèse en LEGOS.

La prothèse la plus classe du monde.


Déjà, je ne vous raconte pas comment voir ces petites briques multicolores (quadricolores dirait ma Frangine-Magnonne) résonne en moi.
J'ai encore des millions de pièces qui doivent prendre une place énorme dans le grenier de mes parents et qui en prenne une encore plus grande dans mon coeur, avec lesquelles j'ai construit, démonté, remonté, imaginé des centaines de trucs improbables.

Alors forcément, quand je vois ça, c'est une véritable madeleine de Proust, doublée d'une admiration absolue.

Voici une jolie jeune fille qui surmonte son handicap en en faisant un terrain d'expression et de créativité et qui fait preuve d'un recul et d'une philosophie incroyables pour littéralement jouer avec sa jambe amputée.

Vous vous souvenez quand je vous avais parlé de cette fille qui s'entendait pour la première fois?
(mais si, souviens-toi, on avait écouté du Billie Holiday, c'était là )

Ben Christina, elle me fait le même effet.
Elle m'émeut parce qu'elle est courage et parce qu'elle envoie voler les merdes du quotidien pendant 5 minutes.
Elle crée un moment épatant en même temps qu'un objet orthopédique à base de briques en plastique.

Elle a raison.
La vie est un jeu, alors profitons-en.

(et j'en profite pour vous souhaiter à tous un très heureux non-anniversaire.)





dimanche 30 juin 2013

Mes Vacances Imaginaires Episode #2 Rome wasn't built in a day / Morcheeba



Si Istanbul , la ville des mages et des sultans, m'a dit que je devais faire ma révolution, c'est la ville des (super) héros, des soldats et des empereurs qui m'a dit qu'elle ne se ferait pas en un jour.

Alors c'est patiemment que je me prépare à tout changer.
Pas à pas, brique par brique, je construis mon projet.

Et finalement, peu importe le temps qu'il faudra, car le résultat sera ce que j'attends de moi.
Un peu d'audace, un peu d'originalité (et de mystère) un peu d'ambition aussi et surtout un peu d'esprit.

Car si Rome ne s'est pas faite en un jour, il faut avouer que le résultat vaut le détour entre ses temples, ses portes, son colisée et ses places.
Je ne m'imagine pas rayonnant sur un empire.
Je m'imagine déjà debout.
Et c'est un chouette chantier.

jeudi 3 janvier 2013

Tell me now, so i know / Holly Golightly



Vous le savez maintenant, je suis friand de mystères et d'énigmes.

Par exemple: 


Souvenons-nous donc, j'aimerais être aventurier, un découvreur de trésor, un craqueur de codes, Sherlock Holmes et Indiana Jones, un astronaute, un tigre, un mage, avoir une boîte-mystère pleine de trucs magiques que je n'ouvrirai jamais, résoudre des enquêtes, trouver une carte au trésor et un bateau de pirates, être un espion et boire des vodkas martini (au shaker, pas à la cuillère...) (mais si, rappelez-vous en cliquant...)

Bref, j'ai surtout envie de m'amuser parce que c'est à ça que sert la vie après tout.

Et la vie, en bonne farceuse, m'a offert sur un plateau une occasion en or de m'amuser.

1,4 Milliards de SMS échangés pour le nouvel an en France.

Et l'un d'eux s'est égaré, seul, affolé au milieu des 0 et des 1 et s'est réfugié chez moi.
J'ai reçu un message de bonne année d'une personne que je ne connaissais pas.

Scarlett?

Vous me connaissez, farceur et aventurier comme je suis, j'ai aussitôt senti l'appel du mystère et de la passion folle et prenant mon courage et mon téléphone à deux mains, j'ai répondu pour connaître l'identité de mon mystérieux souhaiteur de bonne année.

Un mystère de plus à résoudre, un secret à dévoiler, une identité à percer.
Une infinité de possibilités devant moi.

Mais je ne suis pas homme à me laisser impressionner par la difficulté et c'est donc par écrit que j'ai décidé de résoudre cette énigme qui ne pouvait rester sans réponse:

Qui?

Vous trouverez ci-dessous la sobre missive -envoyée en une seule fois s'il vous plait- que j'ai modestement écrite pour entamer l'année de la plus belle des manières.

Avec une enquête...

(j'ai volontairement biffé le numéro du correspondant mystère afin que vous, petits fripons, n'alliez pas harceler celle -ou celui, si mon karma veut faire des blagues dès la première minute de l'année- que la vie a mise sur mon chemin...) 










































Je n 'ai toujours pas eu de réponse...

mardi 20 novembre 2012

Love Rollercoaster / Ohio Players



J'ai eu la chance ce dimanche de vivre la féerie de Noël dans le monde merveilleux et enchanteur de Disney.

Dimanche, j'étais voir Mickey et ses amis à Eurodisney, donc.

Et vous savez à quoi on reconnait une journée magique?

Au fait que dès le matin, dans le RER, vous avez un sosie roumain de Michael Jackson qui vient vous faire un spectacle.

Evidemment, ce brave homme était sosie de Michael Jackson comme moi je suis moine Shaolin, il avait un gant troué, un collant en lycra, des chaussettes grises qui furent blanches un jour par dessus, une chemise à paillettes qui perdait ses paillettes, un chapeau informe, un ragondin mort sur la tête en guise de perruque sur la tête et des dents en bois.

La preuve:



(bon, je l'admets, on voit pas très bien les dents, mais je vous jure qu'elles étaient en bois vue la couleur.)


 Ensuite, j'ai donc arpenté les allées du parc (à la recherche de Baloo pour claquer la photo du siècle avec lui mais je l'ai jamais trouvé.) ce qui m'en a mis plein les yeux

Et je vais vous avouer un secret:

Je suis grandhuitophobe.
J'ai peur dans les montagnes russes (les Roller Coasters comme disent nos amis américains)
Je deviens pâle comme la mort à la vue des rails, je frôle l'évanouissement dès la montée de départ et je crains à chaque virage de flinguer mon pantalon.

Et pourtant, poussé par la curiosité et encouragé par Tigrou, le Hobbes de Walt, j'ai sauté le pas et me suis lancé dans l'aventure périlleuse des grand huit qui déglinguent les cervicales.

J'ai donc connu les accélérations à 8.000 km/h, des virages brusques qui vous collent 4G dans les gencives, des loopings, des inversions, de la musique tonitruante, des chutes en piqué et tout un tas d'autres manoeuvres sadiques destinées à vous faire mourir de peur (à défaut de vous aplatir sottement comme un vieux flan flasque 15 mètres plus bas)

J'avoue alors sans honte que j'étais bien content que cette machinerie toute droite sortie des enfers faisait un tintamarre de tous les diables (ce qui est logique vu que ces horreurs étaient bien inventées par le Prince des Ténèbres en personne) et couvrait sans peine mes hurlements de petite fille.

Et pourtant, j'ai aimé ça.

Oui j'ai aimé être secoué, retourné, essoré, martyrisé dans tous les sens à des vitesses supersoniques.

J'ai loué l'ingénierie astucieuse et trompe-la-mort du Space Mountain et du Aerosmith Rollercoaster (un rollercoaster d'épouvante qui cumule la double peine de vous satelliser dans le noir et de vous assourdir avec du Aerosmith dans les oreilles.)

En gros, j'ai kiffé.

Je me prends donc soudainement de passion pour l'ingénierie de ces monstres mécaniques qui ne permettent aucune erreur de calcul ou de serrage de boulons et l'envie saugrenue me prend d'y retourner.

Pour ceux qui ont l'estomac bien accroché:


Et après toutes ces émotions, en tournant la tête, je me suis souvenu que j'étais bien au pays merveilleux de Mickey...




Et depuis, quand je prends le métro ou le RER, je me dis qu'ils manquent cruellement de loopings et de châteaux.

Et de Michael Jackson roumains.

mercredi 18 juillet 2012

Lucky, Lucky Me / Marvin Gaye



Mes amis, vous qui comme moi luttez chaque jour contre la roue voilée de votre destin bancal en essayant de chasser le mauvais oeil et d'attirer chance et bonne fortune de votre côté, j'ai trouvé la solution.

Comme je vois toujours que mon verre de bière est à moitié plein, je vois aussi qu'il y a plus galérien.

Des gens qui sont finalement là pour collectionner les emmerdes comme vous les timbres et ma soeur les gommes et qui vous rappellent qu'à côté d'eux, vous êtes un ticket gagnant à la loterie:

Prenons en exemples ces personnes suivantes:

Violet Constance Jessop.



Née en 1882, elle est anglaise, hôtesse et infirmière.

En 1911, elle sert comme hôtesse à bord de l'Olympic, navire géant la White Star Line.
Le 20 septembre de cette même année, crac, l'Olympic heurte le HMS Hawke, croiseur de sa gracieuse majesté et est obligé de faire halte en cale sêche à Belfast.

Mais Violet aime apparemment les bateaux et en 1912, elle est hôtesse à bord du sistership de l'Olympic, fleuron de la White Star Line, Bateau le plus moderne de l'époque, le plus grand, le plus luxueux, le plus insubmersible.

Mais comme elle a pas de bol, ce bijou qui fait son voyage inaugural ce 15 avril 1912 s'appelle le Titanic et se prend un iceberg de plein fouet.

(bon, vous avez tous vu le film, je vais pas vous refaire le naufrage en intégralité.)

Elle s'accroche (certainement) à une planche et est sauvée au milieu des eaux glaciales de l'Atlantique Nord.

Ce qui va permettre à cette chouette Violet (oui, je la trouve chouette, Violet) de persévérer.

En 1916, le monde est en guerre, et elle sert comme Infirmière à Bord du Britannic , fleuron de la White Star Line (à mon avis, ils ont dû se poser des questions sur leur karma eux aussi) et le 21 novembre, il coule comme un plomb au beau milieu de la Méditerranée.

Violet était donc à bord des trois sisterships de classe Olympic de la White Star Line lorsque ceux-ci connurent quelques pépins techniques les entraînant par le fond ou au mieux en cale sèche pour plusieurs mois.

Elle décédera en 1971 à 83 ans d'une pneumonie (certainement dûe à ses bains forcés, c'est dire si elle a pas de bol.)


Mais Violet a un challenger au rayon poisserie.

Tsutomu Yamaguchi



Ce grand-père à l'air débonnaire né en 1916 pensait avoir une bonne étoile lui aussi et croyait avoir de la veine.
Pensez-donc, il travaille malgré la guerre et le 6 août 1945, il est envoyé en voyage d'affaires.
Il n'a pas le temps de trouver Hiroshima jolie qu'un deuxième soleil apparaît dans le ciel.
140.000 morts.

Un peu paniqué, Mr Yamaguchi décide de rentrer chez lui.

Il profite sereinement de son été, se repose de son choc, certainement sous le soleil.
Ce soleil qui vous réchauffe le visage.

Et le vent se lève à Nagasaki...

70.000 morts.

C'est un cancer de l'estomac qui emportera Mr Yamaguchi en 2010.
Il faudra 64 années de soleil pour que le gouvernement japonais accepte de le reconnaître comme étant (le seul) survivant des deux seuls bombardements atomiques de l'histoire de l'humanité.



Forcément, à côté de ces deux-là, nos métros ratés et nos rhumes au mois d'août font pâle figure.


Mais finalement, savez-vous pourquoi ils ont vécu aussi longtemps, bravant les catastrophes, les cendres et la mort?

Ben je suis sûr que c'est parce qu'ils se sont considérés comme les personnes les plus chanceuses du monde...


















































J'en profite pour souhaiter un excellent anniversaire à Mr Mandela. 94 ans.
Pour ceux qui ne savent pas qui c'est, c'est un Moyenman Sud-Africain.


souvenez-vous...

dimanche 24 juin 2012

Find My Way / Amp Fiddler




J'essaye de me trouver un talent qui doit forcément être là, bien caché quelque part, n'attendant qu'une occasion pour surgir, féroce et déterminé et me mener avec fracas, tambours et trompettes dans le monde impalpable et certainement magnifique des magiciens de la vie.

Je me suis alors entraîné.

Je voulais avoir le talent de Tom Waits, mais je n'ai eu que la cirrhose. Alors j'ai arrêter de râler des choses que je croyais poétiques. (mais je continue de siroter du Whisky.)

Je voulais avoir le talent de Bill Watterson, mais je n'ai eu que des ampoules aux mains. Alors j'ai arrêté de gribouiller.

Je voulais avoir le talent de Paul Auster ou Michel Onfray, mais je n'ai eu que des fautes d'orthographe. Alors j'ai arrêté d'intellectualiser.

Je piocherai donc dans les quelques talents que je me sais posséder, comme décapsuler des bières avec à peu près n'importe quoi, réciter par coeur les dialogues des dents de la mer, brancher des prises électriques et monter des meubles ikea, aimer le whisky, me perdre en ville, arriver à l'heure et retenir tout ce qui est improbable et inutile plutôt que les informations intéressantes et les textes qui font penser (ou pleurer)


Mais finalement, dans cette quête, je ne suis pas si mal loti.

Regardez Yannick Noah, il voulait le talent (relatif) de Bob Marley, il n'a eu que la coiffure sale et l'intellect suraiguisé du fumeur de joints. Mr Noah, vous devriez arrêter de chanter. Et de parler, par la même occasion.