Chaque jour une chanson que je partage avec vous amis lecteurs. Une chanson en fonction de mon humeur ou de l'actualité du jour. Une chanson pour danser, pleurer ou tout péter. Une chanson pour aider à affronter la journée.
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jeudi 23 août 2012
With My Own Two Hands / Ben Harper
Aujourd'hui, dans mon RER, je regardais par les fenêtres les champs de grues de la Plaine Stade de France, parce que je trouve ça joli les grues. On dirait de grands dinosaures las qui se traînent pour porter des tuyaux et du béton.
Je regardais les chantiers qui explosent un peu partout, les mains de travailleurs qui s'affairent, serrent des boulons, conduisent des machines et soudent des tubes.
Et j'ai pensé à ces gens qui allaient à Aulnay, comme tous les jours, qui revenaient peut-être de vacances, avec encore du sable dans les mains.
Des mains esquintées, usées sur des machines-outils et des postes automatisés.
Des mains de soudeurs, mécanos, d'ouvriers, qui ne s'useront bientôt plus dans leur usine.
Combien de gestes répétitifs ont-elles répétés?
Pour combien de pots de départ ont-elles levé des verres?
Combien de fois ont-elles ouvert des casiers, des portes et éteintes des lumières?
Combien de barres de RER ont-elles agrippées?
Je pensais à ces gens que je ne connais pas, mais que je ne verrai plus, dont je n'observerai plus les mains calleuses accrochées aux barres des wagons.
Aujourd'hui je me suis dit qu'à Aulnay, des mains allaient bientôt arrêter de s'activer, parce que ce sont leurs propriétaires qu'on a traité comme des outils.
Et moi.
Moi, aujourd'hui, je continue d'utiliser mes mains.
Pour une horloge en formica vert à réparer et un projet à terminer.
lundi 9 mai 2011
I Want To Be Ready / Ben Harper
Je reviens d'un long week-end chez mes parents et je dois dire que j'ai eu bien du mal à partir.
En premier lieu, je souhaite encore un excellent anniversaire à mon papa Gaston, dont les 60 printemps n'apparaissent pas sur son teint frais et halé, mais confirment bien l'infinie sagesse de mon maître zen personnel.
(et je profite de l'occasion de passer sur internet pour lui laisser un petit message: Papa, je t'aime.
Et maman aussi, je t'aime.)
Ensuite je redis félicitation à marie et jean-françois, heureux jeunes mariés à qui je souhaite la plus longue des vies heureuses.
Et la plus mouvementée (en bien) aussi, histoire qu'elle soit moins monotone que le ciel gris des régions sidérurgiques.
Je reviens donc d'un long week-end à Toul-c'est-cool chargé d'émotions et surtout chargé comme une pile nucléaire prête à fissurer.
Parce que les week-ends à toul-c'est-cool (ou les week-ends chez vos parents en général) ça ne vous dit pas ce que vous ferez demain.
Ni comment votre vie va changer.
Mais ils vous donnent envie d'être fin prêt quand ça arrivera.
(Maman, Papa, je vous aime. Encore.)
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mercredi 3 novembre 2010
I'll Rise / Ben Harper
Je suis en train de (re)lire une de mes bibles, les fabuleusement génial "Le Combat du Siècle" du doublement Pulitzerisé Norman Mailer.
(oui, rien que ça, certains rament comme des galériens Yougoslaves pour être publiés dans "les dernières nouvelles de volgograd", lui, il se chope deux prix Pulitzer. Tranquille...)
Ce livre-là:
Magnifiquement adapté en un documentaire splendide et oscarisé sous le nom poétique et tribal de "When We Were Kings", de Léon Gast.
Pour ceux qui ne connaissent pas l'histoire, il faut savoir qu'à ce moment, Ali a 32 ans, il n'est pas au mieux et est annoncé perdant.
Certains pensent même qu'il va se faire tuer sous la puissance brute de son adversaire.
Foreman est une machine de guerre avec des enclumes à la place des poings et sort d'une série de 40 victoires dont 38 par KO.
Lors des entraînements, Ali se forçait à ne pas regarder ceux de Foreman, car il aurait certainement déclaré forfait sur-le-champ.
George Foreman choisissait les sacs les plus lourds et les plus denses qui existaient et il les déformait à la seule force de ses poings.
Ses coups creusaient des trous dans des sacs durs comme des murs.
Et Ali ne regardait pas, car il ne voulait pas douter de sa victoire.
Alors je fait comme Ali.
Je sais que je ne suis pas forcément donné gagnant tout le temps, mais j'essaye de ne pas regarder mes adversaires, car je ne veux pas imaginer qu'ils puissent être plus forts que moi.
J'évite le regard des magiciens de la vie, même si je ne crains pas leur vaudou.
Je ne tombe pas dans l'illusion des séducteurs.
Je ne perds pas de temps à admirer la réussite financière de gens certainement plus jeunes et mieux habillés que moi.
Je ne compte pas les victoires des autres.
Je ne m'effraye pas sous les poings des vauriens.
Je n'écoute pas les oracles obscurs qui me voient à terre alors que je ne me suis pas encore levé.
Je ne cours plus après des choses que je ne veux pas atteindre. Je ne me fatiguerai plus pour faciliter le travail des autres.
Je ne regarde pas des murs de doutes et de discrétion s'effriter sous les coups d'assurance de personnes qui ne doutent de rien et surtout pas d'eux-mêmes.
Ils finiront par tomber bien plus lourdement que moi.
Je ne m'attarde pas à contempler ce que je ne suis pas.
Je ne veux plus croiser de miroirs.
Je fais comme Muhammed Ali.
Je bâtis patiemment mon propre moment de gloire.
(Il faut savoir que Ali fait partie de ces rares hommes à me faire pleurer de par leur simple existence. Comme Martin Luther King, Nelson Mandela ou Zinedine Zidane et Michael Jordan, il a un jour décidé qu'il pouvait devenir ce qu'il voulait être, et le partager avec les autres.
Il l'a fait avec ses poings, mais pour moi, c'est aussi beau qu'un mec qui fait des rêves pour son peuple, un autre qui le libère ou d'autres qui dansent ou volent avec un ballon pour la simple beauté du geste.)
mardi 29 décembre 2009
Waiting on an Angel / Ben Harper
Comme c'est la période des miracles (comme dirait ce cher Hans Gruber...), je me tourne vers le ciel pour espérer un secours.
Puisque l'année 2009 fût bonne, je me tourne vers le ciel pour que 2010 soit mieux.
Un miracle, c'est pas beaucoup demandé finalement.
Parce que l'on peut en voir partout.
Dans la neige sur une Cathédrale à Moscoul. (Toul-c'est-cool par grand froid devient Moscoul, copyright Caro-Magnonne)
Dans Woody Allen et chaque minute d'un film Pixar.
Dans la voix de Marvin Gaye.
(et dans tout un tas d'autres trucs, qui vont de Franck Capra à Paul Auster en passant par Marley et Moi, mais ce serait trop long à citer alors j'abrège.)
Dans cette guitare qui fait pleurer, ce texte qui met par terre et cette voix qui fait se taire.
Alors je me tourne vers le ciel, pour qu'en 2010, je n'ai plus à attendre.
(et pour qu'elle soit rousse...)
(Même si Dieu n'existe pas et qu'il est très cruel.)
samedi 28 mars 2009
Ground on Down / Ben Harper
Bon, je vous fais plaisir les filles.
Mmmmm, sa voix Soul qui vous envoie dans la stratosphère et sa guitare Hendrixienne qui colle une patate monstre.
En plus ici, il est jeune, il est pas encore tatoué de partout, ultra-célèbre, et chiant avec ses solos de gratte ou de percus (je hais le Djembé, attention!!) qui durent des plombes. (Non parce que oui, quand même, parfois il est relou le Ben Harper à partir dans des solos interminables sur ses instruments, comme les guitar-héros des années 70/80...)
Il balance des riffs acérés avec une rythmique de sauvage, sans peur, sans complexe, comme si il voulait concurrencer à la fois AC/DC et Marvin Gaye.
Il mélange les styles sans prétention mais avec assez de fraîcheur pour que le résultat soit sacrément puissant (et efficace).
Il a pas peur de faire appel à du son classique (de la Soul 60's et 70's par exemple).
Oui, moi aussi j'aime Ben Harper.
Pas forcément pour les mêmes raisons que les filles c'est vrai, mais pour des vachement bonnes (raisons) quand même.
J'aime Ben Harper parce que c'est le mix entre Bob Marley et Jimi Hendrix, mais en moins chiant.
J'aime ben Harper parce sa musique rassemble plein de musiques que j'aime bien : Soul, rock, pop, balade, hip-hop, jazz..
J'aime Ben Harper parce que je connais depuis vachement longtemps grâce à caro-magnonne.
Mais surtout, même si il ne fait pas de rap ou de Hip-Hop, sa musique a une énergie qui vient de la rue (mon dieu, je parle comme IAM, help!!)
Et un mec qui met des skateurs dans son clip ne peut être que cool finalement...
Et hop, voilà comment on obtient une vague d'explosions de foufounes....
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vendredi 12 décembre 2008
Power of the Gospel / Ben Harper
et en entier ici:
J'en connais certaines qui nous font des syncopes rien qu'à évoquer son nom ou ses tics vocaux (hun! sur sexual healing en live, par exemple, ou l'intro de ground on down: aaaaaaaaaaaaaaaaaaaayyyyyyyyyyyyyyyhhhhaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa believe in a few things) mais ce qui est réellement intéressant chez ben harper les filles, c'est pas son sex-appeal finalement tout relatif (non, pas taper) ni sa voix de crooner du ghetto (non, pas re-taper) mais bien sa volonté de rester ancré dans une certaine tradition de la musique noire américaine.
La musique engagée, la soul, le rap, la musique de rebelle mais surtout, avec cette chanson en particulier, le gospel.
Car oui, on peut chanter des louanges à son créateur et ne pas passer pour un bigot coincé ou un ayatollah farouche.
On peut croire en Dieu et ne pas ressembler au jour du Seigneur.
Ben Harper mixe toutes ces influences (surtout la musique du sud des Etats-Unis) dans sa musique qui, si elle devient répétitive depuis quelques temps, reste quand même drôlement bien gaulée.
Et là, ben il me parle.
je ne crois pas en un Dieu interventionniste mais je crois que l'on peut parfois avoir des preuves de son existence dans des détails du quotidien.
Dans Marvin Gaye par exemple, et son miraculeux album What's Going On
Dans la vague de Teahupoo, surfée par Laird Hamilton en août 2000.
Dans Mozart et Chopin.
Dans les pintes de bières qu'on boit avec ses amis, à la divette ou au baron samedi.
Dans les brunchs chez cro-magnonne le week-end.
Dans l'oeuvre de Scorsese, dans la leçon de piano et breaking the waves, dans les comédies de Hugh Grant, dans tout ce qu'a fait Woody Allen et dans les dents de la mer. Et je crois pouvoir citer une bonne centaine d'autres scènes comme ça donc j'arrète, mais quand même, rien que les dialogues de un éléphant ça trompe énormément et nous iront tous au paradis, c'est surnaturel...
Dans la neige.
Dans Charly.
Dans les gants de Mohammed Ali et la détente de Michael Jordan et les passements de jambe de Zidane.
Dans l'océan, calme et déchainé.
Dans la pluie à Brest, réfugié derrière les vitres du tour du monde, une bière et des moules-frites sur la table.
Dans les Beatles et les Stones.
Dans la voix d'Amy Winehouse.
Dans certains regards.
Dans TOUS les Pixars
Dans le rire de Nathalie Portman dans Garden State.
Dans le riff de Smells like teen spirit.
Dans la poursuite de Terminator 2, entre la moto et le camion. Il y a 17ans...
Dans Prince.
Dans les gâteaux de ma mémé.
Dans la trilogie new yorkaise.
Dans le plan-séquence de la soif du mal.
Dans les chansons de Bruce Springsteen et les cheveux roux de Kate Winslet.
Dans le bibendum Schamallow.
Dans la fête à la marmotte.
Dans la cathédrale de Toul et la Place Stanislas.
Dans Guernica.
Dans le chocolat.
Dans Calvin et Hobbes.
Dans les gâteaux de noêl de ma maman.
Dans la lumière des phares sur les côtes bretonnes.
Dans les tigres du bengale.
Dans les Projections-Saucisson.
Dans la vie est belle de Capra.
Dans mes amis de Bercy.
et dans tant d'autres choses encore.
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