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mardi 6 mai 2025

Long Promised Road / The Beach Boys






 "Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas, c'est parce que nous n'osons pas qu'elles sont difficiles."

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Dis donc, gros, cette pensée de youtubeur, elle t'est apparue en épiphanie la veille de faire le El Capitan sans corde et à mains nues ou avant de reprendre une troisième fois des nuggets de poulet à la sauce (très) piquante ?

Non parce que d'accord, c'est bien beau de prendre des airs pénétrés et de balancer des phrases, comme ça, les yeux plissés à regarder au loin pour faire le malin, mais bon c'est pas forcément parce qu'on se décide comme ça un matin (sans même un petite gueule de bois pour excuser une décision qui sera forcément regrettée dans quelques heures) à faire un truc (genre escalader les 900 mètres de granit lisse du El Capitan sans assurance ni foi en l'avenir) que ça devient soudainement facile et à l'inverse, ce n'est pas parce que l'audace nous pousse à reprendre une troisième fois de la nourriture hasardeuse et épicée qu'on a fait un bond gigantesque dans le grand steeple-chase de la vie.

Je le vois bien, Sénèque, avec sa toge et ses tongs, au pied d'un miroir de pierre à se gratter la tête en regardant au loin (les yeux plissés) et à décider qu'après tout la notion de difficulté n'était que dans la tête, bande de zouaves. Et je vous laisse avec ça, analphabètes. Je retourne penser autour d'un bon buffet à volonté.
Je le vois bien le penseur, toge relevée sur ses sanitaires de marbre à se dire que ce 37ème nugget de pouletolis à la sauce pimentoros était bien audacieux et que certes cette pétarade intestinale était fâcheuse, mais qu'il avait vaillamment appliqué son épiphanie reçue ce sobre matin en regardant le El Capitan (les yeux plissés).

Et je vous vois venir. "Halala Moyen, tu es vraiment de mauvaise foi; toujours à chercher le bon mot, toi aussi. Sénèque se voulait inspirant, c'est une allégorie du courage et en plus, il n'avait pas randonné la paroi du El Capitan, et encore moins en free solo et ne pouvait, du coup, relativiser la dangerosité (principalement intestinale) des nuggets de poulet à la sauce piquante."

Et je vous répondrai que déjà, oui, je suis de mauvaise foi, évidemment et ensuite, moi aussi je peux plisser les yeux et balancer des phrases inspirantes, comme ça, au pif genre "Ce n'est pas parce que Dieu n'existe pas que le monde va mal, c'est non seulement parce qu'il existe pas, mais qu'en plus, parce qu'il est cruel" et vous me répondrez alors que déjà oui, c'est évident, et ensuite que quand même, tout est question de point de vue.

Et c'est justement, je trouve, ce dont manquent ces phrases de postérité, sentences motivantes et sensées élever les imparfaits que nous sommes. De point de vue.


Malgré tout le respect possible pour l'homme gigantesque, l'admiration, les louanges, ben je me dis quand même que Nelson Mandela, il devait être fatigué, non, quand il a dit "je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j'apprends." ?

Ben vous êtes gentil monsieur Madiba, mais le pauvre gugusse qui mangeait un 6-1, 6-2, 6-0 en 34 minutes à Roland-Garros contre Nadal, ben il a sans doute surtout appris qu'il est un gros guignol et devrait peut-être envisager une reconversion dans le curling ou le lancer de javelot. On a vu mieux comme mantra positiviste.


Effectivement, le mot peut être puissant et les phrases jolies et ce verbe, qui a libéré des peuples et protégé des faibles, peut nous animer, insuffler une force ou une philosophie.

Mais l'acte, le grand saut ou la simple poignée de main ont autant d'importance. Car transformer son quotidien se fait en écrivant sur des murs mais aussi en essayant de vivre sans tomber, mais surtout sans chercher à faire tomber les autres.



Tiens et vous me convoquerez aussi le gugusse qui a dit ""femme qui rit, à moitié dans ton lit",  j'ai deux mots à lui dire...


(Note du Moyen Auteur : Ne vous y trompez pas. Loin de moi l'idée ici de jouer les philosophes ou de dénigrer les grands hommes. Au contraire. Les personnes citées précédemment sont bien plus brillantes que moi. Evidemment. Je ne suis pas très intelligent, je le sais. Mais je me bats un peu. Et je suis curieux. Et puis après tout, à jouer les diseurs de citation, je pourrais vous dire que dans la lutte contre la morosité, tous les Moyen(s) sont bons. Surtout un...)









































jeudi 12 janvier 2012

Wonderful / Brian Wilson



Alors oui, certains veulent planquer le Général Bigeard (grande figure de Toul c'est cool, le Général. D'ailleurs il a même une avenue à Toul c'est cool, c'est l'avenue où il y a le Cora. Pour ceux qui connaissent pas, le Cora, c'est comme Carrefour sauf qu'on entend l'accent lorrain à la caisse.) au Panthéon,  l'essence va bientôt se compter en carats et non plus en litres,  la mer ressemblera bientôt à une grosse flaque de pétrole, Yannick Noah et Christophe Maé vont continuer de faire des albums, le nationalisme triomphant et les lettres de délation anonymes vont redevenir tendance (va falloir se tenir bien à droite, les enfants...) les 17m2 à Paris se loueront pour à peine un SMIC et Burger King ne reviendra pas en France.

Mais sache, ami lecteur, que malgré tout, la vie est belle.

Les Nymphéas de Monet sont toujours aussi beaux au musée de l'Orangerie.
La mer n'est pas encore une grande flaque de goudron.
Les étoiles ne sont pas éteintes.
Les bars ne sont pas fermés.
Les images de Mohammed Ali dansant sur un ring, de Pelé, Zidane ou Cantona dansant sur du gazon et de Michael Jordan flottant dans les airs ne sont pas oubliées.
Les mots de Prévert ne sont pas effacés.
On n'a pas encore fait de remakes des films de Woody Allen.
La voix de Marvin Gaye n'est pas enrouée.
Les guitares de Neil Young et de Bruce Springsteen ne sont pas débranchées.
Le Whisky et la bière ne sont pas désalcoolisés.
Les tigres du bengale et les baleines ne sont pas tous tués.
Les graffitis sur les murs ne sont pas tous gommés.
On a toujours les livres de John Steinbeck et Paul Auster.

Et je pourrais comme ça citer encore quelques centaines de raisons qui font que la vie est merveilleuse.

Mais je préfère en découvrir de nouvelles.




A noter que cette merveilleuse chanson est tirée du non moins merveilleux album Smile des Beach Boys.


Un album que Brian Wilson voulait comme une suite directe au chef-d'oeuvre "Pet Sounds".
Commencé en 1966 - 1967 , il n'a jamais pu réellement le finir dans sa forme originelle en raison de nombreux problèmes comme des dissensions et un manque de motivation au sein du groupe, des désaccords avec Capitol, la maison de disque, la perte de leur triple A, les problèmes de drogue de Brian (et sa dépression et ses problèmes mentaux). Des extraits sont sortis sous des formes diverses (dont l'album Smiley Smile) mais en 2011 sort enfin la version la plus proche de ce qu'aurait dû être Smile. Et en étant l'heureux propriétaire grâce aux occasions de Gibert Joseph, le meilleur disquaire de l'univers intersidéral et de Paris, je peux vous dire que c'est une merveille. Peut-être encore plus beau que son illustre prédécesseur.



Une autre raison qui fait que la vie vaut la peine d'être vécue.

mardi 21 septembre 2010

God Only Knows / The Beach Boys




Un jour Dieu fit le Monde. Et les oiseaux dans les airs et les poissons dans les Océans.
Et il vit que cela était bon.
Alors il fit l'Homme pour qu'il soit le maître des oiseaux dans les airs et des poissons dans les océans.
Et il vit que cela était bien, mais pas top.
Alors il fit le réveil, aussi, parce que l'Homme avait beau être maître des oiseaux dans les airs et des poissons dans les océans, on ne devient pas le maître de tout ça en se levant après 11 heures.
Et il vit que le réveil, cela était bon.

Et il fit Moyenman, qui jouait avec le réveil.
Il y eu un soir, et il y eut un matin.
Et vint le deuxième jour.

                        Parabole du Jour Moyen.

Un jour, Moyenman jouait avec son téléphone.
Et quand les ténèbres recouvrirent la campagne et qu'il fut temps de dormir, Moyenman se coucha, son réveil près de lui afin d'être à l'heure chez son employeur, tourna ses pensées vers l'éternel (ce grand tout insondable certainement farceur qui faisait tourner cahotiquement la roue voilée de son destin bancal.) et s'endormit, fourbu de la journée qu'il venait de passer, mais heureux du repos qui lui était accordé.

Il y eu le soir.

Et il y eu le matin.

Et le réveil de Moyen sonna.

Alors Moyen lutta pour se sortir la tête du fond de son fion.
Il brossa ses dents pour que sa parole ne soit pas amère, il lava ses cheveux afin que la teigne ne l'atteigne pas et il se passa sous l'eau afin de réveiller son corps encore endormi.

Il s'habilla et sortit.

Ce n'est qu'au bout d'une dizaine de pas que Moyen se rendit compte qu'il y avait un problème.

Il y eu le soir.

Mais était-il le matin?

Son téléphone dans les mains, ce téléphone qui l'avait réveillé annonçait 7h52.
Et pourtant les ténèbres recouvraient toujours la campagne et nul coq ne saluait l'arrivée approchante de l'aube.
La rosée n'était pas encore posée et personne ne se hâtait dans les rues comme il était pourtant habituel à cette heure aussi avancée de la nuit.

Suspicieux, Moyenman regarda l'heure qu'indiquait son IPod (dont le mode aléatoire, dans une ironie mordante et surtout perfide, avait décider de le bercer au son de "Morning Has Broken" de Cat Stevens) et blêmit.

5h52.

(là, je vais le dire plus fort, pour ceux du fond qui n'ont certainement pas entendu.)

CINQ HEURES ET CINQUANTE-DEUX MINUTES

(oui, du matin. D'ailleurs j'ai découvert aujourd'hui que cette heure existait le matin aussi.)

En jouant (sottement, certes) avec son téléphone la veille au soir au lieu de faire des devoirs, Moyen avait déréglé son portable.

Et ainsi, il s'était réveillé deux heures trop tôt.

Et la journée de Moyen s'allongea encore quand il vit tout le travail qu'il devait faire puisqu'il était seul dans ce grand atelier.

Mais Moyenman sait qu'il y aura un soir.
Et il y aura un Matin.

Et ce sera le troisième jour.







Et ce sont des musiques comme ça qui me font croire que Dieu existe.

Même si il est très cruel.






(ce conte est dédicacé à ce grand tout impalpable, insondable mystère, abysse terrifiante de l'inconnu, qui croit qu'en étant cruel, je vais devenir aigri. Raté.)

jeudi 22 avril 2010

California Girls / The Beach Boys



Non mais franchement, vous croyez que j'y vais pour quoi , en Californie?

Pour sa côte sauvage, découpée par l'Océan?

Pour ses déserts arides, interminables, vitrifiés par le soleil?

Pour ses panoramas qui ont inspiré les plus grands réalisateurs?

Pour les vagues légendaires du grand Pacifique?

Vous croyez que je vais me taper 13h d'avion rien que pour voir des séquoias géants, des parcs où l'on se perd dans labyrinthe de roches et de végétaux?

Vous imaginez sans doute que c'est traverser des villes fantômes et croiser des aérodromes mythiques aux tarmacs recouverts d'avions incroyables et où l'on entend rugir des prototypes mysterieux qui me rend hystérique à deux jours de mon départ?

Non, j'en ai rien à foutre de San Francisco et de sa baie et de ses rues en escalier et de ses immeubles historiques et de ses restaurants de fruits de mer.

Le sigle HOLLYWOOD à L.A. ?
Rien à glander.

Tout ça, mes amis, c'est pour croiser des filles dans des bars perdus.