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samedi 9 juin 2012

Face à La Mer / Les Négresses Vertes



Paris, tu es bien jolie.
Paris, tu es bien petite pour ceux qui s'aiment d'un si grand amour.
Paris, tu es bien fleurie.

Mais Paris, pardon de te le dire, il te manque quelque chose d'essentiel.

Paris, tu es bien loin de la mer.

Et ce ne sont pas tes cabarets, tes bars et tes cinémas qui me détourneront de l'Océan.

Je te sens, tentatrice, à essayer de me retenir ici, mais tes efforts seront vains, car ma petite, tu as déjà perdu.

Alors c'est vrai, que peux tu faire du haut de tes tours et du fond de tes ruelles face à celle qui ne sera jamais éphémère?

Je te sais affriolante, survoltée, cultivée et même marrante, quand tu me propose des mystères et des énigmes.

Et pourtant, la mer ne fait pas tout ça, elle n'a pas besoin de cotillons et d'encyclopédies pour m'étourdir.
Elle ne dit rien et vous accueille.

Et face à elle, effondré, courbé, brisé, un souffle lui suffit pour me relever.
Face à elle, je vois des aventures qui me sont promises, des trésors cachés qui me sont réservés..
Face à la mer, je suis dos au reste. Et c'est ce qui compte.
Et ce sont des vagues et des bateaux, du vent, un peu de sel sur les lèvres. Des soleils infinis, des horizons sans fins, mille couleurs, le soleil et les maillots des filles.

Tout ce que tu ne pourras jamais m'offrir malgré tes trapèzes, tes numéros d'équilibristes et ton érudition.

C'est pourquoi, chère Paris, tu ne me verras pas vieillir.

Je vieillirai en regardant la mer dans les yeux d'une fille.





mercredi 19 novembre 2008

Sous le Soleil de Bodega / Les Négresses Vertes



Au milieu des années 90, une lutte sauvage fait rage entre deux congrégations.
Une lutte sanglante.
Les fans des Négresses vertes contre les fans de la Mano Negra.
Comme si il était impossible d'aimer les deux
Le même affrontement oppose les fans d'IAM à ceux d'NTM (bon, là, il n'y a pas photo, IAM c'est les petits chanteurs à la croix de bois qui se prennent pour des Jedis...)

Alors je me replonge dans cette époque où les réalisateurs de clips (et de pub) n'étaient pas encore des stars et se permettaient des choses assez folles (les clips des Rita Mitsuko de Mondino sont des chefs-d'oeuvre!!)
Une époque de folie musicale en france (ça pêtait dans tous les sens avec l'arrivée du RAP, les négresses, donc, la mano, quand même, les garçons bouchers, les béruriers noirs, et plein de groupes comme ça qui en avaient assez qu'on se tape Sacha Distel et Dick Rivers à la radio)

Moi, ami lecteur, j'ai toujours été du côté des negresses vertes.
je trouvais que c'était plus festif que la Mano, que ça se prenait peut-être moins au sérieux mais surtout que leur chansons étaient vachement marrantes et leurs clips bien délirants.

Sous le soleil de Bodega, leur tube. (même si ils ont plein de morceaux géniaux comme Zobi la Mouche qui, comme dirait cousin Vincent, envoie du paté, face à la mer, un titre magnifique qui donne envie de devenir manouche dans le sud, ou voilà l'été qui colle la banane à n'importe quel moment de l'année...)
Une guitare manouche survoltée, des paroles mystiques, une rythmique festive, il n'en faut pas plus pour cramer les planchers des musettes et autres baloches de france et de navarre...
Alors sortez les cotillons, les serpentins et les langues de Belle-mère, merde, c'est la fête les enfants!!

Et ce groupe me donne une autre bouffée de nostalgie intense (mais celle qui serre la gorge et colle les larmes aux yeux et tout et tout...)

Sur leur magnifique double CD Live Green Bus, les négresses vertes nous gratifient d'un morceau d'Anthologie qui se nomme Mambo Show.
Un morceau qu'on écoutaient en boucle quand j'étais à Brest, avec mon pote Xavier.
Un titre hyper-puissant dans lequel on peut entendre une partie de basse terrible, un son monstrueux à coller Barry White au mur avant que le batteur n'enchaîne sur une session je-tape-très-fort-sur-mon-instrument-pendant-que-mes-collègues-hurlent-sur-scène.
Un truc magnifique. (et vachement puissant, aussi, hein, ça donne envie de danser toute la nuit!)
Et Xavier, il kiffait la basse.
Alors, à chaque fois que je réécoute ce morceau, je repense à Xavier.
Forcément.
J'espère que là où tu es, mec, tu as trouvé une belle basse et de la bonne musique.
Tu me manques, mec...