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mercredi 6 mai 2015

Real People / Common




Je me rend compte que j'atteins le milieu de la trentaine aux personnes que je croise lors des soirées.

Dans votre jeunesse folle et analphabète post-baccalauréat / étudianto-révolto-alcoolique, vous croisez généralement des gens qui sont à peu près comme vous.

Jeunes, révoltés, étudiants et alcooliques.

Alors généralement, en soirée, vous vous retrouvez face à un étudiant en lettres ou en histoire (ou socio, psycho, et beaucoup de filières qui finissent en -o) qui vous dit, entre deux bouffées de fumée, que "non mais ouais, tu vois, notre société est bâtie entièrement sur la propriété privée et l'aliénation mentale de la masse. C'est naze, quoi..."

Dans ces moments-là, le mec en question (et qui est souvent le plus original de le bande.) a les cheveux longs, lit du Roland Barthes ou du Naomi Klein et écoute ce petit groupe punk pas connu mais super fort de Saint Etienne. L'aventurier, quoi.

et vous acquiescez promptement entre deux gorgées.

Puis le temps passe.

Et comme je pense que finalement, ma vie n'est pas si ratée, je me dis qu'il est temps de l'expliquer au monde. 

Du coup, en soirée, je rencontre des gens, et alors que je m'apprête à leur balancer ma vie dans la tronche, à un moment donné, parfois, ça donne ça:

Moyen: "Non, je ne suis pas Parisien, je viens de Toul. C'est cool. Et toi?"

Interlocuteur: "Je suis Colombien, mais en ce moment, j'habite à Brooklyn. Je suis en tournée avec mon groupe, parce que je suis musicien. J'adore l'Europe, c'est si dynamique. Et c'est beau. Mais l'endroit le plus beau que j'ai vu, ce sont les hauts plateaux du Pérou. C'est magnifique. J'ai écris des chansons, là-haut. Et Le Viet-Nam. C'est incroyable, la jungle et les rizières et les gens sont curieux. Adorables. Et les grandes plaines d'Afrique. Les fauves. Mais j'aime Brooklyn. On y croise le Monde. Jay-Z était mon voisin. Tu connais les hauts plateaux du Pérou?"

Moyen: "Heu. Je connais bien le plateau de Malzéville."

(Note pour toi, lecteur, lectrice, Scarlett: le plateau de Malzéville, c'est le Kilimandjaro du 5-4. Le K2. L'Eiger. Et nul ne peut se prétendre adulte si il n'a pas pris une cuite au plateau de Malzéville.)

(Il est évident qu'à ce moment-là, je relativisais vachement l'idée d'avoir "pas trop mal réussi ma vie" et j'hésitais fortement entre l'envie de lui faire chier ses dents et celle de lui demander de me présenter Jay-Z....)

Ou alors, tout regonflé de mes pérégrinations aux 4 3 2 ... Bon, au petit coin du monde que j'ai visité, je m'avance, confiant, tonitruant que j'adore voyager.
Forcément, lorsque l'on me répond "Oh oui, j'adore, j'ai fait le tour du Monde. Deux fois." ou "Ah oui, j'ai fait plein de voyages en bateau. Et même une transatlantique." et que tout ce que je peux répondre, c'est que j'ai été à New-York. Comme tous les gens qui "aiment voyager" (évidemment, je suis mauvais langue. J'ai fait un road trip dans l'Ouest des Etats-Unis, traversé une partie de l'Ecosse à pieds et à dos de barriques de Whisky, admiré les merveilles d'Istanbul-la-magnifique et escaladé le plateau de Malzéville, mais je dois avouer que comparé aux exemples précédents, c'est comme si je disais à un type qui a fait l'Everest que j'aimais l'escalade en lui parlant du plateau de Malzéville.

Oui, on en croise des gens en soirée. Et ils sont tous différents.

Presque autant que ceux que l'on croise en voyage.

jeudi 1 janvier 2009

Nuit d'Ivresse (live accoustique) / Les Rita Mitsouko



En ce lendemain de réveillon, quoi de mieux que cette chanson (bande originale du génial film du même nom qui voit Thierry Lhermitte et Josiane Balasko complètements déchaînés traverser paris au rythme des verres qu'ils se prennent dans la tronche. la cuite du siècle)

Et pour finir l'année en beauté (et la commencer en joie) je voulais en profiter pour rendre un petit hommage à Fred Chichin mort cette année.

Parce que je suis fan des rita depuis longtemps.
Parce que ces deux-là ont collé pas mal de coups de pieds au derche du rock français.
Parce que Fred Chichin était un des rares hommes sur terre (avec Rochefort, Dujardin et Sean Connery) à porter la moustache avec classe.
Parce que leur musique est indémodable, avec ce zeste de folie qui la caractérise.
Parce qu'un DJ qui ne passe pas un Rita Mitsouko dans une soirée ne sait pas ce qu'il rate. (Marcia Baila est un classique les enfants.)
Parce que merde, pour une fois qu'on a de la musique française fun et pas sinistro-sérieuse ou crispo-chiante.
Parce que j'ai vraiment pleuré le jour où Chichin est mort.

Quoi qu'il en soit, cette chanson fait partie de ces odes à l'ivresse, justement que j'affectionne particulièrement.

Pas à l'alcoolisme, attention, c'est différent.
L'alcoolisme donne des résultats souvent pathétiques, comme Gainsbourg qui parle ou Renaud qui dit que depuis qu'il est amoureux de sa blondasse, il arrête la clope et il boit de l'eau... (Les ravages de l'alcool mes amis.)
Non, l'ivresse allège la vie, rend festif et, par contagion, rend tout ce qui vous entoure festif. L'ivresse fait chanter et danser. l'ivresse rend polyglotte et amoureux.
l'ivresse rend futile et moins con.

Mais attention, il existe un palier ou l'ivresse baisse, il faut donc vite reboire un truc pour se maintenir à niveau. (et c'est généralement à ce moment-là que les plus faibles d'entre nous tombent dans le piège de l'alcoolisme et parlent comme Gainsbourg en vomissant les mots ou disent des conneries comme Renaud.)

Sur ce, je vous souhaite une bonne et heureuse année, pleine de moments ivres.