jeudi 10 mars 2016

Learning to Fly / Tom Petty & The Heartbreakers



Il y a presque un mois, on a fêté (enfin, j'ai fêté, seul, chez moi en buvant un whisky et en regardant l'Etoffe des Héros.) l'anniversaire d'une légende absolue.

Chuck Yeager.

Coucou de mon coucou!


Le général Charles "Chuck" Yeager.
93 ans depuis le 13 février dernier.

Le premier homme à avoir franchit le mur du son en avion.

Pas n'importe quel avion. Le Bell X-1

Un suppositoire orange équipé de petites ailes taillées comme des lames de rasoir pour découper le ciel.

Le 14 Octobre 1947, Chuck Yeager, qui n'a que 24 ans, monte à bord du suppositoire orange qu'il a affectueusement baptisé "Glamourous Glennis" en hommage à sa femme (parce que Chuck Yeager est un romantique) pousse le moteur-fusée de son coucou à fond et découpe le ciel de la base d'Edwards, Californie pour faire un bond dans l'histoire.

La veille, il se bousille deux côtes en tombant de cheval, mais craignant de se faire retirer le vol test par l'armée de l'air, il ne dit rien et scie alors un bout de manche à balais pour lui permettre de faire levier et fermer la trappe malgré ses côtes en vrac.

Quelques années plus tôt, pendant la guerre, aux commandes de son Mustang P51, il abat 13 avions allemands, dont 5 la même journée. Il est également un des premiers pilotes à abattre un Me 262, le premier avion à réaction.

Bref, un cow-boy avec un zinc à la place du canasson.

Yeah. J'ai la plus grosse brique de Tetris du monde derrière moi


Il battra d'autres records, testera d'autres avions fous, sera un des instructeurs de Neil Armstrong lui-même (souviens-toi de Neil) sera mandaté par Ronald Reagan pour faire partie de la commission d'enquête pour comprendre ce qui est arrivé à la Navette Challenger qui explosa au décollage et se permettra encore quelques cabrioles aériennes jusqu'à 90 ans.

Mais, chose dingue, cette légende vivante, ce pionnier pur, celui qui a cette véritable étoffe qui fait les héros est retourné en Europe dans les années 50.

Et de Juillet 1956 à Juillet 1957, il a commandé une base.

La base aérienne de Toul-Rosières.

Oui.

Chuck Yeager a vécu à Toul-is-cool.

Imaginez mon étonnement et mon excitation quand j'ai appris ça.

Alors puisqu' Internet est un outil fantastique, j'ai pris mon courage à deux mains, j'ai mis mon masque à oxygène et mes lunettes de vol, je me suis inspiré de ces fous du manche qui s'aplatissaient violemment dans le désert de Mojave aux commandes d'un prototype hasardeux au nom de la défense nationale recherche et de l'exploration et je lui ai écrit.

Moi, Moyen, j'ai envoyé un mail à un Général de l'US Air Force qui a laissé une empreinte indélébile dans l'histoire moderne.

Et il m'a répondu.

Avec cette verve lyrique et poétique de ces aventuriers qui voient au-delà des frontières, des barrières et du ciel, ce phrasé romanesque des légendes.


(oui, j'ai préservé mon anonymat.)
Avouez que ça en jette, hein?
Ah ça, vous êtes bluffés.

Bon, je fais un peu lèche-botte dans mon courrier, je le confesse, mais question prose, il est pas mal non plus.

Et il répond EN FRANCAIS !

Ma fierté.
Mon fait d'arme.

Et comme j'aime les avions et la musique, j'avais profité de l'occasion d'un petit exercice de montage dans mon école de cinéma pour leur rendre hommage.

Et à Chuck Yeager également...




Chuck Yeager m'a donc appris au moins deux choses:
A voir au-delà des limites et des barrières, même invisibles, car c'est là que se trouve le bonheur et à compter ses mots.


Et en bonus, la version Live Unplugged qui fait frissonner...






mardi 8 mars 2016

Do my thing / Estelle (Feat. Janelle Monae)




Aujourd'hui, c'était la journée des droits de la femme et non, je n'aime pas la journée des droits de la femme.

Non pas que je n'aime pas que les femmes aient une journée, mais je trouve ça complètement con que les femmes aient une journée.

Pourquoi.

Pourquoi devrait-on instaurer une journée particulière pour se rappeler qu'après-tout, les gonzesses sont des êtres humains aussi et mériteraient (peut-être ) les mêmes droits que les hommes?

Je vous avais déjà dit ici que je pensais qu'il était temps d'interdire des trucs aux hommes (tout en proclamant mon amour pour le foot, les filles, Beyoncé et les stades.) afin qu'ils puissent dignement éviter au monde l'expression préhistorique de leur relouterie manifeste.

Là, j'ai envie de vous dire que ça fait bien longtemps que les femmes, elles ont pris le monde en main.

Je pourrais vous parler de celles qui jouent au foot et qui sont meilleures que les mecs, de celles qui disent des choses plus intelligentes que les mecs dans les médias (ce qui arrive très très souvent quand même) de celles qui surfent des vagues qui me collent le mal de mer quand je les regarde, des filles qui envoient aussi gros en ski extrême que les bonhommes, de Beyoncé, de Simone Veil, de Jane Campion, des rappeuses, des patronnes de grosses entreprises ou de femmes du bout du monde qui se battent contre le viol, l'excision, la burqa, les diktats, les préjugés et l'injustice, mais en fait, je vais vous parler de celles que je connais et que je vois tous les jours.

Ma frangine, Caro-Magnonne, que vous connaissez finalement déjà un peu, qui pète -littéralement- la classe et qui est capable de citer Nietzsche en rotant une bière sur du Beyoncé (tout en analysant finement notre monde déglingué.)

Miss-E, mon Hobbes, plus tigre que les mâles qui se croient Alpha, plus intelligente et plus jolie aussi.

Kiddie, auteure, scénariste, qui vit avec un (chouette) chat, marche sur les mecs avec ses talons, râle contre le rose, enfile les bières (elle aussi) brise le monde avec son rire et s'assume tellement bien avec ce chouilla de classe qu'il faut.

Blondie, drôle et chouette, proprio, qui travaille à la télévision et montre souvent aux garçons comment on bosse. Surtout les chauffards du Luxembourg.

Pretty, loin là-bas, par-delà le grand Atlantique, dans la grande pomme et qui l'assume et qui fait preuve de plus de courage que tous les Jedis d'ici jusqu'à la bordure extérieure. (n'oublie pas, Pretty, un océan n'est rien. C'est la taille du coeur qui compte.)

P'tite ème et son poste à responsabilité qui ferait rougir Ban Ki-Moon si la complexité du monde du prêt-à-porter ne lui faisait pas peur après avoir pris en mains le conflit Israélo-Palestinien.

Babé, sa jumelle, qui gère des rôteurs de bières préhistoriques qui martyrisent des guitares et grognent dans des micros tous les soirs, danse sur ces mêmes rôteurs de bières préhistoriques et sur Dave parfois.

Frau, qui gère une autre forme de pitbulls qui vivent en meute. Les collégiens. Dans un bahut perdu au fond de La Courneuve. Le 9-3. Et qui fait preuve de plus de courage que moi.

Ciseaux, qui évoluent dans un milieu hostile soumis à une grande pression et sombre, un milieu de requins et de requins machos, un milieu que je connais bien. Le Cinéma.

Et toutes les autres, de cette danseuse de flamenco en train de changer le monde petit à petit à cette petite avocate droite dans ses bottes et ses convictions, qui siffle des whiskys et écoute parfois du Dr Dre sans oublier d'être forte et décidée et drôle face à la bêtise, Coach (et ses cheveux roux) qui revient d'une vie aux Etats-Unis pour en commencer courageusement une autre à Nancy. et toutes celles que j'ai oubliées et je m'en excuse.

Voilà les filles, l'occasion pour moi de vous féliciter encore une fois (ce ne sera pas la dernière), de vous chanter mon admiration et de vous dire que face à vous, c'est inégal.

C'est moi qui suis en infériorité.



mercredi 24 février 2016

The Handwriting is on the Wall / Ann Peebles



Dans l'épisode précédent de la chanson, je vous parlais de mon amour pour les graffs et les tags sur les murs de Paris.

Des tags de tout, partout.

Bon, attention, il y a graff et graff. C'est évident qu'une gigantesque fresque qui éparpille ses couleurs sur les murs d'une usine en ruine ou d'un hangar vide, ça sera beaucoup plus chouette qu'un vieux "prout à celui qui lit ça" griffonné dans une cage d'escalier.

Encore que certains ont clairement le sens de la punchline et de la répartie et peuvent vous faire rigoler pendant deux jours juste avec une phrase. Ou un mot...



Des tags, donc.
Partout.
Sur les trottoirs, sur les murs et dans le métro.




Je les aime parce qu'ils sont de l'art


Parce qu'avant, ils étaient des publicités.


Parce que parfois, on les voit flous.


Parce que parfois, ils sont cachés




Mais surtout, parce qu'ils sont éphémères.

Leur but, finalement, est non seulement d'être vus mais surtout d'être recouverts. 
De disparaître derrière d'autres oeuvres, de recouvrir du béton et du métal et donner des couleurs au ciment.

Parce que les tags et les graffs sont un art de rue. Ils n'ont pas leur place en galeries d'art où leur fonction même disparaît.
Comme un tigre en cage, finalement.

C'est pour ça que je les ai traqués à New-York...



Dans l'Arizona...


Et que ma mère m'en a fait un chouette dans ma chambre, quand j'étais gamin...



mercredi 20 janvier 2016

Hors-Série Spécial Paris

Alors je voudrais pas faire le relou qui dit "Je vous l'avais bien dit" mais quand même je vous l'avais bien dit.

David Bowie, Alan Rickman, Glenn Frey, Otis Clay, Michel Delpech, Michel Galabru, Ettore Scola...

Merci 2016, t'es déjà toute naze.

L'occasion de se rappeler que 2015 était pas super non plus.

En gros, elle pouvait se résumer à "peur" "cris" "larmes" "poussière" "sang" "horreur" "ça craint" "front national" "Kev Adams" et "Paris"

Paris.

Paris fait tâche dans ce champ lexical de l'angoisse et du mauvais goût.
Paris, finalement, est trop jolie et libre pour qu'on puisse l'associer comme ça à des trucs aussi moches.
Paris, t'es trop stylée.

Vous connaissez déjà mon amour pour ses bars, je pourrais rajouter ses salles de cinéma, ses disquaires, sa Seine et ses bassins des Tuileries, son Grand Palais, Montmartre et le Moulin Rouge, ses musées, ses salles de concert, ses bars, parce que vraiment, je les aime, ses pavés, ses escaliers, ses quais, ses toits, ses impasses et ses boulevard, ses places, ses îles, ses canaux, ses néons et ses marchés. (enfin, surtout ses verres de champagne au marché de Noël)

Et un million de choses cachées.


Alors pour la célébrer, je vous propose mon top 10 des chansons qui parlent de ma cité.




Rive Gauche / Alain Souchon




Parce que je ne la connais pas bien. La rive gauche. Je préfère la rive droite, plus populaire, bizarre et biscornue. Mais quand La Souche la chante, on croise l'esprit de Gainsbourg et Miles Davis (ce qui est pas mal, faut bien le dire, comme compagnons de balade. On aurait pu tomber sur Kev Adams et Christophe Maé. Ou Mélanie Laurent.)
Il la rend mélancolique et bien plus vivante que ce Musée à ciel ouvert qu'elle risque de devenir. Il la rend romantique. Pas autant que Montmartre et Pigalle (oui, Pigalle peut parfois être romantique) mais romantique quand même. On sent l'automne, les feuilles qui tombent, les trompettes des années 50, le bruit des pages que l'on tourne des livres qu'on potasse en terrasse.
Elle nous rappelle surtout que Paris est poétique.




April in Paris / Ella Fitzgerald & Louis Armstrong




Parfois, il faut un regard extérieur pour se rappeler qu'on est chanceux. Et quand des Dieux comme eux deux chantent que le printemps reviens, j'avoue que c'est compliqué de se mettre à rouspéter.
Oui, je vis les plus beaux printemps de l'histoire de l'humanité et des printemps dans la plus belle ville de l'univers.
Parce que même si parfois, en Avril à Paris, il faut ressortir la petite laine, il suffit de la regarder pour sentir son coeur se réchauffer.

Evening in Paris / Quincy Jones




Un morceau qui donne envie de se promener la nuit dans la Capitale. Même à Stalingrad. Bon, faut avouer que c'est une soirée tranquille qu'il se prépare, le Quincy. On voit qu'il va pas aller aux Bain-Douches. Il va se boire un whisky tranquille, sur une terrasse, à admirer les scintillements de la ville lumière.

Il est 5 heures, Paris s'éveille /Jacques Dutronc




Oui, cette chanson, forcément.
J'ai plusieurs fois eu la chance de traverser le 18ème arrondissement au lever du soleil, à des heures où le temps n'a pas encore tout à fait redémarré.
En rentrant chez moi.
(oui, je sais, c'est tard. Je préfère me dire que c'est pile-poil la bonne heure pour apprécier la vie et oublier qu'on est un peu ivre.)
Et ben, c'est un peu comme le dit la chanson, et même un peu plus encore. J'ai vu la garde républicaine répéter pour la parade du 14 juillet dans des rues sans voitures, j'ai vu des gens pleurer et d'autres s'embrasser, j'ai vu des bars fermer et des cafés ouvrir. J'ai vu des accidents de vélo. Des éclats de rire, J'ai vu des africains boire du thé sur des chaises pliantes, en parlant des dialectes lointains. J'ai accepté leur thé. C'était au mois de Juillet et on a parlé football.
J'ai vu des choses que je ne verrai pas à une autre heure. J'ai vu une autre ville.

Paris sous les Bombes / Supreme NTM




Ici, on parle de bombes de peinture, pas de bombes qui tuent. On parle de tags et de graffitis.
Parce que Paname n'est pas polie. Paname râle, grogne et cogne.
Paname dit des gros mots, rouspète, crache par terre, mais c'est pour ça qu'elle est Paris. Un peu libre, un peu jolie, un peu gentille, un peu malpolie.


Bercy Madeleine / Pierre Perret



Le métro, c'est une aventure en soi. On côtoie des gens parfois bizarre, parfois méchants, souvent indifférents, on traverse des continents, on sent mauvais, on sue, on se perd, on attend, longtemps, on retourne au point de départ et on s'endort.
Mais le métro est justement une aventure. Justement, on traverse des continents, des boubous de Château-Rouge aux asiatiques d'Olympiades. C'est pour ça que j'adore m'y perdre, attendre, longtemps et retourner au point de départ.)
Un de mes meilleurs souvenirs parisiens restera cette fois ou Hobbes est moi on est allé volontairement se perdre à Télégraphe en prenant des lignes de métro au hasard. Parce qu'on était des explorateurs.

Le Poinçonneur des Lilas / Serge Gainsbourg



Restons dans le métro, justement, puisqu'il n'est pas qu'un terrain de jeu pour explorateurs amateurs.
Il réchauffe les clodos, donne une voie aux paumés, un toit aux non logés et des voyages aux sans congés. Le métro, c'est une autre ville, un autre Paris, où ceux qui se sont levés (ou ne se sont pas couchés) à 5 heures continuent de déambuler.

Ma Rue / Doc Gynéco




Comment parler de Paris, sans parler de mon quartier?
Parce que dans mon quartier, je suis une minorité. C'est moi l'étranger. Et pourtant, on y parle français, on cherche à s'entraider et on y chante du zouk l'été. J'essaye d'apprendre l'arabe avec mon boulanger et mon voisin boucher (d'ailleurs Monsieur Akoui, il faudra m'apprendre comment on dit "voulez-vous danser?") et samedi dernier, j'ai été aider les sans-papiers à remplir ceux qu'on leur avait donné.
Le doc chante tout ça, parce qu'il vient de là-bas.

Où est-il donc? / Fréhel (Bande Originale du Film Pépé le Moko)






Parce que Paris est cinématographique, mais surtout, Paris est une nostalgie.
Avec Caro-Magnonne, devant l'excellent documentaire d'Arte "Les Aventuriers de l'Art Moderne", on se disait que finalement, on était arrivés à la mauvaise période. Parce qu'elle est moi, on est des aventuriers et des desperados, mais surtout, elle est poète et littéraire et je suis curieux et bistroteux (si! ça se dit!)
Et, soupirants que connaître Pigalle à cette époque nous aurait bien plu, on se disait que quand même, on était arrivés pile au bon moment dans nos quartiers. Et que plus tard, on en sera nostalgiques.

Ni**as in Paris / Jay-Z &. Kanye West




Voilà.
L'Alpha et l'Omega.
Cette chanson qui est devenue encore plus un hymne pour moi.
Parce que quand vous avez deux champions poids lourds de ce calibre qui déboulent et pulvérisent le monde en clamant leur amour pour Paris, ben ça fait plaisir, Bitch.
Oublie Los Angeles, Hong-Kong, Londres ou Berlin, Bitch, Paris is the new New-York !
Alors sur cette chanson, poussez le volume à 11 et dites-vous qu'on nous envie.
Pour notre créativité, notre culture, notre histoire, notre richesse, notre architecture, notre image.


Mais surtout pour notre liberté.



Paris, je t'aime.
Parce que jusqu'ici, chaque jour, tu me l'as montré.



dimanche 3 janvier 2016

The Storm / Tedeschi Trucks Band



Commençons l'année bien, tranquille et dans la bonne humeur avec une gonzesse qui chante le blues (avec la voix d'un alligator de sa Floride natale, mais si il avait mangé tous les cailloux de son marais, Janis Joplin et Etta James et le jeu de guitare d'Eric Clapton quand il imite Robert Johnson) et Derek Trucks (un nom de poète Français romantique du XIXème siècle) qui martyrise sa gratte à en avoir les doigts qui saignent.

C'est toujours bien de commencer l'année avec une gonzesse qui envoie du bois comme ça, ça aide à oublier qu'elle va être ratée.

Non parce que je t'attends, 2016, maudite et tourmenteuse.
Je t'attends, année de désolation punitive.

Car oui, autant vous l'avouer chers amis, 2016 sera pire que 2015, faut pas se leurrer.
Une tempête approche.
Violente.

Déjà, les 1er et 8 Mai tombent des dimanche. Ainsi que mon anniversaire.
C'est pas un signe, ça? A peine commencée, 2016 nous emmerde déjà en jouant la farceuse de mauvais goût.

Il y aura des JO, mais à Rio. Donc avec un décalage horaire.
Complot.

L'alcool donnera toujours la gueule de bois.

Justin Bieber et Adèle continueront de faire des disques.

Taratata sera toujours à l'antenne.

Et pour en rajouter à notre malheur, en 2016, il y a les Visiteurs 3 qui sort au cinéma...



























(Oui, je vous souhaite mes meilleurs voeux pour cette nouvelle année.)




mardi 22 décembre 2015

Santa Claus Goes Straight to the Ghetto / Snoop Doggy Dogg



Bon, on va pas se mentir mais là, pour se sentir dans l'ambiance de Noël, c'est chaud.

Déjà, c'est le bordel partout, le moral varie tranquillement entre "épouvante totale" et "dépression des élections" en passant par "quelle bonne année bien moisie quand même" et on vit malheureux et dans la tristesse en attendant une mort horrible par des gugusses dont le simple fait qu'ils puissent tenir debout vu la bêtise crasse qui ronge leur crâne plein de caca relève du surnaturel.

Et en plus de ça, je voudrais pas faire le mec qui en rajoute ou qui rouspète à tout bout-de-champ mais là, j'aimerais bien savoir ce qu'ils ont fait à la COP 21. Du tricot? Un tarot? Ils se sont regardé en disant "le pétrole et la fonte des glaces, c'est mal, hein? Ouais, c'est mal. On y va?"

Non mais vous avez vu le temps qu'il fait?

Là, on est en train de passer un Noël en Tongs et T-Shirt (et bikinis aussi, ce qui n'est pas forcément un désavantage.) et vous m'excuserez, mais il est plus facile de se plonger dans l'ambiance de Noël sans risquer de se faire tuer par des fanatiques, sans voir le visage de Marine Le Pen toutes dents -blanches bien sûr- dehors et avec 1 mètre de neige dans les rues!

Avec un vent qui fouette un peu les joues et fait sortir les bonnets et les gants, avec une grosse envie de se coller sous la couette, avec des bonnes excuses pour boire du vin chaud. (Bon, ce ne sont pas des températures Brésiliennes qui vont m'empêcher de boire du vin chaud, vous me connaissez, je ne me laisse pas impressionner par le réchauffement de la planète, moi. Du coup, Dimanche, j'ai fait du vin chaud et je dois avouer qu'il n'était pas mauvais et qu'on me l'a confirmé...)

Des trottoirs glissants, des crachats gelés par le froid, le sel sur les routes, les chaussures qu'on tape pour les décrotter et se réchauffer, les écharpes qui nous couvrent le nez , la buée quand on respire.

Les marrons chauds vendus aux bouches de métro. (bon, ceci dit, ils sont là quand même, hein, mais je sais pas, ils n'ont pas la même odeur.)





Voilà une ambiance de Noël.

Mais en ce moment, Noël n'est pas très Charlie.


Même les décorations lumineuses brillent moins.


Alors heureusement, moi Moyen, je suis là pour vous replonger dans la fête, la famille, l'insouciance les courses aux cadeaux, la bûche de Noël, le vin chaud, forcément et tout ce qui fait que Noël est Noël.


Et puis bon, quitte à le passer sous le soleil, autant que ce soit celui de Californie.
Dans une décapotable.
Avec Snoop Dogg.

Et des filles en bikinis.


 

mardi 8 décembre 2015

Gimme Shelter / The Rolling Stones



Ce ne sont pas quelques gugusses avec la tête vide (ou pleine de vase, au choix) qui vont me faire peur.

Ce ne sont pas des fanatiques adeptes de la dynamite qui vont m'empêcher de boire des coups en terrasse, d'aller à des concerts, de déambuler, de râler, de chanter, de traiter, de quimper et de photographier des gens en train de graffer.


Ayatollahs et faux prophètes, vous êtes mal barrés, je peux être obstiné, mal luné, relou et surtout borné.

Vous pensez peut-être qu'avec vos grosses mitraillettes qui compensent vos petites quéquettes vous m'empêcherez de dire que si le niveau zéro de la vie sur terre se situe entre la boue lourde et graisseuse située sous le fumier et le fond d'un évier de boîte de nuit un soir de fête étudiante, vous avez encore un sacré taf pour y arriver?

Raté.






Depuis le treize novembre, je me sens donc remplis de fierté républicaine, d'alcool et de blagues pour résister à ces zélotes décérébrés qui n'ont que la haine et la stupidité comme moteur et je me dis que pas de bol, ils se sont attaqués à la France. Le pire ennemi qu'ils pouvaient se choisir.
Parce que nous sommes leur exact opposé, (beaux, cultivés, rouspéteurs, libres et surtout nous, on a pas à se faire exploser pour se faire plaisir dans des draps froissés avec des jeunes filles et des jeunes hommes tout aussi beaux, cultivés, libres et rouspéteurs.) mais que nous, on va gagner.

Ce ne sont pas des enturbannés dégénérés qui me feront me terrer.

Non.

En trois semaines, on est passé des odeurs de cendres aux odeurs de gaz.

Une blonde avec la même tête moche que son père moche, aux idées noires comme l'ombre d'une croix gammée m'a rappelé que notre pire ennemi n'était pas la méchanceté mais l'ignorance (ou la lâcheté, parce que reconnaissons-le, il faut quand même faire preuve d'un manque de courage évident pour s'en remettre à un parti qui joue les gros bras et promet un veau d'or si on le laisse mettre en place ses idées farfelues d'un autre âge, bêtes comme un débardeur qui boudine pendant un mois de juillet.)

L'ignorance crasse de ces peureux émasculés qui pensent encore que leurs problèmes sont dû à des gens un peu plus bronzés.
Qui pensent sottement que se replier sur soi va nous sauver.
Qui imaginent encore, au 21ème siècle, que la nationalité est affaire de pedigree.
Qui croient que notre économie redeviendra souveraine le jour où nous rétablirons les frontières (et réimprimerons des francs, sortirons de l'euro et prendrons toutes les décisions que les économistes les plus émérites rangent dans le chapitre "à ne pas faire" de leur rédaction aux épreuves écrites du Prix Nobel.)


Marine Le Pen, vous et tous vos amis ainsi que vos électeurs, vous ne me faites pas peur.
Je vous range aux côtés des excités du Djihad, vos idées sont finalement les mêmes.


Nous faire croire que la préhistoire est notre seul avenir possible.




mardi 3 novembre 2015

Savon / Orchestre National de Barbes


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Je ne voudrais pas passer pour un cuistre, mais quand même, je me demandais si Monsieur Robert Ménard, maire de Béziers, n'était pas lourdement tombé sur la tête pendant son enfance ou si il n'était simplement pas né idiot.

Non, parce qu'on sait depuis longtemps qu'il ne va pas bien, mais là, il est clairement en phase terminale.

Ce guignol, après avoir stigmatisé les réfugiés comme des pilleurs assoiffés de sang, voleurs de boulots, violeurs de femmes et resquilleurs de transports en commun veut maintenant interdire les kebabs dans sa ville sous prétexte que (et je cite) "nous sommes dans un pays de tradition Judéo-Chrétienne. C'est difficile pour certain, mais il faudra s'y faire."

Et pis c'est tout!

(on peut presque entendre sa voix de sorcière légionnaire, vous ne trouvez pas?)

Et comme il est pas à une connerie près, ben pour lui, Kébab rime forcément avec immigrés.

Et donc, il en rajoute une couche dessus: "Je trouve qu'à un moment donné, trop c'est trop. Quand dans un pays, il y a trop d'immigrés, c'est trop d'immigrés" (je re-cite toujours, je ne pourrais imaginer une phrase pareille, sauf à vouloir caricaturer des racistes. Mais bon, vous me connaissez, je ne suis pas du style à blaguer)

Ok.

Et quid alors, cher Bob (vous permettez que je vous appelle Bob? Après tout, vous méritez plus un surnom de mercenaire vulgaire que de partager le prénom de Mr Stevenson, qui nous emmenait sur des îles lointaines, de Mr DeNiro, qui nous faisait aimer le cinéma. A la limite, je vous accorde des affinités avec Robert Poujade, mais c'est bien parce que c'est vous.) quid, disais-je donc avant de digresser lourdement, des restaurant Japonais? Ou chinois? Parce que bon, niveau Judéo-Chrétien, c'est pas au top non plus.

Monsieur Ménard, laissez-moi 5 minutes pour vous faire aimer les Kébabs.

D'abord, dans ces restaurants, on vous appelle tout le temps "chef". C'est vous le patron.
Déjà, c'est sympa, non?

Ensuite, le mec qui vous sert, avec sa splendide moustache (c'est peut-être la virilité qui vous effraye en fait, Mr Ménard. Laissez-moi vous rassurer. La Moustache, c'est classe. Regardez Jean Rochefort. Ou Magnum.) ben il sait déjà ce que vous voulez.
Invariablement, il vous demande si "salade-tomate-oignon, chef?"
Hop, on gagne du temps.

Les Kébabs, c'est culturel et instructif, il y a toujours une chaîne d'information turque à la télévision fixée dans le coin du mur. Ou BFM TV.
Du coup, on apprend des trucs pendant qu'on vous prépare votre repas.

Le Kebab, il est ouvert tard. LUI.

Le Kebab, même quand vous êtes bourré, il comprend ce que vous dites. LUI.

Le Kebab, il invite au voyage. Parce qu'on peut y lire de l'arabe ou du turc, entendre des vieux parler la langue des sultans et admirer des posters déchirés d'Istanbul.

Et enfin, et c'est peut-être ce que votre frustration et votre coeur sec d'aigri revanchard qui ne sais pas encore contre qui prendre sa revanche craignent le plus, les Kebabs, c'est romantique...





vendredi 18 septembre 2015

Hit and Run / Loleatta Holloway



La Coupe du Monde de rugby commence aujourd'hui.

6 semaines de joie, bonheur, pintes de bières et tampons dans le menton.

Alors pour fêter ça, voici mes 5 moments préférés de la Coupe du Monde de Rugby
(notez que j'ai volontairement omis les coupe du monde de 1987 et 1991, qui contiennent pourtant leur lot de moment cultes, parce que je ne les ais pas vécues en direct comme les autres, l'émotion à posteriori étant quand même moins forte que la mandale du moment même...)


18 Juin 1995: Demi-Finale Angleterre - Nouvelle-Zélande

Le Jour où Mike Catt est devenu un tapis humain.

La veille, l'équipe de France a vécu une demi-finale dantesque face aux Springboks, futurs vainqueurs de l'épreuve. Dans des conditions apocalyptiques, sur  un terrain transformé en piscine olympique par des trombes d'eau, les bleus encaissent le défi physique ahurissant imposé par les Sud-Africains mais se voient refuser 3 essais tandis que celui accordé à Ruben Kruger n'était pas valable. L'équipe de Christian Lacroix, auteur de 15 points avec 5 pénalités marquées s'incline 19-15.

Le 18 juin, donc, la deuxième demi-finale oppose le XV de la rose aux All Blacks. Et depuis le début de la compétition, on assiste à la naissance d'un phénomène hors-norme.
Jonah Lomu, Néo-Zélandais d'origine Tongienne.
Un monstre d' Un mètre quatre-vingt-seize pour cent vingt kilos qui abat le 100 mètres en moins de 11 secondes et qui a à peine 20 ans à ce moment-là.
Peut-être la seule vraie star planétaire de ce sport où l'individualité disparait au profit de l'équipe.

Les blacks sont sur un (long) nuage (blanc) quand ils entrent sur la pelouse face aux Anglais.
Ils ont écrabouillé tous leurs adversaires avec une facilité effrayante et leur ailier vedette (parce que oui, cet autobus humain n'est ni deuxième ligne, ni troisième ligne, mais bien ailier. Des mensurations hors-normes pour un joueur de ce poste.) est en train de se satelliser à la vitesse de la lumière autour de la planète ovale.
Mais les exploits qu'il a accompli jusqu'à présent ne sont rien en comparaison de ce qu'il s'apprête à faire.

Les Anglais croient pourtant en leur chance, surtout qu'ils sortent de 3 grands chelems glanés dans les 5 éditions précédentes du tournoi des 5 nations et règnent sur l'Europe.

Ils comptent donc bien montrer à leur adversaires qu'il faudra compter avec eux et aller chercher la victoire ne sera pas chose aisée, bloody hell!

Cet état d'esprit guerrier god dammit tiendra deux minutes.

Graeme Bashop, le demi de mêlée du XV de la Fougère, sentant le coup à jouer au large catapulte alors Lomu qui peut mettre en marche son incroyable énergie cinétique.
Un premier Anglais tente de le bloquer, il sera balayé d'un raffut dévastateur.
Arrive alors le capitaine Carling, qui, à 30 ans, ne peut rivaliser avec la vitesse de course de l'Homme-Montagne. Mais sa tentative ne sera pas vaine et une cuillère désespérée déséquilibre le géant.
Lomu a vu sa vitesse réduite de moitié, perd ses appuis et déjà Mike Catt, dernier rempart de la forteresse anglaise, se dresse sur sa route.
Lomu l'enfonce alors comme une vulgaire porte en balsa et lui marche littéralement dessus avant d'aller aplatir tranquillement dans l'en-but.
Pas au sens figuré. Non, le pauvre Catt doit encore avoir une empreinte de pied, pointure 52 fillette sur le torse.

Les Anglais de s'en remettront jamais et Lomu marquera encore 4 essais, scellant la victoire des All Blacks 45 à 29.

Et alors que tout le monde les voit alors favoris pour remporter le titre, il faudra l'esprit d'un peuple, le souffle de l'histoire et le leadership de deux hommes, un noir et un blanc, Mandela et son capitaine François Pienaar, pour les arrêter dans leur course folle.



31 Octobre 1999: Demi-Finale France - Nouvelle-Zélande
Le Jour où le XV de France a terrifié les All-Blacks.

En ce jour d'Halloween, le XV de France se retrouve face à à la plus belle collection de monstres de l'histoire.
L'équipe de Lomu, Umaga, Mehrtens, Anton Oliver, Taine Randell, ou Christian Cullen. Un peu comme une dream team, mais en meilleure.

Pour bien comprendre le contexte de ce match, il faut savoir que la France avait fini dernière du précédent tournoi des 5 nations et qu'à l'été, lors de sa tournée dans le pacifique, elle s'était fait désosser sans anesthésie 54-7 par cette même équipe Néo-Zélandaise.

Autant dire que bon, les voir comme favoris face à leurs bourreaux, c'est un poil abusé.

Suite à cette débâcle dans l'hémisphère sud, Fabien Galthié reste en Nouvelle-Calédonie, persuadé, à raison, qu'il ne sera pas sélectionné pour la Coupe du Monde.

Mais suite à diverses blessures, il est rappelé et prendra les clés du camion pour diriger cette équipe à qui on promet un enfer noir.

Un enfer noir qui se concrétise à la 26ème minute lorsque Lomu, toujours lui, s'empare de la balle aux 22 mètres français et pulvérise 5 bleus (dont Ntamack et Abdelatif Benazzi, qui n'ont pourtant pas des gabarits de danseuses étoiles. Benazzi rebondira même comme un vulgaire culbuto en caoutchouc en allant percuter le n°11 néo-zède.) sans même être ralenti dans sa course.

Transformation du génie Mehrtens. 14-10 pour la Fougère.

Et pourtant.

Et pourtant, à la mi-temps, c'est dans les yeux des hommes des antipodes que l'on lit le doute et la peur.

Parce que l'enfer va changer de couleur à la deuxième mi-temps.

Les Français reviennent survoltés, en transe, persuadés qu'ils ont un coup à jouer. Ils hurlent dans les vestiaires: regardez-les, ils doutent! Ils ont peur!

Et le miracle, la magie arrivent.

Tout ce que les français tentent sont des coups au but. Tout ce que les blacks tentent sont des échecs. Les Français sont à présent des guerriers. Des soldats. Une armée. Galthié n'hésite pas à partir au plaquage sur Lomu. Il se retrouve à l'horizontale, flottant comme un drapeau derrière le joueur prodige, mais le fait tomber. Au contact avec Umaga, Richard Dourthe revient avec une poignée de dreadlocks du colosse dans les mains.
Les valeurs de l'Ovalie, en somme. (respect de l'adversaire, fair-play, rester digne dans le défaite, fier dans la branlée et impliqué quand on colle une fourchette dans les yeux de son opposant.)

Le match est une folie. Une guerre.
Et les blacks ne voient plus le ballon. La furia française les bouscule, les écrase comme une avalanche. Ils cherchent des solutions qu'il ne trouveront jamais pour endiguer les attaques bleues.
Submergés par ces 15 fous furieux qui vont au sacrifice sur chaque ballon, sur chaque contact, ils capitulent petit à petit.
Il semble que les français sont finalement devenus les All Bleus.

43-31.

La plus grande équipe du monde, peut-être de tous les temps est détruite. En lambeaux.

En finale, les français s'inclineront presque logiquement contre l'Australie et la magnifique paire Larkham - Gregan.

Mais ça n'a finalement pas d'importance. Ils avaient joué le plus grand match de l'histoire de leur sport.

Et ils l'avaient gagné.



22 Novembre 2003: Finale Australie - Angleterre
Le jour ou Jonny Wilkinson est devenu Sir.


Nous sommes en prolongation. 17-17. L'Australie, tenante du titre, rêve d'être la première équipe à conserver son titre, qui plus est sur ses terres.


Et à la 99ème minute, un jeune génie de l'ovale, un gentleman, une classe vivante claque un drop stratosphérique et envoie le XV de la Rose sur le toit des Dieux.

Le monde se souviendra de lui pour cette élégance des grands, ce fair-play exemplaire, son professionnalisme, son intelligence, dans le jeu et dans la vie au point de s'intéresser à l'Astrophysique alors qu'il est en pleine dépression pour y trouver le salut.

Le monde se souviendra de Monsieur Jonny Wilkinson et un genou à terre, le monde remerciera le sujet de Sa Majesté d'avoir ainsi ébloui et embelli le jeu.




07 Septembre 2007: Matche de Poule, Ouverture de la Coupe du Monde: France - Argentine
Le Jour où le Puma a mangé le Coq


J'aurais pu vous parler du monstrueux quart de finale entre La Nouvelle-Zélande et la France, à Cardiff, qui verra les bleus (encore) croquer la fougère pour filer vers la demi-finale, surtout que ce souvenir est bien meilleur que ce match d'ouverture, mais il faut parfois rendre à César ce qui appartient aux Argentins, ce petit Pays de la planète Rugby, mais au coeur énorme.


Pour moi, le match se gagne dès les hymnes. Les Hommes d'Augustin Pichot, surnommé le Petit Napoléon et capitaine de cette équipe des pumas sont en larmes. 
Transcendés par l'émotion il réalisent ce jour-là le premier exploit de leur coupe du monde. Terrasser l'Equipe de France, jugé pourtant favorite sur ses terres.

Les bleus croiseront à nouveau les fauves lors du match pour la troisième place et subiront à nouveaux les coups de griffe des argentins.

Cette équipe, composée à l'époque d'une partie d'amateurs était peut-être la plus belle de cette coupe du monde 2007. Car elle avait le plus gros coeur.


17 Septembre 2011: Matche de Poule Australie - Irlande
Le Jour où le trèfle a provoqué sa chance

Le 17 Septembre 2011, je suis en Ecosse, à Edimbourg, prêt à découvrir les merveilles et les mystères du Pays des lochs et du Whisky.
Mais coupe du monde en Nouvelle-Zélande oblige, je profite de mes petits-déjeuners pour regarder les matchs.
Assis dans un pub Irlandais, au milieu des maillots verts et des pintes de Guiness dès 10 heures du matin, je déguste mes oeufs et mon bacon et buvant des bières du thé (et quand même quelques bières) devant un petit moment d'histoire.

L'Irlande des soldats est debout. Le Ireland's Call résonne dans le pub. Et Captain O'Driscoll sonne la charge face au monstre de l'hémisphère sud, un des favoris de la compétition avec Quade Cooper, son demi d'ouverture phénoménal.

Avec le courage et la foi en leur pays, les Irlandais vont endiguer les attaques des antipodes, perdre un peu de cuir chevelu et gagner le match.

15-6

Et autour de moi, dans un petit pub à Edimbourg, résonne à nouveau le Ireland's Call, la Guiness et les larmes coulent par tonneaux et les yeux humides au-dessus de mon bacon froid, je me dis que mes vacances commencent très bien...






Voici donc quelques moments d'héroïsme, de bravoure et d'émotion, pour vous donner envie à vous aussi d'admirer les combats et les courses qui brûlent les poumons avec un autobus humain lancé aux trousses, le courage de ces hommes, qui, pour un maillot, une nation, un peu de gloire et d'émotions, iront sacrifier leurs bras et leur cuir chevelu pour se sentir fiers d'être vivants...


vendredi 31 juillet 2015

Fortress Europe / Asian Dub Foundation



Ma prise de conscience de la notion de "Politique Internationale" a commencée lors de ma rencontre avec des chars qui roulaient sur des étudiants sur la place Tian'Anmen et des gens qu'on voyait pour la première fois, parce qu'ils avaient vécu toute leur vie derrière un mur et qu'ils avaient soudainement eu envie de le détruire.

Il faut comprendre qu'à cette époque, à l'école, L'Europe nous était alors présentée comme une sorte d'utopie formidable, une opportunité magnifique qui allait permettre aux pays membres de s'élever, de se serrer les coudes et de donner aux peuples la protection moelleuse de la démocratie et la promesse d'une vie simple et belle.

Une vie sans peur, où les Allemands, les Hollandais, Espagnols, Français, Italiens et tous les autres allaient partir à la découverte les uns des autres, conscients de faire partie de quelque chose de beau. Un tout à la mécanique de boîte à musique. 

Quelque chose de chouette.

Et nous sommes 26 ans plus tard.

Cet idéal ressemble maintenant à une vitre brisée, toutes ses espérances fêlées, les nations se recroquevillent de plus en plus les unes sur les autres, les frontières extérieures se ferment, les promesses d'autrefois sont oubliées, la suspicion monte, la peur grandit et on parle de plus en plus de problèmes et de moins en moins de chances.

La politique internationale devient de plus en plus national(ist)e et ceux qui rêvent d'Europe parce que là-bas, de l'autre côté de la Méditerranée ou des déserts d'Asie et des montagnes Afghanes, on ne tue les gens qu'au boulot, voient eux aussi un mur s'élever, plus grand, plus gros et plus épais et les ponts de plus en plus rares.

Evidemment, ma naïveté confondante vous fera sourire, mais le gamin qui est resté en moi ne pourra s'empêcher de repenser aux chars et aux murs, avec la trouille de les voir se rapprocher de plus en plus...