lundi 11 juin 2012

Flesh and Blood / Johnny Cash




J'ai sur mon corps d'athlète de haut niveau quelques cicatrices qui me rappellent qu'à certains moments de ma vie, j'ai été plus Moyen que haut dans mon niveau d'athlète du grand steeple-chase de la vie, celui qui essouffle et laisse des courbatures.

Un genou tailladé en divers endroits, recousu aux urgences de Toul-c'est-cool-même-avec-Nadine-Moranoule suite à un tacle glissé de toute beauté sur un tesson de bouteille lors d'une partie de foot enlevée en CE1 sous l'oeil impassible de notre instituteur.

Une jolie marque de brûlure sur un pied, laissée par le pot d'échappement de la magnifique mobylette peugeot 103 de mon cousin.

Mon avant-bras gauche est un véritable champ de mine, un viêt-nam de peau avec des marques de coupures et une splendide brûlure chimique au destop en débouchant un sanitaire.

J'aime ces cicatrices car elles me rappellent des choses, illustrent mon épiderme et me font croire que je suis un aventurier, un soldat ou un gangster romantique et vachement méchant en ayant l'amabilité de m'éviter la tronche à Ribery. Ou double-face.

Les cicatrices, ce sont comme les anneaux des arbres que l'on voit dans les coupes transversales des troncs. Elles s'ajoutent quand on vieillit.

C'est à peu près ce que je me disais toute à l'heure lorsque je voyais la lame neuve du cutter me trancher le bout de l'index en deux dans le sens de la longueur alors que je la sortait de son étui.

(Oui j'ai eu le temps de me dire tout ça en l'espace du dixième de seconde où mon index manquait de se faire un Louis XVI et d'ailleurs, c'est le fait que j'ai pas vu TOUTE ma vie défiler devant mes yeux -mais seulement ses cicatrices- que, rassuré, je me suis rendu compte que je ne rencontrais pas un péril mortel mais seulement un banal accident d'écolier.)

Un Niagara (les chutes du, pas le groupe) rouge, remake des eaux du Nil changées en sang, et la question, instantanée, du "Ah ouais quand même, je viens de perdre un demi-litre, est-ce qu'il ne faudrait pas que je me recouse moi-même, guerrier comme je suis, avec du fil de pêche et un trombone déplié?"

Et finalement, comme je ne suis pas SI bricoleur non plus, j'ai décidé de laisser tomber la chirurgie et je me suis mis un pansement.

Une cicatrice de plus, un peu de chair de moins, une nouvelle histoire.

Et d'autres choses à voir défiler devant mes yeux.

samedi 9 juin 2012

Face à La Mer / Les Négresses Vertes



Paris, tu es bien jolie.
Paris, tu es bien petite pour ceux qui s'aiment d'un si grand amour.
Paris, tu es bien fleurie.

Mais Paris, pardon de te le dire, il te manque quelque chose d'essentiel.

Paris, tu es bien loin de la mer.

Et ce ne sont pas tes cabarets, tes bars et tes cinémas qui me détourneront de l'Océan.

Je te sens, tentatrice, à essayer de me retenir ici, mais tes efforts seront vains, car ma petite, tu as déjà perdu.

Alors c'est vrai, que peux tu faire du haut de tes tours et du fond de tes ruelles face à celle qui ne sera jamais éphémère?

Je te sais affriolante, survoltée, cultivée et même marrante, quand tu me propose des mystères et des énigmes.

Et pourtant, la mer ne fait pas tout ça, elle n'a pas besoin de cotillons et d'encyclopédies pour m'étourdir.
Elle ne dit rien et vous accueille.

Et face à elle, effondré, courbé, brisé, un souffle lui suffit pour me relever.
Face à elle, je vois des aventures qui me sont promises, des trésors cachés qui me sont réservés..
Face à la mer, je suis dos au reste. Et c'est ce qui compte.
Et ce sont des vagues et des bateaux, du vent, un peu de sel sur les lèvres. Des soleils infinis, des horizons sans fins, mille couleurs, le soleil et les maillots des filles.

Tout ce que tu ne pourras jamais m'offrir malgré tes trapèzes, tes numéros d'équilibristes et ton érudition.

C'est pourquoi, chère Paris, tu ne me verras pas vieillir.

Je vieillirai en regardant la mer dans les yeux d'une fille.





mardi 5 juin 2012

Man that you fear / Marilyn Manson





Qu'y-a-t-il de pire?

Qu'un Canadien plus étanche décide de démembrer son amant et de l'envoyer par petits bouts, façon puzzle, aux 4 coins de Montréal sous enveloppe scellée ou que la vidéo qu'il a fait de son épouvantable crime soit encore disponible sur internet et que des tas de charognards curieux malsains cliquent à tout va pour la regarder?

Parce que pour moi, le gugusse qui cherche absolument à voir une vidéo de ce genre pour assouvir une pulsion voyeuriste morbide et déglinguée, il a autant de question à se poser sur sa santé mentale que le criminel lui-même.

Et je vois déjà d'ici les biens-pensants, politiques et sociologues de tous poils nous rabâcher une nouvelle fois sur les déclencheurs de ce genre de gestes et accuser encore le cinéma d'horreur ou les jeux vidéos.
(je ne joue pas aux jeux vidéos, je n'y comprends rien à part Mario le plombier, mais je dois avouer qu'un média qui fait plus de recette que le cinéma ne doit pas non plus être totalement débile.)

Hommes de petite foi leur dirai-je, position bien paresseuse et surtout bien confortable et certainement fausse que vous avez là.

Car le problème, selon moi, n'est pas dans l'existence de FICTIONS (et j'insiste légèrement sur ce mot car vous comprendrez bien qu'il y a une marche de la taille du grand canyon entre se faire peur au cinéma devant un film qui fout la trouille et se goinfrer frénétiquement d'images violentes réelles  pour satisfaire une curiosité bancale et légèrement malodorante.)

Par exemple, je trouve que Se7en est un très grand film non pas sur le mal et sa place dans notre société (même si en fait si, aussi.)  mais sur l'apathie et cette non réaction sordide de la population face aux actes les plus fous. Ne pas aider la victime d'une agression histoire de ne pas être victime à son tour, mais se délecter de chaque détail du fait divers en suivant les informations une fois rentré chez soi.

Et pourtant, ce que je connais de la violence au quotidien n'a rien à voir avec un malade mental qui exécute ses victimes selon les 7 pêchés capitaux, mais se résume à des trajets en RER avec trop de monde dedans, des coups de klaxons trop forts, un vol d'Ipod, un vol de carte bleue et une frayeur dans le hall d'immeuble de ma soeur. Et j'en suis bien heureux.

Le vrai problème est que certains  manquent de repères pour appréhender ce genre d'images.
De règles toutes bêtes qui nous permettent aisément, à vous (du moins je l'espère) et moi de faire la part des choses entre Le Silence des Agneaux (fabuleux film, je vous le conseille chaudement.) et le film de vacances du dépeceur de Montréal.
Recul qui me permet, ô joie absolue, d'appréhender toute la portée politique du Zombie de Romero et de pleurer comme une fillette devant Le Géant de Fer ou Love Actually et qui ne me donnera pas envie de trucider mes voisins pour voir comment ça fait (je vous rassure, voisins, je suis doux comme un agneau, même si je regarde des films d'horreur -et des comédies romantiques-)

Une éducation que familles et société ont abandonnée, se repassant ad vitam la patate chaude, s'offusquant lorsque l'actualité s'y prête avant de retomber mollement dans la paresse intellectuelle qui empêche les vraies questions d'être posées et les vrais débats d'apparaître sur la table.

Naïvement, je crois encore que les médias qui nous entourent (presse écrite, télévision, internet, radio) peuvent nous aider à nous élever au quotidien.

Le fait qu'une vidéo où un jeune homme se fait découper en morceaux puisse être facilement accessible tend aujourd'hui  à me faire croire le contraire.

Ce n'est pas la violence qui me fait peur.
C'est la fascination que certaines personnes peuvent avoir pour la violence qui m'effraie le plus.


Quel film on passait à la télévision la veille de la St Barthélémy?




















Et juste pour dire comme ça, en passant, que plus de 50.000 personnes ont été tuées, décapitées, démembrées et j'en passe et des pires par les cartels de drogue mexicains depuis 2006.
Et je pense qu'on en a moins parlé depuis 2006 que du tueur canadien en une semaine...







(à noter que Mr Marilyn Manson, sous ses airs de maniaco-dépressif à tendances sacrificateur de chat est un homme qui a eu l'intelligence de montrer aux Etats-Unis, pays des armes à feux et de la chaise électrique, le visage de ce qu'elle était vraiment...)

mardi 29 mai 2012

Gotta Get Out Of Here / Lucy Hawkins



Fidèles, excusez-moi pour mon absence ces derniers temps mais avec l'apparition soudaine et impromptue de cette grosse boule de feu dans le ciel qui d'un coup s'est mise à réchauffer l'air et raccourcir les jupes des filles, je me suis mis en tête de sortir profiter de l'apparition de la lumière, comme au deuxième jour, plutôt que de faire des U.V. devant mon écran d'ordinateur.

Et donc, j'ai redécouvert que dehors, c'est bien.

Dehors on peut faire des pique-niques dans l'herbe en jouant aux dés et en caressant les chiens qui passent.

On peut chanter Total Eclipse of the Heart de Bonnie Tyler avec son tigre de compagnie et même du Aznavour et faire la chorale sur Bohemian Rapsody comme un staracadémicien au karaoké du quartier et danser sur de la disco dans un bar avec de la moquette au sol.

On peut croiser des robes ou alors des gens avec des couronnes de fleurs dans les cheveux qui se croient dans des péplums italiens des années 60.

Et tout ça, mes enfants, ce n'est pas en restant dans un appartement qu'on peut le vivre.

Pensez-donc, rester enfermé alors que l'on peut se balader au bord de l'eau, boire des verres au Mc Do en terrasse et croiser des jambes, des vélos, des lunettes de soleil, des petites sandales, des robes (oui, il y en a beaucoup en ce moment) ou des jupes, des ballons, des rires, des boissons aux couleurs d'oiseaux des îles, des rues qui ressemblent à des plages, des parcs comme des bords de mer et des chansons.

Alors je compte encore profiter de ce phénomène planétaire rare quelques jours encore et sortir pour réchauffer ma peau.

Et un petit peu ma tête.

lundi 21 mai 2012

Dead End Friends / Them Crooked Vultures



Il est toujours agréable de croiser par hasard dans la rue des amis que l'on a pas vu depuis longtemps.

Surtout quand cet ami, à qui l'on a mille choses à dire, tant de choses que l'on ne sait par où commencer, vous dit avec un grand sourire et toute la spontanéité du monde "La vache, mec, t'as pris un sacré coup de vieux!" et  résume ainsi une conversation de mille mots.

Surtout quand cet autre ami passe à l'improviste chez vos parents alors que par le plus grand des hasards vous y avez posé vos bagages pour le week-end et à qui vous auriez aussi mille choses à raconter, tant de choses que l'on ne sait par où commencer et qu'alors, il vous présente son adorable fils de 11 mois.

Et résume ainsi une vie de mille choses.

Il est tellement agréable de croiser par hasard des amis que l'on a pas vu depuis longtemps que lorsque vous croisez par hasard des gens qui ne seront jamais vos amis et vous piquent votre carte bleue, vous vous dites que oui, la vie est belle, pas parfaite, mais parfois bien faite.

Il suffit de croiser les bonnes personnes.

lundi 14 mai 2012

Never Can Say Goodbye / Isaac Hayes (Jackson 5 cover)



Mesdames et messieurs, la vie est belle alors aidez-là en la vivant avec classe.

Chaque jour, nous avons assez d'exemples de personnes dont la rustrerie néandertalienne contamine notre ordinaire pour se permettre d'exiger de notre part un petit effort, un supplément d'âme désintéressé en essayant d'être un peu classe et de s'élever au-dessus de ce que les autres sont en droit d'exiger de vous.

Et quelle meilleure définition qu'un exemple concret et pertinent?

Hier, dans un stade de foot de l'autre côté des alpes, à Turin, il y a eu un moment d'une grande émotion et d'une grande dignité.

Hier, Alessandro Del Piero, 37 ans, a joué son dernier match sous le maillot de la Juventus de Turin.

Et croyez-le ou non, mais si l'on devait chercher une source d'inspiration quand il s'agit d'agir avec élégance et de s'élever un petit peu au-dessus de ce que les autres sont en droit d'attendre de vous, ce joueur de football pourrait avoir une bonne place.

Mr Alessandro Del Piero a porté le maillot de la Juventus de Turin du 12 septembre 1993 au 14 mai 2012.

19 années à porter la tunique noire et blanche du club de la vieille dame.
704 matchs.
290 Buts.

Il a tout donné à son club, fidèle jusqu'au bout.

1995, le club gagne le championnat. Il le gagnera encore en 1997, 1998, 2002 et 2003

En 1996, il gagne la Ligue des Champions. Ce sera la seule fois qu'il soulèvera la coupe aux grandes oreilles.

En 1998, il se blesse en plein match. Les ligaments croisés antérieurs qui lâchent.
Il mettra 9 mois à revenir, travaillera comme un acharné pour retrouver son niveau mais avouera lui-même qu'il y a un avant et un après ce 8 novembre 1998.

En 2006, plombée par les scandales des matchs truqués, la Juve est reléguée en Série B (l'équivalent de la 2ème division) avec un handicap de 9 points.

Del Piero et quelques autres (Gianluigi Buffon, le gardien qui arrête la tête stratosphérique de Zidane en finale de coupe du monde 2006 à la 103ème minute, Pavel Nedved, David Trezeget pour les plus célèbres) décident de rester, de diminuer leurs salaires et de rendre à Turin ce que le club leur a donné.
(Pendant que d'autres, moins nobles comme Fabio Cannavaro ou Zlatan Ibrahimovic préfèrent s'exiler là où les billets sont plus verts...)

Ils finiront champions de Série B la même année et reviendront aussitôt dans l'élite.

Del Piero a alors 34 ans et est au top de sa forme. 21 Buts. Meilleur buteur de Série A pour la saison 2007-2008.

Si il est un joueur emblématique du club, l'âge va pourtant le rattraper.

Au début de cette saison, le nouvel entraîneur Antonio Conte, son ancien coéquipier dans ce même club, le place au poste de remplaçant.
Remplaçant de luxe, certes, mais remplaçant quand même.

Et parce qu' Alessandro est noble, il accepte sans broncher, rentre quand son coach lui dit de rentrer et marque encore.
Parce que plus que tout, il veut tout donner à son équipe dès qu'il en a l'occasion.

A 38 ans.

Le président annonce alors que cette saison sera la dernière de l'Italien sous le maillot du club.

Les tifosis n'osent y croire et pourtant c'est vrai, leur numéro 10 va finalement tirer sa révérence (ou partir vers d'autres terrains...)
Après 19 ans.

Après toute une vie.

Ce qui nous amène donc à ce fameux match d'hier.

Conte nomme Del Piero titulaire, lui donne une dernière fois le brassard de capitaine et l'envoie sur le terrain.

Et à la 28ème minute, Alessandro Del Piero marque son 289ème but pour la Juventus.
290ème en tant que professionnel.

Le stade explose et se lève pour saluer le plus grand joueur de l'histoire du club.

A la 60ème, Conte offre alors à son capitaine la sortie qu'il mérite.
Le satde est debout, crie, chante, pleure.

Del Piero salue, les joueurs adverses traversent tous le terrain pour le saluer une dernière fois et il va rejoindre son banc comme un jour normal.

Le match reprend mais tout le monde s'en fout, le stade continue d'être debout, de crier, de chanter et de pleurer.

Alors une dernière fois, le soldat se lève vers eux et les salue.

(et là, moi, je chialais.)






Hier, c'est plus qu'un grand joueur qui a tiré sa révérence.
C'est un état d'esprit.

Des valeurs.

Pensez-donc, un type qui reste 19 ans dans le même club (surtout un très grand club) même dans les moments durs comme une relégation administrative, qui accepte tout sans broncher par amour du maillot, du club et des supporters, ça parait totalement fou à notre époque ou de jeunes prodiges passent d'un club à l'autre sans état d'âme, à la recherche du contrat le plus juteux et des sponsors les plus attrayants.


Hier, Del Piero est donc sorti par la grande porte.

Mais il n'était pas le seul.

Le Milan AC de son côté a vécu une véritable hécatombe:

Filippo Inzaghi, 38 ans, 11 ans au club, marque son seul but de la saison pour son dernier match, à Milan.
Alessandro Nesta, 36 ans, 10 ans au club.
Gennaro Gattuso, 34 ans, 10 ans au club, il finira la rencontre en larmes.
Clarence Seedorf, , 36 ans, 10 ans au club.

Des chiffres incroyables.
Des folies.

Oui, mesdames et messieurs, je pense qu'il est nécessaire de s'élever dans notre vie de tous les jours.

De faire preuve de classe et de donner plus que ce que les autres sont en droit de vous demander.
Car ce n'est pas de cela dont ils se souviendront.

Mais c'est de tout cela dont nous serons fiers.

Ce sont des joueurs de foot qui me l'ont prouvé hier.


Ciao, artisto.






mercredi 9 mai 2012

It's too hot for words / Billie Holiday








Internet est parfois bien étrange, sorte de triangle des bermudes intangible, abysse insondable où se perdent des voyageurs inconscients et parfois analphabètes.

Ou des farceurs.

Aujourd'hui quelqu'un est arrivé sur mon blog dans les méandres du réseau en tapant les mots magiques suivants dans son navigateur:

"Singe ki se gratte le cul."

Notez la classe absolue de ces quelques mots.

Alors je ne vais pas me demander pourquoi cet individu, certainement solitaire, s'est amusé à taper cette phrase formidable, sans doute à la recherche d'une explication scientifique expliquant en profondeur (hum...) en quoi se gratter le fondement chez un primate peut être perçu comme une manifestation sociale de mâle dominant.

(pour plus de précision, je vous invite à regarder Maître Collard parler, il fait très bien le cul de singe.)

(Notez -bis- que je suis moi-même de nature proctophile puisqu'il m'arrive aisément d'interpeller mes compatriotes avec la délicate expression "trou du cul" qui leur sied souvent à ravir et me soulage rapidement quand j'ai le "enculé" qui me démange.)

Ou alors cette personne voulait tout simplement voir une vidéo rigolol prise avec un téléphone portable dans un zoo ukrainien, comme celles avec des chats tout débiles qui tombent en dormant ou sautent dans tous les sens sans trop savoir pourquoi.

Je passerai aussi sur l'orthographe hasardeuse de mon visiteur (teuse?) ne cherchant à l'accabler plus (après tout l'analphabétisme est un réel fléau, regardez les malheureux qui, confondant certainement les mots "précarité" et "immigrés" -après tout, ils finissent en "-é" - pensent qu'on leur a piqué leur boulot, leurs allocs et leur cerveau.) et irai droit au coeur de ce qui me turlupine:

Comment "Singe ki se gratte le cul" peut-il mener directement à "La Chanson du jour de Moyenman?"

Surtout qu'à aucun moment, il ne me semble avoir évoqué un quadrumane atteint de fortes démangeaisons anales.

Dites-donc, moteurs de recherche, vous ne m'auriez pas fait une petite blague?

Mr Google, c'est vous?

Non, parce que que l'on me retrouve en cherchant "Einstein" "Génie" "Tigre" ou "comment faire pur que quotidiennement, la vie soit belle?" , je peux aisément comprendre.

Mais avec "Singe" "Gratte" et "Cul" dans la même phrase, ça me laisse dubitatif.

Mais je ne suis pas homme à me formaliser et vais donc me dire qu'avoir la visite d'amoureux des bêtes scatophiles de surcroît, c'est toujours une visite de plus.

Chers amis, lecteurs, famille, faîtes donc ma pub, j'ai exprès parlé de cul dans mon texte.

mercredi 2 mai 2012

Where Have all the Good Times Gone? / The Kinks



Toi qui n'est pas encore né, toi qui est juste assez âgé pour t'enfoncer des crayons dans le nez avec la joie absolue de celui à qui il arrive la plus belle chose du monde, toi, né après la victoire de la France en coupe du monde de foutchabôal, cette chanson t'es dédiée.

Car crois-moi jeune insousciant(e) , tu n'as pas fini d'entendre qu'avant, c'était bien et que maintenant, ça pue.

Tu n'as pas fini d'entendre les longues plaintes mornes de ceux qui ont connu l'époque bénie des 205 GTI, de l'eurodance, des survêtements fluos et des boissons en poudre. Epoque incroyable où l'Equipe de France jouait vraiment bien au Foutchebôal.

Oui, on te le dira que tu n'as pas de bol, car tu es né au milieu des pluies acides, de la mer mazoutée, des inégalités, de l'obscurantisme, de la crise politique et du non retour de Burger King en France.

Tu verras tes parents se souvenir avec émotion d'une époque où le chômage n'était qu'à 9%, les loyers à 500 euros les 15m2 dans la capitale et où un bidon d'essence non frelatée ne causait ni aggression, ni meurtre barbare dans des rues sordides et sans lumières.

Ils te raconteront des histoire formidables où la nourriture était saine, même au fast-food, où la politique était le terrain d'échanges profonds visant à élever le citoyen et à en tirer le meilleur.

Je te dédie cette chanson, jeune, car je ne veux pas que tu t'inquiètes.

Pendant que les Kinks chantaient, on comprenait tout juste ce qu'il s'était passé à Dachau et à Auchwitz, le monde avait tremblé pendant une semaine 4 ans auparavant, se demandant si le feu qui vient du ciel allait tout embraser à cause d'une baie astucieusement appelé "des cochons", le napalm pleuvait au Viet-Nam et l'on se demandait encore si les afro-américains avaient le droit d'aller dans les mêmes toilettes que les blancs et de suivre les mêmes études tandis qu'en France, on faisait des expériences pour savoir si les algériens flottaient dans la Seine.

Rassures-toi jeune, tu connaîtras forcément un moment dans ta vie (qui correspondra normalement à l'arrivée de boutons disgracieux sur ton visage, je te préviens, d'une envie de rébellion à coups de "vieux cons" au son de ta voix éraillée qui mue lancé à tes parents, tes profs, ton facteur et tout ce qui  plus de 18 ans et pas de nichons -si tu seras un garçon, jeune- et d'une coupe de cheveux approximative et surtout moche pour afficher ton besoin d'indépendance.) où tu diras "non mais trop pas cool, quoi, c'était quand même mieux avant, pas lol" en écoutant les vieux Michael Jackson et Jay-Z de ton illustre père.

Alors je te donnerais raison.

Au moins pour la musique.






































Et puis pour ne pas être hors-sujet un jour de débat présidentiel, hop, petite leçon de politique...

vendredi 27 avril 2012

Collection of Stamps / I'm From Barcelona



Vous le savez maintenant, je collectionne les comic-books.

Alors oui, ça peut paraître totalement idiot, mais après tout même ma soeur collectionnait des trucs.
Elle collectionnait les gommes.
Oui, les gommes à effacer les fautes, de toutes les sortes, de toutes les formes.
Et comme en plus, elle kiffait les chevaux, si elle trouvait une gomme en forme de canasson, c'était le jackpot absolu.

(et là, je sens que ce sont mes dernières paroles car, telle furie, elle va se jeter sur moi, me sortir les boyaux du ventre, manger mes restes et jeter ses poubelles dans ma carcasse encore chaude avant de se faire un thé avec mon sang.)

Bref.

Je collectionne donc les comics.

J'adore partir en chasse de ces petites bandes dessinées, j'ai l'impression de partir dans une chasse au trésor.

Arpenter des kilomètres dans Paris (et admirer la ville au passage.) trouver des comic-books dans des endroits totalement improbables, par le plus grand des hasards, attendre la sortie d'un numéro en particulier, retrouver des éditions rares et des numéros mythiques dans un carton poussiéreux en priant pour que le propriétaire ne connaissent pas la côte de certains d'entre eux, (comme le Superman (Vol.2) #75 , l'Episode de la mort de Superman, retrouvé dans son emballage d'origine ultra-kitsch pour quelques sous) rechercher la suite d'un épisode qui s'était terminé sur un suspense incroyable, découvrir des dessinateurs, bref partir à la recherche de trésors et de pages d'histoires.

Parce que ce que j'aime dans les comics, à part le fait que voir de nouvelles versions des Mythes antiques se foutre des marrons cosmiques dans la tronche a quelque chose d'épique, c'est qu'ils correspondent à tout un pan de la culture Américaine.

Ils reflètent les bouleversement sociaux et politiques, répondent à des évènements historiques et traduisent les évolutions des sociétés sous les pinceaux de véritables artistes (pour certains.)

Je vous parlais de Moebius il y a quelques temps et c'est avec une émotion non feinte que j'ai retrouvé ses deux numéros consacrés au Surfeur d'Argent, scénarisés par le maître Stan Lee (qui n'a rien à voire avec Bruce) dans leurs éditions d'origine pour l'équivalent d'un combo croissant + pain au chocolat dans une petite boutique près de Guy Môquet.

Pour un collectionneur, ces moments-là sont privilégiés parce que d'un coup, sans s'y attendre, on se retrouve face à l'un des objets de sa quête.
Et si la répétition de ces moments tue chaque fois un peu plus la quête, la satisfaction d'afficher chez moi un tel objet me rapproche un peu plus des créateurs, de ceux qui font l'histoire.

Comme quand ma soeur rajoutait une gomme dans sa collection.

Je chasse donc les comics. (parce que je chasse des artistes.)

De préférence les vieux, ceux du King Kirby, les premiers Stan Lee, les Justice League, les Action Comics (Superman, mon héros préféré) des années 60 que j'adore pour leur naïveté, les Weird Science (ces vieux comics de Science-fiction des années 50-60)  les X-Men de Claremont, Stan Lee, Byrne ou Cochrum, les Spider-man où Gwen Stacy est encore en vie et où il vient juste de rencontrer Mary-Jane Watson, les Batman, mais aussi les trucs plus récents, comme tout ce qu'ont pu faire Mike Allred, Darwyn Cooke, Jim Lee et Mike Mignola,  bref tout ce qui a un collant ou une cape et qui affronte mille périls pour vivre dans la gloire.

Je ne vous encouragerai pas à vous perdre vous aussi dans une collectionnite incurable.

C'est une maladie presque mortelle qui fout le bordel chez vous et vous oblige à faire du tri pour jeter des trucs.

Je vous encouragerai encore moins à collectionner des BD de super-héros en collant, on vous prendrait pour des fous.

Mais j'assume pleinement le fait d'être atteint par ce mal handicapant, même si je cours le risque de m'interdire toute vie sociale et tout espoir de passion torride avec une quelconque Scarlett pour le reste de ma vie.

Parce que parfois, partir à leur recherche ressemble un peu à douze travaux qu'un de ceux qui les ont inspirés avait dût faire...

dimanche 22 avril 2012

L'Opportuniste / Jacques Dutronc



Aujourd'hui, c'est jour d'élections.

Du coup, je me suis dit qu'après une campagne de haute volée qui aurait pu concurrencer une élection de miss Roubignolles à Domèvre-en-Haye, il était peut-être temps de rajouter un peu de classe.






























Aujourd'hui, c'est jour d'élections.
J'ai chaussé mes lunettes de soleil, je vais allumer un barreau de chaise avec désinvolture dans l'isoloir et je vais voter bien, je vais voter rien...