dimanche 17 novembre 2013

Riot Radio / The Dead 60s


The Dead 60s - Riot Radio par as-de-pique

Oui, tout va mal.
Ou tout va pas top.
Les gens se tirent dessus, ou meurent de faim et certaines personnes pensent que l'on peut encore, en 2013, ressortir les vannes de la banane et du singe à des citoyens dont la couleur de peau n'est pas la même que la leur.
On se massacre, on se torture et on se pille.
Les banques, après avoir légèrement tremblé, restent puissantes et avides et il y a toujours plus de gens qui dorment dans les rues ou qui hantent les soupes populaires.
Oui, les joueurs de l'équipe de France sont des cons, notre planète est tellement pourrie qu'on en est arrivé à flinguer la pluie et le vent, les racistes et extrémistes de tout poil (de préférence fraîchement rasés et blonds, les poils) se font de plus en plus entendre sans que cela ne choque plus personne et bientôt les jungles mauves n'abriteront plus de tigres.

Alors, ami lecteur. amie Lectrice. Scarlett. Loin de moi l'idée de coller un cafard de dimanche soir à faire passer Shoah de Claude Lanzmann pour les bronzés, je veux au contraire te montrer que oui, la vie peut-être belle, car il suffit d'avoir la foi. Et une radio.
Une radio pour écouter des voix et des chansons.

Parce que les chansons font danser et les voix font réagir, une radio peut donner naissance à des révolutions et apporter l'espoir.
Demandez au Général De Gaulle, à Martin Luther King, Vaclav Havel et JFK.
Ou réécoutez-les:

Merci France Inter !

Et comme tout le monde ne peut pas avoir une radio, je tiens à saluer une initiative géniale et à t'encourager toi, lecteur, lectrice, Scarlett (surtout toi, Scarlett, parce qu'avec le chèque que tu vas toucher pour jouer dans la bouse à Luc Besson, tu pourrais bien rétablir l'équilibre cosmique et refiler cet argent de la médiocrité et de la non-classe absolue) à mettre la main à la poche et à donner un peu de monnaie pour un truc moins racoleur que les enculés enfoirés et moins prestigieux que le téléthon.

Non, il ne s'agit pas de Movember, je ne vais même pas faire de pub pour la cause que je soutiens toujours aussi admirablement grâce à ma moustache classe (bon, si vraiment t'as trop de sous, tu peux aussi donner là)

L'association Les enfants du canal a lancé un défi génial: distribuer 1.000 radios dans la rue.
Des radios pour les gens qui dorment dehors ou qui n'ont pas les moyen d'avoir une radio.
Parce qu'un petit transistor, c'est des voix et de la musique et c'est surtout un lien social.
Permettre à toutes ces personnes d'écouter l'actualité, d'entendre des gens leur parler, s'adresser à eux, auditeurs, d'écouter des chansons, des chouettes matchs de foot (sans les bleus, donc.) de danser -et oui- sur de la musique et de se sentir faire partie du monde.

En plus, les petites radios qu'ils comptent distribuer fonctionnent sans piles, grâce à une manivelle, ce qui évitera les couts prohibitifs de batteries et la tentation au bout d'un moment, de revendre l'objet car trop onéreux à faire fonctionner.

Cette initiative me touche particulièrement car j'ai toujours pensé qu'être informé et écouter de la musique ne devait pas être un luxe. Ecouter de la musique et des informations est une liberté et ce n'est pas le manque de ressource qui doit nous en priver.

Quand j'étais étudiant, un SDF traînait pas loin de chez moi.
Il avait un petit radio-cassette à piles alors je lui donnais de temps en temps des compilations que j'enregistrais sur des cassettes vierges. (la cassette, jeune, c'est un boîtier en plastique dans lequel court une bande magnétique sur laquelle était enregistré du son. Un peu comme la K7 vidéo dont je t'avais déjà parlé, jeune, mais sans l'image.)

Et ce qui me faisait le plus de peine, c'était de le voir avec son appareil sans piles parce que ça lui coûtait trop cher. Il était là, avec son engin lourd comme une ancre, utile comme une valise sans poignée et je trouvais ça nul.

Alors je me dis que si cette initiative permets à des tas de gens un peu partout, l'espace de quelques minutes, d'oublier le quotidien pourri parce qu'ils auront entendu une chouette chanson qui leur aura fait plaisir, ben alors tout va bien.

Parce que même si les gens se tuent et se torturent, la pluie et le vent sont pourris, les insultes fusent et les tigres disparaissent, la musique, elle continuera de rendre les gens heureux.
Et peut-être meilleurs.

Alors hop, on donne là:



jeudi 7 novembre 2013

Get Me Bodied / Beyonce



Bon, Beyoncé elle est belle, elle est riche, elle est talentueuse, elle groove comme une reine, elle est mariée au king Jay-Z et elle est surtout une sacrée gonzesse.

Une gonzesse qui s'implique pour la cause féminine, pour la lutte contre l'obésité, qui reverse avec son mari 80.000 dollars à chacun de ses employés pour leur faire profiter des excellents résultats de leur entreprise et qui inspire pas mal d'autres gonzesses dans le monde, dont ma Beyoncéesque frangine Caro-Magnonne qui groove comme la B. , la concurrence niveau chaussures et peut vous faire Crazy in Love en rotant ses bières.

Et comme la B., elle inspire des gonzesses, ben je peux me permettre de dire, moi Moyen, que la musique ben ça vous aide, ça vous rend classe et un peu fou, ça donne du courage en faisant danser et surtout, pendant quelques minutes, ça fait de vous une personne qui en inspirera peut-être d'autres.




Je vous présente donc Deborah.
Deborah Cohan.
Deb pour ses potes et maintenant la planète entière.
Deb est américaine, médecin (Obstétricienne - Gynécologiste) mère de deux enfants et grande fan de danse.

Mais voilà, Deborah est aussi atteinte par un cancer du sein et va subir une double mastectomie.
Une intervention terrible qui nécessite de la force et du courage.

Mais voilà aussi, Deb elle est classe visiblement et un peu folle apparemment, alors pour prouver que sa féminité et son groove ne sont pas dans ses nichons, elle demande une chose à l'équipe médicale qui s'apprête à l'opérer:

Lui passer un morceau de Beyoncé et danser avec elle.

Là, en 6 minutes, notre copine balance toute la merde aux ordures (y compris la votre.) et vous fait croire qu'un jour, il y aura la paix entre Israël  et Palestine et qu'ils fêteront ça en dansant tous ensemble au son d'une chanson de Beyoncé.

Elle rivalise instantanément avec le charisme atomique de Queen B., vous colle une leçon de dignité, de force et de courage directement dans les gencives et vous balance en pleine poire que ce n'est pas votre corps qui fait ce que vous êtes.

Vous pourrez me présenter toutes les Bimbos du monde, même des Scarlett et des Marylin Monroe, aucune ne pourra me détacher les yeux de cette femme qui danse avant que son corps ne soit le théâtre des scalpels, de la chirurgie, du sang et de la douleur.

Une dignité incroyable qui, en plus de me faire pleurer d'émotion, impose le respect et (et c'est peut-être paradoxal) me rend joyeux.
Parce qu'elle l'est.
Elle avait juste à danser.

Deborah, je vous souhaite un bon rétablissement et toutes les meilleurs choses du monde.
Mais, et pardonnez-moi, je ne vous souhaiterai pas de trouver le courage.
Car c'est vous qui venez de me le donner.

Déborah, quand vous irez mieux, ça vous dirait qu'on aille ensemble danser sur du Beyoncé?











vendredi 1 novembre 2013

Les Moustaches / Sacha Distel


Aujourd'hui marque le coup d'envoi de Movember.

Movember, c'est une action caritative qui court pendant tout le mois de Novembre et qui incite les hommes à se laisser pousser la moustache (avec joie et fierté) dans le but magnifique de récolter des dons pour la recherche contre les cancers masculins (la prostate et les testicouilles.)

Comme je suis du style généreux et pas du genre à refuser les défis, j'ai donc décidé de rejoindre cette bonne action, déjà parce que c'est plus drôle que les enculés enfoirés mais aussi parce que je trouve que c'est une manière assez rigolote et intelligente d'aborder un sujet finalement tabou qui nous touche, nous, les hommes en plein coeur et en plein cul.

Vous pouvez donc faire vos dons sur ma page Mo ici: http://mobro.co/moyenman afin d'encourager ma moustache et d'aider la recherche.

Evidemment, je ne touche pas un poil de ce que j'arriverai à récolter, tout partira dans les programmes de santé.

Alors mes amis, aidez-moi, aidez nous, aidez les moustaches (et les prostates et les testicouilles.)

Donnez, c'est pas pour les enfoirés, faites un don, c'est plus drôle que le téléthon.

Je vous promets de poster régulièrement des photographies de l'évolution de ma moustache.
Et si j'espère une élégance à la Clark Gable, notez que mon karma étant ce qu'il est, je crains malheureusement un sex-appeal de Jean-Claude Duss. Avec un D. Comme Duss.

Et vous, hommes, je vous incite à rejoindre la cause.
Parce que les moustaches, c'est le mâle.
Et parce que la recherche, c'est le bien.


dimanche 27 octobre 2013

Satellite of Love / Lou Reed



Et voilà, Lou Reed est parti.
71 ans.

C'est pas tous les jours qu'une légende nous quitte alors ce soir (ou ce matin. Ou aujourd'hui, demain, quand vous voulez.) ouvrez votre fenêtre et passez un de ses disques pour remplir l'atmosphère d'un petit peu d'histoire, de rock'n roll et de poésie.

Je ne reviendrai pas sur sa biographie ni sur son oeuvre, les médias s'en chargeront pour moi et je ne suis pas ici pour faire une rubrique nécrologique.

Je vous dirai simplement que ce fantôme de la nuit, qui a créé le Velvet Underground, qui était pote avec David Bowie et Iggy Pop (les légendes appellent les légendes) nous a proposé, sous ses beaux airs de camé, quelques uns des textes les plus sombres et les plus poétiques de l'histoire du rock.

Son album Berlin était un sommet de noirceur (et peut-être son chef-d'oeuvre absolu) et Transformer, enregistré l'année précédente contient deux tubes extraordinaires que vous avez tous fredonnés au moins une fois, sans forcément savoir qui en était l'auteur: Walk on the Wild Side et Perfect Day.
Lou Reed était un dinosaure, un monument.
De cette génération extraordinaire qui, des Beatles et des Stones à David Bowie ou Neil Young a, d'une façon ou d'une autre, façonné une partie de la musique que vous écoutez dans la voiture, au travail ou avant d'aller en cours.

Alors avant que tous ne disparaissent, faites de vos jours de pluie des Perfect Days et replongez dans leurs disques. Vous y entendrez des histoires et de la poésie.
Mais pour y voir la noirceur de la nuit, écoutez Lou Reed. Vous verrez que finalement, elle ne fait pas peur...

mardi 15 octobre 2013

Moyen Kiffe le Hip-Hop - Episode #4 Insane in the Brain / Cypress Hill



Il faut quand même l'avouer, le rap est un petit peu une musique de jeune délinquant un peu fou-fou.

Alors parfois, se perdre dans les volutes vertes au son hispano des rappeurs du groupe de Los Angeles Cypress Hill, ça fait bizarrement remuer la tête et bouger les pieds.

Cypress Hill, c'est la culture hispanique (les membres sont issus principalement de l'immigration sud-américaine: les frères Reyes, plus connus sous les sobriquets de Sen Dog et Mellow Man Ace -qui quittera assez rapidement le groupe pour des projets solo- ont des parents Cubains, DJ Muggs, producteur du mégatube "Jump Around" du groupe de Boston House of Pain vient de New-York -de parents italiens pour faire original- et B-Real est d'origine Mexicaine et Cubaine.) qui se frite à la récré avec des skateurs et des voitures américaines à rendre jaloux un fan de tuning du Nord-pas-de-Calais ou de Lorraine-encore-moins-de-Calais.

On trouve donc dans leur musique tout un pan de cette culture dite West Coast (côte ouest pour Monsieur Toubon) qui emprunte de beats qui martèlent comme des masses de 100 tonnes et samplés directement de tubes funk gluants et des sonorités latinos avec des cuivres qui pètent,  un accent espagnol à couper à la machette et une fâcheuse tendance à se prendre pour un cartel en parlant de guerre des gangs et de botanique prohibée.

En plus avec leur look qui s'affranchit légèrement des codes habituels du hip-hop pour se rapprocher du hard ou du métal, les Cypress Hill affichent clairement leurs couleurs.









Bref, de la musique qui s'écoute fort.

Dans une voiture victime de tuning ou sur un skate...



jeudi 10 octobre 2013

Moyen Kiffe le Hip-Hop - Episode #3 Mellow My Man / The Roots



Je quitte deux secondes New-York, direction Philadelphie pour un des plus grand groupe de l'univers.

Les Roots, c'est une entité à part dans le milieu du Hip-Hop.
Une aberration.

Pas de programmation ou de scratchs chez eux, mais des instrumentistes acharnés qui jouent en live (lors des enregistrements des albums, ils samplent parfois ce qu'ils composent et jouent en studio.)
Questlove, le batteur du groupe est une machine à rythme.
Un métronome inhumain qui frappe comme sur des tonneaux et propulse un groove à faire danser un poteau.

Les autres membres ne sont pas en reste puisque outre un bassiste, un guitariste et le clavier on y croise des beatboxers (ce sont des gens très fréquentables qui font des bruits très bizarre et très rythmés avec la bouche, comme si ils voulaient imiter King Louie du Livre de la Jungle de Walt Disney) et un soubassophone (sous ce terme barbare se cache un instrument de la famille des cuivres à faire passer un cor de chasse pour une langue de belle-mère que vous sortez au nouvel-an.)

Les Roots, c'est un peu une aristocratie.
Une sensibilité soul avec des rythmes de tracto-pelle et une technique de conservatoire.

Le monde du rap ne s'y est d'ailleurs pas trompé puisqu'ils ont accompagné à peu près tous les plus grands artistes du milieu.

Ce sont eux que Eminem recrute pour chanter son tube interplanétaire Lose Yourself (tiré de la Bande Originale du film 8 Mile) sur scène lors des Grammy Awards pour une performance ahurissante ou le rappeur de Détroit et les lascars de Philadelphie sont au diapason pour balancer un son monumental qui flirte avec ce que le rock peut avoir de plus percutant.



Ils accompagneront Jay-Z sur scène lors de sa série de concerts de (faux) adieux pour son mythique Black Album ainsi que pour son live Unplugged enregistré pour la chaîne de télévision MTV.

Depuis 2009, ils assurent la musique dans le talk show comique de Jimmy Fallon, ce qui leur a donné l'occasion de faire groover Michelle Obama


et de revisiter l'Histoire du Rap avec Justin Timberlake.









Bref, vous l'aurez compris, The Roots, c'est un petit peu la grosse classe et des grosses claques.

Un groupe qui donne envie de danser et de se mettre au solfège.




vendredi 4 octobre 2013

Summertime / Janis Joplin




Aujourd'hui est le 43ème anniversaire de la mort de Janis Joplin.

Elle aurait donc 70 ans cette année, sans doute toujours la même voix puisqu'à 25 piges, elle avait la voix d'une Aretha Franklin de 70 et ferait des concerts bourrée à 150 euros la place.

Janis Joplin, c'est une partie de ma jeunesse.
Une idole pour papa Gaston et un vinyle usé jusqu'au dernier sillon.

Mais surtout, c'est une voix.
Une voix de cailloux sans âge.
Une voix incroyable qui vous découpe, vous emporte et ne rend pas votre dépouille.

Il y a 4 ans, au début de la chansondujour, je lui rendais déjà hommage et jouais les visionnaires en comparant Amy Winehouse à la Texane en serrant le dutre très fort pour qu'elle ne rentre pas dans le 27 club comme sa glorieuse aînée. J'aurai mieux fait de jouer au loto ce jour-là.

Janis Joplin, sous la came, la dépression, l'alcool, les excès et les lamentations de son corps, c'était un soleil.

Une percée dans les nuées, capable de payer l'inscription sur la tombe anonyme de la chanteuse de Blues Bessie Smith, de se balader avec des boas multicolores dans les cheveux au volant d'une porsche psychédélique et de prévoir une fête immense pour ses funérailles sur le faire-part de laquelle on pouvait lire "Les boissons sont offertes par Pearl."

Un jour, j'ai retrouvé des cassettes audio enregistrées à la radio par Papa Gaston du temps de sa jeunesse folle.
L'une d'elle datait du 4 octobre 1970 et contenait une émission spéciale à l'occasion de la mort de Miss Joplin.
Je garde cette petite bande magnétique chez mes parents, telle un trésor de pirate retrouvé au fond de la mer et je me dis que sa voix valait toutes les perles de Tahiti.

samedi 28 septembre 2013

Moyen Kiffe le Hip-Hop - Episode # 2 Keepin' the Faith / De La Soul



De La Soul.
Encore un Trio.
Encore des New-Yorkais.



Ce que j'aime par-dessus tout dans le Rap et le Hip-Hop, c'est que cette musique est profondément positive.
Une musique faite avant tout pour s'amuser et faire la fête.

Bien sûr, elle s'est aussi politisée, est devenue revendicatrice a gardé son statut d'insoumise et rebelle.
Bien sûr, elle est devenu un business monstrueux qui pèse des milliards de dollars et qui propulse ses plus grandes stars dans les stratosphères du monde des finances (et de la politique) mais ce qui fait avant tout sa réussite, c'est son insouciance.

Ecouter De La Soul (et en particulier ce morceau) c'est oublier qu'il y a école le lendemain, oublier que le chauffage est en panne, qu'il n'y a plus de bière dans le frigo et que la voisine vous a collé un vent.

Leur premier Album, 3 feet high and rising sortui en 1988 pourrait presque s'apparenter à une version hippie des disques du label Sugar Hill records (Le premier Label de rap, avec des légendes comme Sugar Hill Gang, Grandmatser Flash ou le Crash Crew), avec leurs boucles Jazzy, leurs paroles sociales-mais-drôles et leurs chemises à fleur.
Mais surtout cet album, à cause de la quantité colossale de samples qui y sont utilisés, va être le premier à poser la question des droits d'auteurs dans le sampling.

C'est du deuxième Album De La Soul is Dead (1991) qu'est tiré ce refrain entêtant. Peut-être leur meilleur album à ce jour.

Je ne vous raconte pas combien de fois j'ai pu siffloter ce petit air dans la rue, confiant dans mon destin et sûr de mon chemin.
Parce que j'étais insouciant.


Notez qu'il existe une excellente version alternative de ce morceau, où la chanteuse Vinia Mojica s'occupe du chant.




Alors avec De La Soul, impossible de vous tromper.
Avec eux vous rentrez dans l'histoire du Rap, au coeur de ce qu'il n'a jamais cessé d'être.
Une musique fun, pour danser et faire la fête.

D'ailleurs Damon Albarn, le petit génie Anglais derrière Blur ou The Good, The Bad and The Queen ne s'y est pas trompé non plus lorsque, armé jusqu'aux dents des sons futuristes et des grooves atomiques du producteur Dan The Automator, il débarque avec son projet Gorillaz et cherche à pulvériser les enceintes de la planète entière en demandant au trio de New-York de collaborer au tubesque Feel Good Inc.

Un titre qui, l'espace de 4 minutes, me ramène en 1993, à siffler un petit refrain dans la rue.





mardi 17 septembre 2013

Moyen Kiffe le Hip-Hop - Episode # 1 Sure Shot / Beastie Boys




Il y a quelques jours, j'assistais joyeusement au concert d'Eminem dans un Stade de France chauffé à blanc (en compagnie, joyeuse elle aussi, de mon Hobbes de la vie qui aime elle aussi les "bitch" du rappeur blanc de Détroit lancés à la cantonade et à peu près tous les 7 mots et demie.)
Dans quelques semaines, je retourne voir le King, l'Empereur, la légende Jay-Z avec joie et ma frangine.

Je me disais alors combien j'aimais ce son, ses paroles syncopées, sa musique rythmée/scratchée/torturée et combien le Hip-Hop avait été important pour moi.

Mais pourquoi?

Alors je vous propose un voyage dans le temps, façon je danse le Mia, pour vous présenter les 10 titres historiques, qui m'ont collé une claque dans les oreilles et m'ont rendu un peu plus accro à chaque fois.

10 titres qui ne quittent pas mon Ipod.

Je commence donc avec Sure Shot des mythiques Beastie Boys.

J'ai découvert ce titre au collège.
En 3ème.
En 1994.
(fichtre, ça ne nous rajeunit pas, hein?)

A cette époque, Internet était un délire de Science-Fiction, les CD arrivaient à peine, on avait encore les images de la Dream Team qui avait pulvérisé la notion de sport 2 ans auparavant à Barcelone (et l'on attendait encore que Michael Jordan retombe sur Terre.) et on s'échangeait dans la cour du bahut des cassettes audio.
La cassette audio, jeune, est un objet bizarre en plastique à l'intérieur duquel défile une bande magnétique sur laquelle on pouvait enregistrer de la musique.
On se les échangeait comme les gosses s'échangent maintenant des Pokémons. Le but étant de trouver LE son que l'autre n'a pas, de découvrir le groupe qui remue la tête de tout le monde là-bas, à Babylone-la-grande, que l'on ne voyait que dans les films et qui avait encore ses tours jumelles.

Je découvre donc Sure Shot en 1994, année de la mort de Kurt Cobain et de Jack Kirby.
Sur une cassette échangée à la récré et le choc va être violent.

Cette chanson représentait ce que j'avais attendu toute ma vie.

Il y avait les grosses guitares et la batterie déchaînée comme dans les chansons que mes parents m'avaient fait découvrir et que j'avais continué à aimer (Le Nevermind de Nirvana tournait en boucle dans mon baladeur...), il y avait de la rage et du fun qui résonnaient en moi, jeune que j'étais et surtout il y avait le scratch.
Un son indescriptible, incroyablement cool et malpoli et tellement futuriste.

Sure Shot est tirée de l'album Ill Communication, sorti en 1994.
Je découvre alors les Beastie Boys, ce groupe de Brooklyn composé de Michael "Mike D" Diamond, Adam "Ad-Rock" Horowitz et Adam "MCA" Yauch et deviendra un de mes préférés.
Je les verrai alors 4 ans plus tard en concert à Nancy mais à ce moment-là, je ne le sais pas encore et pour moi, rien que le fait de les écouter est un acte subversif.

J'avais découvert le Rap et le Hip-Hop quelques mois plus tôt avec un autre groupe incroyablement plus vénère (j'y reviendrai plus tard) mais les lascars New-Yorkais représentaient à cette époque, pour moi en tout cas, l'absolu de ce que devait être cette musique:
Rythmée, endiablée, fun, jeune, rebelle et cool.
A l'opposé des Jean-Jacques Goldman et Francis Cabrel consensuels de l'époque.
Et bien loin de ce que les années 90 produiront de pire dans l'histoire de la musique: L'eurodance, dont tous mes camarades de classe étaient dingues tandis que j'écoutais (déjà) Bruce Springsteen et les Stones et que je fouillais comme un damné pour découvrir de nouvelles guitares saturées, des vinyles scratchés et des rythmes funkies.

J'essayais d'expliquer à mon père en quoi le hip-hop a été aussi important pour moi.
En fait, il a été pour ma jeunesse ce que les Beatles, Les Stones ou Led Zeppelin ont été pour la sienne: une bouffée d'air frais.

Le 4 mai 2012, Adam Yauch meurt à 47 ans des suites d'un cancer de la gorge.
Ce jour là, une partie de ma jeunesse et de son insouciance sont parties avec lui et j'ai pleuré.
Parce qu'il avait réussi à me faire aimer l'ado que j'étais.





mardi 3 septembre 2013

No More Mr Nice Guy / Alice Cooper



Je me suis toujours méfié des compliments.

Non pas que je sois habitué à crouler sous un déluge d'éloges ou que je remette en doute la sincérité de la personne qui me les adresse, mais j'ai toujours pensé que les compliments exprimaient surtout ce qu'ils ne disaient pas.

Par exemple, si sur votre bulletin scolaire, en Education Physique et Sportive, vous aviez un fantastique et rayonnant "Volontaire" qui remplissait la case des appréciations de votre professeur, vous leurrez pas, ça voulait surtout dire que le Sport n'était clairement pas fait pour vous (enfin, la pratique surtout, parce que regarder un match dans un canapé, c'est à la portée du premier blessé venu...) et que malgré tous vos efforts, la perspective de passer un jour sous la barre des 27 secondes et 3 dixièmes au 100 mètres était relativement faible.

C'est comme quand on vous dit que vous êtes sympas.
Faites gaffe.

Vous êtes sympa, c'est vrai, je n'en douterai pas une seule seconde, mais sympa, c'est comme gentil.
ça veut simplement dire que finalement, vous êtes quand même un petit peu relou, un petit peu un boulet et puis d'ailleurs, si vous pouviez ne pas venir ce soir à la soirée de Simone, ça arrangerait tout le monde.

Parce que dans ce que la vie a de torturé et de pervers, il faut bien reconnaître que le mec sympa, ben il ne gagne pas.
(à moins d'être Martin Luther King ou Nelson Mandela, d'être un esprit comme on en rencontre tous les 50 ans, d'accepter de casser des cailloux pendant des piges ou de prendre des bus réservés aux noirs pendant toute sa jeunesse avant de se lever fièrement et, grâce à quelques mots magiques sortis de votre bouche et gravés dans l'histoire, de porter des peuples, des nations et des espoirs sans que votre sympathie ne soit jamais remise en doute.)

Le mec sympa ne gagne pas, donc, et c'est bien là le drame.
Le mec sympa, il ne fait pas carrière.
Le cow-boy sympa ne part pas avec la fille -généralement une institutrice ou une tenancière de bar- à la fin du film.
Il meurt sottement pour déclencher la fureur du cow-boy moins sympa qui, ivre de colère, va montrer qu'il est quand même un peu sympa et ira venger son ami en allant flinguer ce sale Mad Mike et ses hommes de main dans une fusillade héroïque où il héritera d'une balle dans l'épaule et de la fille à la fin.
(notez que ceci marche aussi dans les films policiers où le policier sympa prend une balle / se fait enlever / explose dans sa voiture, choisissez votre situation préférée, et le policier moins sympa devient encore moins sympa (mais il est sympa quand même vu qu'il veut venger son ami qui, soit dit en passant, n'était pas du tout son ami au début du film vu qu'il n'est pas sympa, vous suivez?) et va massacrer ce sale trafiquant de drogue de Mr Mike et tous ses sbires dans un déluge de feu et de sang. Il héritera d'une balle dans l'épaule et de la fille à la fin.)
Le mec sympa, il ne devient pas rappeur.
Le mec sympa ne devient pas pilote de chasse. Il devient le mécano du pilote de chasse. (marche aussi avec les pilotes de voitures de courses.)
Le mec sympa n'est pas Steve McQueen ou John McLane.
Ou Don Draper ou Mr Big.
Le mec sympa, c'est Joséphine Ange Gardien ou Screech de sauvé par le gong et c'est pas de bol.

Non, vraiment, le mec sympa, à la fin, il ne gagne pas.

C'est pour ça que je n'aime pas qu'on me dise que je suis sympa.