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jeudi 26 juillet 2012

Fabled City / The Nightwatchman (Tom Morello)




Dans la série "chaque journée me surprendra toujours" j'ai appris aujourd'hui même que Mr Lakshmi Mittal devait porter la flamme Olympique avant l'ouverture des JO de Londres demain.

Je ne savais pas Mr Mittal athlète me disais-je innocemment, mais si ça se trouve c'est un crack en cricket. (Oui, parce que les cracks en crickets sont en Inde, au Sri Lanka, au Pakistan et en Australie.)

Ah ben non, même pas.

Tout juste fait-il peut-être un petit jogging de temps en temps, comme ça, pour la forme.

Non, Mr Mittal est la 6ème fortune mondiale, ce qui est pas mal comme position au classement des meilleurs fortunes du monde.

Spécialisé dans le rachat d'entreprises sidérurgiques et d'aciéries en état de quasi-faillite, il les modernise, supprime toutes les allocations et combat les syndicats pour leur donner de la valeur avant de les revendre.
(Pour schématiser: il transforme un club genre Brie-Compte Robert ou Blénod-Les-Pont-à-Mousson en machine de guerre de Champion's League en virant tout le monde et en signant Ibrahimovic qui n'est plus à un déménagement près.)

Il achète le numéro 2 de l'acier, Arcelor, malgré la réticence de certains états comme La France, La Belgique et le Luxembourg, bassins sidérurgiques historiques.

Et comme il est actionnaire majoritaire à 40%, sa première mesure est de reverser 30% des bénéfices aux actionnaires.

Il fait fermer les Hauts-Fourneaux de Liège, rentables pourtant, mais pas assez pour lui qui veut se lancer dans l'industrie des mines de fer, en plein essor.
3.000 familles en dépendaient.

Je me demande donc avec la plus grande naïveté possible comment les valeurs Olympiques rabâchées sans cesse par le CIO comme fair-play, dépassement de soi, courage, partage, respect... (en gros, hein, je fais court.) peuvent être compatible avec productivité, plan social, actionnaires, wall street et réduction de la masse salariale (en gros aussi, je fais court itou et j'évite mettre le mot "enculé".)

On peut aisément comprendre que les Syndicats et les familles d'ouvriers qui travaillent pour Mr Mittal risquent de ne pas voir ce footing d'un très bon oeil.
(en plus je suis sûr qu'il est incapable de faire un semi-marathon comme le Gaston, lui.)


Donc Mr Mittal, qui nous vient du Pays des Tigres du Bengale et parce qu'il est riche, va participer à allumer la Flamme Olympique.

Et pendant ce temps, celles des Hauts-Fourneaux de Florange sont toujours éteintes.



























(Ah, on me souffle que Mr Mittal a également sponsorisé la construction d'une Tour à Londres ce qui lui donne droit à un tour gratuit d'autoroute Londonienne en portant une torche et nous donne par la même occasion une magnifique preuve de l'indépendance absolue du CIO.)





















Tom Morello, guitariste de Rage Against the Machine, groupe culte s'il en est, n'a rien perdu de l'engagement politique qui l'animait à l'époque.

Il fait une reprise stratosphérique de The Ghost of Tom Joad de Bruce Springsteen en duo avec le Boss lui-même lors des Rock'n Roll Hall of Fame inductions de 2009.

Et rejoint les activistes de Occupy Wall Street pour jouer les protest singer...






Je vous invite urgemment à Lire La Coupe d'or de John Steinbeck auquel cette chanson me fait étrangement penser alors que ça n'a rien à voir..
Des Pirates, une femme Mystérieuse, des combats maritimes, des bateaux, des pillages...
Et l'histoire d'un homme qui arrive à posséder tout ce qu'il désirait et se rend compte qu'il ne sera jamais satisfait.



dimanche 26 juin 2011

Diary of a Working Man / Blackfoot



Durant ma scolarité, je me suis retrouvé dans un système d'éducation qui nous a toujours incité à poursuivre nos études plutôt qu'à opter pour une formation manuelle, jugée moins glorieuse.

Ben je trouve que c'est une splendide erreur.

Parce qu'à privilégier les études supérieures et l'université au détriment de cursus plus courts, on donne implicitement un jugement de valeur à tout un style de vie.

On dénigre officiellement une classe sociale.

Alors non seulement les apprentis, manutentionnaires en tous genres, ouvriers du bâtiment et autres travailleurs à la chaîne doivent déjà vivre avec la pénibilité naturelle de leur profession, mais en plus, ils vivent avec la dévalorisation totale de leur condition, induite par un système éducatif qui les renvoie au rang de voie de second choix.

Et cette injustice se retrouve à toutes les strates de la société puisque pendant que les responsables de la crise des subprimes et de la récession mondiale continuent de spéculer sur des cours fluctuants à l'heure du goûter en discutant de millions avec le voisin, il me semble que ce sont les ouvriers qui se retrouvent expulsés de chez eux à cause d'un crédit contracté à des taux évolutifs astronomiques qu'il ne peuvent plus rembourser..

Ce sont eux qui se retrouvent sans usine chez Daewoo dans le nord, chez Vico parce que le patron de la boîte a décidé de déplacer toute l'usine en Italie pendant la fermeture annuelle, chez Renaud Vilvoorde, chez Continental et chez des centaines d'autres...

Je ne veux pas rentrer dans l'indignation facile et la conscience politique de comptoir, alors je me contenterai de vous parler d'un reportage photographique publié à l'époque dans "Le Monde 2" l'hebdomadaire du Monde et qui m'avait brisé le coeur.

Anthony Suau, prix pulitzer pour son travail de photo-reportage en Ethiopie, a suivi le quotidien des expulsions à Cleveland pendant la crise des subprimes.

Agents de police qui viennent faire signer des avis d'expulsion arme au poing par peur de se faire accueillir à l'arme à feu par des gens désespérés, familles qui se réfugient dans des centres d'hébergement et d'aide d'urgence.

Pendant la crise, des chiffres insensés tombaient chaque jour sur la situation économique du pays.
On parlait de 1.000 milliards de dollars nécessaires pour relever le pays.
Comment s'imaginer 1.000 miliards?
1.000 milliards, ce n'est pas la réalité.
La réalité, c'est devoir faire des courses hebdomadaires pour une famille pour moins de 30 dollars.


"A Cleveland, 13 % des logements sont vacants. Les expulsés ne sont pas des pauvres mais des salariés aux revenus « moyens-faibles ». Ils avaient touché le coeur du « rêve américain »« évolutif » : 5,5 % aujourd’hui, et 8,5 % dans trois ans. « D’ici là, votre situation se sera améliorée. Vous signez là, là et là. » Lorsque le taux a « évolué », le nombre de ceux qui ne pouvaient pas payer a explosé. Les banques les ont mis à l’amende. Le cycle était enclenché. Un détail, au passage : la proportion de femmes seules avec enfants, de Noirs et d’Hispaniques parmi les victimes des saisies est trois à six fois supérieure à celle des autres.














Je suis allé à l'université, j'ai fait des études qui m'ont plu.

Mais aujourd'hui, je crois que je rêve de savoir souder.