mercredi 3 septembre 2014

Bread and Roses / Judy Collins



Vous me connaissez, quand il s'agit de lutter contre l'infamie et l'injustice, je me lève et je me bouscule et je crie mon indignation.


Amérique.
Amérique, pays des grands espaces, de Michael Jordan, de la Nike Air Jordan, des super-héros, de l'espoir, de Martin Luther King, de Mohammed Ali, de Steinbeck et Bruce Springsteen, de Hermann Melville et Paul Auster, Amérique disais-donc, tu m'as déçu.

Je te croyais éprise de justice et de liberté, je te savais jeune, fantasque, un peu fofolle mais ouverte et là, paf, tu viens de me coller le moral en berne.

Tes travailleurs acharnés, ceux et celles qui ont construit ton pays, tes ouvriers, ta middle classe qui a forgé cet american dream que tu nous ressers à longueur de spots télévisés et de films/romans/chansons, ces laissés pour compte, Amérique, tu ne les traites pas bien.



Alors forcément, lorsque l'urgence se fait sentir, lorsque la colère gronde, ils se lèvent et ensemble, te défient. Et je me tiens à leur côté.

Amis, vous aussi levez-vous et indignez-vous.
La révolte sociale est là, la Pays le plus puissant du monde va vaciller sous les pas des gens en colère.

Suivons donc ces héros d'un nouveau combat.

Les pom-pom girls sont en grève.

Oui, les pom-pom girls.

Les filles qui agitent des pompons sur le bords des terrains de football américain, de base-ball, de basket et de hockey pour encourager ces gladiateurs modernes, combattants de muscles et de kevlar et inviter les spectateurs à les soutenir.



Le feu est à Buffalo.
Les cheerleaders des Buffalo Bills (la franchise de football américain) sont en grève et attaquent la franchise en justice pour arriérés de salaire, harcèlement moral et obtenir une augmentation.

Les filles de Buffalo sont en fait déclarées comme travailleuses indépendantes et sont donc payées au tarif syndical de 8 dollars de l'heure. (ce qui n'est pas lourd vu le taf physique à sautiller partout, le sourire forcé, sans compter les séances en salle de sport pour garder une ligne acceptable par le club.)
Les entraînements ne sont pas payés, pas plus que les 25 à 30 représentations annuelles qu'elles doivent effectuer pour le club, les équipementiers ou des oeuvres caritatives.
Les tenues sont de leur poche.
Et cerise sur le donut, une semaine avant chaque match, elles ont droit à un contrôle technique obligatoire où l'on note scrupuleusement chaque défaut physique et où on leur annonce les zones de leur corps à travailler et raffermir. 2 zones incriminées, c'est un avertissement.3 zones, elles sont sur le banc pour le prochain match.



La grosse classe.

Alors pendant que des gros balourds se foutent sur la tronche engoncés dans des armures du moyen-âge à ahaner des systèmes de jeu préhistoriques et sont payés des millions, les jolies jeunes filles qui les encouragent et participent mine de rien à l'ambiance du stade (et je suis sûr qu'elles font venir un paquet de lascars dans les gradins) connaissent les acquis sociaux de la Corée du Nord.

Moi, Moyen, je ne peux accepter ça.

Cheerleaders, je vous soutiens. Je suis là, à vos côtés et avec mes pompons imaginaires, je vous encourage pour que vous gagniez cette bataille.



I can give you my phone number if you want, bu you habe to dial ze 33 before if you call from the province.


Si vous voulez en savoir plus, les articles 

ICI et ICI

Ils sont assez anciens (Avril 2014) mais le litige cours toujours et à quelques jours de la reprise du championnat de NFL (National Football League) il semblerait que les Bills de Buffalo s'apprêtent à jouer sans leurs cheerleaders:


On lit 

                          










(note pour frimer devant les collègues à la machine à café demain, la chanson Bread and Roses est un traditionnel US des années 1910 et qu'il est communément associé à la grande grève des travailleuses du Textile de la ville de Lawrence, Massachussetts qui dura de Janvier à Mars 1912. Les filles gagnaient 9 dollars par semaine pour 56 heures de boulot. Initiée par deux syndicalistes, Jospeh Ettor et Arturo Giovanitti qui seront à tord accusés de meurtre afin de casser le mouvement, la grève leur permit d'obtenir une augmentation de 15% et de passer à la semaine de 54 heures, ces feignasses. Avantages qu'elles perdront quelques années plus tard...
Je vous invite à lire le formidable livre d'Howard Zinn, Une Histoire Populaire des Etats-Unis du XXème siècle, ça couvre de la fin du XIXème au 11 septembre, c'est passionnant et bourré d'informations sur les luttes sociales aus USA et si vous l'achetez, ce sera toujours des sous qui n'iront pas dans la poche de Valérie Trierveiller, vu que vous n'achèterez pas sa merde son glaviot sa bouse. Non, pour elle, je ne peux pas employer le mot livre...)




mardi 12 août 2014

Make' em laugh / Donald O'Connor (Singing in the rain )



Je ne vous l'apprendrai pas, Robin Williams est mort.


Sous le concert de louanges que cette triste annonce a provoqué, je ne pouvais m'empêcher de me demander quand allions-nous enfin récompenser les comiques.
Et pas de manière posthume.


Oh, oui, je sais, il a eu un Oscar du meilleur Second rôle.
En 1998, pour Will Hunting, un chouette film de Gus Van Sant (il fallait bien qu'il en réalise un chouette) sur un scénario de Ben Affleck et Matt Damon, deux vrais chouettes mecs à Hollywood.
Mais excusez-moi, on ne peut pas dire que ce rôle soit le plus désopilant qu'il ait eu à interpréter.

Car avant tout, Robin Williams était un comique.



Il commence comme beaucoup d'autres par le stand up (vous savez, ce truc hype en France, que des escroqueries comme Gad Elmaleh, Kev Adams ou Flrorence Foresti pensent avoir mis à la mode alors que les américains font ça depuis des lustres.) et explose dans Good Morning Vietnam.
Paf, nomination pour l'Oscar.

Allez. Qui n'a pas réveillé ses potes en gueulant "Goooooood Morniiiiiing Touuuuuul !" ?


Ses talents d'improvisateur impressionnent tout le monde et il va enchaîner les rôles à la vitesse de l'éclair.
On le verra faire le pitre dans Mrs Doubtfire, Jumanji, Docteur Patch, Flubber ou Toys, tout en alternant des rôles plus graves avec le Cercle des poètes disparus, Jakob le Menteur ou Fisher King, un chef-d'oeuvre où il est bluffant de justesse.


Il incarne génialement un Comédien qui devient flou (réellement flou. On le voit pas bien, quoi) dans Harry dans tous ses états de Woody Allen.


Mais pour moi, un de ses meilleurs rôles reste celui du Génie dans le Aladdin de Disney.



Parce que quand il rentre dans la cabine de doublage, ce joyeux luron ne suit évidemment aucune ligne du texte remis par les scénaristes et improvise comme un dingue, tordant de rire les ingénieurs du son présents.

Du coup, les animateurs décident de garder ses lignes délirantes et refont les scènes en fonction de ses dialogues.

Ce qui nous donne un génie génial à la limite de la maladie mentale, drôle, touchant, hystérique et délirant.

Là, messieurs-dames, un Oscar ça aurait eu de la gueule.
Oui, pour un doublage.
Parce que s'approprier à ce point un personnage, le tordre dans tous les sens sans jamais le dénaturer et en faire une forme d'expression de sa propre folie, c'est une performance incroyable.



Du coup, ce pauvre Aladdin bien fade et poli se fait voler la vedette et le film devient un one-man show délirant où Robin Williams montre l'étendue de son talent.

Un talent à faire rire.



Mais faire rire ne récompense pas.

Non, il faut faire pleurer les gens (ou les faire se questionner, genre "et moi, à sa place, en 1942 sous le joug de la barbarie nazie, qu'aurais-je fait?") pour choper les honneurs et les statues.



Je me disais, en voyant le fantastique "Un jour sans fin" pour la 12694ème fois que le fait que ni le film ni ses comédiens n'aient eu d'Oscar (ou d'autres récompenses que des Saturn Awards, qui récompensent les oeuvres fantastiques ou de science-fiction. Obscur, donc.) était une véritable injustice.
Parce que mine de rien, essayez, vous, d'écrire un scénario où le personnage principal revit sans cesse la même journée sans jamais être redondant et ennuyeux.
Essayez, vous, de jouer le personnage principal d'un film où on vous demandera de faire des centaines de fois la même chose sans jamais donner l'impression de vous répéter.

Et en voyant Scarlett (le prend pas mal Scarlett, j'te kiffe, mais parfois, ma raison prend le dessus sur mes hormones) recevoir un César d'honneur tandis que que Bill Murray ne l'aura sans doute jamais alors que dans un seul film, il montre une palette bien plus riche et subtile que dans toute la filmographie de ma blonde préférée, ben ça m'a rendu triste.

Ah, me direz-vous, Bill Murray a reçu un oscar!
Oui, pour Lost in translation. Pas son rôle le plus désopilant à lui non plus.

Amis comiques, je vous admire, car vous bossez comme des fous pour faire ce que le public attend de vous: le faire rire.
Alors qu'il n'y a rien de plus dur que d'être drôle.


La comédie requiert de la finesse d'écriture, un timing d'horloge suisse, un sens aigu de l'improvisation et de la répartie et de la culture.
(certains pensent que l'on peut faire rire en parlant de manière incompréhensible en mettant des "hein" à la fin de chaque phrase. Ils se trompent. Ils torturent. Exemple: Bienvenue chez les Ch'tis. 20 Millions d'entrées. Comme quoi, il n'y a pas de justice.)
Faire rire demande un travail permanent. Un investissement de tous les jours.

Quand Robert De Niro prend 35 kilos ou quand Dustin Hoffman penche la tête pour faire l'autiste, il n'y ont pas dédié leur vie. Tout au plus quelques mois. (alors attention, je ne veux pas minimiser leurs performances, elles valent les honneurs.)
Mais quand Robin Williams traverse un film comme une tempête, c'est toute sa vie que l'on peut y voir. Avec toutes ses faiblesses.



Monsieur Robin Williams, vous allez manquer.
Pas parce que vous faisiez rire.
Mais parce que vous rappeliez à quel point cela était dur.












Je vous laisserai avec deux moments inoubliables.

Sa performance en génie dans Aladdin, donc






Et le moment où il obtient l'Oscar.
Regardez la joie de Ben Affleck et Matt Damon, deux vrais chouettes gars à Hollywood, regardez-le ému, essayer quelques vannes pour écraser ses larmes, se tourner vers son père, là-haut et regardez le sourire et la joie de Billy Crystal, un autre comique, lorsqu'il voit un autre amuseur récompensé.

mercredi 11 juin 2014

Spécial Coupe du Monde au Brésil. Construçao / Chico Buarque





Socrates, s'il te plait. Reviens.


Bon alors, à moins de vivre au fond du Larzac ou en Corée du Nord, vous savez certainement que demain, c'est le coup d'envoi de la Copa del Moundial da Brazil.

L'occasion pour moi de vous parler du plus grand joueur Brésilien, juste après Garrincha mais quand même devant Pelé parce que faut pas déconner.

Socrates Brasileiro Sampaio de Souza Vieira de Oliveira (j'imagine même pas le cauchemar des professeurs Brésiliens quand ils font l'appel au début de la classe...) ou, pour que ça rentre plus facilement sur un maillot, Socrates.
(et tout de suite, bam, ça claque. S'appeler comme un philosophe grec, ça impose tout de suite le respect.)


Epoque bénie où le bandeau dans les cheveux était le symbole d'une certaine élégance...

Un joueur qui n'a rien gagné avec la Seleçao et qui a pourtant été le meneur de jeu de la plus belle équipe Brésilienne qu'on ai jamais vue, celle de 1982, qui se fera sottement éliminer en quart de finale par l'Italie alors qu'il ne leur suffisait (règlement zarbi de l'époque) que d'un match nul pour se qualifier.
Sauf que ces artistes, plutôt que de jouer la montre et d'essayer de tenir le score alors qu'il y a 2-2, continuent d'attaquer de façon flamboyante pendant que ces gredins fins tacticiens d'Italiens développent le jeu qui fera leur gloire, le catenaccio qui, comme son nom l'indique, consiste à défendre courageusement à 10 (avec Dino Zoff dans les buts quand même, au cas où) et à attaquer en contre. Paf, 3ème but de Paolo Rossi et adieu attaques flamboyantes et jeu total, le mur de Berlin sera le football moderne.



Non mais regardez-moi cette merveille...



Pour rajouter une cerise sur le pompon, en 1986, toujours en quarts de finale, ils tomberont sur la France à Platoche qui a aussi vécu une coupe du monde 1982 à donner envie de se mettre à la pétanque boxe.
Match de légende. Emotions, jeu fantastique, tirs au buts.
Socrates rate le sien.

Alors là, vous vous dites, ok, le Moyen, il craque, il nous fait l'éloge d'un loser.

Que nenni, fidèles incultes que j'éclaire de ma lanterne musicale, j'admire un héros.

Laissons la coupe du monde à sa FIFA et à ses vuvuzelas et retournons en 1981.

Le Brésil est en pleine dictature.
Tout le Pays vit sous la coupe d'un régime charmant, une bonne vieille dictature militaire qui, malgré le bruit des bottes qui peut déranger tôt le matin, offre au moins l'avantage de pouvoir sortir de chez soi sans avoir à fermer sa porte à clé, ma bonne dame.

Tout le Pays?

Pas tout à fait, puisqu'une bande d'irréductibles farceurs, les joueurs du SC Corinthians menés par leur capitaine Socrates, décide de résister.
Et ils ne sont pas du genre à ahaner des bribes de discours de miss France à base de "La guerre, c'est mal" puisque ces joyeux lurons mettent en place un système entièrement Démocratique dans le fonctionnement du club et des entraînements.
Ils créent donc la Démocratie Corinthienne.
Rien que ça.

Un idéal Social(iste) où toutes les décisions sont prises collectivement par les joueurs et soumises au vote, y compris le recrutement des joueurs et des entraîneurs.
Bon, il est évident que ce système connait quelques débordements complètement absurdes puisqu'au bout d'un moment, même les pauses pipi lors des déplacements en autocar seront votées à main levée.

Parallèlement à ça, ils multiplient les coups d'éclats et affichant ostensiblement le mot "Démocratie" sur leurs maillots et participent à des manifestations contre le régime et se permettent même de développer un jeu spectaculaire et ultra offensif et de gagner le championnat.
Deux fois de suite.
Un jour de finale de championnat, devant 40.000 personnes, ils entrent sur le terrain avec une banderole sur laquelle on peut lire "Vaincre ou perdre, mais toujours avec la démocratie."

Incroyable de penser que la résistance intellectuelle face à une dictature est venue de gugusses en shorts et crampons qui courent après une balle (et là, subitement, j'ai bien envie de voir Ribery faire un débat politique en claquettes. Comme ça, pour voir.) menés par un grand échalas barbu, un intellectuel au vrai sens du terme, universitaire, révolutionnaire, doté d'une vision du jeu fantastique et d'une foi en son pays et en ses convictions inébranlables.
Le Che en Short.

La démocratie arrive finalement au pouvoir en 1985 au Brésil et les Corinthians décident de mettre fin à l'aventure.

Une aventure unique dans l'histoire d'un Pays.
Et dans l'histoire du Sport.

En 2011, Socrates, l'érudit, le médecin (un doctorat de médecine quand même, le footeux.) au nom de philosophe grec et à la technique de danseur de ballet russe, grand frère de Raï, la légende du PSG (ne riez pas, il vaudra pour toujours tous les Zlatan du monde.) meurt d'avoir trop aimé le vin et la vie libre.

Et aujourd'hui, alors que les dictatures n'ont plus de rangers et de chemises kakis, les Brésiliens sont une nouvelle fois aux portes de la révolte.

Pendant que la FIFA vend à des tarifs prohibitifs les droits télé de leur coupe du monde qu'ils ne pourront même pas voir et s'enrichit à rendre jaloux un émir pétrolier en se sucrant sur les chantiers de stades hors de prix qui ne seront pas prêt et ne serviront que 3 semaines et qui tuent les ouvriers qui les construisent, le peuple voit les tarifs des transports en commun exploser et son pouvoir d'achat fondre comme une glace sur la plage de copacabana.
Et on leur demande de faire un effort, parce que c'est du foot et que le foot mérite bien tous ces sacrifices.








Socrates, tu manques un peu, là. 
S'il te plait. Reviens.



























Et comme je ne peux vous laisser sur ces notes amères et parce que j'aime quand même le foot et certains de ses plus beaux représentants, en casse-dédie pour le philosophe grec da Brazil.
(et accessoirement, le plus beau match de tous les temps.)





mercredi 23 avril 2014

I Want to Go Back There Again / Chris Clark



Imaginez.
Vous avez une machine à remonter dans le temps.

Que feriez-vous?

Quel évènement de l'Histoire voudriez-vous modifier afin que le monde tourne mieux? Ou différemment?

Ben moi, sans hésitation, je retournerai en Allemagne dans les années 40 et j'empêcherai l'infamie, l'ombre et l'horreur d'arriver en flinguant les parents d'Harald Schumacher.

Et du coup, la France serait championne du monde de fouteballe en 1982, Battiston aurait toujours toutes ses dents et Michel Platini serait président de la république.

Ou alors, je retournerais en 2007 et je dirais à Steven Spielberg que réaliser un 4ème Indiana Jones n'est peut-être pas une si bonne idée, je m'arrangerais pour débouler à un concert des Beatles et dire "j'y étais", en juin 1938 j'achèterais deux exemplaires d'Action Comics #1 avec la première apparition de Superman pour en revendre un aujourd'hui pour 2 millions de dollars, je jouerais au Loto il y a deux semaines, j'irais voir un match des Bulls en 1996, je me persuaderais de ne pas aller voir certains films et d'aller en voir d'autres à la place, je m'assommerais pour me remplacer à certains moments, je me laisserais des notes pour me donner des conseils, je me donnerais les résultats du bac, je ne raterais plus aucun métro, je rencontrerais Scarlett, je revivrais certaines journées indéfiniment en chantant "I Got you babe" de Sonny and Cher, je ferais de hier une bonne journée.


Evidemment, j'agirais dans l'insouciance la plus totale, sans penser aux effets que mes actes pourraient avoir sur le continuum espace-temps, je fouterais certainement un gros bordel, mais si je résume bien, je serais riche, avec Scarlett, la France serait double championne du monde de foot, Indiana Jones 4 n'aurait jamais été réalisé et Michel Platini serait président.

Le monde serait peut-être mieux finalement.

lundi 21 avril 2014

Stack-A-Record / Tom Tall







Bon, j'aime les disques.
J'aime les histoires qu'ils racontent, j'aime où ils m'emmènent et j'aime surtout les objets.
Parce que c'est beau.
Cherchez pas, une collection de disques sera toujours plus belle et sexy qu'une playlist Itunes.

Je suis très attaché à ma collection de films, c'est vrai, mais peut-être encore plus à ma collection de disques.

Déjà, parce que comme pour beaucoup de collectionneur, je les ai d'abord découverts grâce à mes parents. Cette collection, pas très grande mais magnifique de Rolling Stones, Pink Floyd, Beatles, Neil Young, Bob Dylan, Leonard Cohen, Janis Joplin de vinyles noirs, glacés, dans des pochettes cartonnées gigantesques et colorées..

Ces disques que je ré-écoute pour la 1796ème fois, ils sont d'abord mes parents.

Ensuite, parce que mes vinyles et mes CD racontent certainement mieux que moi qui je suis.
Quelle a été ma vie jusqu'aujourd'hui, 21 Avril 2014.

Alors je les classe.
Par genre, par ordre alphabétique, par artistes.
Une fois, je les ai même classés par périodes.
Mais pas selon la chronologie de leur sortie.
Non, c'est trop simple.
Je les avais classés selon l'époque où je les avais achetés.
Parce que mes 152 vinyles et presque 500 CD, qui racontent mieux que moi qui je suis, je suis capable de dire à quelle période je les ai achetés. (allez, à un an près.)
Je sais que le tout premier que j'ai acheté, c'était le Greatest Hits II de Queen.
Le deuxième, un best-of d'Eric Clapton et de son groupe Cream.
Le troisième, le Greatest Hits I, de Queen.
Que Travelling Without Moving de Jamiroquai, je l'avais eu gratuitement lors de l'opération de la fête du disque 1997 (on renvoyait les codes-barres de 2 CD et on en avait un de son choix en cadeau.)
Que j'ai acheté What's Going On en 1996 et racheté en 2001.
Et que mon premier Springsteen date de 1995.

Oui, j'aime les disques.

Samedi, c'était le disquaire day.
Ou record store day comme disent nos amis américains.

Et qu'est-ce donc direz-vous, vous?

Le Record Store Day est né à l'initiative des disquaires indépendants afin d'inciter les gens à revenir les magasins.

En pleine crise du disque, le défi était donc de faire venir le public dans un magasin et de le faire repartir avec des disques.

Les labels et les artistes ont ainsi joué le jeu et cette journée est surtout l'occasion de voir réapparaître des albums devenus introuvables, des face B inédites ou rarissime, des versions alternatives de classiques, des lives, des picture discs (le picture disc est un vinyle avec un dessin imprimé dessus. Très difficile à graver donc la qualité du son en pâtit terriblement, mais ils sont recherchés par certains collectionneurs pour leur visuel.) ou des titres sortis spécialement pour l'occasion.

Je suis l'opération depuis 2-3 ans maintenant et si je dois avouer que je suis content d'avoir trouvé des petites perles (et d'en avoir profité pour découvrir des choses) je dois avouer que je reste quand même sur ma faim:

Déjà, les labels retombent tête la première dans les travers qui ont causé la quasi-disparition de la consommation de disques: tarifs prohibitifs (et ils se gavent bien les bougres) politique éditoriale parfois incompréhensive (pourquoi balancer Space Oddity de David Bowie -avec une version live qui tue en Face B- sur un Picture Disc alors que, comme je le disais plus tôt, la qualité du son sera certainement moins bonne que sur l'Album original de 1969? Et le vendre 15 Euros? Ouatzeufeuque?)
Certains labels n'hésitent même plus à ressortir des daubes assorties du sticker "Record Store Day" pour faire croire que si, en fait ce disque est génial, hop, achetez-le et à laisser des tas de trucs certainement très chouettes moisir dans des caves.

Et surtout, cette opération tue un plaisir sacré de l'amateur de disques que je suis: retrouver, au fond d'un bac poussiéreux, un disque que l'on cherche depuis des plombes. Un graal.
Une relique que l'on aura méritée, à passer des journées entières plié en deux sur des bacs à vinyles, à scruter des collections complètes de marches militaires et de flûte de pan, se couvrir de poussière, s'user les yeux et pécho de rhumatismes pour finalement le trouver là, à nous attendre, pour le prix d'un café-croissant.

Samedi, donc, je suis parti faire le record store day quand même.
Et j'ai fait sottement la queue comme un geek avant la sortie de l'Episode 1 de Star Wars (ou un faux geek devant un Apple Store pour la sortie du nouvel Iphone)
Et oui, j'ai trouvé deux-trois trucs, dont un 33T d'inédits de Bruce Springsteen, encore lui.
Toujours lui.
(avec le boss, on se plante rarement. On tombe sur un de ses disques, on sait qu'il sera, au pire, bien.) du Hip-Hop en 45T et un 45T d'un groupe que je ne connaissais absolument pas, sur le label Third Man Records, le label de Jack White (un des rares a avoir vraiment compris le concept de cette journée et à le pousser à fond. Pour cette journée, il aura chanté, enregistré et pressé une chanson en 45 Tours en moins de 4 heures. Un fou. Jack White, c'est le Willy Wonka des disques et Third Man Records, c'est la Chocolate Factory.)



C'est beau, c'est le Boss


Hip-Hop en force et en 45 Tours

C'est chouette, c'est beau, c'est Third Man Records

Mais surtout, en cherchant dans les bacs, j'ai trouvé un de mes graals.

Un de mes albums fétiches que je cherche depuis des années.

Une merveille d'une merveille.


Where i'm coming from de Stevie Wonder.
1971

Il n'a que 21 ans quand il enregistre ce disque et la maturité qui s'en dégage, aussi bien musicalement (les arrangements sont somptueux) qu'au niveau des textes est incroyable.

On y trouve par exemple ce titre incroyable dont je vous avais déjà parlé, Look Around, dont la mélodie magnifique me troue le dutre à chaque fois que je l'entends.

Et le truc génial, c'est que lorsque je cherchais dans le bac Soul/Funk de ce disquaire du 18ème arrondissement que je venais de découvrir, je savais, entre un best-of des Commodores et un album d'Imagination, que j'allais le trouver.
Comme si les vinyles, tout autour, me disaient "Oui, il est là, aujourd'hui il est pour toi."
Comme si ce disque m'appelait.

Pour 5 euros.

Un café-croissant.




Je finirai en disant que finalement, le Disquaire Day, c'est tous les jours.
Retournez chez les disquaires pour découvrir des artistes, des chansons, des groupes, des albums, pour rencontrer et discuter, pour voir de belles choses, des pochettes alignées, de jolies couvertures.
Pour sentir l'odeur des disques, pour avoir une musique inconnue dans les oreilles, pour sortir.

Et pour trouver votre Graal.


vendredi 18 avril 2014

Ford Mustang / Serge Gainsbourg


Aujourd'hui, nous allons parler mécanique, odeurs d'essence, pneus qui crissent, bitume et taches d'huile.

Aujourd'hui mes amis, c'est l'anniversaire d'un mythe.

La Ford Mustang.
50 Piges.

Ouais, une bagnole.

Mais une automobile qui sent bon les course-poursuites, les longs rubans de macadam au bord de l'océan pacifique, l'aventure, la grisante sensation du vent qui fouette votre visage, envoie vos cheveux au vent et colle des moustique sur votre tronche ahurie.

Une voiture fusante.

Une voiture à laquelle j'ai pensé en arpentant les routes du grand ouest américain, sur les bords du pacifique, dans des déserts écrasé par la chaleur et dans les rues de San Francisco.

San Francisco, le lieu, justement, de ma première rencontre avec la bête.
Enfin, plutôt sur un fauteuil devant un écran de télévision, mais la scène de Bullit où Steve Mc Queen, le king of cool, poursuit une dodge charger (autre muscle car mythique des usines américaines) avec sa Mustang fastback 1968 sur la musique groovy-entêtante de Lalo Schiffrin reste encore gravée dans ma rétine.
Et mes oreilles lorsque ce V8 rugissant explose soudainement pour faire parler la poudre, la gomme cramée et la puissance d'un cheval sauvage...


Oui, j'aime une voiture.
Je la trouve jolie.

Ces lignes claires qui ne laissent pas la place aux compromis (cette voiture est faite pour foncer. Point.) cette mécanique monstrueuse, sa calandre carrée taillée à la serpe.

Mais surtout, parce que cette voiture représente un peu un rêve d'Amérique, d'aventure, de grands espaces et de libertés.

Et si les nouvelles versions sont d'une férocité effrayante, leur aspect de culturiste boosté au stéroïdes ne me séduira jamais comme ces bijous des années 60 et début 70 ont pu le faire.

Parce que si la sauvagerie était le mot d'ordre des mécano et ingénieurs Ford quand ils ont créé la Mustang, ils n'avaient pas oublié d'être classe. 

Et cool.




(et je vous raconte pas quand Monsieur Shelby y rajoutait sa patte...)



(mon anniversaire, c'est dans deux mois et demie. J'dis ça, j'dis rien...)

Et le jour où j'aurai enfin entre les mains un de ces véhicules, pour une fois, je ne pousserai pas le volume à 11.
Pour mieux entendre la douce musique d'une symphonie de pistons...

vendredi 21 mars 2014

Romance / Beth Gibbons




Oui, alors là, il va falloir m'expliquer.

Pourquoi, dans les films, le moindre petit évènement banal du quotidien devient tout de suite terriblement romantique et vous emporte dans une tempête de bonheur où vos larmes coulent à torrents, vous fait dire que "ouais, la vie est belle, bordel" et ne révèle finalement qu'une seule chose en vous, la jalousie?

Prenez par exemple un simple visite au fast food du coin dans le chouette film Chungking Express de Wong-Kar Wai :



Une jolie fille, un beau garçon, une belle photo et une musique magnifique et hop, commander une salade du chef après une soirée de beuverie son travail devient la chose la plus romantique du monde.

Du coup, mercredi soir, moi aussi je suis allé me chercher un Kebab près de chez moi.

"Bonjour, salade-tomate-oignon?"



Forcément, tout de suite, le romantisme s'évanouit et même si le gentil monsieur qui m'a servi arborait une fière et superbe moustache, je dois avouer que c'était nettement moins sexy et nettement pas juste.
Surtout que Cheb Mami, c'est pas les Mamas & The Papas.

Bon, ce n'était qu'un premier essai finalement et des kebabs dans mon quartier, il y en a des milliers donc qui sait, peut-être qu'à force de tous les faire, je finirai par tomber sur Scarlett qui fait griller de la viande en écoutant les Mamas et les Papas.
(mais comme j'en aurai testé 780 avant, je risquerais malheureusement d'afficher 280 Kilos sur la balance, ce qui n'augmentera pas mes chances de rencontrer l'amour, le vrai en disant "sans oignons s'il vous plait" afin de sauvegarder mon haleine de viles émanations de poney mort. Décidément, tout est vraiment question de timing.)


Dans Eternal Sunshine of the Spotless Mind du génie génial Michel Gondry, les trains de banlieue sont presque vides et on y croise de jolies filles aux cheveux bleus qui viennent comme ça, spontanément, pour vous parler alors que vous avez un bonnet sur la tête.
Et que ça parle de couleurs de cheveux et de métiers bizarres (est-ce que donner des noms de couleur de cheveux comme "green revolution" est un métier?) et que la fille s'appelle Clementine et on chante et la vie est jolie.



Forcément, dans mes trains de banlieue à moi, déjà, on est beaucoup plus.
A peu près la population de la Suisse réunie dans un wagon.
Ensuite, il n'y a pas de fille au cheveux bleus. Il y a des monsieur en costards qui suent abondamment et collent leurs aisselles sur mon pif, il y a des jeunes qui écoutent de la musique très fort, ce qui ne serait pas très grave si elle était plutôt bonne, il y a des poussettes, des caddies, des valises, des touristes perdus qui découvrent que pour admirer les beautés de Paris, il faut passer par La Courneuve au milieu de la population Suisse en sueur réunie dans un wagon.


Dans Garden State, lorsque l'on attend le docteur, on attend avec un chien d'aveugle qui onanise votre genou et Nathalie Portman avec des gros écouteurs sur la tête. Ce qui est pas mal, vu que les filles qui ont des gros écouteurs sur les oreilles pour écouter leur musique, c'est une des choses les plus sexy que Dieu ait créé, avec les couchers de soleil et la bière.







Du coup, je suis tombé malade et je suis allé voir le docteur.
J'ai attendu avec plein d'autre gens malades aussi et qui ne donnaient pas du tout envie de partager leurs microbes en chaussant leurs écouteurs pour écouter leur jolie musique ou de parler directement et franchement de névrose, de sociopathie, d'écoulements nasaux, de maladie mentale et de pathologies infâmes en se disant qu'on va de toute façon passer le reste de notre vie ensemble, donc autant vivre dans une intimité posologique tout de suite.
Et dans la salle d'attente, mon médecin a eu l'idée géniale de passer radio Chopin.
Du coup, on est tombé sur la marche funèbre.

Alors si je fais le bilan, je pourrais dire, agacé, que le films mentent. Et je me répondrais que c'est pour ça que je les regarde.


































Pour donner des idées.

mardi 18 mars 2014

Good Times, Bad Times / Led Zeppelin



"La vie, c'est comme le Rugby" disait Nietzsche. (ou moi-même, je ne suis plus bien sûr.) 

Et il (je) avait raison.
Il faut courir, prendre des coups, boire des bières, porter des shorts, prendre surtout des coups et à la fin, on se rend compte que la marge d'erreur est tellement faible qu'on a couru des kilomètres avec des shorts en prenants des millions de coups pour perdre de deux points.
Parce qu'on est arrivé deux secondes trop tôt ou un pas en retard.

Hier, par exemple, comme les journaux parlaient plus de circulation alternée que de Crimée, de Venezuela, de politique, de violences en Algérie, d'essais de missiles en Corée du Nord et de mon nouvel appartement réunis, je me suis dis que ce devait être un évènement d'une importance à la limite du planétaire et j'ai décidé que j'allais pour une fois avoir un coup d'avance.

J'avais donc décidé de chiper toutes les plaques minéralogiques paires (qui étaient autorisées à rouler le lendemain, soit aujourd'hui. Oui, il faut suivre, même vous les deux du fond!) pour les revendre 1 million de dollars pièce et ainsi bâtir mon empire, ma fortune et sauver la France d'une guerre civile.

Mon idée était géniale.

Jusqu'à ce que la mesure soit abandonnée le soir même.

Super, Moyen.

Et puisque tout est question de timing et de détails, il n'y a pas que les métros, les matchs ou les gâteaux que l'on rate pour deux minutes de trop.

Pensez à ces apéros d'où vous êtes partis trop tôt, à cette page oubliée lors des révisions et qui vous a fait rater votre interro, à ces trois centimètres trop à droite lorsque vous marchiez qui vous ont fait viser un étron canin, mais aussi ce petit pas de moins qui vous a évité de finir écrasé sous un semi-remorque, cette goutte qui a fait déborder le vase, et ce clignement de paupière qui vous a fait rater un sourire ou un regard.

"La vie, c'est comme le Rugby, faites gaffe, vous avez beau boire des bières, à la fin, pour deux centimètres, vous perdez de deux points."
Also spracht Zarathoustra.
Ou Moyen, je ne sais plus bien.

dimanche 16 mars 2014

Clint Eastwood / Gorillaz



Rassurez-vous.

Non, je ne suis pas mort et enterré, ni porté disparu.

Non, je n'ai pas laissé tomber ce modeste blog par paresse ou ras-le-bolisme, non je ne suis pas au fond d'une bouteille de mauvais whisky à boire ma dépression, non, je me suis pas perdu pendant une balade au milieu du smog parisien.

Ce silence si long, lectrices, lecteurs, Scarlett, c'est parce que j'ai déménagé.

Oui.

J'ai enfin déménagé.

Je n'ai pas quitté mon dix-huitième que j'aime, mais j'ai quitté mon moins-de-douze-mètres-carrés pour un 25m2 lumineux, avec une vraie cuisine (une cuisouche pour être précis, mais je laisserai le mystère planer sur ce terme) un dressing (et oui mesdemoiselles) et de la place pour mes vinyles, mes comics, ma lunette astronomique qui me fera passer pour un pervers auprès de mes voisins d'en face et mes bouteilles (de vin, de whisky, de bières et de toute ivresse non frelatée.)

Après des centaines de milliers de cartons, de marches montées et descendues et de litres de sueur, me voici donc installé dans mon nouveau chez-moi, prêt à attendre sereinement le futur.

Et comme tout personne qui a déménagé à Paris, j'ai donc connu les visites d'appartement à 35 personnes pour un 20m2 à 1 million de dollars par mois, j'ai réunis des centaines de pages pour mon dossier, j'ai dormi dans mes cartons, j'ai essayé de comprendre comment se branchait internet sans prise de téléphone, j'ai bu, un peu, pour me donner du courage, j'ai jeté des tonnes de choses, j'ai gardé des choses inutiles, j'ai sorti des choses indispensables de ma poubelle et rejeté des tonnes d'autres choses.

J'attends le futur.

Non, je ne suis pas mort et enterré.
































































cadeau bonus: Une version live épique de cette chanson magnifique.
Avec le Snoop.



samedi 15 février 2014

INTERLUDE Dre Day

Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de Kiddie, mon amie et de Dr Dre.

Le plus grand producteur Hip-Hop de ces 20 (30?) dernières années.

Alors pour fêter ça, je vous invite à vous rendre sur le génial site centrifugue.fr de mon ami Gwendalf le roux où j'avais eu l'honneur d'être invité pour rédiger un dossier spécial sur le mogul Californien en 5 Parties.

Alors pour une fois, faites des infidélités à la chanson et allez voir ailleurs vu que j'y suis.

Partie 1/5 :


http://centrifugue.fr/dr-dre-ou-le-remede-par-le-beat-1-5-a-nigger-with-attitude-1986-1992/


Partie 2/5 :
http://centrifugue.fr/dr-dre-ou-le-remede-par-le-beat-25-guerres-et-beats-1992-1996/

Partie 3/5 :
http://centrifugue.fr/dr-dre-ou-le-remede-par-le-beat-35-vers-linfini-et-au-dela-1996-2003/

Partie 4/5 :
http://centrifugue.fr/dr-dre-ou-le-remede-par-le-beat-45-un-maitre-et-un-apprenti/

Partie 5/5 :
http://centrifugue.fr/dr-dre-ou-le-remede-par-le-beat-55-detox-le-serpent-de-mer-loeuvre-et-la-nostalgie/

dimanche 9 février 2014

Home is where the Hatred is / Esther Phillips




Si dans la lutte contre le quotidien, tous les Moyens sont bons, dans la lutte pour trouver un appartement aussi.

Oui, amies, amis, fidèles lecteurs et trices, Scarlett, j'ai décidé de déménager.

Il faut dire, à force d'entasser des conneries d'accumuler de l'expérience, la vie dans mon appartement commençait sérieusement à ressembler à ça:
 (Franquin, génie absolu.)

"Moyen était parti chercher un disque. C'était il y a 3 jours."


La recherche d'un appartement à Paris peut parfois s'apparenter à la chasse au fauve.

Vous êtes dans un territoire hostile, laissé à vous-mémé, sans arrêt aux aguets, prêt à fondre sur votre proie et surtout, vous avez plus de chance de croiser des hyènes que de majestueux Tigres du Bengale.


Vautours moisi persuadés qu'ils sont assis sur des mines d'or et proposent des taudis à des tarifs prohibitifs.

Dis comme ça, ça ne donnerait pas envie de s'installer à Paris ni de déménager une fois que vous avez trouvé votre clapier.

Oui, sauf que là, il fallait.

Il fallait pour mon intégrité physique (mourir enseveli sous un tas de disques, livres, comics et films bizarres peut s'avérer un poil romantique mais c'est surtout affreusement idiot. Autant mourir vieux et en bonne santé dans un lit.) et pour mon équilibre mental (vivre dans un tas de disques, livres, comics et films bizarres peut s'avérer un poil romantique, mais ça empêche de voir où on marche et surtout, ça empêche de se rendre compte de ce qu'on a vraiment. Autant voir où on marche en admirant ses collections.)

Il fallait pour renouveler cet air vicié et me désengluer.

Parce qu'à force, je finissais par étouffer, étriqué dans trop peu de mètres carrés.
(vous me direz, il y a un aspect pratique, puisque je pouvais cuisiner en même temps que je me lavais les pieds.)

Les tigres ne sont beaux qu'en liberté.

Je suis donc lancé comme un acharné à la recherche de mon gibier et, sentant le vent violent de mon karma bancal tourner, je me dis que je vais avoir un beau trophée.

Pour vivre comme dans une comédie musicale.







vendredi 31 janvier 2014

La Chanson du jour Hors Série: Spécial 30 ans du Label Def Jam: Episode 1

Il y a 30 ans naissait un label Mythique.


                                       

                                    Un Label que je kiffe tellement que je le porte aux pieds.


Créé en 1984 par Rick Rubin (producteur américain avec une barbe de ZZ Top (comme si Demis Roussos s'était laissé pousser la barbe pendant 15 piges sur une île déserte) et surtout un des fers de lance de l'émergence de la scène Hip-Hop new-yorkaise. Il a -entre autre- produit pour: Les Beastie Boys, Run DMC, Jay-Z, Kanye West, mais aussi Slayer, Metallica, les Red Hot Chili Peppers, Johnny Cash, System of a Down, AC/DC, Tom Petty, Justin Timberlake, ou encore Eminem pour Berzerk, sa dernière bombe méchamment violente présente sur son dernier Album The Marshall Matters LP2. Bref, une légende avec une oreille.) et Russell Simmons, le Label Def Jam va produire au fil des ans un nombre incroyable d'artistes mythiques, achevant de l'installer définitivement dans l'histoire de la musique .

 "Ouais, j'ai la barbe de Robinson Crusoë, mais j'ai produit une bonne partie de ce que vous avez dans vos Ipods, ce qui prouve que la barbe ne rend pas sourd"

"Ouais, la casquette avec le pull sans manche, ça marche très bien pour les hommes d'affaire et écouter du hip-hop..."



Mais revenons en 1984.
Rick Rubin et Russell Simmons sont encore à l'université.
Rubin zone un peu avec son pote Jazzy Jay, DJ au sein de la culte Zulu Nation (sorte de groupe / organisation internationale pour la prise de conscience de la culture Hip-Hop. Créée en 1973 par ce barré d'Afrika Baambaataa, un DJ à la carrure de footballeur américain fortement influencé par la culture africaine et qui a oeuvré toute sa vie pour faire stopper la violence dans les quartiers, incitant les gangs à exprimer leur rivalité par l'art -graff, musique, breakdance, DJing- plutôt que flingues en pognes.)

Vous allez vous aimer les uns les autres, bordel de merde?


Et à force de zoner, il va découvrir la scène hip-hop new-yorkaise.
Et notamment un rappeur du nom de T La Rock.

Rubin et Jazzy Jeff vont produire It's Yours, son premier album, sous leur label indépendant: Def Jam

(Il est rigolo d'apprendre que le nom Def Jam vient en fait d'une mauvaise compréhension de Rick Rubin. A l'époque, les rappeurs avaient pour devise "Our Style is Death" -"Notre style est mortel" en gros- et "death" était souvent prononcé "Def" par les Afro-Américains. Rubin croyait que c'était un nouveau mot qu'il ne comprenait pas.)

De son côté, Simmons est également à la fac, il zone aussi certainement comme notre ami Rubin et les deux compère finissent par se rencontrer.
Voulant démarrer une carrière dans le management, Russell va s'associer à Rubin, lançant officiellement la création du label...


It's Yours / T La Rock -1984





Pour leurs premiers artistes signés, Simmons va faire jouer la famille en allant chercher le groupe de son frangin, tandis que Rubin va pêcher trois hurluberlus blancs venus direct de Brooklyn...

samedi 25 janvier 2014

INTERLUDE SPECIAL GRAMMY AWARDS

Demain, ce sont les Grammys Awards au Staple Center de Los Angeles.

C'est comme les Victoires de la Musique sauf que là, on célèbre vraiment la musique.

Alors pour vous mettre dans le bain, voici mes 12 moments préférés des Grammys, sans ordre ni préférence.

Abbey Road Medley / Paul Mc Cartney (Featuring Bruce Springsteen & Dave Grohl) (2012)



Déjà, McCa, c'est légende alors on se tait quand il chante.
Mais en plus quand il invite les potes (God Springsteen et ce fou furieux de Dave Grohl) on se dit que le moment va être historique.
Ce qui sera le cas.
Et émouvant, même, quand l'ancien Beatles, Bruce et Dave Grohl (ainsi que les deux autres guitaristes, dont Joe Walsh, des Eagles) feront chacun leur solo, comme Mc Cartney, Lennon et Harrison en leur temps...

One / Metallica (1989)



Cette année-là, les Grammy accueillent une nouvelle catégorie: Meilleure Performance Hard-Rock / Metal.

Metallica est nommé pour la première fois et pour fêter ça, ils déboulent sur scène et explosent le public médusé avec One, le titre-phare de leur album ...And Justice for All
Tout le monde s'attend à les voir repartir avec le prix, mais ce sont les Anglais de Jethro Tull qui l'emportent.
Peu importe, la bête est réveillée et Metallica ne sera plus jamais le même groupe...

Stan / Eminem (Feat. Elton John) (2001)



Souvent accusé d'Homophobie, c'est un Eminem décidé à fermer le clapet de tout le monde qui se présente sur scène ce soir-là.
Il reprend Stan, une de ses chansons les plus personnelles (et peut-être la plus lucide également) et à la place d'avoir la Jolie Dido au refrain, c'est Elton John déguisé en Casimir qui apparaît.
Un Elton John qui a pu choquer à une époque, puisqu'il s'est toujours présenté comme un vrai fan d'Eminem.
Double choc pour le public, qui découvre que l'ambassadeur de la cause gay qui chante avec le white trash a chouré le costume de Willy Wonka.

Man in the Mirror / Michael Jackson (1988)


Et là, on se rappelle pourquoi Michael Jackson était une aussi grosse star.
Pas pour ses shows démesurés dans des stades, la pyrotechnie, les clips aux budgets hollywoodiens.
Ni même la danse.
Non, il ne faut pas oublier qu'avant tout, il avait le groove.
Et une voix.

London Calling / The Clash (Featuring Bruce Springsteen, Dave Grohl & Elvis Costello) (2003)


Les soirées de remise de prix, c'est aussi l'occasion de rendre hommage à des artistes disparus.
Et quand Les Clash décident de faire un petit coucou à Joe Strummer, ils invitent Springsteen, Dave Grohl (oui, on les invite souvent, c'est normal, ils sont sympas, ils ne foutent pas le boxon à table et mettent la main devant la bouche quand ils baillent et taquinent pas trop mal de la guitare.) et Elvis Costello.
Un line-up ahurissant pour pousser le volume à 11.

Proud Mary / Tina Turner & Beyoncé (2008)



2 reines.
Le genre de moment qui vous fait comprendre que la Beyoncé, elle a vachement raison quand elle chante "Who run the World? Girls!"

Tears in Heaven / Eric Clapton (1993)



Parce que son fils est mort accidentellement à peine deux ans avant, que cette chanson est d'une dignité assez stupéfiante quand même et surtout, qu'il n'y a pas une larme qui coule de ses yeux.
Parce qu'il est quand même anglais. Et donc classe. Et digne.

Seven Nation Army-Death Letter / The White Stripes (2004)



Jack White est un technicien monstrueux qui vous balance des riffs apocalyptiques et des solos sauvages avec un son de bombe incendiaire au milieu de ses chansons, mais il est aussi un amoureux de musique.
Alors quand il se décide à donner une leçon d'histoire, il envoie son Seven Nation Army, pour de déclarer la guerre à tout le monde et enchaîne avec maestria sur Death Letter, un titre de Son House, un des pionniers du Delta Blues.
Un type né dans l'état du Mississippi en 1902, mort en 1988, qui a apprit la guitare à une époque où la religion interdisait le Blues car elle symbolisait le pêché et qui a fait partie de ce club de légende composé de Robert Johnson, Charley Patton ou encore Willie Brown.

Swagga Like us / MIA (Feat. T.I, Kanye West, Jay-Z, Lil' Wayne) (2009)



Avec un line-up pareil, on pourrait une nouvelle fois crier au caractère misogyne du peu-ra.
C'est oublier un peu vite qu'au milieu de ces Goodfellas du Hip-Hop se trouve une gonzesse enceinte de 9 mois qui n'a rien a leur envier et surtout qui mène le jeu.
Parce que tous les autres essaient de lui plaire.

Maybelline - Roll Over Beethoven / Chuck Berry (Feat. Stevie Ray Vaughan & George Thorogood) (1984)



Encore un hommage rendu à un artiste, mais cette fois-ci, de son vivant.
Accompagné de deux autres légendes de la guitare, Chuck Berry montre à tout le monde que ben on a pas fini de danser sur ses chansons...

Lady Marmelade / Pink, Christina Aguilera, Lil'Kim, Mya (2002)



Parce que les Grammy, c'est aussi un show.
Et là, le niveau est quand même plutôt élevé.
Les décors sont démentiels, la production musicale ahurissante et les 4 panthères dans l'arène dévorent les spectateurs pour mieux danser sur leurs dépouilles...

Purple Rain - Crazy in Love - Let's Go Crazy / Prince & Beyoncé (2004)





Toujours dans les bons coups, la Queen B s'acoquine avec Prince et ensemble, ils expliquent ce que les termes "show" "groove" "danse" et "musique" veulent dire.
Avoir Prince sur scène, c'est un peu comme faire Paris - Toul en Ferrari. On profite du paysage et on s'exclame devant les performances techniques.
Associé à Beyoncé, c'est ne pas faire la route tout seul...






Et pour vous donner un petite idée, comme ça, à titre d'information, de comment ça se passe en France, je vous rappelle que les Victoires de la musique seront présentées par Virginie Guilhaume (et avant, on eu droit à Nagui, Laurent Ruquier ou Michel Drucker) ce qui prouve bien l'importance et le sérieux avec lesquels la musique est traitée par le service public et que parmi les moments de gloire de la cérémonie, nous avons eu droit à ce magnifique hommage à Michael Jackson.



(Le casting est impeccable et il faut avouer que parier sur le groove de Charlotte Gainsbourg était audacieux....)

lundi 13 janvier 2014

Moyen Kiffe le Hip-Hop - Episode #6 C'est Arrivé Près d'Chez Toi / NTM



Le Hip-Hop ne sert pas non plus qu'à faire bouger la tête et danser les pieds.

Parce qu'il vient des zones et des banlieues, il est également un révélateur social, une forme d'expression pour des populations pas forcément écoutées et une tribune où s'expriment doléances, réalités quotidiennes, misère, galères, répression et violence.


En 1993, je n'ai que 14 ans et je prends le deuxième album des deux lascars de Saint Denis en pleine tronche.
(J'aurai la chance de les voir sur scène en 1998 et je ne m'en suis toujours pas remis.)
Des paroles brutes, sans concessions, un son qui percute le sternum et une attitude vraiment méchante.
Et surtout, éclatée au grand jour, une vérité crue, triste, violente, de cette vie à l'ombre des tours, loin des rives de la Seine et des monuments historiques.

NTM frappe violemment dès le début, conscient de sa place sur la scène musicale et surtout sûr de sa force par des paroles qui ne laissent pas la place à la métaphore ou à la subtilité.
Les mots sont durs, directs et crus.


Sur l'album 1993 ... J'appuie sur la gâchette (sorti en 1993 donc, c'est bien, tu as suivi, jeune.) une chanson, "Police" attire les foudres des autorités pour sa violence (et pour "incitation à la haine de la police")
En 1995, en concert à Toulon et pour protester contre l'élection de Jean-Marie Le Chevallier, encarté FN, ils chantent le titre en live. Cela leur vaudra trois mois de prison ferme (plus trois mois avec sursis) et interdiction d'effectuer leur profession de chanteur pendant 6 mois pour "propos outrageants envers les forces de l'ordre" en première instance.
Ils font appel et écopent finalement de 50.000 francs (7500 euros) d'amende et deux mois avec sursis.

Ici, on est loin de l'espèce d'idéal de mixité culturelle chanté par certains groupes français comme Mad in Paris, Alliance Ethnique ou Reciprock. Du rap à l'eau, du hip-hop FM qui n'a jamais compris qu'avant de vouloir faire passer un message, il fallait s'assurer de ne pas prendre ses auditeurs pour des idiots ou des poneys.

C'est arrivé près d'chez toi est tiré de leur 4ème et dernier album, Suprême NTM, sorti en 1998.
Un chef-d'oeuvre, leur apogée mais aussi, et nous ne le savions pas encore, un chant du cygne.

Un disque où l'on retrouve tout ce qui a fait leur légende: de la méchanceté, du Funk, du groove, un rap social, des textes bien moins débiles que l'on pourrait l'imaginer et surtout, une conscience politique qui déclame des vérités terribles.
Le pire étant de les entendre à l'époque dire que finalement, leur exemple n'est pas le meilleur à suivre, incitant les jeunes des quartiers à suivre des études pour prouver que la réussite sociale n'est pas affaire de bâtiments et estimant que finalement, ils font peut-être bien partie du problème.


Pour moi, ils sont simplement le plus grand groupe de rock français de tous les temps.


Je vous laisserai avec le dernier couplet de cette chanson incroyable qui, je vous le rappelle a été écrite en 1998.
Il y a 15 piges.

Y'a qu'ici que dans les églises, les CRS peuvent faire des perquises
Preuve que chez nous, on se décivilise, on se trompe quand on vise
Et puis s'il y a meurtre, on déguise l'affaire, on dit qu'y a méprise
Technique de "dé-kiz"
Bien, connue, du reste reconnue, devenue quelque chose de convenu
Les bavures sont au menu, j'te souhaite la bienvenue
Dans la France de ceux qui pensent qu'en banlieue
On ne peut pas penser puisqu'on pense qu'à danser
Rapper sur des beats cadencés
Remarque ils pensent aussi qu' les 3 millions de chômeurs c'est
3 millions d'immigrés, donc, c'est clair que c'est
Pas gagné, qu'avec leur vision bornée
J'me dis même, que le mec qui r'dressera le pays
Il est pas encore né
Ouais, c'est ici qu'on vit et c'est ici aussi qu'officie
La plus grande bande de fachos qui fit si
Peur en son temps fils ! Si on laisse couler, on est mort
Coupons les couilles du porc ! Ouah, ça c'est fort !
Mais y'a plus fort encore ! Y'a des ex-nouveaux ministres grillés
Qui viennent parler, se faire réélire à la télé
Briller, crier leur innocence, prier
Pour qu'on oublie que l'histoire du sang contaminé
C'est pour du fric qu'ils l'ont pas trié


Cassandres...

dimanche 12 janvier 2014

Chain Gang / Sam Cooke



Il y a des semaines où parfois on se dit que l'on devrait rester couchés et il y a des semaines où certains vivent une nouvelle fois Noël.

Prenez Serge Dassault par exemple.
Serge Dassault, 88 ans, est le président d'honneur du groupe Dassault Aviation qui fabrique des jets privés et le Rafale, cet avion de chasse vendu comme ultra-sophistiqué que personne n'achète.
Il est également Sénateur sous étiquette UMP.
Le 8 janvier dernier, le sénat à refusé de lever son immunité parlementaire alors que ce brave homme est mouillé jusqu'aux oreilles dans diverses affaires de corruption et qu'il est accusé d'avoir acheté une bonne partie de ses voix aux élections sénatoriales.
Normal.

Et comme Noël, c'est les cadeaux et les gâteaux, le gouvernement a annoncé le lendemain  qu'il allait lâcher 1 milliard d'euros (c'est neuf zéros, les enfants.) pour faire moderniser le Rafale (pourtant déjà ultra-sophistiqué disent-ils). Et que personne n'achète donc.

Je suis d'un naturel optimiste et reste profondément confiant en la justice de notre pays, mais des exemples de ce genre, ça donne quand même envie de marcher une nouvelle fois sur Washington.
Parce que pendant que 68.569 détenus, pour 57.320 places*, regardent des avions passer de derrière des barreaux, Mr Serge Dassault regarde ceux qu'il a construits rester au sol depuis sa maison.

Loin de moi l'idée de jouer l'indignation politique facile, mais France, pays que j'aime quand même, je sais que tes prisons sont surpeuplées mais, et excuse ici ma familiarité, ce n'est pas une raison pour laisser dehors les enculés.

*Attention, je ne crie pas à l'erreur judiciaire. Je dis juste qu'on peut essayer d'éviter de s'inspirer de la Corée du Nord pour notre politique carcérale.