mardi 18 décembre 2012

Reason to Believe / Rod Stewart



(et comme c'est Noël, hop, Cadeau, version acoustique avec ce bon vieux grigou de Ron Wood...)



Puisque la période y est propice, je me permets de vous rappeler qu'il est important de croire.

Je suis sûr, par exemple, que les ramoneurs de cheminées croient au Père Noël, à lui nettoyer sans cesse le chemin.
Les pêcheurs et les navigateurs doivent croire aux monstres marins, sinon ils ne repartiraient pas sans cesse en scrutant les vagues.
Les enfants de Bhopal croient certainement que la fin du monde a déjà eu lieu, le 3 décembre 1984.
Les Irlandais croient plus en Dieu et la bière qu'en la couronne et ses joyaux.
Les chats ne croient pas en Dieu. Ils croient être Dieu, car ils nous apprivoisent.
La poste ne croit pas au calendrier Maya. Ni aux calendriers tout court puisqu'elle ne comprend pas le sens du mot "urgent".


Pour ma part, je crois que la vie peut-être comme une comédie musicale, que le Seigneur des Anneaux et Star Wars ont VRAIMENT eu lieu, que la neige absorbe les bruits et arrête le temps, que les Tigres du Bengale ne meurent jamais, qu'Elvis est encore en vie, que Woody Allen n'a pas encore réalisé son dernier chef-d'oeuvre, que les super-héros existent, que le bac à légumes est en réalité le bac à bières, que la France sera championne du monde de rugby un jour, que des langoustines avec de la mayonnaise est le meilleur plat du monde, que Chagall et Matisse peuvent me faire pleurer, que Sinatra, Louis Armstrong ou Chopin, Bach et Neil Young ont rendu ce monde plus beau, que les couchers de soleil méritent qu'on s'arrête un instant pour les regarder, que ce soit dans un désert aux USA ou par la fenêtre d'un appartement du 18ème, que la 3D n'est qu'un gadget, qu'Indiana Jones a VRAIMENT été professeur d'archéologie et aventurier, que les avions sont beaux, que les surfeurs et les astronautes sont une raison supplémentaire de nous faire aimer l'humanité, que le whisky se boit en écoutant un disque pour l'apprécier vraiment et chasser la malchance, que jeter du sel par-dessus son épaule ne change rien, que les bateaux chantent la nuit dans le vent, que les dinosaures existent encore, je crois en Jerry Seinfeld, Pierre Desproges, Peter Sellers, Steven Spielberg, Muhammed Ali, Zinedine Zidane, George Best, John Steinbeck, Martin Scorsese, les Adidas Superstar, Franquin, Calvin & Hobbes, le Géant de Fer, Baloo et en un million d'autres choses qui font que chaque année, j'attends Noël en me disant que je crois que c'est la plus chouette période de l'année.























Et vous, en quoi croyez-vous?

mercredi 5 décembre 2012

The Dentist Song, / Steve Martin (BOF La Petite Boutique des Horreurs)





Dans un épisode précédent de la fabuleuse série lachansondujourdemoyenman qui vous rend plus accroc que 24h chrono, je vous parlais de mes différentes phobies.

Aujourd'hui, je vais vous parler de ma VRAIE phobie.
Pas de gentilles trouilles comme avant, non, une terreur authentique, une peur ancienne venue de l'aube de ce monde.


J'ai un traumatisme viscéral, une trouille qui me paralyse à chaque fois.

Le Dentiste.

(en même temps, franchement, les dentistes c'est un potentiel de serial killer, non? Il y a un film d'horreur qui s'appelle "Le Dentiste" -réalisé par ce taré de Brian Yuzna- et il y en a même eu une suite, mais il n'y a pas de film qui s'appelle "Le Podologue" ou "Le Chiropracteur". Dentiste, c'est une profession à potentiel gore...)

Je vous vois venir "Oah l'autre, moi aussi j'ai peur du dentiste...."

Peut-être mais je vous assure que vous n'avez pas peur comme moi j'ai peur.



L'idée même d'aller chez le dentiste me tétanise.
J'ai une trouille absolue et (j'en suis bien conscient) complètement irrationnelle.


Elle remonte certainement à mes rendez-vous chez mon Orthodontiste qui, j'en suis sûr, devait être un ancien criminel de guerre Nazi réfugié dans mon patelin et qui avait choisi ce métier pour pouvoir en toute impunité assumer ses réflexes conditionnés et pratiquer son art de l'interrogatoire SS sans éveiller le moindre soupçon.

Entre ses mains expertes, j'ai donc connu à peu près tout ce que la médecine buccale peut proposer d'instruments de tortures.

(attention, là, ça va virer au musée des horreurs à concurrencer le musée de la terreur de Budapest.)

J'ai donc commencé avec ce classique:

Le Faux Palais:



Une horreur qui s'accroche à tout aliment qui passe par votre bouche.

Ensuite, je suis passé aux choses sérieuses avec cet engin qui me faisait plus ressembler à la ligne TGV Paris-Strasbourg ou à Tchernobyl un jour de pluie qu'à Don Draper:



En haut ET en bas.
Accroche également tout ce qui traîne près de votre bouche.
Nourriture et fourchette, écharpe, câble de casque audio, manche de pull, mouchoirs, branches...
De plus, cet instrument devait constamment être en tension pour agir sur mes dents (que j'avais fort horizontales, il est vrai) et le rythme était simple: toutes les deux semaines, hop, un tour de clé.
Comme il me fallait 10 jours pour m'y habituer et ne plus pleurer de douleur en mangeant liquide, j'avais droit à 4 jours de répit avant de connaître de nouveau les vicissitudes de l'étau à molaire.
(le 4ème jour, c'était fête, c'était pomme)

Il va sans dire que socialement, c'est rude.


Fallu, les fillelsfssshh, fa va?


Après, mon gredin d'Orthodontiste qui devait également être féru de tuning (autant cumuler les défauts après tout...) s'est mis à améliorer son usine à gaz.

Furprive!



Evidemment ce dispositif est d'une relouterie absolue puisque même si il a la gentillesse de ne sortir que la nuit, il vous force à dormir sur le dos.
Je fixais donc le plafond avec la Tour Eiffel dans la bouche.

Finalement, plein de pitié, on m'a retiré ma voie de chemin de fer (à la pince, et d'un coup sec. Enfin, plutôt de 16 coups secs vu que presque toutes mes dents étaient ferrées...) et on m'a donné un dernier jouet...

Un dernier appareil en faux palais amovible, mais cette fois-ci double, pour le haut et le bas simultanément, que je devais porter la bouche fermée la nuit.
Je suis devenu une bête en apnée.

Et enfin, mon calvaire a pris fin après de longues années.

Mais depuis la simple allusion aux mots "dentiste" "dent" et "nazi" me provoquent des sueurs froides.

Mais comme il faut soigner le mal par le mal, voici mes scènes préférées (vous avez compris) de dentistes au cinéma et à la télévision..

Marathon Man. (attention, chef-d'oeuvre du film d'espionnage...)
Classique des classiques des scènes de torture.
Le cousin de mon Orthodontiste, interprété par Laurence Olivier. Dustin Hoffman dans le rôle de Moyen. (attention, c'est brutal!)



Et la suite:



Alias. (on reste dans l'espionnage, mais en série TV)
Jennifer Gardner, alias Sydney Bristow dans le rôle de Moyen...

Cliquez

Mr Bean. Mr Bean dans le rôle de Moyen si il n'avait pas autant la pétoche.



Nemo.
Les Scènes de Dentiste les plus horriblement chouettes du monde.





Veruy Bad Trip (The Hangover)
Stu le dentiste dans le rôle du dentiste tortionnaire et de Moyen.


(Dans le Film, Stu est le personnage du dentiste qui accompagne ses amis à Las Vegas à l'occasion de l'enterrement de vie de garçon de l'un des leurs. Lors de leur nuit de folie, ivre, il fait le pari de pouvoir s'extraire tout seul une dent. Sur le coup, il est tout content d'y arriver. Moins le lendemain...)






Bref, vous l'aurez compris, j'ai très peur, mais j'essaye de me soigner un peu...

C'est ce que j'expliquais à me dentiste, aujourd'hui lorsqu'elle a vu ma tête comme un ballon de football après une reprise de Zlatan Ibrahimovic (ou comme si j'avais claqué la bise à Mike Tyson et Mohammed Ali en même temps...)

Et elle a été patiente et gentille.

Du coup, je pense aller la revoir dans seulement une petite dizaine d'années....






jeudi 29 novembre 2012

La Bière / Jacques Brel.



Dans les épisodes précédents de "lachansondujourdemoyenman"...







Comme vous l'avez maintenant deviné, il y a quelques mois je me suis lancé dans un projet saugrenu mais non moins primordial: brasser ma propre bière.

Alors, je précise tout de suite que j'ai un poil triché puisqu'il existe maintenant dans le commerce des concentrés de malt houblonné, nous économisant ainsi l'étape de préparation des céréales pour se concentrer sur le sucrage et le mélange avec l'eau chaude et la levure.

Et il y eu un soir et il y eu un matin et il y eu des bulles dans mon barboteur (cf vidéo du premier jour)
Tel Adam découvrant Eden et cette jolie Eve (qui n'avait pas encore foutu le bordel avec ses besoins quotidiens en pectine et cette nouvelle petite robe trop jolie en couleur vigne) j'ai dansé au son du glouglou joyeux comme on danse quand la pluie tombe au milieu du désert de Gobi.

Après de longues semaines de patience, j'ai enfin pu goûter (et faire goûter) mon breuvage et force est de constater que des larmes de joie inondaient mes joues roses et fraîches lorsque la première gorgée est descendue gentiment dans ma gorge.

Fichtre, c'est bon.

Me voici donc, me disais-je, à l'aube d'une nouvelle carrière:

Alcoolique autonome.

Pas de géant franchit dans la maîtrise éthylique puisque je n'aurais plus à descendre au Franprix du quartier ou à user mes coudes sur un comptoir en zinc pour bénéficier sereinement de mon verre plein d'or et de mousse légère.

Et en indécrottable amoureux de bistro que je suis, je me suis dis que je ne pouvais décemment pas abandonner le Baron Samedi, meilleur bar de l'univers et oublier les accueils de chef d'état qui sont réservés à certains privilégiés comme nous autres, les princes de la cuite qui ne veulent pas faire verre à part et qui se disent qu'un jour Scarlett rentrera et rira distraitement en laissant couler une goutte de whisky le long de son menton qu'elle a fort joli.



Brasseur?

Si après tout, j'ai réussi à faire de la binouze dans un 17m2 à Paris qui ne sente ni le goudron, ni le pétrole, ni le moisi et ne colle pas une tourista apocalyptique, je pourrais aussi bien faire un nectar doré (ou cuivré) à rendre jaloux des moines trappistes dans une brasserie digne de ce nom.

Je pense donc, alors que ma réserve baisse dangereusement, à me relancer dans la fermentation à domicile et me satisfaire d'avoir fait quelque chose de mes mains (et de mon eau...)

Mais en attendant, je me suis rappelé que le plus beau dans mon Ale maison, c'est que jusqu'à présent, je ne l'ai jamais bue seul.
Et que ce sont les gens qui étaient avec moi qui lui ont donné ce goût si caractéristique.













Et je vous rappelle qu'il ne vous reste que quelque jours pour m'encourager à porter ma moustache militante en me faisant un don, qui sera intégralement reversé à la lutte contre le cancer, sur ma page movember, ici:
http://mobro.co/moyenman

Ma Moustache, elle affole les biatches.

mercredi 28 novembre 2012

Scary Monsters (and super creeps) / David Bowie




Je vous ai avoué la dernière fois que j'étais un trouillard invétéré qui chouinait comme une petite fille sitôt propulsé comme une balle de fusil dans un grand huit et je me dis donc qu'il est temps pour moi de confesser les autres, d'exorciser une bonne fois pour toute ce qui me terrifie et d'affronter l'indicible.

Donc oui, je suis grand mais j'ai peur.

J'ai peur des araignée. Elles ont trop d'yeux et trop de pattes pour être sympas.
J'ai peur des endives. (et oui, le légume aussi.)
J'ai peur des sacs trop lourds.
J'ai peur que la solitude devienne une habitude.
J'ai peur du vide. (et aussi de celui qui remplit la tête des gens, surtout si ils ont des responsabilités importantes. Vertiges dans les hautes sphères.)
J'ai peur que Justin Bieber, Calogero et Luc Besson deviennent des modèles.
J'ai peur de ce qui se tapit dans l'ombre quand j'éteins la lumière.
J'ai peur de la gelée et des substances visqueuses. Elles cachent forcément un truc.
J'ai peur d'avoir mauvaise haleine.
J'ai parfois peur d'avoir peur.


Je suis Apopathodiaphulatophobe. Et Laxophobe.
Je vous laisse chercher, la honte m'empêchant de m'exprimer ici.

Bref, je suis un grand garçon, mais je suis parfois peureux.


Alors pour me rendre courageux, j'écoute des Héros.

mardi 20 novembre 2012

Love Rollercoaster / Ohio Players



J'ai eu la chance ce dimanche de vivre la féerie de Noël dans le monde merveilleux et enchanteur de Disney.

Dimanche, j'étais voir Mickey et ses amis à Eurodisney, donc.

Et vous savez à quoi on reconnait une journée magique?

Au fait que dès le matin, dans le RER, vous avez un sosie roumain de Michael Jackson qui vient vous faire un spectacle.

Evidemment, ce brave homme était sosie de Michael Jackson comme moi je suis moine Shaolin, il avait un gant troué, un collant en lycra, des chaussettes grises qui furent blanches un jour par dessus, une chemise à paillettes qui perdait ses paillettes, un chapeau informe, un ragondin mort sur la tête en guise de perruque sur la tête et des dents en bois.

La preuve:



(bon, je l'admets, on voit pas très bien les dents, mais je vous jure qu'elles étaient en bois vue la couleur.)


 Ensuite, j'ai donc arpenté les allées du parc (à la recherche de Baloo pour claquer la photo du siècle avec lui mais je l'ai jamais trouvé.) ce qui m'en a mis plein les yeux

Et je vais vous avouer un secret:

Je suis grandhuitophobe.
J'ai peur dans les montagnes russes (les Roller Coasters comme disent nos amis américains)
Je deviens pâle comme la mort à la vue des rails, je frôle l'évanouissement dès la montée de départ et je crains à chaque virage de flinguer mon pantalon.

Et pourtant, poussé par la curiosité et encouragé par Tigrou, le Hobbes de Walt, j'ai sauté le pas et me suis lancé dans l'aventure périlleuse des grand huit qui déglinguent les cervicales.

J'ai donc connu les accélérations à 8.000 km/h, des virages brusques qui vous collent 4G dans les gencives, des loopings, des inversions, de la musique tonitruante, des chutes en piqué et tout un tas d'autres manoeuvres sadiques destinées à vous faire mourir de peur (à défaut de vous aplatir sottement comme un vieux flan flasque 15 mètres plus bas)

J'avoue alors sans honte que j'étais bien content que cette machinerie toute droite sortie des enfers faisait un tintamarre de tous les diables (ce qui est logique vu que ces horreurs étaient bien inventées par le Prince des Ténèbres en personne) et couvrait sans peine mes hurlements de petite fille.

Et pourtant, j'ai aimé ça.

Oui j'ai aimé être secoué, retourné, essoré, martyrisé dans tous les sens à des vitesses supersoniques.

J'ai loué l'ingénierie astucieuse et trompe-la-mort du Space Mountain et du Aerosmith Rollercoaster (un rollercoaster d'épouvante qui cumule la double peine de vous satelliser dans le noir et de vous assourdir avec du Aerosmith dans les oreilles.)

En gros, j'ai kiffé.

Je me prends donc soudainement de passion pour l'ingénierie de ces monstres mécaniques qui ne permettent aucune erreur de calcul ou de serrage de boulons et l'envie saugrenue me prend d'y retourner.

Pour ceux qui ont l'estomac bien accroché:


Et après toutes ces émotions, en tournant la tête, je me suis souvenu que j'étais bien au pays merveilleux de Mickey...




Et depuis, quand je prends le métro ou le RER, je me dis qu'ils manquent cruellement de loopings et de châteaux.

Et de Michael Jackson roumains.

mardi 13 novembre 2012

Ah que j'aime la Moustache / Maria de Rossi




Amis, Famille, Fans, admirateurs, admiratrices,

Scarlett,

Dans un viril élan de solidarité franche et masculine, j'ai décidé de me laisser pousser la moustache.

(Je poustache, comme on dit dans les milieux spécialisés en pilosité glorieuse et autres bacchantes soyeuses.)

N'y voyez pas là audace ni caprice, mais bien le cri d'un homme, la marque d'une conviction, de l'attachement à un mouvement, j'ai nommé Movember!

Movember est un mouvement très sérieux qui appelle les hommes à se laisser pousser une belle pilosité du museau pendant le mois de novembre pour sensibiliser le monde au cancer de la prostate.

Oui, sans dec.

On s'instruit ici

Et comme il est plus élégant de s'afficher avec l'air classe de Jean Rochefort que de se saluer du dutre pour montrer que l'on partage cette peur et ce combat, la moustache devient donc un acte militant (en plus d'être classe.) et surtout la bonne excuse que j'attendais.

(Je rappellerai simplement à ceux qui disent que pour éviter le cancer des testicouilles, il n'y a qu'à se les couper, que laisser pousser une élégante moustache est quand même moins douloureux.)

Car oui, j'attendais, fébrile et anxieux, avant de sauter le pas, rejoindre ces cadors du bon goût et de la masculinité que sont Clark Gable, Jean Rochefort, Sean Connery ou Tom Selleck.

J'hésitais à découvrir si cette moustache augmenterait irrémédiablement mon handicap sociologique, déjà bien balèze, dans le grand steeple-chase de la vie, ou au contraire me révélerait aux yeux des clubs de bridge, amateurs de whiskys sans âge et de havanes.

Et donc.

Et donc qu'en est-il au bout de 13 jours de mouvement? (même si j'avoue avoir triché en commençant une semaine avant.)

Et donc, je ne suis pas si mécontent, puisque finalement, si ce n'est pas que beau, c'est quand même pas si moche.

Je remercierai avant tout ceux (et celles) qui me soutiennent dans ma tache.
-On a rit devant ma moustache. (ce qui est plus sympa que pousser un hurlement d'effroi en se crevant les yeux)
-On m'a dit que c'était cool, vraiment et que si, si , ça me va bien, vraiment (Hobbes, tu es ce que sont les Hobbes. Un double, une moitié, un félin et un compagnon d'aventures qui aide les garçons comme moi à faire des bêtises et à les assumer. )
-On m'a menti en disant que ça m'allait bien entre deux éclats de rire. (Frau P, tu es un peu le Miel des Vosges. Et la bête du Gévaudan.)
-On me soutient depuis de l'autre côté du grand Atlantique, ce qui rend les réseaux sociaux indisepnsables.
-On a fait comme si de rien n'était, ce qui est finalement le plus perturbant. Comme si j'avais un visage à moustache et que j'en avais porté une tout ma vie.
Comme si je ressemblais vraiment à Jean-Claude Dusse.

C'est donc sous ces encouragements délirants que je l'annonce, fier et poilu:
J'arborerai cet attribut masculin, jusqu'à la fin du mois.























Au moins.




















et non, vous n'aurez pas de photo.





















Bonus:
Mes 10 moustachus préférés:

-Stevie Wonder



-Marlon Brando


-Jean-Claude Dusse / Bernard Morin (indissociables)



-Clark Gable


-Jean Rochefort (dans le formidable film Un éléphant, ça trompe énormément)




-Groucho Marx

- Quint de Jaws.

-Sean Connery


-Tom Selleck, évidemment.

-Prince. (Classe absolue)



CADEAU BONUS.
-Scarlett

lundi 12 novembre 2012

Follow Me / Lyme and Cybelle



Amis, fidèles, admirateurs, admiratrices, Scarlett.

N'oubliez pas que la vie est un jeu.

Je l'avais oublié depuis bien longtemps et je le réapprends depuis peu.

Il suffit finalement de bien ouvrir les yeux et chaque pas devient une case de jeu de l'oie.
Il y a des pièges, il y a des épreuves, il y a des moments qui vous font avancer d'un coup en sautant plusieurs cases, et il y a des décisions à prendre sur un coup de dé.

Bon, parfois la vie vous fait reculer de 3 cases, c'est vrai, mais c'est finalement son côté joueur.
(Je dois avouer que de mon côté, j'ai souvent reculé des cases ou sauté les mauvaises, mais c'est mon côté joueur à moi.)

Et si mon karma ne me donne pas des jackpots à chaque lancé de dé ou tour de bandit manchot (puisque la roue de mon destin bancal est légèrement voilée) j'essaye de rester beau joueur et je me dis qu'au prochain lancé de dé, à la prochaine intersection, au prochain verre ou à la prochaine porte, il y aura peut-être quelque chose d'amusant, qui me rappellera que tout ceci n'est qu'un jeu, et que la ville est un grand terrain.

La preuve:


Les Envahisseurs attaquent la ville

Les Cartons font des sourires.

Les Blessures sont des cartoons

Les Graffeurs sont des artistes.

Les noms des rues sont des aventures.

Les enseignes sont des Films

Le Grand Palais est un skatepark...








Alors suivez-moi.

mardi 6 novembre 2012

Time after Time / John Coltrane



J'ai entendu cette merveille ce matin à la radio et je me suis arrêté.

J'ai envoyé bouler 10 minutes de mon quotidien réglé comme un micro-processeur suisse, je me suis recouché, parce que quand même, quand on entend des morceaux comme ça, faut pas déconner, faut les écouter et je me suis rappelé que je n'avais toujours pas fait la moitié des choses que je pensais accomplir une fois arrivé à mon âge.

Et là, je me suis dis que ben j'en n'avais rien à glander.

Que j'avais quand même fait des tas de choses drôlement chouettes dont je ne pensais pas accomplir la moitié une fois arrivé à cet âge.

Et je me suis gardé ces 10 minutes de jolie musique, la fenêtre ouverte, allongé sur mon lit en buvant mon thé.

Parce que courir ne fait pas gagner du temps.
Le temps ne se gagne pas en fait.
Il se prend.







(bon, après j'ai couru dans la rue pour ne pas rater mon RER, mais ça valait le coup.)

dimanche 28 octobre 2012

Tive Razao / Seu Jorge








                                                               La Triste histoire de la Joie.


Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de Manoel Francisco dos Santos.
Né le 28 octobre 1933 et décédé le 20 janvier 1983.

Un Brésilien, joueur de football, forcément et que l'on connaît mieux sous le nom de Garrincha.
Garrincha, un surnom donné par l'une de ses soeurs, est le nom d'un petit oiseau qui, selon la légende, préfère mourir plutôt que de se laisser attraper.

Garrincha est un corps tordu. 
Une colonne vertébrale à l'ouest, des jambes arquées dont l'une est plus courte que l'autre (la différence entre les deux atteindra même 6 cm à l'âge adulte) des genoux en vrac et pourtant peut-être l'un des plus grands dribbleurs de l'histoire du football.

Associé au roi Pelé, il gagne une première coupe du monde en 1958.
Il fait à ce moment déjà la preuve de son talent éclatant, mais c'est son altesse qui se distingue à cette occasion, notamment grâce à ce but somptueux, venu d'ailleurs, alors qu'il n'a que 17 ans.



Mais 4 ans plus tard, Pelé se blesse lors du deuxième match et c'est Garrincha, que l'on surnomme "La Joie du Peuple" tant son dribble resemble à un jeu d'enfant, vivant et plein de joie, qui va emmener la seleçao  soulever une nouvelle fois le trophée, après avoir marqué deux doublés: L'un en quarts de finale contre l'Angleterre et le suivant en demie-finale contre le Chili, pays organisateur du Mondial.

Et sans vouloir faire offense à la légende, et malgré ce qu'il peut encore en dire aujourd'hui, l'équipe du Brésil ne devra rien à son Roi dans cette magnifique victoire.
Mais tout à un petit oiseau aux ailes tordues.. 
Tout à ses dribbles de magicien qui flotte au-dessus du gazon pendant que ses adversaires semblent faits de plomb et ne paraissent pas capables de le suivre.
Tout à un corps désarticulé qui jouait pour le simple bonheur de taper dans un ballon.
Tout à un homme dont le destin tragique sera inextricablement lié à l'ascension de la légende Pelé.

Car Garrincha, aux ailes tordues et aux jambes folles était l'antithèse de Pelé.
Pelé représentait une certaine aristocratie du football, une technique, une classe, une vision du jeu mais aussi de sa carrière. Un fils d'ouvrier, de mineur, éduqué et au tempérament de vainqueur.
Garrincha est un fils métis. D'origine amérindienne, d'un père alcoolique, il est totalement illettré et ne pense qu'à la joie de l'ivresse et le joie du jeu.

Une joie qui se transforme en feu d'artifice sur le terrain.
Une joie du jeu qui feront de lui un des plus beaux artistes à avoir foulé une pelouse.
Une joie du jeu qui deviendra la joie d'un peuple entier.

Après l'exploit du Chili 62, Garrincha va perdre de sa légèreté.
Des problèmes de poids inhérents à ses troubles alcooliques, une certaine propension à laisser des gamins au quatre coins du Pays (il aura 13 enfants de 5 femmes différentes) vont peu à peu l'éloigner des terrains et l'enfoncer définitivement dans la dépression.

Et pendant ce temps, en 1970, Pelé entre dans la légende à jamais en gagnant une troisième coupe du monde.

Les jambes de Garrincha deviennent définitivement trop tordues et trop faibles pour son corps trop lourd et ne peuvent plus faire semblant de cacher l'ivresse.

La joie disparaît.

Il continuera pourtant de tenter les mêmes dribbles, qui ne mystifient plus personne, pour l'amour même du jeu.

Cet homme, que l'on a vu repartir en arrière après avoir réussi un dribble exceptionnel et re-dribbler le même adversaire pour le simple bonheur de continuer à jouer, va disparaître derrière son ombre.

Et Pelé continue de briller dans l'histoire.

Impliqué dans de nombreux accidents de voitures à cause de sa conduite en état d'ébriété (dont l'un tuera la mère d'une de ses maîtresses) 

Trop de larmes, trop de drames, il meurt d'une cirrhose, ruiné, abandonné de tous et de sa joie.
Une joie qu'il avait pourtant rendu à un pays entier.

Garrincha était un corps tordu et un homme trop libre et trop joyeux, qui a certainement préféré se laisser mourir plutôt que de se laisser attraper.

mardi 23 octobre 2012

You Only Live Twice / Nancy Sinatra







Depuis le temps que nous nous connaissons, je me disais qu'il était temps qu'enfin je lève le voile sur mon mystérieux passé et vous révèle une partie de la formidable personnalité qui vous: distrait / fait rire / enrichit spirituellement / fait rêver / rend jaloux / saoule / amuse.

Aujourd'hui, je vais vous apprendre un truc dingue.


                                     Le Jour où j'ai failli être un agent secret (sans dèc.)



Ce jour remonte à longtemps avant Zinedine Christ.

Nous étions en 1998, j'étais en terminale, je ne pensais pas à mon bac et je regardais souvent par la fenêtre.
A cette époque, à deux-trois détails acronymistiques près, j'ai failli devenir un espion.

Un jour, un beau jour de mai. Ou d'avril peut-être. Un jour, notre professeur principal prend un air grave et un stylo et nous dit:

"Bon, les enfants, la semaine prochaine, nous allons visiter le C.I.A"

Je détourne alors mon regard de la fenêtre, regarde mon professeur principal qui regardait la classe en tenant fier et souriant son stylo et milles images me viennent aussitôt à l'esprit.

Des codes, des montres-laser-boussole-décapsuleur, des secrets d'état, des smokings, des espionnes, des chaussures-poignard-décapsuleur, des lunettes à rayons X pour voir à travers les vêtements des filles espionnes, des photos-satellite, des pistolets, des smokings pare-balles, des stylos-caméra, des stylos-décapsuleurs, des téléphones portables (oui, ben on était en 1998, à cet époque, c'était réservé aux espions) des smokings qui rendent invisible (oui, j'ai une obsession pour les smokings) des chewing-gums explosifs, des voitures avec des missiles et un siège éjectable et plein d'autres trucs super cools qui font que la vie vaut la peine d'être vécue.

Je me vois déjà, en smoking, à siroter un Vodka-Martini (au shaker et pas à la cuillère, gougnafiers!) à tenter de draguer tirer des informations de cette russe rousse tout en flinguant à tout va des terroristes sans scrupules, à voyager dans des contrées lointaines et exotiques remplies de tigres du bengale et de filles belles à rendre jaloux les jardins suspendus de Babylone qui sortiront de l'eau en bikini blanc et à infiltrer des repaires secrets taillés dans des volcans en activité et dans lesquels on ne peut pénétrer quand par un passage creusé sous la mer.
En conduisant une Aston Martin (ou une Ford Mustang, je ne suis pas difficile).
Le tout, facile, décontracté et à la cool.
En smoking.

Sauvant le monde en disant que mon nom était Moyen. Jean Moyen.

Et puis je me suis dit que le Lycée qui me scolarisait avait méga-la-classe de nous emmener à Langley, en Virginie, au siège de l'agence de renseignements les plus célèbres de la planète.

Alors mon professeur nous a dit que le bus partait mercredi prochain à 8 heures pour Epinal et qu'il ne fallait pas être en retard.

Ah.

Epinal.

Epinal, c'est dans les Vosges.

La C.I.A a une antenne à Epinal?
Bon, après tout, ce sont les vosges, certainement nid de contre-espionnage, d'agents doubles et d'opérations secrètes au temps de la guerre froide, quand se croisaient agents britanniques, russes, est-allemands, américains et bien sûr français, donc les services secrets américains ont certainement gardé une antenne depuis ce temps.

Là, je me dis que j'ai beau être dans un lycée agricole, ben mon lycée agricole a la classe.

Et puis mon professeur nous fait encore rêver un peu en nous annonçant que nous aurons droit à des démonstrations de prélèvements (prélèvements de quoi? D'informations secrètes du cerveau même d'un terroriste? prélèvements d'empreintes digitales sur des mallettes bourrées d'explosifs? ) et que nous pourrons discuter avec des agents de contrôle.

Fuck.

Discuter avec Jack Ryan.

Epinal, je te kiffe, me voilà.

C'est quand il a commencé à parler cheptel, bestiaux et génétique que j'ai reniflé l'entourloupe.

Le Mercredi suivant, j'ai donc eu la joie de visiter le C.I.A.A. (j'avais pas entendu le deuxième A.)

Pas d'agents secrets en smokings, des agents de prélèvements en combinaisons blanches qui ressemblaient au préservatif de Godzilla, pas de gadgets ultra-sophistiqué mais des génisses gonflables et autres sex-toy pour taureaux et étalons.

J'étais sous la pluie devant le Centre d'Insémination Artificielle Animale d'Epinal

(Le truc le plus glamour / classe / cool / glauque / du monde (rayez la mention inutile.)

Ce qui, pour un élève en terminale Sciences et Technologies Agricoles et de l'Environnement spécialité Techniques Animales, peut paraître nettement plus logique que d'aller en jet à Langley pour taper un brin de causette avec Jack Ryan ou James Bond en sirotant un Vodka-Martini à la cuillère (et pas au Shaker, bordel!)

Pas de codes secrets pour entrer, une banale porte à double battant.
Pas d'ordinateurs ultra-performants qui contrôlent tous les satellites en orbite sur la planète mais quelques microscopes même pas électroniques.
Pas de stands de tir mais un enclos avec une génisse gonflable pour aider ces charmants reproducteurs bovins.
Pas d'espionnes rousses mais une secrétaire blasée.
Pas d'Aston Martin ni de Ford Mustang bourrées de gadgets fous mais des Peugeot Partner avec des autoradios. (autoreverses.)

Imaginez ma déception.




Bon, pour faire espion quand même et parce que sa vie, il faut l'imaginer pour pouvoir la vivre, une photo satellite.
ça ressemble presque à une base secrète...





























Vendredi, sort Skyfall, le nouveau James Bond.

Un film avec un agent secret en smoking, des gadgets, des filles belles à faire arrêter la Terre de tourner, de l'action, des paysages exotiques, un générique légendaire, des armes secrètes.
J'irai le voir en souvenir de ce jour de 1998, où j'ai failli devenir un agent secret.

Parce que je l'avais rêvé assez fort.





































jeudi 18 octobre 2012

Melody Cool / Mavis Staple (Feat. Prince)




Je ne sais pas vous, mais moi, quand le temps devient nucléaire et que la misère du monde devient de la pluie et trempe mes soulier, j'ai rapidement envie de:

A: Prendre une tangente supersonique, traverser un hémisphère et profiter d'une retraite anticipée dans des îles lointaines de sable blancs, vers les Marquises ou un quelconque récif de corail perdu dans le Grand Pacifique, bercé de musique Mélanésienne, du murmure des vagues, du parfum des colliers de fleurs que des créatures splendides, souples et douces comme du velours viendront me glisser autour du cou pendant que mes doigts se perdront dans leurs cheveux. (si en plus, il pouvait y avoir des Tigres du Bengale perdus au fond d'une jungle mauve, ce serait le Loto.)

B: Rester au fond de ma couette. Feindre la maladie grave et hautement contagieuse, couper mon téléphone, regarder des films qui font rigoler (Woody Allen, The Party, quelques Jude Apatow et Papy fait de la Resistance en boucle. Avec des chips.) Refuser tout net d'affronter ce monde qui fait rien qu'à pleuvoir comme une ordure et chercher à me piquer ma casquette et rester dans le mien, où les annonces des marabouts du XVIIIème arrondissement sont des oeuvres d'art exposées au public, où les disques s'entassent et les livres gambadent joyeusement.

C: Avoir un parapluie pour en échanger un petit coin contre un coin de Paradis

D: Avoir un Ipod qui vous connaît...
En partant travailler ce matin, ronchon comme une teigne, à rouspéter après tout, tout le monde et me faites pas chier tas de con, mon Ipod, bouclier ati-émeute et gilet pare-balle de la vie, qui me connaît rudement bien a eu l'ingénieuse idée de me passer cette chanson dans les oreilles.
Je l'ai écoutée 16 fois d'affilée, j'ai laissé mes pieds glisser sur les marche-pieds, j'ai presque souri, j'ai discuté avec le taxi qui m'emmenait dans les rues de Paris sous la pluie (et lorsque ce même taxi est tombé en panne au beau milieu d'une rue à sens unique -modeste mésaventure qui bien évidemment ne pouvait tomber que sur moi vu que c'est mon karma- je n'ai même pas flippé. Même quand le chauffeur a tapé sur son tableau de bord pour redémarrer.)

Je n'étais pas sur une île perdue où l'on ne sent que les embruns et les fleurs de tiaré, où les feulements des tigres venus de la forêt épaisse vous rappellent qu'ici, il n'y aura jamais de voitures.
Je n'avais pas de parapluie paradisiaque, ni de bouillotte sous ma couette.

Mais ce matin, j'ai bronzé des oreilles et je me suis dis que cette journée allait groover.

(bon, après je suis effectivement arrivé au boulot et mon enthousiasme débordant s'est écrasé comme un vieux flan.)




dimanche 14 octobre 2012

Un peu de Prévert / Kent

KENT - Un peu de Prévert from Kent Cokenstock on Vimeo.


"Notre Père qui êtes aux Cieux, restez-y. Et nous, nous resterons sur la Terre, qui est quelquefois si jolie" (Surtout Paris)
                                                                                                  Jacques Prévert (& Moyen)  

Paris m'a souvent réservé de drôles de surprises.
Paris m'a fauché mon Ipod, mon portefeuille, ma carte bleue, m'a agressé dans des rues familières et des halls d'immeubles éclairés.

Paris m'a caché dans un 17m2.

Mais depuis quelques temps, afin que notre relation ne tourne pas au vinaigre, Paris essaye de se racheter.

Et je dois avouer qu'elle n'y va pas de main morte. (ce qui me parait complètement justifié après tout ce qu'elle m'a fait endurer, la bitch.)

De jolies balades nocturnes dans des quartiers que je ne connais pas, des traversées de canal de l'Ourcq sur le bateau-taxi qui relie les deux rives à faire passer la croisière du Titanic pour une pateaugeade dans une flaque de gadoue et des vides-greniers riches de trésors de bric-à-brac.

A ce moment-là, se réveiller dans mon 17m2 avec ses rangements planqués partout, ma table et mes chaises pliantes, mes affiches, mes BD, mes étagères remplies de disques, mes murs recouverts de publicités pour les marabouts du XVIIIème commençait à ressembler à ça:



(Je n'ai pas le talent de ce génial Gene Kelly pour danser d'un bout à l'autre de ma pièce, ni pour chanter que je viens de me réveiller sous le soleil, mais sinon, je vis les mêmes petit-déjeuners mine de rien...)

Mais la capitale me réservait encore autre chose.

Hier, c'était la fête des vendanges de Montmartre et forcément, quand il y a les mots "Vendanges" et "Montmartre" dans la même phrase, je brave les gens sans éducation, les touristes bruyants et les poussettes et je me déplace.

La pluie, froide et laide a arrêté de tomber.

Et je me suis rappelé que j'habitais près d'un quartier où il reste des escaliers avec des rampes et des lampadaires en fer forgé, où il y a des vignes, des bars de quartier avec des vieilles publicités sur des plaques émaillées, des affiches du Fabuleux destin d'Amélie Poulain dans des sex-shops, des voisins qu'on connaît, des chats qui se cachent dans le cimetière, l'ombre de Prévert, qui me pousse à faire des listes et celle de Brassens, qui m'incite à faire pousser ma moustache, un buste de Dalida dont la poitrine est usée par les mains coquines des touristes de passage, les mots de Boris Vian et des marches, des centaines de marches qui ne nous amènent jamais au même endroit.

Hier, j'ai redécouvert mon quartier, que j'avais depuis trop longtemps oublié.

Alors Paris, Montmartre, mon Jardin, mes voisins, ma cave et mon grenier aux mystères a fêté nos retrouvailles et a fait sauter le Sacré-Coeur comme un bouchon de champagne.


vendredi 12 octobre 2012

Empire State of Mind (Feat. Alicia Keys) / Jay-Z



                               " Shit I made the Yankee Hat more famous than a Yankee can "

                                                                                                  Jay-Z / Empire State of Mind

Après avoir rêvé de visiter Göttingen, je me suis soudainement rappelé que j'avais été à New-York en 2009.

Un rappel motivé par une tentative de vol aussi honteuse que soudaine sur les escalators de la Gare du Nord de MA casquette des Yankees, amoureusement ramenée telle une sainte relique de la ville qui ne dort jamais.

Parce que oui, en bonne groupie que je suis, je voulais un Yankee Hat because Jay-Z.

Je me suis donc baladé avec joie et mon couvre-chef au milieu des immeubles, des taxis jaunes, des écureuils et des parcs et au son des ghetto-blasters qui cognaient dans ma tête.

Cette casquette que j'ai portée comme un trophée, comme si je venais moi-même de Brooklyn, que j'étais une star du rap, marié à Beyoncé, incendiaire de scènes de concert et capable de faire bouger des Madison Square Garden.

Cette casquette que j'ai ramenée à Paris, que j'ai emmenée voir le King à Bercy le 6 juin 2010 avec Miss-E, qui m'a accompagné à L.A. et dans les hauts déserts, de Californie, jusqu'au Grand Canyon et dont un terrible petit chaton roux est tombé amoureux un jour que je le promenais dedans.

Cette casquette que j'ai achetée parce que Jay-Z m'avait fait l'aimer.

Cette casquette qu'un gougnafier sans éducation et au QI largement inférieur au chiffre de sa température anale a donc tenté (vainement) de me chourraver dans les escalators de la Gare du Nord.
Une casquette à 35 dollars, qui n'a rien de particulier, pas de signe distinctif, qui ne vaut rien à part des souvenirs à 1 million de dollars chacun.

Donc vous, monsieur, sachez que là, présentement, je ne vous aime pas (déjà que je vous avais trouvé laid) et que si je ne voulais me draper dans l'indifférence absolue comme seule réponse à cet acte d'une intelligence de Bigorneau, je vous emboîterais bien mes adidas superstar rouges Def Jam edition dans le fondement mou qui vous sert de matière grise.
Allez mourir.










lundi 8 octobre 2012

Göttingen / Barbara




Je me découvre de plus en plus attendri par la culture allemande.

Car non, l'Allemagne n'est pas que fête de la bière, charcuterie et chaussettes dans les sandales, elle est aussi le pays des philosophes, de l'art et de Franz Beckenbauer, qui joua en 1970 une demi-finale de coupe du monde de football contre l'Italie le bras en écharpe. La Mannschaft perdra alors 4-3 après prolongations.

Et puis venant de l'est (et vraiment de l'est de par mes parents et grands parents) de nombreuses traditions germaniques résonnent en moi.

Les petits gâteaux que l'on fait à Noël, La St Nicolas, le week-end de Pâques, très important là-bas, le calendrier de l'Avent et les chants de Noël, sans compter que je me fais des Oktoberfest une fois par semaine chez moi, portant parfois des chaussettes blanches dans mes sandales.

De plus, depuis la chute du mur de Berlin en 1989 et leur unité retrouvée (il y a exactement 22 ans, le 3 octobre 1990 pour être précis et pourtant je me souviens de ces évènements comme si c'était hier) je me dis que la richesse culturelle de ce pays doit forcément valoir des voyages à Berlin, Hambourg, Munich ou Kaiserslautern.

Et parce que leurs stades, leur Mannschaft, leurs salles de concert et leur musique tyrolienne sont plein de ferveur et un peu des légendes pour moi, il n'en faut pas plus pour exciter mon envie d'exotisme et rassasier mon besoin de découverte.

Et si je n'ai pas encore d'amis à Göttingen, je suis certain qu'en allant là-bas, je m'en ferai quelques-uns...

mercredi 3 octobre 2012

Trampled Under Foot / Led Zeppelin



Puisque la pluie cherche à salement gâcher les journées qui passent déjà lentement, j'ai décidé ce matin de partir de bon entrain en chantant hurlant ce doux refrain.

Et il est curieux de noter à quel point le fait de chanter hurler dans le métro et dans la rue peut déclencher les réactions les plus improbables, allant du dédain léger aux cris d'effroi les plus sourds.

Et surtout, il est curieux de constater qu'à force de hurler, le mal de gorge qui vous étreint ne viendra finalement pas de la pluie médiocre qui voulait vous gâcher la journée.

Il viendra d'une chanson de rockeurs anglais.

mardi 25 septembre 2012

Heartbeat / Taana Gardner



Amis, Famille, Habitués, me voici de retour, réjouissez-vous.

Et oui, cette fois-ci j'étais bien en vacances (vacances que j'estime plus que méritées puisque pendant que vous vous faisiez dorer au soleil cet été, je travaillais et prenais le RER. Tous les jours. Et ouais.)

Passer ses vacances chez ses parents, c'est non seulement s'autoriser un vrai repos et des vrais repas, mais c'est aussi retourner un peu dans le temps en déambulant nonchalamment dans cette ville qui a vu vivre vos 400 coups de collégien.

Revoir des rues arpentées maintes fois à bicyclette, reconnaître des terrains de foot improvisés, entendre de nouveau la même sonnerie qui nous libérait à la récréation, voir que les mêmes arbres sont toujours là, dans les mêmes parcs.



Mes vacances de joie m'ont donc permis de faire un saut chez mon cardiologue (à 9 heures du matin quand même, ce qui m'a fait découvrir que pendant les vacances, le matin commence aussi tôt que pendant le travail.)

Allongé et branché de partout sur des électrodes, je me croyais dans un film de science-fiction ou pendant un entraînement de la NASA.

Et le verdict?

                          

Un Beat régulier et palpitant de mon ventricule qui n'a rien à envier à celui, puissant et funky, de Dr Dre, 
Jay-Z, Prince, George Clinton ou Stevie Wonder.
Un rythme de MPC, l'engin légendaire. (ou d'une quelconque machine de Roger Linn.)
Une usine à tubes.

Un coeur de rappeur.

Un beat qui chaque jour, me dit qui je suis.




















Et un dernier mot pour vous dire que les votes pour les Golden Blog Awards 2012 sont de retour!
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samedi 8 septembre 2012

By the Light of the Silvery Moon / Doris Day



Je voudrais revenir quelques instants sur le décès de Neil Armstrong le 25 Août dernier.

Un aventurier, un des plus grand héros de tout les temps, une inspiration et surtout un homme qui a participé à forger mes rêves et à me faire aimer les avions...


Il obtient son brevet de pilote à 16 ans (âge auquel moi-même je m'enfonçais encore des crayons dans le nez en sifflant des bières) et décroche une licence d'aéronautique avant de participer à la guerre de Corée.

Basé sur un porte-avion, il effectuera 80 missions sur avions de chasse pendant 3 ans.

A son retour au pays, il finit ses études est intègre la NACA, l'ancêtre de la NASA.

Devenu pilote d'essai, il va faire partie du prestigieux corps des pilotes de X-15, l'avion le plus incroyable jamais construit.

Un tuyau de cheminée posé sur un réacteur de fusée qui va fracasser tous les records de vitesse et d'altitude et ouvrir grandes les portes de l'espace.

Ce corps d'élite basé sur la mythique base aérienne d'Ewards, baptisé "Les Vrais Compagnons" dans le formidable livre "L'étoffe des Héros" (the right stuff) de Tom Wolfe (le bûcher des vanités) va dépasser toutes les limites possibles et imaginables.

Il faut bien comprendre qu'au moment où le projet X-15 est lancé, un autre projet concurrent est mis en branle avec précipitation pour damer le pion aux russes: Le Projet Mercury.
Envoyer un homme dans l'espace.

Mais pendant que les astronautes de Mercury étaient propulsés dans l'espace à bord d'une lessiveuse automatique, des sondes dans le dutre et la vessie, tournant comme une horloge autour de la Terre avant de s'aplatir mollement dans l'Atlantique, les Vrais Compagnons, à bord de leur tuyau de cheminée, partaient de l'aile d'un B-52, le plus gros bombardier de l'époque, se satellisaient à la limite de la mesosphère, à presque 100 km d'altitude, écrasés dans leurs fauteuils et se posaient ensuite peinards sur un des nombreux lacs asséchés d'Edwards, dans les hauts plateaux du désert de Mojave.

La vraie différence, c'est que tandis que les astronautes tournaient comme des boules de loto, ils n'influaient en rien sur le vol.
Les meilleurs pouvaient tout au plus provoquer des fluctuations de leur température anale pour faire des blagues au contrôle au sol mais finalement, ils piquaient le boulot à un chimpanzé.

Les Vrais Compagnons, de leur côté, décollaient, allumaient les moteurs en serrant très fort les fesses pour que le réacteur de 245 Kilonewtons ne leur explose pas dans le dos, braquaient leur tuyau de cheminée vers l'espace, faisaient rugir le ciel et se posaient où ils voulaient.

Et si ils ne volaient que quelques kilomètres plus bas que les Mercury, connaissaient le phénomène d'apesanteur et les dangers du vide spatial, ils ne gagneront jamais la reconnaissance et la gloire des Mercury, même si les ailes d'astronautes leur furent attribuées.

Enfin, dernière injustice, le formidable film tiré du formidable livre de Tom Wolfe ne mentionnera jamais le projet. (même si au détour d'une scène, on peut voir Scott Crossfield, mythique pilote du projet X-15.)





A l'époque du projet X-15, Armstrong est l'élève d'un pilote encore plus mythique.

Chuck Yeager.

Chuck Yeager est pilote pour l'armée en 1947, et c'est pour l'armée qu'il va tenter le pari fou de franchir le mur du son.

Alors que beaucoup de ses collègues travaillaient pour des agences ou des compagnies privées (Northtrop, McDonnell-Douglas, Bell) et étaient bien payés, c'est pour sa solde de Capitaine et l'uniforme bleu de l'US Air Force qu'il accepte la mission.

Le 14 octobre, un boum retentit dans le ciel du haut désert Californien.
A Edwards, tout le monde pense déjà à un nouvel échec, le Bell X-1 s'étant désintégré en plein vol.

Mais c'est le mur du son que Yeager explose, le faisant rentrer dans l'histoire comme l'aviateur le plus célèbre de la planète.

(entre 1955 et 1957, il dirigera la base aérienne de Toul-is-Cool-Rosière rajoutant un peu plus à ma fierté d'être Toulois.)

Mais revenons aux entraînements d'Armstrong.

Une anecdote nous permet de cerner en partie le personnage qu'il était.

Pendant le briefing d'un vol avec Yeager, Armstrong analyse toutes les données et décide que l'atterrissage se fera sur un lac asséché.

Yeager, homme de la terre, John Wayne aérien à la longue expérience, lui annonce que connaissant bien la région et au vu des conditions météo, le lac ne sera certainement pas assez sec, risquant d'embourber l'avion et d'interdire tout redécollage.

Armstrong, qui analyse chaque donnée tel un ordinateur, maintient son choix d'après ses relevés météo.

L'avion s'embourbe comme prévu et Yeager se tourne alors vers Armstrong pour lui annoncer que lorsque la nuit sera tombée, il fera très vite moins quinze. Quelle solution adopter?
Armstrong, dont les facultés de calculs et d'analyse prodigieuses lui permettaient de trouver des réponses dans tous les cas resta muet ce jour-là.

Après le programme X-15, il est selectionné pour les missions Gemini puis Apollo.

Et le 21 juillet 1969, il marche sur la Lune, image que vous avez tous vues (surtout ces dernières semaines, après l'annonce de sa disparition.) et balance tranquillement la phrase la plus célèbre de l'histoire de l'humanité.




Il y a finalement très peu de photographies de Neil Armstrong sur la Lune, car c'est lui qui avait l'appareil photo mais celle-ci est certainement ma préférée:




Après son exploit, il se retire de la vie d'astronaute et devient enseignant dans une modeste faculté à Cincinnati.

Il retournera exceptionnellement à la NASA pour diriger la commission d'enquête chargée d'établir les causes de l'accident de Challenger (L'incident le plus grave de l'histoire de la NASA. La Navette Challenger explose en plein décollage sous les yeux horrifiés des spectateurs dont les familles des astronautes et les élèves de l'une d'entre eux, alors institutrice...) avant de retourner à sa chaire d'ingénierie spatiale de Cincinnati.

Cet homme humble et discret a tourné sa vie vers ses rêves et les façons de les accomplir.

Il préférait enseigner et partager sa passion de l'espace et des aéronefs plutôt que continuer à vivre dans la gloire et sous les projecteurs de la NASA.

Il ne signait plus d'autographe, scandalisé par le trafic qu'ils suscitaient pour des sommes astronomiques (jeu de mot du jour.)

(il a même attaqué en justice son coiffeur qui avait vendu une partie de ses cheveux, le forçant à verser l'argent qu'il avait gagné de la vente à une oeuvre caritative de son choix.)

On le reverra au Congrès Américain, en 2011, acceptant la médaille d'or du congrès, plus haute distinction que l'on puisse faire à un civil.





Le 25 Août 2012, il rejoint les étoiles une dernière fois.




Je regarde la lune parfois le soir, et je la vois triste d'avoir perdu son ami.

Alors je lui fais un clin d'oeil, comme l'avait demandé la famille du héros.

Mais ce qui me rend le plus triste, au-delà de la perte d'un tel homme, c'est que l'esprit qui animait ces pionners, ces réalisateurs de rêves, semble avoir disparu.

Qui pour le remplacer, pour nous faire croire que parfois, l'humanité est capable de tels exploits que la raison même de notre existence trouve enfin sa justification au milieu du napalm, des cendres et du sang?
Qui pour nous pousser à franchir les barrières de la science et de la technologie, pour surmonter nos peurs, l'espace d'une seconde ou le temps d'une vie?

Je me réjouis tout de même de savoir que forcément, cet aventurier suscitera encore de nombreuses vocations.
Des enfants, en ce moment-même, regardent l'espace à travers des jumelles ou un petit téléscope, font voler des maquettes d'avions et se disent qu'un jour, eux aussi, ils nous emmèneront tous là-haut, reviendront, partageront leur joie et nous rendront fiers d'être sur cette planète, au point de vouloir explorer celle d'à côté.

J'aimais cet homme, car à vouloir ne pas garder les pieds sur terre, il a fini par les poser sur la Lune.








































































Et dans un tout autre registre, sachez que les cours magistraux de Moyen sur Dr Dre ont repris sur le merveilleux site centrifugue.fr que je vous conseille chaleureusement.

On bouge la tête nonchalamment en cliquant sur l'image: